Charles Soubre, né le à Liège où il est mort le , est un peintre belge.
Le jeune homme commence sa formation artistique dès 1834 dans l'atelier de Jules Van Marcke, puis la complète à l'Académie des beaux-arts de Liège et à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Pour couvrir les frais de ses études, il donne des leçons qui occupent la plus grande partie de son temps. En 1853, il est nommé professeur de dessin à l'Académie des beaux-arts de Liège. Il commence dès lors une longue carrière d'enseignant qui se termine plus tard, lorsqu'il démissionne de ses fonctions et reçoit le titre de professeur honoraire en reconnaissance des services rendus à l'Académie.
L'artiste est surtout un peintre de sujets historiques, mais aussi de scènes de genre, de portraits, de paysages et de figures féminines. Comme peintre d'histoire, il , comme c'est le cas dans plusieurs de ses œuvres principales telles que la Mort d'Henri IV, empereur d'Allemagne (1850), Une famille noble devant le Conseil des troubles (1873), La Måle Saint-Martin (1876) ou Le Départ des volontaires liégeois pour Bruxelles sous la conduite de Charles Rogier (1878). Ses compositions historiques reflétant la grandeur picturale prisée à l'apogée de sa carrière connaissent, à la fin de sa vie, un déclin lié aux goûts devenus en vogue. Toutefois, Charles Soubre réalise également des paysages pleinairistes, où la recherche d'équilibre, d'organisation et de synthèse est considérée positivement bien après sa mort.
Tout au long de sa carrière artistique, le peintre expose régulièrement aux Salons triennaux belges et lors de différents grands événements internationaux. En plus de multiples participations aux Salon de Bruxelles ( entre 1839 et 1884), Salon d'Anvers ( entre 1840 et 1879) et Salon de Gand ( entre 1844 et 1895), il expose au Salon de peinture et de sculpture à Paris en 1861 et 1863, aux Expositions internationales de Londres en 1872, 1873 et 1874, à l'Exposition universelle de Vienne en 1873, à l'Exposition universelle de Philadelphie en 1876, à l'Exposition universelle de Sydney de 1879-1880 et à l'Exposition historique de l'art belge de 1880. Cette intense activité est récompensée par une médaille d'or au Salon de Bruxelles de 1866 et une médaille de bronze à l'Exposition universelle de Sydney de 1879-1880.
Biographie Jeunesse, formation et début de carrière artistique (1821-1845) Charles Joseph Soubre, né le à Liège., est le fils de Jean Joseph Soubre (1788-1864), marchand de musique., et de Marie Françoise Hubertine Thiriard (1791-1861).... Il est l'un des frères du compositeur Étienne Soubre.. En 1834, il commence des études artistiques dans l'atelier du peintre paysagiste Jules Van Marcke.. De 1837 à 1843, il poursuit ses études à l'Académie des beaux-arts de Liège sous la supervision de Barthélémy Vieillevoye et Gilles-François Closson.. Il y suit aussi les cours de Lambert Herman et d'Auguste Chauvin et il y remporte des premiers prix de peinture et de composition historique. Pour couvrir les frais de ses études, il donne des leçons qui occupent la plus grande partie de son temps. Il achève sa formation à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles.
Il expose son premier paysage en 1837, après une saison passée à Remouchamps avec Jules Van Marcke. À partir de 1839, il commence à exposer dans les principaux Salons belges, y envoyant d'abord des paysages, comme Chemin creux aux environs de Liège au Salon de Bruxelles de 1839., Vue des bords de l'Aîne dans les Ardennes au Salon d'Anvers de 1840 et Paysage ; souvenir des Ardennes au Salon de Bruxelles de 1842.
alt=Peinture en couleurs représentant, assis au pied d'un arbre, un couple vêtu d'habits médiévaux, se tenant la main ; tandis que l'homme l’enlace, en la regardant, sa compagne baisse les yeux. Derrière eux, à droite, figure la silhouette d'un homme âgé soulevant une branche pour découvrir la scène.|gauche|vignette|redresse|Le Retour de Palestine, 1844 (huile sur toile ; ), collection privée.
En 1844, il expose au Salon de Gand sa première toile historique représentant le retour d'un chevalier liégeois après les croisades. Intitulée Le Retour de Palestine, elle représente . L'œuvre est exposée l'année suivante au Salon de Bruxelles.
Peu après, la bourse de la fondation Darchis lui est offerte, .
Consolidation de sa carrière artistique (1845-1854) Durant cette période, Soubre se concentre davantage sur la réalisation de scènes historiques et obtient son premier succès notable grâce à l'exposition en 1847 de son tableau Les Bourgeois de Liège envahissant le domicile du bourgmestre Ghaye pour réclamer les insignes de la magistrature.alt=Peinture en couleurs représentant, sur la couverture d'un livre, trois hommes debout à l'avant-plan ; celui de droite menace de son épée l'homme à gauche, tandis que l'homme au centre retient de son bras la main de l'homme menaçant.|vignette|redresse|Georgette Heyer, Pistols for Two, 1960 (édition Arrow books de 2005).|gaucheLa toile dépeint l'un des épisodes du début de la révolution liégeoise, lorsque la foule en révolte envahit le domicile du bourgmestre Philippe-François de Ghaye, récemment expulsé de l'hôtel de ville, pour exiger qu'il livre les clés de la magistrature. Comme Ghaye ne cède pas, l'un des bourgeois le menace de son épée. Le coup est intercepté par le grand greffier Cologne qui, bien que blessé à la jambe, sauve ainsi le bourgmestre.. Bien plus récemment, cette œuvre (sous le nom de A violent attack.) est utilisée comme illustration de couverture du recueil de nouvelles Pistols for Two de l'écrivaine britannique Georgette Heyer (édition Arrow books, propriété du groupe Penguin Random House, de 2005)..
Au Salon de Bruxelles de 1848, le peintre expose sa toile Henri de Dinant, tribun liégeois partant pour l'exil, qui y reçoit une critique favorable :
alt=Peinture en couleurs représentant, au centre, un enfant couché dans un lit à baldaquin aux rideaux pourpres, entouré à gauche par deux femmes debout et à droite par un homme de profil et un homme jouant du luth.|vignette|Le Réveil de Montaigne, 1862 (huile sur toile ; seconde version que produit l'artiste ; ), collection privée.
En 1850, il présente au Salon de l'exposition des Beaux-Arts de Liège son tableau de la Mort d'Henri IV, empereur d'Allemagne. L'année suivante, il expose à nouveau au Salon de Bruxelles, y présentant son tableau Le Réveil de Montaigne, qui est également bien reçu par la critique.. La toile évoque un élément biographique de l'enfance de l'écrivain qui est repris dans la Biographie universelle des frères Michaud :
Cette même œuvre est exposée en 1852 au Salon d'Anvers et elle est reprise en 1862 par le peintre qui réalise une seconde version de taille plus réduite que la première. Cette dernière est exposée l'année de sa création au Salon de l'Association pour l'encouragement des beaux-arts de Liège et vendue à une collection privée.. Enfin, l'artiste expose au Salon de Bruxelles en 1854, envoyant l'œuvre La Dernière Barque de foin.
En 1853, il épouse Eugénie Françoise Josephine Cajot, avec qui il a deux filles, Françoise, née en .., et Eugénie en ...
Maturité artistique et carrière à l'Académie des beaux-arts (1854-1889) Le professeur à l'Académie royale des beaux-arts de Liège Nommé en ., il exerce pendant un peu plus de en qualité de professeur de dessin à l'Académie royale des beaux-arts de Liège. Il y entre dans l'enseignement élémentaire en tant que professeur de dessin linéaire., en remplacement d'Henri Ponchon... Il progresse dans la hiérarchie à partir de 1859 quand il devient professeur des cours de dessin et d'expression (enseignement moyen), remplaçant Auguste Chauvin qui s'occupait de ces deux classes depuis 1842 et continuait d'en assurer l'intérim après le décès de Barthélemy Vieillevoye en 1855....
La mise à la pension d'Auguste Chauvin en 1880 lui permet de dispenser temporairement les cours de dessin et de peinture (enseignement supérieur), conjointement avec Jean-Mathieu Nisen durant cinq ans... À la mort de ce dernier en , ces deux classes lui sont exclusivement attribuées jusqu'en 1889.. Dans le même temps, le peintre Adrien de Witte reprend ses cours de dessin et d'expression..
L'artiste peintre et les Salons triennaux belges redresse|alt=Peinture qui représente un haut manoir de couleur beige, flanqué d'une tour carrée, derrière des buissons à l'avant-plan, ainsi qu'une rivière au bas du tableau.|gauche|vignette|Vue du château de Remouchamps, 1862 (huile sur toile ; ), collection privée. Concomitamment à sa carrière d'enseignant, le peintre continue d'exposer aux Salons triennaux belges et lors de différents grands événements internationaux.
L'artiste continue à se consacrer aux scènes historiques, mais réalise aussi des paysages et des scènes de genre. En 1855, il participe au Salon d'Anvers avec Angélique et le cheval enchanté, basé sur le poème Orlando furioso. Deux ans plus tard, il prend part au Salon de Bruxelles de 1857 et y présente l'œuvre le Songe d'un chef arabe, conduit par les filles de la mer à la conquête de l'île Bleue, inspirée d'un conte des Mille et Une Nuits. Au Salon de Bruxelles de 1860, il envoie cette fois son tableau La Folie d'Ophélia.
alt=Peinture en couleurs représentant une femme, vêtue d'une blouse blanche, assise de profil, la main gauche soutenant son visage regardant vers l'horizon maritime, sous un ciel bleu parsemé de quelques nuages.|vignette|redresse|Sapho sur le promontoire de Leucade, vers 1867. (huile sur toile ; ), collection privée.
À partir de 1861, le rythme de ses expositions s'intensifie pour devenir pratiquement annuel pendant un peu plus d'une vingtaine d'années. En plus de multiples participations aux Salon de Bruxelles (1863, 1866, 1869, 1872, 1875, 1878, 1881, 1884), Salon d'Anvers (1864, 1867, 1873, 1876, 1879) et Salon de Gand (1865, 1868, 1871, 1874, 1877, 1880, 1883, 1889), il expose au Salon de peinture et de sculpture à Paris en 1861 et 1863, aux Expositions internationales de Londres en 1872, 1873 et 1874, à l'Exposition universelle de Vienne en 1873, à l'Exposition universelle de Philadelphie en 1876, à l'Exposition universelle de Sydney de 1879-1880 et à l'Exposition historique de l'art belge de 1880 (pour plus de détail, voir la section Expositions réalisées du vivant de l'artiste). Durant cette période d'intense activité, Soubre reçoit une médaille d'or au Salon de Bruxelles de 1866 et une médaille de bronze à l'Exposition universelle de Sydney de 1879-1880. Il est aussi nommé chevalier de l'ordre de Léopold le .
alt=Peinture en couleurs représentant deux femmes : l'une se réveille dans un lit à baldaquin, elle a la main droite devant son visage, tandis que l'autre, debout et richement vêtue d'atours dorés recouverts d'un manteau de velours rouge, la regarde d'un air hostile.|vignette|Lady Nottingham et Élisabeth, 1875 (huile sur toile ; ), collection privée.|gauche
À cette époque, de l'artiste. On retrouve parmi ces œuvres Le Réveil de Montaigne, Un enterrement dans les Ardennes et Lady Macbeth, qui sont vendues à Dublin ; Catherine d'Aragon et le cardinal Wolsey, Marie Stuart, Départ pour la chasse, Le Banquet des Gueux et Lady Nottingham et Élisabeth, qui sont vendues à Londres ; et une copie postérieure que réalise le peintre du Banquet des Gueux, qui est vendue à Manchester. Certaines de ses toiles voyagent encore davantage, comme Convalescente, vendue à Kiev, ou Fière humilité, vendue à Sydney.
D'autres œuvres de référence du peintre restent néanmoins dans des collections belges, comme le Supplice de Pierre de Bex, ancien Bourgmestre de Liège, propriété du baron Rodolphe de Lamberts-Cortenbach, Une famille noble devant le Conseil des troubles et Le Départ des volontaires liégeois pour Bruxelles sous la conduite de Charles Rogier qui entrent dans les collections publiques liégeoises., ou La Måle Saint-Martin qui entre dans les collections de la famille royale.