La mort n'est pas une fin (titre original : ) est un roman policier historique d'Agatha Christie publié en aux États-Unis et en en France.
Résumé Le roman se déroule en Égypte antique sous la , au avant J.-C. Il évoque une jeune veuve égyptienne, Reniseb, qui rentre chez elle à Thèbes après la mort de son mari. Elle y vit avec ses frères et leurs femmes, ainsi qu'avec son père, qui a introduit une nouvelle concubine dans la maison. L'arrivée de cette dernière bouleverse la famille et déclenche une lutte pour le pouvoir, la cupidité et la haine.
Ce polar historique est aussi un roman psychologique, où les caractères sont dessinés avec vigueur extrême et relief. Les dons de psychologue de l'autrice sont une des causes premières de la qualité de ses œuvresPréface du roman par Maurice Constantin-Weyer, publié dans le volume 11 de la collection Œuvres complètes d'Agatha Christie, sélection des Éditions Rombaldi pour la Guilde des bibliophiles, 1967..
Les personnages Imhotep : le prêtre de la maison des Morts, fils d'Esa, père d'Ipi, Renisenb, Sobek et Yahmose. Nofret : la concubine d'Imhotep venant du Nord du pays. Esa : la mère d'Imhotep, grand-mère de Renisenb, Sobek, Yahmose et d'Ipi. Yahmose : le fils aîné d'Imhotep et d'Ashayet. Satipy : la femme de Yahmose. Sobek : le deuxième fils d'Imhotep et d'Ashayet. Kait : la femme de Sobek. Renisenb : la fille d'Imhotep et d'Ashayet. Ipi : le fils cadet d'Imhotep et de la seconde femme de ce dernier. Hénet : une servante de la maison, cousine de Ashayet. Hori : le scribe de la famille. Kameni : un scribe venant du Nord du pays, cousin éloigné d'Ashayet. Ashayet : la première femme d'Imhotep, mère de Yahmose de Sobek et de Renisenb (n'apparaît pas dans le roman).
Résumé Imhotep revient du Nord avec Nofret, sa nouvelle concubine, qui, par son intransigeance, a tôt fait de multiplier les heurts et les tensions avec les autres membres de la maison, et principalement avec les trois fils d'Imhotep, Yahmose, Sobek et Ipi, et les épouses des deux aînés. Bientôt, dans cette maison autrefois si paisible règnent l'animosité et la défiance. Les tensions s'aggravent au fil d'un quotidien devenu pénible pour tous, ce que déplore la jeune Renisenb, fille d'Imhotep, revenue dans la maison paternelle après son veuvage, et qui assure la narration du récit.
Sur ces entrefaites, une nécessité impromptue oblige Imhotep à quitter son foyer. Les femmes des deux aînés de la famille s'entendent pour fomenter des représailles à l'endroit de Nofret, afin de lui donner une leçon et d'établir une fois pour toutes qui détient vraiment le pouvoir. Mais leur plan échoue et Nofret tient sa vengeance. Elle menace tout le clan : au retour d'Imhotep, chacun recevra sa sanction. Aveuglée par sa victoire prochaine, elle ne saisit pas qu'elle s'est mise en danger. Quand elle est retrouvée morte au pied d'une falaise, les apparences d'un accident ne trompent personne.
Les Égyptiens sont très superstitieux : quand la mort entre dans une maison, elle plane sur tous. Quelques jours s'écoulent et, dans un moment de délire, Satipi, une des épouses, se jette du haut de la même falaise alors qu'elle est accompagnée de Yahmose. Est-ce l'esprit de la morte qui est venue la posséder et la précipiter dans le vide ? Peu après, c'est Yahmose et Sobek qui boivent du vin empoisonné, et c'est un miracle des dieux si Yahmose en réchappe. La terreur s'empare de chacun, car la série des meurtres n'en est qu'à ses balbutiements. Mais quel être vivant ou quel esprit vengeur cherche ainsi à décimer la maison d'Imhotep ?
Commentaires
Construction du roman Agatha Christie raconte, dans son Autobiographie, qu'elle y ajouta .
Christie a également changé la fin de l'histoire sur les conseils de son ami archéologue Stephen Glanville et de ses éditeurs. Elle a toujours regretté cette décision, certaine que la fin originale était plus efficace.
Contexte historique Le récit se déroule en Égypte antique, ce qui fait de ce roman policier le seul de la romancière britannique à ne pas se dérouler au . Si d'autres de ses histoires prennent aussi place en Égypte, elles ont lieu à son époque : L'Aventure du tombeau égyptien (nouvelle parue en 1923, présente dans le recueil Les Enquêtes d'Hercule Poirot), ainsi que deux histoires homonymes, Mort sur le Nil (nouvelle parue en 1933, présente dans le recueil Mr Parker Pyne) et Mort sur le Nil (roman publié en 1937).
Un dialogue du début du chapitre 11 permet de dater plus précisément l'intrigue, évoquant le roi Nebhepet-Râ (), un . C'était un roi de la , qui prit Thèbes pour capitale. L'écrivaine accompagnait volontiers son époux, l'orientaliste Max Mallowan, dans ses voyages scientifiques. L'idée de ce roman pourrait lui être venue en lisant des inscriptions égyptiennes.
Agatha Christie explique dans une note au début du roman que l'action se passe à Thèbes, en Égypte, deux mille ans environ avant Jésus Christ. L'histoire aurait pu se dérouler à une autre époque et un autre lieu, mais il se trouve qu'elle est inspirée, tant pour l'intrigue que pour les personnages, des lettres d'Hékanakht retrouvées dans les années 1920 dans une tombe près de Louxor. Elle signale au lecteur qu'une dotation pour le service de Ka, évènement quotidien de l'ancienne Égypte, était assez analogue dans son principe au fonds constitué à une chapelle pour la célébration des messes. Une certaine somme était versée au prêtre de Ka, qui en échange s'engageait à veiller sur le tombeau et à réaliser des offrandes aux jours prescrits, visant à assurer le repos de l'âme du défunt. Elle souligne aussi que les termes « frère » et « sœur », dans les textes égyptiens, ont souvent le sens de « mari » et « d'épouse ». Ils sont parfois aussi utilisés dans ce livre. Enfin, elle explique que le calendrier de l'Égypte antique comportait trois saisons de quatre mois de trente jours, avec en plus cinq jours intercalaires à la fin de l'année. Cette année débutait avec l'arrivée en Égypte de la grande crue du Nil, à une époque correspondant à la troisième semaine de notre mois de juillet. On peut donc interpréter ainsi les indications de temps portées en tête des chapitres du livre, qui reprennent les mois de ce calendrier : « Inondation » : fin juillet à fin novembre ; « Hiver » : fin novembre à fin mars : « Été » : fin mars à fin juillet.
La trame principale du roman est donc basée sur un épisode relaté par ces lettres écrites à la fin de la (située grosso modo entre le et le ou entre le et le avant notre ère, selon les datations) et traduites par l'égyptologue Battiscombe Gunn. On y croise une famille relativement comparable, dans sa structure, à celle dont Imhotep est le patriarche dans le roman. Elles furent écrites par Heqanakhte, agriculteur et prêtre mortuaire, qui a perdu la mère de ses fils. La plupart d'entre eux étaient alors adultes et son cadet, Sneferu, était son favori. Le fait qu'il prenne une nouvelle épouse créa beaucoup de ressentiments ; dans ses lettres, il accuse ses fils de la maltraiter et de répandre des rumeurs malveillantes. Ce qui s'est passé ensuite nous est inconnuVoices from Ancient Egypt Gallery...
Accueil et postérité Maurice Willson Disher a déclaré dans The Times Literary Supplement du que The Times Literary Supplement, 28 April 1945 (p. 202) : "When a specialist acquires unerring skill there is a temptation to find tasks that are exceptionally difficult. The scenes of Death Comes as the End are laid out in Ancient Egypt. They are painted delicately. The household of the priest, who is depicted not as a sacred personage, but as a humdrum landowner, makes an instant appeal because its members are human. But while the author's skill can cause a stir over the death of an old woman some thousands of years ago, that length of time lessens curiosity concerning why or how she (and others) died.".
Maurice Richardson, admirateur autoproclamé de Christie, a écrit dans le numéro du de The Observer que The Observer, 8 April 1945 (Page 3) : "One of the best weeks of the war for crime fiction. First, of course, the new Agatha Christie; Death Comes as the End. And it really is startlingly new, with its ancient Egyptian setting in the country household of a mortuary priest who overstrains his already tense family by bringing home an ultra-tough live in concubine from Memphis. Result: a series of murders. With her special archaeological equipment, Mrs Christie makes you feel just as much at home on the Nile in 1945 B.C. as if she were bombarding you with false clues in a chintz-covered drawing room in Leamington Spa. But she has not merely changed scenes; her reconstruction is vivid and she works really hard at her characters. My already insensate admiration for her leaps even higher.".
En 1990, Robert Barnard déclare : Barnard, Robert. A Talent to Deceive – an appreciation of Agatha Christie – Revised edition (p. 191). Fontana Books, 1990. "Hercule Poirot's Christmas, transported to Egypt, ca 2000 B.C. Done with tact, yet the result is somehow skeletal – one realises how much the average Christie depends on trappings: clothes, furniture, the paraphernalia of bourgeois living. The culprit in this one is revealed less by detection than by a process of elimination.".
Le roman occupe la au classement des Les Cent Meilleurs Romans policiers de tous les temps établi par la Crime Writers' Association en 1990 (qui comporte également deux autres histoires de l'autrice : Le Meurtre de Roger Ackroyd (1926) et Dix Petits Nègres (1939)).
Éditions
La mort n'est pas une fin (trad. Marie-France Franck), dans :
Notes et références
Bibliographie .
Voir aussi Liens externes
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