Didier Raoult, né le à Dakar (Territoire du Sénégal), est un microbiologiste français, spécialiste des maladies infectieuses, professeur des universités - praticien hospitalier au sein de l'université d'Aix-Marseille et des Hôpitaux universitaires de Marseille jusqu'à son éméritat en 2021, ainsi que directeur de l'institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection de 2011 à 2022.

Lauréat du grand prix de l'Inserm en 2010, il étudie pendant sa carrière et avec son équipe marseillaise, des virus complexes et des bactéries.

En , Didier Raoult acquiert une notoriété médiatique internationale au début de la pandémie de Covid-19 lorsqu'il préconise un traitement à base d'hydroxychloroquine qui devait résoudre la crise sanitaire, mais dont l'efficacité n'a jamais été démontrée. Pour cette promotion infondée du traitement, une étude clinique réalisée sans autorisation, et sa publication ne respectant pas la rigueur scientifique, il est condamné en 2024 à deux ans d'interdiction d'exercice de la médecine.

Ses positions controversées sur la pandémie de Covid-19 ainsi que ses propos polémiques sur les enjeux financiers et politiques de la recherche engendrent de vives critiques de la part de la communauté scientifique. En 2026, il fait partie des dix chercheurs au monde ayant le plus d'études scientifiques rétractées pour diverses raisons éthiques ou méthodologiques.

Biographie Jeunesse et famille vignette|alt=Marseille, ville de résidence et de travail de l'infectiologue|Marseille, ville de résidence et de travail de Didier Raoult, éponyme du Marseillevirus, genre de girus découvert en 2009 par le microbiologiste et son équipe.. Didier Raoult naît le à Dakar, au Sénégal alors possession française. Il garde un lien affectif avec ce pays et le continent africain. Il est le dernier d'une fratrie de six enfants, fils d'André Raoult (1909-1978)., un médecin militaire originaire de Bretagne, fondateur de l'Organisme de recherches sur l'alimentation et la nutrition africaines (Orana)., et de Francine Le Gendre (1912-2009), une infirmière née à Marseille, petite-fille de Louis Paul Le Gendre (1854-1936), un médecin des hôpitaux de Paris (hôpital Tenon et hôpital Lariboisière) et infectiologue renommé.

La famille s'installe à Marseille en 1961..

Il effectue une partie de sa scolarité dans un lycée de Nice, puis dans un internat à Briançon. Mauvais élève., Didier Raoult part travailler à , pendant deux ans selon certaines sources mais en fait probablement moins de six mois, sur des bateaux, paquebot de croisière ou navire de la marine marchande, selon les sources..

D'après le sociologue Frédéric Pierru, l'éducation stricte qu'il reçoit de son père militaire aurait eu des conséquences sur sa révolte adolescente et son échec scolaire.

Marié une première fois le 13 décembre 1976 avec Danielle Deroze, ils ont une fille, Magali, née en 1977. Ils divorcent en décembre 1981. Marié en seconde noce en 1982 avec Natacha Caïn, psychiatre, fille du psychiatre et psychanalyste Jacques Caïn, dont la famille est originaire du Comtat Venaissin, et d'Anne Caïn (née Zeitlin)., psychanalyste et psychodramatiste issue d'une famille d'origine juive lituanienne...., il est père de trois enfants.

Formation médicale et en biologie En 1972, il passe un baccalauréat littéraire en candidat libre, puis, alors qu'il n'a aucune vocation dans ce domaine, il s'inscrit à la faculté de médecine de MarseilleDidier Rault , INSERM, 2010 (source: )., car « c'étaient les seules études que son père acceptait de financer ». Il réussit le concours de l'internat (devenu épreuves classantes nationales) et souhaite devenir obstétricien, mais son classement au concours ne le lui permet pas. Il devient donc infectiologue comme son arrière-grand-père maternel, Paul Le Gendre..

Cursus en médecine 1981 : il obtient son diplôme d'État de docteur en médecine, après avoir soutenu sa thèse d'exercice à l'université d'Aix-Marseille II... La même année, il obtient le diplôme de médecine tropicale de l'université de Marseille. et un certificat d'études supérieures (CES) en bactériologie-virologie clinique. 1982 : CES en diagnostic biologique parasitaire. 1983 : diplôme de l'U.S. Department of Health and Human Services (Center for Disease Control - Atlanta, États-Unis) : Principles of Epidemiology. 1984 : diplôme de l'U.S. Department of Health and Human Services (Center for Disease Control - Atlanta, États-Unis) : Communicable Disease Control.. Cette même année, il obtient le titre de spécialiste en médecine interne en France..

Cursus en biologie humaine 1981 : certificat en bactériologie-virologie générale. 1982 : certificat de pharmacologie générale. Il obtient également une attestation d'études approfondies (AEA) de bactériologie (Montpellier). 1983 : diplôme d'études et de recherche en biologie humaine (DERBH) à Montpellier. 1985 : doctorat d'État en biologie humaine : Nouveaux aspects cliniques, biologiques, physiopathologiques et épidémiologiques de la fièvre boutonneuse méditerranéenne. Mise au point et applications de nouvelles techniques sérologiques (Montpellier).

Carrière professionnelle Recherche Didier Raoult découvre un moyen de cultiver les rickettsies, ce qui lui permet de les étudier. et en 1983, il crée l'Unité des rickettsies. Devenu professeur, il dirige des thèses sur les maladies infectieuses à la faculté des sciences médicales et paramédicales de Marseille.. : de 1988 à 2018, il fait soutenir quatre-vingt-neuf thèsestheses.fr – Didier Raoult. Il est président de l'université de la Méditerranée Aix-Marseille de 1994 (où il est élu face à Michel Fougereau). à 1999..

Il est notamment connu pour ses contributions à la recherche sur le mimivirus, qui ont ouvert un champ complètement inexploré, celui des girus.. Ses découvertes scientifiques sont récompensées par le Grand prix Inserm en 2010, décerné pour l'ensemble de ses travaux sur les agents pathogènes et sa co-découverte des virus géants, et le prix de la fondation Louis D. (Institut de France) en 2015 pour son étude sur le répertoire des microbes du tube digestif et l'évolution de son activité antibiotique.

Didier Raoult se revendique « premier expert » des maladies infectieuses au niveau mondial et affirme que le site américain Expertscape permet d'évaluer l'expertise de scientifiques, et confirmerait cette revendication. Cependant Libération remarque que bien que la compétence de Didier Raoult sur le sujet soit reconnue en 2020, le site ne permet pas d'évaluer sérieusement l'expertise d'un scientifique..

Décrit en comme , selon Le Point., ., Raoult est connu pour avoir fait évoluer, en collaboration avec son équipe, via leurs nombreux essais cliniques et leurs brevets., la science des bactéries de manière significative..

Toutefois, son aura scientifique est progressivement entachée par ses prises de position et ses publications lors de la pandémie de Covid-19, ce que le New York Times résume en par ce titre ().

Virus géants vignette|redresse|alt=Virus Spoutnik (virologie)|Virus Spoutnik. Sa co-découverte (avec l'équipe de Jean-Michel Claverie et Chantal Abergel..) des virus géants remet selon eux profondément en cause la classification des virus. Concernant les virus géants, Raoult a identifié en 1992, avec Jean-Michel Claverie, mimivirus, un virus géant d'amibe.. Depuis, les recherches sur mimivirus se poursuivent avec la publication de son génome., la découverte en 2008 de Mamavirus, virus encore plus grand, et d'un petit virus capable de l'infecter pour se reproduire : Spoutnik, le premier virophage découvert... ; la mise en évidence dans mimivirus d'un mécanisme de défense empêchant l'implantation du virophage dans l'usine à virus (MIMIVIRE)..

Mimivirus possède des gènes ayant des fonctions de synthèse de protéines qui sont le propre des organismes cellulaires, dont les virus ne font pas partie. Raoult avance l'idée que les virus géants sont d'une nature différente des autres virus et qu'ils constituent un quatrième domaine du vivant, les « mégavirales », aux côtés des eucaryotes, bactéries et archées. Pour Raoult, le « vivant » pourrait se caractériser par « la faculté de transmettre de l'information » contenue dans l'ADN et propagée par l'ARN messager, une faculté que possèdent les virus géants comme les trois grandes familles qui constituent le domaine du vivant. Mais l'idée d'une quatrième branche du vivant est controverséeMitch L (2017) Giant viruses found in Austrian sewage fuel debate over potential fourth domain of life, Science News, 6 avril 2017..

En 2003, Didier Raoult et Jean-Michel Claverie émettent également l'idée que les virus aient un autre ancêtre que Luca, plus vieil ancêtre commun au domaine du vivant. Ils se basent sur l'identification de structures ou de gènes communs aux virus mais absents du règne des cellules, ce qui induirait selon eux que les virus possèdent des ancêtres cellulaires préexistant à Luca..

Par ailleurs, son équipe a découvert les Marseillevirus et les Faustovirus.

Bactéries nouvelles Depuis les années 1990, Le Monde avance que Didier Raoult a identifié et décrit avec son équipe une centaine de nouvelles bactéries pathogènes..

Hypothèses de recherche sur le sida Didier Raoult publie en 2014, dans sa revue Clinical Microbiology and Infection., une étude sur deux patients identifiés par les équipes de l'immunologiste Yves Lévy à l'hôpital Henri-Mondor.. Cette étude fait l'analogie entre l'évolution de alors en cours d'endogénéisation et une apparente guérison spontanée de l'infection par le VIH chez deux patients jamais traités par antirétroviraux et n'ayant aucun symptôme clinique lié au VIH ni aucun acide nucléique VIH détectable dans le sang par les tests diagnostics standards. Les séquences VIH obtenues chez ces deux patients à l'aide de techniques modernes de séquençage ont montré que les gènes VIH étaient inactivés par le remplacement des codons tryptophane par des codons-stop. Didier Raoult et ses co-auteurs font l'hypothèse que ce pourrait être dû à l'action d'une enzyme cellulaire, APOBEC., et recommande que cette piste soit étudiée, car si c'était confirmé, cela pourrait ouvrir la voie à la recherche de nouvelles formes de traitement du sida. Bien que le sida ne fasse pas partie de son champ de compétences, il indique avoir « voulu donner un point de vue évolutionniste sur cette maladie », et sa découverte serait alors une illustration de « l'hypothèse de la reine rouge ». Cette piste est accueillie comme intéressante, mais restant à prouver ; un médecin souligne que malgré le bruit médiatique fait autour de cette publication, il n'y a rien de bien nouveau puisque « les patients décrits dans cette étude sont des contrôleurs du VIH (des patients capables de contrôler spontanément l'infection du VIH dans leur corps), un phénotype décrit depuis 2005 », et le mécanisme analysé est correct, mais déjà connu.

Nombre de publications scientifiques et taux de citations