Denis Éloi Ludot, né le à Arcis-sur-Aube dans l'Aube et mort le dans cette même commune, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Il est baptisé le lendemain de sa naissance en l’église paroissiale d’Arcis-sur-Aube.

Biographie

Du soldat du roi au chef d'escadron Il entre au service comme soldat dans le Régiment Royal Infanterie le . Il quitte le corps le . Le de la même année, il s'enrôle comme volontaire avec le grade de capitaine au de volontaires de l'Aube. Il sert à l'armée du Rhin sous les ordres du général Custine en 1792, puis il est affecté au d'infanterie légère des Ardennes le suivant. Il est employé ensuite à l'armée du Nord, commandée successivement par les généraux en chef Dumouriez et Dampierre.

Le , marchant à l’arrière-garde de l’armée du Nord et traversant la ville d’Aix-la-Chapelle, il reçoit du général Miaczynski l'ordre de s’emparer avec 100 chasseurs à pied d’un poste d’où il peut arrêter l’ennemi, en attendant que ladite arrière-garde se soit mise en position avantageuse. Accomplissant parfaitement sa mission, il ne quitte sa position qu'après en avoir reçu l'ordre. Sa conduite lui vaut des éloges publics. Le suivant, sous les ordres du général Champmorin, il se distingue de nouveau contre les Autrichiens à Neerwinden, où il reçoit deux coups de sabre sur la tête. Il participe à la bataille de Quiévrain le , sous les ordres du général Dampierre, et y reçoit un coup de feu qui lui arrache l’index de la main droite et lui endommage fortement la même main. Il devient adjoint à l’adjudant-général Jeannet le .

En 1794, il rejoint l’armée des Alpes dans le corps du général Dumas. Le , il reçoit l’ordre du général de Bas de l'Aulne, commandant la division Tarentaise, d’incendier le port de la Tuile, situé entre le Petit Saint-Bernard et la redoute du prince Thomas. La destruction de ce poste est d’autant plus importante qu’il renferme des magasins et que cette position couvre les mouvements adverses. Il parvient à s’en rendre maître et s’y maintient malgré la défense opiniâtre qui lui est opposée et le feu de la redoute. Il est blessé d’un coup de baïonnette à la tête lors de cette opération. Le , il passe chef d'escadron dans la légion de police et il continue à servir dans l’armée des Alpes sous les ordres des généraux Moulin et Kellermann.

Le , il est attaché à l’état-major du général La Jeannetière dans la colonie de l’île de Cayenne, en Guyane. Le , après quelques mois de traversée, le bâtiment américain qui le ramène de Guyane fait naufrage sur les Dunes, près d’Ostende. Ludot sacrifie alors tous ses effets pour sauver les dépêches destinées au gouvernement français qui lui ont été confiées. Le , il est mis en non-activité avant de reprendre du service le à l’état-major de l’armée de réserve, sous les ordres du général Brune. Il rejoint ensuite l’armée des Grisons dirigée par le général Macdonald. Il est affecté au de dragons le et il sert à l’armée d’Angleterre à la même époque.

Sous le Premier Empire

Il prend part à la campagne d’Autriche. Le , dans la vallée qui conduit de Sankt Pölten à Krems, il met en fuite les escadrons ennemis qui défendent le passage du défilé à la tête du de dragons, régiment à qui il fait mettre pied à terre pour combattre. Après avoir eu un premier cheval tué sous lui au combat de Würschen, il concourt au succès de la bataille d’Austerlitz le , où il commande encore le . En 1806 et 1807, il effectue les campagnes de Prusse et de Pologne puis est nommé major du de dragons le . Le suivant, il se signale au combat de Prentzlow, sous les ordres du général Beaumont, en chargeant à la tête de trois escadrons du de hussards sur un bataillon carré commandé par le prince Auguste de Prusse. Après trois charges — il a son deuxième cheval tué sous lui dès la première charge —, le bataillon carré met bas les armes.

Le , le part en reconnaissance lorsqu'il est attaqué près de Passenheim, en Prusse, par une colonne de de cavalerie. Commandant l’escadron d’arrière-garde, il fait successivement plusieurs charges. Au cours de l’une d'elles, cerné par les cavaliers russes, il se défend avec bravoure mais, dépassé par le nombre, il est fait prisonnier après avoir reçu 8 blessures graves qui le désarçonnent. À terre, il reçoit encore un coup de pistolet. Le , Ludot est nommé colonel en second du de dragons avant de rejoindre la Grande Armée pour la campagne d'Autriche et du Tyrol. En 1810, il est envoyé à l’armée du Portugal et d’Espagne sous les ordres du maréchal Masséna, puis du maréchal Soult. Le , il devient colonel commandant le de dragons et le , il est promu général de brigade.

Affecté à la Grande Armée en Allemagne en 1813, il participe à la campagne de France en 1814, à la tête de la de dragons du de cavalerie, dont il a le commandement par intérim. À la tête de sa division placé en avant-garde, il se distingue le , à la bataille de Saint-Dizier. Son attaque, secondée par la commandée par le général Lhéritier, culbute les troupes coalisées. Au résultat, la cavalerie adverse forte de est mise en déroute par et quelques escadrons de la Garde impériale. La division de dragons de Ludot s’empare en outre de 14 pièces de canon.

Fidèle à l'Empereur

Lors de la Première Restauration, le roi Louis XVIII le fait chevalier de Saint-Louis le et commandeur de le Légion d’honneur le . Pendant les Cent-Jours, il prend le commandement de la de réserve de cavalerie, avant de devenir adjoint à l’inspection du lieutenant-général Fririon. Fidèle à l'Empereur, il est mis en non-activité le , puis classé parmi les maréchaux de camp disponibles le . Il refuse cependant d’être remis en activité, ne désirant pas servir la royauté, et est mis à la retraite le .

Placé dans la section de réserve de l’état-major général de l’armée le , il renouvelle son refus de servir la Monarchie de Juillet, invoquant des soucis de santé. Il meurt dans sa commune d'Arcis-sur-Aube le et est inhumé dans le cimetière communal. Sa sépulture est encore visible de nos jours : elle consiste en une colonne avec une urne funéraire au sommet, entourée d’une grille de fer.

Décorations

Légion d’honneur ; Chevalier de la Légion d'honneur par décret du Premier Consul en date du 26 prairial an XII () ; Officier de la Légion d'honneur par décret impérial du ; Commandeur de la Légion d'honneur par ordonnance royale du ; Ordre royal et militaire de Saint-Louis Chevalier de Saint-Louis par ordonnance royale du .

Titres

Chevalier de l’Empire par lettres patentes du ; Baron de l’Empire par décret impérial du .

Hommages, honneurs, mentions…

Son épitaphe indique :

Règlement d'armoiries

Il n'eut pas d’armoiries concédées pour son titre de baron de l’Empire.

Sources

Archives nationales (CARAN) – Service Historique de l’Armée de Terre – Fort de Vincennes – Dossier S.H.A.T. côte : 8 Yd 1 495. Dossier de la Légion d’honneur côte : LH/1674/53leonore_fr. Dictionnaire historique et biographique des généraux français: depuis le onzième siècle jusqu'en 1820, par Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, 1823books.google.fr. Côte S.H.A.T., état de services, distinctions sur

Notes et références

Liens externes

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