L’éthopée , formé sur le grec , ethos, « coutume, mœurs », est une figure de style qui consiste à peindre des personnages ou des assemblées de personnages en peignant aussi leurs mœurs et leurs passions.
Moins visuelle que l'hypotypose, elle constitue bien souvent des éléments d'un portrait, comme chez les moralistes, depuis Les Caractères de Théophraste repris par Jean de La Bruyère en 1688, dans ses Caractères de Théophraste, traduits du grec, avec les Caractères ou les Mœurs de ce siècle. Pour Marc EscolaMarc Escola, La Bruyère I. Brèves questions d’herméneutique, Paris, Honoré Champion, coll. « Moralia », n° 6, 2001., les portraits de La Bruyère réalisent l'excellence de l'éthopée, qu'il qualifie d'. Le titre du livre de théologie de Sextus Empiricus intitulé Les Hypotyposes ()Les Hypotyposes de Sextus Empiricus. fait référence à des séries d'éthopées de philosophes.
Un type de portrait
Ses portraits, moraux avant tout (La Bruyère ne cherchant derrière le portrait physique que la peinture et la stigmatisation des vices) forment des tableaux animés et vivants de personnages emblématiques de son époque et des passions de quelques types universels. Le portrait de Gnathon dans le chapitre De L'Homme est un exemple parfait d'éthopée :
Jean de La Bruyère, Les Caractères, De L'Homme :
Dès l'Antiquité, les grands personnages de l'Histoire ont donné lieu à des peintures de leurs mœurs. Suétone dans sa Vie des douze Césars réalise ainsi une série d'éthopées des empereurs romains. Certaines caricatures peuvent se rapprocher de l'éthopée dans le sens où elles captent en plus des défauts physiques, les mœurs des sujets. Au sein de l'art rhétorique, l'éthopée était un exercice rhétorique, scolaire, un progymnasmaton, semblable à la paraphrase où l’élève devait imaginer les paroles d’un personnage célèbre dans une situation particulière de manière à exprimer le caractère propre dudit personnageCes exercices rhétoriques se présentaient sous la forme d'imitations. Par exemple le sujet pouvait être : .. L'éthopée fait par ailleurs référence à la notion littéraire de catharsis ( en grec) au sens d'Aristote. Le philosophe explique qu'. Le portrait et l'éthopée permettent donc d'illustrer des sentiments, et, par là, de faire acte thérapeutique dans l'esprit du lecteur ou de l'observateur. Par ailleurs la visée satirique est souvent recherchée.
thumb|right|160px|Les Mémoires de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, comportent de nombreuses éthopées, réunies dans une .
Dans l'enseignement des Lettres, l'éthopée est la figure caractéristique d'un portrait littéraireUn exemple d'étude d'une éthopée nous est donné par Jean-Luc Fournet dans son essai Une éthopée de Caïn dans le Codex des visons de la Fondation Bodmer.. Pour Michel Pougeoise, dans cette figure, Michel Pougeoise, Dictionnaire de rhétorique, Armand Colin, 126..
Références
Notes
Annexes Articles connexes Portrait Description
Bibliographie Amato, E. – Schamp, J. (éd). 2005, Ethopoiia, La représentation de caractères entre fiction scolaire et réalité vivante à l’époque impériale et tardive, Salerno, Helios.
Catégorie:Figure de style Catégorie:Rhétorique