Jacques Bidet, né en 1935, est un philosophe et théoricien social français. Il est professeur émérite à l'Université Paris-Nanterre.

Biographie

Jacques Bidet est né en 1935 dans une famille paysanne. Il étudie la théologie à la faculté jésuite de Louvain, puis la philosophie à la Sorbonne. En 1964, il soutient une thèse de troisième cycle de philosophie intitulée La dialectique de la religion dans ses rapports avec la dialectique de l'histoire, sous la direction de Maurice de GandillacNotice SUDOC, catalogue du Système universitaire de documentation..

Il est professeur émérite en philosophie à l'Université Paris-Nanterre et fait partie des « chercheurs rattachés » du laboratoire Sophiapol de cette université...

En 1986, il fonde avec Jacques Texier la revue Actuel Marx (Presses universitaires de France), qu'il dirige, d'abord avec celui-ci, jusqu'en 2006Théorie Générale, 1999.

Il dirige aussi la collection Actuel Marx Confrontation. Cette revue comportera une édition sud-américaine en langue espagnole, en Argentine, puis au Chili.

En 1995, il crée le congrès Marx International (Université de Paris-Nanterre), qui se réunit tous les trois ans jusqu’en 2006. Il sera invité à exposer sa réinterprétation du marxisme, et les thèses sur la société moderne qui en découlent, dans une trentaine d’universités d’Europe, d’Amérique du Sud et du Nord, de Chine et du Japon. Il tisse des liens avec le Département de philosophie de l’université de Fudan, Shanghai, où il coorganisera, au titre d' Actuel Marx et du SOPHIAPOL, cinq conférences internationales, et où il enseignera durant un mois en 2013.

Il est « professeur visiteur » à Peking University de 2018 à 2020.

Œuvre L'œuvre de Jacques Bidet se développe de façon continue sur plusieurs décennies ; elle s’appuie sur une réception critique de Marx, au croisement des traditions de Louis Althusser et Jürgen Habermas, et sur une réinterprétation de Michel Foucault, Pierre Bourdieu et Immanuel Wallerstein. La « théorie », à ses yeux, se situe à l’interférence entre les diverses sciences sociales et la philosophie ; elle a censément pour corrélat une « pratique » politique.

En ce sens, Bidet propose une « théorie métastructurelle », qui considère la « structure » de la société moderne à partir des présupposés de raison qu’elle instrumentalise en facteurs de classe (« métastructure »). Cette démarche se développe en plusieurs niveaux d'analyse, dont chacun donne lieu à une grappe de concepts impliquant rapports de classe, de genre et de colonialité.

Dans sa thèse de doctorat consacrée au CapitalQue faire du Capital ?, 1985, pp. 11-1,

Dans les années 90, il développe une théorie alternative, selon laquelle le marché et l’organisation ne sont pas à comprendre selon une telle séquence historiciste, mais comme les deux pôles de la « métastructure de la modernité », formant une alternative constamment présupposée. C’est là le cadre d’une confrontation générale opposant, au sein de la classe dominante, d’une part, les capitalistes, privilégiés du marché, et, d’autre part, les « compétents » (détenteurs d’autorité compétente, au sens de Bourdieu), privilégiés des processus organisés. En face, une classe dite « fondamentale », celle de sans-privilèges, combat sur ces deux fronts, contraints de rechercher une alliance stratégique parmi ces derniers. Les choix entre marché et organisation ne pouvant se justifier que par le discours public, la confrontation s’organise autour du débat supposé démocratique. Tel est le cadre formel de la lutte moderne de classe. Jacques Bidet s'oppose donc au marxisme commun, pour lequel la classe dominante est strictement celle des capitalistes. Et il peut alors reprendre en ce sens sa reconstruction de CapitalExplication et reconstruction du Capital, 2004..

À partir des années 2000, il aborde cette société moderne en tant qu'elle existe sous la forme de l’État-nation. Il entre dès lors dans un nouveau registre, qui n’est plus « structurel », mais « systémique », au sens du Système-monde, inégal par nature, où s’affrontent non pas des adversaires de classe, mais des ennemis, et dont la catégorie centrale n’est pas la lutte (sociale), mais la guerre, notamment coloniale. Jacques Bidet engage à ce moment une discussion des théories du Système-monde. À ses yeux, celui-ci ne peut empêcher qu’avec le développement des sciences et des techniques, n’émerge, au tournant des années 70-80, une nouvelle configuration globale, celle d’un État-monde, où l’on retrouve, sous le régime néolibéral, la même structure d’affrontement étatique de classe. Le monde présent s’analyse dès lors comme l’entrelacement pervers du Système-monde et de l’État-mondeL’État-monde, 2011..

Dans les années 2010, cette approche, notamment confrontée à l’œuvre de FoucaultFoucault avec Marx, 2014., se traduit en une théorie politique orientée vers une stratégie du « commun du peuple » à l’encontre des forces capitalistes et tout autant des dits « compétents », parmi lesquels il doit pourtant trouver des alliésLe néolibéralisme, Un autre grand récit, 2016, « Eux » et « nous » ?, 2018.. La perspective est celle d’une Nation-monde comme tâche de la communauté humaine face au désastre écologique qui menace la vie dans son ensemble. Jacques Bidet se confronte alors à la question écologique, proposant une théorie de l’écologie politique fondée sur le corps de concepts précédemment construitL'écologie politique du commun du peuple, 2021. Dans ce sens, il cherche à élaborer une politique de la classe populaire qui soit en même temps une politique de l'humanitéLa classe populaire peut-elle gouverner ? 2023..

Engagement politique

Il signe une pétition en soutien à Gérard Filoche, exclu du Parti socialiste à la suite d'un tweet jugé antisémite, en soulignant l'.

Publications . . .. . . . .. . . . . . . .. .

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

Misère dans la philosophie marxiste : Moishe Postone lecteur du Capital de Jacques Bidet, revue Période, . .

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