Une histoire simple est un film franco-ouest-allemand réalisé par Claude Sautet sorti en 1978.

Synopsis Àgée de trente-neuf ans, Marie travaille comme « dessinatrice-projeteuse » avec ses collègues Anna, Esther, Francine et Gabrielle, au sein d'une société parisienne spécialisée dans la conception des appareils de radiologie médicale. Divorcée de Georges et déjà mère d'un adolescent de seize ans nommé Martin, elle consulte sa gynécologue et lui explique qu'elle a décidé de ne pas garder l'enfant qu'elle attend de Serge, son amant dont elle souhaite se détacher.

Après son avortement, Marie rédige une lettre de rupture destinée à Serge et la lui faire lire dans la brasserie où elle déjeune habituellement. Elle apprend ensuite que l'entreprise où elle travaille doit faire face à une restructuration. Après avoir fait une visite auprès de sa mère, Marie rejoint Anna dans sa voiture pour chercher ses deux enfants à la sortie de l'école. Peu après, les deux femmes reprennent la route pour aller se baigner en compagnie d'Esther et Francine. Les quatre amies ont aussi l'habitude de se retrouver chaque week-end dans la maison de campagne de Gabrielle et Jérôme, située à proximité de Paris. Gabrielle annonce alors à Marie que son mari Jérôme, qui travaille comme cadre dans la même entreprise qu'elle, a reçu un préavis de licenciement. Au cours de la soirée, ce dernier fait une première tentative de suicide en avalant le contenu d'une boîte de médicaments, mais Gabrielle et Marie parviennent à le faire vomir. Le lendemain, Marie discute avec Jérôme qui semble aller mieux.

Revenue à Paris, Marie, qui a revu entre-temps son ancien mari, Georges, qui occupe un poste d'ingénieur dans la même société, le rejoint à l'occasion d'un dîner dans un restaurant. Elle en profite pour lui demander d'aider Jérôme afin qu'il garde sa place dans l'entreprise ; Georges lui promet d'y réfléchir. Après ce repas, Marie tente de regagner son logement mais tombe nez à nez avec Serge qui lui fait une scène violente en pleine rue. Serge comprend, alors enfin, que Marie ne l'aime plus et accepte de la quitter.

vignette|redresse=0.75|droite|Romy Schneider en 1970.|alt=Portrait en noir et blanc de l'actrice Romy Schneider dans le film "La Califfa". Tenant ses promesses, Georges trouve un nouvel emploi à Jérôme. Peu après, il retrouve Marie et ils ont à nouveau des rapports intimes. Les deux amoureux assistent ensuite à un concert de musique baroque à Orléans, organisé par le propre frère de Georges qui joue dans l'orchestre. Le concert est suivi d'un bal auquel Marie participe. Une fois de retour à Paris, Georges avoue à Marie qu'il n'a rien pu faire pour Jérôme qui semble totalement démotivé dans son travail, et lui annonce qu'il ne pourra plus empêcher son licenciement. Très déçue par la dureté de Georges, Marie préfère rompre définitivement avec lui. Mais contre toute attente, elle apprend bientôt, avec bonheur, que Jérôme a retrouvé un nouveau poste d'archiviste au sein de l'entreprise. Cependant, ce dernier n'accepte pas ce déclassement professionnel, et décide de mettre fin à ses jours en se jetant par la fenêtre du d'un immeuble. Alertées par une collègue à la cantine, Gabrielle et Marie accourent dans la rue où a eu lieu le drame. Après les obsèques, Marie console Gabrielle, très éprouvée par le décès de son mari. Celle-ci met, aussitôt, en vente sa maison de campagne, trop chargée de souvenirs.

Marie revoit sa gynécologue et apprend qu'elle est enceinte de Georges. Sans lui en parler, elle décide cette fois de garder l'enfant. Après avoir revu Georges une dernière fois, Marie retrouve Gabrielle et ses amies dans la maison de campagne où elle prend le soleil dans une chaise longue en face de sa mère.

Fiche technique Réalisation : Claude Sautet Scénario, Adaptation : Jean-Loup Dabadie, Claude Sautet Dialogue : Jean-Loup Dabadie Musique : Philippe Sarde Photographie : Jean Boffety Son : Pierre Lenoir Montage : Jacqueline Thiedot Décors : Georges Lévy Casting : Dominique Besnehard Production déléguée : Alain Sarde Sociétés de production : Sara-Films, Renn Productions, FR3, SFP (Paris) - Rialto Film (Berlin) Société de distribution : AMLF Pays de production : , Langues originales : français et anglais Format : couleur (Eastmancolor) - 35 mm - 1,66:1 - son mono Genre : comédie dramatique Durée : 110 minutes Tournage : du au Dates de sortie : France : Allemagne de l'Ouest : Année de restauration : 2017

Distribution

Romy Schneider : Marie Bruno Cremer : Georges, l'ex de Marie Claude Brasseur : Serge, l'amant délaissé par Marie Arlette Bonnard : Gabrielle, une collègue et amie de Marie Roger Pigaut : Jérôme, mari de Gabrielle Sophie Daumier : Esther, une collègue et amie de Marie Eva Darlan : Anna, une collègue et amie de Marie Francine Bergé : Francine, une collègue et amie de Marie Madeleine Robinson : la mère de Marie Jacques Sereys : Charles Nadine Alari : la gynécologue de Marie Michel Debost : Michel, frère de Georges Jean Deschamps : M. Chenal Pierre Forget : le délégué syndical Patricia Francis : la caissière Jean-François Garreaud : Christian, l'ex d'Anna Xavier Gélin : Denisold, un collègue de Serge Yves Knapp : Martin, le fils de Marie et Georges Blanche Ravalec : Maggy, la barmaid Vera Schroeder : Françoise Peter Semler : Patrick Nicolas Sempé : Maurice, l'ami de Martin

Production Développement

Après l'échec commercial de Mado, son précédent long métrage, Claude Sautet se lance dans un nouveau projet qui prendra plus d'un an à se concrétiser.

Dès le tournage des Choses de la vie, puis pendant les prises de vues de César et Rosalie, Sautet avait promis à son interprète fétiche Romy Schneider de faire un autre film avec elle pour fêter ses quarante ans.. C'est cette dernière qui est l'initiatrice du scénario, elle lui avait dit : .

Pour l'épauler dans l'écriture et les dialogues, Sautet recrute à nouveau Jean-Loup Dabadie car il juge que Claude Néron (le scénariste de son précédent film) était trop « misogyne » pour un tel sujet. Durant neuf mois, les deux hommes vont travailler sans relâche sur le scénario. C'est à Cogolin, dans la villégiature méridionale du réalisateur, qu'ils vont en affiner chaque détail. Dabadie, qui avait été journaliste, se documente sur les combats féministes de l'époque, notamment en rencontrant des militantes telles que Benoîte Groult ou Françoise Giroud, et en lisant le livre Les Femmes de Gennevilliers (1974) dans lequel la journaliste Michèle Manceaux donnait la parole à des adhérentes du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC).. Le film débute justement par une scène où Marie, le personnage principal incarné par Romy Schneider, est sur le point de se faire avorter. Cela est novateur pour l'époque car la loi Veil qui dépénalise l'avortement n'avait été votée que trois ans avant le tournage du film. Auparavant, l'actrice avait ouvertement milité en faveur de l'avortement.

Au départ, le réalisateur souhaitait surtout mettre en avant la rupture entre Marie et Serge (joué par Claude Brasseur), puis il s'est rendu compte qu'après celle-ci, il fallait montrer que la vie de Marie ne s'arrêtait pas pour autant. Interrogé par des journalistes de la revue Positif, Sautet a également affirmé qu'après avoir rencontré Arlette Bonnard (qui interprète le rôle de Gabrielle), il avait eu (quand Marie console Gabrielle après la mort de son mari) et que .

Choix des interprètes vignette|redresse=0.65|droite|Claude Brasseur en 1973.|alt=Portrait noir et blanc en buste de Claude Brasseur dans le film italien "Les Enfants de chœur" de Duccio Tessari. Pour accompagner Romy Schneider, qui avait été choisie de longue date et dont le long métrage célèbre la , le réalisateur a sélectionné plusieurs comédiens masculins dont il avait apprécié le jeu dans d'autres films. Il avait en particulier repéré Bruno Cremer (qui joue l'ex-mari du personnage principal) qu'il comparait à l'acteur suédois Erland Josephson, et dont les caractéristiques physiques avec son ainsi que son , convenaient selon lui au rôle.

D'autre part, il songeait depuis longtemps à diriger Claude Brasseur (qui interprète l'amant délaissé de Marie) qu'il avait remarqué dans Bande à part de Jean-Luc Godard et dont il aimait son , apportant au personnage de Serge son . Selon lui, ce dernier incarne une sorte de César (le personnage masculin principal de son célèbre film César et Rosalie) en . Pour le rôle délicat de Jérôme (le cadre qui se suicide peu avant la fin du film), Sautet avait pensé immédiatement à Roger Pigaut, qui était à l'époque délaissé par les réalisateurs de cinéma, et qui avait, selon lui, .

Concernant les rôles féminins, il opte, selon ses propres termes, pour une sorte de au sein duquel émerge la figure de Gabrielle (femme de Jérôme et meilleure amie de Marie), incarnée par Arlette Bonnard qu'il avait vu dans le film Des enfants gâtés de Bertrand Tavernier.

Tournage Le film a été tourné en 10 semaines entre le et le , pour un coût de production estimé à 12,8 millions de francs, soit environ en .

Les scènes d'intérieur ont été effectuées dans les Studios Francœur, celles montrant les ateliers de l'entreprise où Marie travaille ont eu lieu dans l'usine de Stains en Seine-Saint-Denis., et d'autres où l'on voit le bureau de Georges ont été filmées dans un immeuble situé 74, rue Regnault dans le de Paris. D'autres prises de vues se sont effectuées à Paris : dans les décors naturels des brasseries de la ville, dans le quartier de la Défense, aux Halles et dans les locaux du journal Le Figaro au 37, rue du Louvre dans le .

Plusieurs scènes d'extérieurs ont été tournées dans les rues de Paris, notamment rue des Feuillantines dans le , après que Jérôme se soit suicidé. La scène de la baignade a eu lieu sur une plage reconstituée artificiellement au bord de la Seine près de Nogent-sur-Seine dans le département de l'Aube, et les séquences se déroulant dans la maison de campagne de Gabrielle ont été tournées à Provins en Seine-et-Marne. D'autres scènes ont été filmées en Normandie et dans les Hauts-de-Seine lors d'une sortie d'école sur la place Jean Jaurès à Rueil-Malmaison., ainsi qu'au cours d'un dîner entre Marie et Georges au restaurant Les Pieds dans l'Eau, situé 39, boulevard du Parc à Neuilly-sur-Seine dans l'île de la Jatte.

Bande originale

La bande originale d'Une histoire simple a été écrite par Philippe Sarde, qui signe sa avec Claude Sautet. Contrairement à la plupart des autres musiques qu'il avait conçues pour ce réalisateur, celle-ci a été écrite en grande partie avant qu'il ne visionne le film, F7.. Sarde a d'abord regardé quelques prises de vues en gros plan de Romy Schneider au cours du tournage.. puis, à partir de ces images, il a pu dont le film avait besoin.

Plusieurs thèmes musicaux traversent cette partition orchestrée et dirigée par Hubert RostaingLivret du coffret , .., dont un thème principal mélancolique et sombrePropos de Stéphane Lerouge, extraits du livret du CD . que l'on peut entendre dès le générique début et qui est intimement lié au personnage de Marie. Pour ce thème oscillant entre mode majeur et mineur, Claude Sautet désirait que le compositeur a développé en utilisant un quatuor à cordes, un piano et quelques instruments à vent soutenus par un orchestre presque fantomatique de 70 musiciens duquel se détachent les sonorités des instruments de deux solistes : le violoncelle de Frédéric Lodéon et le bandonéon de Marcel Azzola..