Françoise de Sévigné, née à Paris le et morte le à Marseille, dans le quartier de MazarguesSaint-Simon, Mémoires, , notes et appendices par A. de Boislisle…, Paris, 1897, ., comtesse de Grignan, est la principale destinataire des lettres de sa mère, Madame de Sévigné.
Biographie Origines et jeunesse Françoise de Sévigné est la fille d'Henri, marquis de Sévigné, gentilhomme breton, et de l’épistolière Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, dite aussi . Elle est baptisée quelques jours après sa naissance, le Antoine Adam, Histoire de la littérature française au , ..
Dans sa jeunesse, elle fut célébrée pour sa beauté : au ballet des Arts, en 1663, à peine âgée de seize ans, elle eut l'honneur de danser la première entrée avec le roi Louis XIV, aux côtés de Henriette d'Angleterre, belle-sœur du roi, de Louise de La Vallière et de Françoise-Athénaïs de Mortemart.
Son cousin Roger de Bussy-Rabutin disait qu'elle était , sans pour autant s'abuser ; il écrit ainsi à une amie, en 1678 :
Elle fut chantée par La Fontaine, Saint-PavinIl lui dédia plusieurs pièces où elle apparaît sous le nom d’Iris., Benserade et le chevalier du Buisson. Tréville disait
En 1668, François III d'Aubusson entreprit, en vain, de faire d'elle la maîtresse du roi. Selon Primi Visconti, l'ambassadeur Giustiniani se vantait .
Mariage et descendance
François Adhémar de Monteil de Grignan, lieutenant-général de Provence, l'épousa en troisièmes noces le ; elle apportait une dot énorme, dont devaient servir à l'amortissement des dettes de son futur mari. Les dépenses fastueuses du ménage continuèrent cependant, jusqu'à la quasi-ruineAntoine Adam, Histoire de la littérature française au , ..
Elle eut neuf accouchements dont cinq enfants arrivés à l'âge adulte : Une fausse couche en ; Marie-Blanche (1670-1735), entrée chez les visitandines d'Aix-en-Provence en 1686Saint-Simon, Mémoires, , notes et appendices par A. de Boislisle…, Paris, 1897, . ; Louis-Provence (1671-1704) qui épousa Anne-Marguerite de Saint-Amans (1673-1736), sans postérité« Je perdis un ami avec qui j'avois été élevé, et qui étoit un très galand homme et qui promettoit fort. » ; Saint-Simon, Mémoires, , notes et appendices par A. de Boislisle…, Paris, 1896, .. Pauline (1674-1737), devenue Saint-Simon, Mémoires, , notes et appendices par A. de Boislisle…, Paris, 1881, . ; Un enfant mort né en ; Jean-Baptiste (1676-1713) lieutenant général en Provence. Il épousa Gabrielle Thérèse d'Oraison, sans postérité ; Louis (1677-1677) ; Françoise (1679- 1731) religieuse aux Grandes Marie d'Aix en Provence ; François (1685-????) mort jeune ;
La fiancée de Louis-Provence était la fille d'un fermier général de noblesse récente, mais apportait une dot mirifique de (plus du double de la dot de sa belle-mère). Saint-Simon rapporte que Grignan pour cacher sa gêne « avec ses minauderies en radoucissant ses petits yeux, disoit qu'il falloit bien de temps en temps du fumier sur les meilleures terres ».
Grignan thumb|right|Madame de Grignan, portrait gravé. Son mari étant gouverneur de Provence elle quitta Paris et sa mère pour Aix-en-Provence et résida fréquemment dans son château de Grignan, ce qui fut à l'origine de l'une des correspondances les plus célèbres de la littérature française« (…) cette Madame de Grignan si adorée dans les Lettres de Madame de Sévigné, sa mère, dont cette éternelle répétition est tout le défaut. » ; Saint-Simon, Mémoires, , notes et appendices par A. de Boislisle…, Paris, 1896, .. Malheureusement, seules les lettres de Madame de Sévigné ont été conservées, la famille ayant détruit les réponses.
Certains estiment qu'elle est la mystérieuse destinataire des Mémoires du cardinal de Retz« C'est d'ailleurs [une] insistance soudaine de Madame de Sévigné, en juillet 1675, qui donne à penser, entre autres raisons, qu'elle est bien la seule destinataire des Mémoires : nous savons, en effet, par les lettres des 7, 12 et 14 juin qu'elle s'était très longuement entretenue avec Retz. Ne serait-ce pas dans ces circonstances qu'elle l'aurait incité à écrire ses souvenirs ? Enfin, elle lui avait adressé des aveux déchirants, le 19 juin, à Boissy-Saint-Léger, chez Caumartin.
On serait tenté de mettre ces passages de la Correspondance en relation avec un passage similaire, biffé, des Mémoires (…). Or Retz biffe tout ce qui pourrait permettre de reconnaître sa confidente (…) ». , , . Antoine Adam, dans son Histoire de la littérature française au (Paris, 1958 et 1962) cite Madame de Sévigné, mais lui préfère Madame de La Fayette. Il signale cependant que Madeleine de Scudéry s'amusait de voir que [Retz] passait ses journées, à Paris, dans la société de et de ..
Sa fille aînée entra chez les Visitandines, ordre religieux fondée en 1610 par leur ancêtre Jeanne-Françoise de Chantal et l'évêque de Genève François de Sales. La fille cadette épousa le comte de Simiane et fit éditer la correspondance de sa grand-mère. Son unique fils mourut prématurément en 1704 ne laissant pas de postérité.
Françoise de Grignan mourut peu après à Marseille le à l'âge de 58 ans « partie de la petite vérole et d'une apoplexie de sangLettre de Testu de Mésonville, lieutenant de la citadelle de Marseille à Chamillart, datée du 14 août 1705, in Saint-Simon, Mémoires, , notes et appendices par A. de Boislisle…, Paris, 1897, . ». La princesse des Ursins, écrivit de Madrid à cette occasion à Madame de Maintenon : « Voilà donc la pauvre Madame de Grignan morte entre les mains d'un charlatanLe médecin Chambon, le même qui avait été au chevet de Madame de Sévigné mourante. ! Elle qui avoit beaucoup d'esprit, et qui se piquoit pas moins de savoir la médecine que la philosophie de Descartes, comment a-t-elle pu se mettre en de telles mainsSaint-Simon, Mémoires, , notes et appendices par A. de Boislisle…, Paris, 1897, . ? »
Épitaphe de Saint-Simon : « Madame de Grignan, beauté vieille et précieuse dont j'ai suffisamment parlé, mourut à Marseille bien peu après, et quoi qu'en ait dit Madame de Sévigné dans ses lettres, fut peu regrettée de son mari, de sa famille et des Provençaux ».
Représentations cinématographiques Dans le téléfilm Madame de Sévigné : Idylle familiale avec Bussy-Rabutin (1979) de Gérard Pignol et Jacques Vigoureux, elle est interprétée par Isabelle Estel. Dans le film Madame de Sévigné d'Isabelle Brocard (2022). Son rôle est tenu par Ana Girardot.
Notes et références
Bibliographie
Jacqueline Duchêne, Françoise de Grignan ou le mal d'amour, Fayard, 1985
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