Dan Ar Braz Prononciation en breton KLT retranscrite selon la norme API., nom de scène de Daniel Le Bras, né le à Quimper (Finistère), est un guitariste et auteur-compositeur-interprète français.

De culture bretonne, la majeure partie de son œuvre relève de la musique celtique électrique. Dan Ar Braz accompagne dès la fin des années 1960 Alan Stivell, précurseur de la musique bretonne moderne. Jusqu'en 1977, il est aux côtés du harpiste breton pour ses albums mais surtout sur scène, porté par la « vague » bretonne en France et à l'international. À l'époque où il joue avec les Anglais de Fairport Convention dans les années 1970, il est considéré par le magazine britannique Melody Maker comme un des dix meilleurs guitaristes vivants au monde.

Après une période en solo, ponctuée d'albums plus intimistes et de concerts à l'étranger, il se lance dans l’aventure de l’Héritage des Celtes en 1993, qui fédère de nombreux artistes européens. Cette réunion autour des musiques celtiques rencontre un large succès populaire en France et une reconnaissance professionnelle, étant récompensée par deux Victoires de la musique. En 1996, il représente la France au concours de l’Eurovision avec une chanson en breton.

Lorsqu'il met un terme à la réunion interceltique, il se recentre sur la Bretagne et privilégie les collaborations avec ses amis : Carlos Núñez, Jean-Jacques Goldman, Jean-Félix Lalanne, Clarisse Lavanant, les sonneurs du Bagad Kemper

Biographie Influences musicales La passion de la musique s'installe en lui très jeune, quand il emprunte la guitare de son père pour « gratouiller ».. Il écoute avec envie un groupe de garçons de son école Saint-Louis à Châteaulin — où il est pensionnaire — qui enchaîne des morceaux country sous le nom des Inutiles. Il a dix ans lorsqu'il entend avec émotion le son d'une cornemuse écossaise lors d'une promenade en bateau au large de Bénodet. Il lui faut attendre sa communion solennelle en 1962 pour obtenir l'achat de sa première guitare personnelle, une semi-acoustique..

Âgé de quatorze ans, il prend trois cours de musique avec une Quimpéroise, souhaitant apprendre Apache des Shadows et SatisfactionAlexandre Fillon, « Dan ar Braz Un héros ordinaire », Bretons, , avril 2007, .. Puis il arrête et progresse seul à l'oreille. Son goût pour le rock lui fait écouter des artistes comme Cliff Richard, les Shadows, Bob Dylan et un peu plus tard, The Jimi Hendrix Experience ou les Rolling Stones. Son père chante en loisirs et son frère aîné écoute sur Radio Luxembourg le mouvement rock et folk des années 1960. Avec son grand frère Pierre, il découvre les disques de rock'n'roll, d'Elvis Presley à Buddy Holly, et il a la permission de l'accompagner dans certaines boites de nuit du Sud-Finistère. Dans l'une d'elles, La Souricière à Concarneau, il voit en 1964 le groupe Les Jerrys en concert, avec lesquels il jouera plus tard. Il se souvient également d'avoir été un assidu des premiers rangs de l'Odet Palace, salle quimpéroise mythique de l'époque, où il découvre aussi bien les Suédois des Spotnicks que Sylvie Vartan et Les Chats sauvages dont il est grand fan.

Ses visites chez une tante parisienne lui permettent de découvrir les disques des Galeries Lafayettes et d'en rapporter en Bretagne afin de découvrir plus tôt que les autres des guitaristes majeurs comme Bert Jansch, John Renbourn ou John Martyn.. Âgé de quinze ans, il souhaite apprendre tout ce qui tourne autour de la guitare : . Son apprentissage de la guitare se fait de manière empirique, dans les bals et dans les bars. Au lycée du Likès à Quimper, Dan Ar Braz connaît son premier groupe, où il assure la guitare rythmique sur le répertoire des Shadows. Mais il est plus tenté par le rock plus poussé : . Il s'engage dans un orchestre amateur, Les Rebelles, qui s'appelleront ensuite Les Mods, puis Les Donalds.. Le groupe se sépare à l'été 1965. Alors que deux musiciens des Donalds forment l'ossature des Cratères, Dan Ar Braz fait cavalier seul. C'est alors qu'il découvre le folk de Donovan et de Bob Dylan, et se met à rêver d'Outre-Manche devant l'Île-TudyStéphane Siohan, L'héritage de l'Héritage, dans Bretagne magazine, La grande histoire des Celtes, numéro spécial, mars 2013, ..

1966-1977 : les premières expériences scéniques et la période Stivell Autodidacte, il se produit à dix-sept ans dans des orchestres de bals de la région avec un répertoire constitué des morceaux folk-rock de Donovan, Van Morrison ou encore Rory Gallagher. Le bigouden Henri Béchennec, alias Jack Thierry, lui fait faire son premier bal de noce en 1966, à Plomodiern.. Dan joue sur une guitare d'emprunt avant de racheter la Fender Stratocaster datée de 1963 de Gabriel Hippolyte, soliste des Cratères, branchée sur un ampli Fender Super reverbSite Multimania consacré à Dan Ar Braz. Pour son jeu à la guitare électrique, il est attentif aux styles de Hank Marvin des Shadows et des Pretty Things. Pour cela, côté son, il s'achète une chambre d'écho à lampes de marque Écholette, qui, en augmentant le volume, délivre une saturation très riche en harmoniques et privilégie les fréquences haut-médium. Il constitue ainsi un son immédiatement reconnaissable en plus de son toucher particulier.

Avec l'orchestre des Jerrys (dans lequel Michel Santangeli est batteur), il joue de tout pour accompagner les danses ce qui lui permet de s'ouvrir et de s'exprimer musicalement .. Seul, il monte sur les grandes scènes bigoudènes mais aussi dans les bars pour tester ses nouvelles compositions. Lors de son premier festival de rock, à Pont-l'Abbé en , il interprète Les Élucubrations d'Antoine, mais avec son look plutôt BCBG ce jour-là il est en déphasage avec l'interprète original. Pour lui, il était entre deux vies : une vie de bohème poussée par son âme de rocker avec un amour pour les riffs et une vie un peu embourgeoisée avec ses parents. Son père était carrossier et sa mère n'était pas très favorable à ce qu'il devienne musicien mais ne s'opposait pas à sa passion..

Commencent à se dessiner les deux tendances musicales qui le caractérisent : rock et folk, acoustique et électrique. Rocker et folk singer avec guitare et harmonica, il chante aussi ses propres titres, en français et en anglais. Il y évoque la Bretagne, l'amour, la solitude : . Dès l'automne 1967, au sein du groupe Les Kelts de l'accordéoniste du Guilvinec Lili Ronac'h, il écume les salles de bal du Sud-Finistère.. Lili est un « père protecteur et précurseur », bataillant pour le statut des musiciens.. N'en déplaise à ses parents, Dan quitte l'école hôtelière de Quimper vers laquelle on l'a orienté après deux ans d'étude et deux stages, un à Morgat et un à Bénodet.

thumb|alt=Alan Stivell au chant et Dan Ar Braz à la guitare|Dan Ar Braz et Alan Stivell à la première représentation du spectacle Celebration au Festival interceltique de Lorient 2012.

Il découvre le harpiste et chanteur Alan Stivell en 1966 lors du festival de Cornouaille : « Stivell était là [...] je n'avais d'yeux que pour lui. Je ne connaissais pas bien sa musique, j'étais ailleurs. ». En 1967, alors qu’il travaille comme serveur dans une salle de restaurant à Bénodet, Dan rencontre par hasard Alan Stivell qui vient jouer pour se faire un peu d'argentEn entendant un morceau de Pete Seeger, il est intrigué et découvre Alan jouant sur la terrasse de l'établissement.. C'est la première rencontre mais dans la foulée, Dan part au service militaire. En parallèle de son service militaire, il continue d'animer les bals, avec les MK Gods de Brest, et il se fait embaucher par Stivell pour quelques concerts en Bretagne. Celui-ci va le rebaptiser « Dan Ar Bras », qui deviendra en 1984 « Braz », Dan se rendant compte que les anglophones ne prononcent pas le « s ». Il accompagne occasionnellement Alan sur scène, avec le violoncelliste Henri Delagarde. C’est le début d’une collaboration qui durera une dizaine d’années.

Le répertoire d'Alan Stivell mélange musiques bretonnes, irlandaises et écossaises avec les musiques folk et rock. En cette fin des Sixties, Dan reste divisé entre deux guitares : l'acoustique et l'électrique. Jusqu'alors, l'intérêt de Dan ne s’était pas encore porté vers la musique traditionnelle et celtique : il va alors découvrir un autre univers musical et comprendre les relations qui existent entre celui-ci et les mélodies de musiciens issus du folk et du rock qu'il apprécie. Il se rend compte que ce qui était pour lui du blues anglo-saxon a des origines celtiques (James Taylor, Bill Evans, John Martyn, The Byrds, etc.) et que la musique bretonne est du blues.. Dan Ar Braz reconnaît l’importance qu'a joué Alan Stivell dans son approche de la musique et dans sa propre évolution. Quand il commence à travailler ensemble, il se rend compte que sa technique est un peu limitée pour jouer la musique traditionnelle. Alan lui permettra d'approcher à la guitare le jeu et la sonorité de la cornemuse. Il exprime également sa reconnaissance pour lui avoir fait découvrir

1971-1973 : le groupe Mor En parallèle, Dan forme un duo avec Serge Derrien, un guitariste de Quimper, et se font appeler « Serge et Dan ». Rejoints par Jean Nin, ils forment le groupe Mor (« mer » en breton) au destin éphémère. Ils jouent dans les cabarets et parfois en première partie d'Alan Stivell. Au casino de Bénodet, Gérard Bacquet, rédacteur en chef de la revue Extra, les entend. De fil en aiguille, ils enregistrent deux titres, dans le mythique studio du château d'Hérouville (Val-d'Oise), qui se retrouvent sur l'album Puissance 13 + 2 avec treize groupes français (dont Magma) et deux américains.. En 1973, Stations, seul album du groupe, reçoit un bon accueil, dont l’influence de Stephen Stills est perceptible, source d'inspiration pour son jeu acoustique, notamment en open-tuning. Dan est passionné tant par les sonorités rock de la guitare électrique que par la fluidité de l'acoustique. C'est ainsi qu'il jouera longtemps la chanson Merci, Monsieur Stephen Stills de sa composition.. Leur label Thélème sort la compilation Music Is My Honey comptant sept autres groupes. Prenant conscience de la fragilité de sa situation, il préfère rester salarié dans la formation d'Alan Stivell, ce qui lui permet de profiter sereinement du plaisir d'être musicien.

Olympia 1972 : engouement musical et culturel La formation d'Alan Stivell va se roder sur les scènes de Bretagne et d'Europe. C’est à cette époque que Dan prend conscience de ses racines bretonnes, de la réalité de la musique celtique et qu’il élabore son jeu de guitare qui lui vaudra les éloges du Melody Maker. Gabriel Yacoub rejoint fin 1971 la formation puis la quitte à la fin de l'été 1973 pour former le groupe folk Malicorne. La Bretagne connaît un engouement après le concert du à l'Olympia de Paris. La musique celtique devient alors très populaire en France et à l'étranger. Dan est pris dans la vague. D'abord régionales, les tournées de la formation deviennent européennes, puis internationales avec l'Amérique du Nord et l'Australie. Dan travaille beaucoup la guitare, d'abord pour continuer à se mettre à niveau, puis, comme ce fut le cas durant toute sa carrière, pour combattre le manque de confiance qui souvent l'habite.

Parallèlement à l’activité de scène, Dan participe entre 1971 et 1977 à l’enregistrement de sept albums d'Alan Stivell, dont les emblématiques Renaissance de la harpe celtique (1971), À l'Olympia (1972), Chemins de terre (1973) et E Dulenn - À Dublin (1975).. En 1975, Dan et les autres musiciens de Stivell souhaitent enregistrer un disque. Ils forment alors le groupe Ys mais Alan l'apprend et cela ne lui plaît pas. Ils choisissent néanmoins de poursuivre leur voie seuls, à l'exception de Dan qui reste quelque temps encore aux côtés du harpiste.

1976 : l'expérience Fairport Convention