Jean-Joseph Marcel est un orientaliste et imprimeur français, né à Paris le et mort à Paris le .
Biographie Il est petit-neveu du consul de France au Caire, Guillaume Marcel (1647-1708)Pour A. Taillefer, Guillaume Marcel est son grand-oncle, mais pour R. G. Canivet, c'est son grand-père. qui a publié en 1686 une Histoire de l'origine et des progrez de la monarchie françoise suivant l'ordre des temps en trois tomes et a conclus pour le roi un traité avec le bey d'Alger en 1677.
Il a perdu son père à l'âge de douze ans et sa mère lui a fait donner de bonnes études par des professeurs particuliers et à l'Université de Paris dont il a été déclaré lauréat de cette université en 1790 et 1791. En 1790, il commence à étudié les langues orientales avec des professeurs de l'école spéciale fondée près de la Bibliothèque nationale. À 17 ans, il étudie auprès de Gaspard Monge les moyens d'extraire le salpêtre et devient directeur de la fabrique de salpêtre établie près du cloître Saint-Benoît. Le , le Comité d'instruction publique le choisit comme sténographe attaché à l'École normale pour publier les cours des professeurs dans la Journal des écoles normales. L'année suivante, Suard et Lacretelle l'ont associé pour la rédaction du journal Nouvelles politiques, nationales et étrangèresRetronews : Nouvelles politiques, nationales et étrangères. La loi du (5 septembre 1797) interdit le journal obligeant Guillaume Marcel à rester caché. Il en profite pour continuer ses études des langues orientales. Dès la création de l’École spéciale des langues orientales (décret-loi du / ) où professent Langlès, de Sacy et Venture de Paradis, il en devient un des premiers élèves.
Après la chute de Robespierre, une expédition d'Égypte est organisée pour laquelle Louis-Mathieu Langlès doit faire partie de la commission scientifique et être le directeur de l'imprimerie nationale attachée à l'expédition. Mais Langlès refuse de quitter la France et propose Guillaume Marcel pour le remplacer. Il reçoit sa nomination le . Jean-Joseph Marcel est à la fois un orientaliste et un journaliste connaissant à ce titre tous les détails de l'imprimerie.
Ingénieur et orientaliste, il fait partie de l'expédition d'Égypte en tant qu'interprète, et est nommé directeur de l'imprimerie nationale au Caire. Son premier acte a été d'imprimer à bord de L'Orient, le (), avant d'arriver en Égypte, la proclamation du général Bonaparte faisant connaître le but de l'expédition à l'aide du matériel d'imprimerie embarqué sur le navire L'OrientProclamation du général Bonaparte. Il a aussi imprimé en arabe une proclamation aux habitants de l'Égypte.
C'est le 19 messidor, après la prise d'Alexandrie, que Bonaparte donne l'ordre de débarquer les imprimeries française, arabe et grecque pour les installer dans la maison du vice-consul de Venise, à Alexandrie. L'imprimerie porte alors le nom d’Imprimerie Orientale et Française. Bonaparte demande le transfert de l'imprimerie et des imprimeurs au Caire ainsi que des membres de la Commission des arts et sciences se trouvant encore à Alexandrie et Rosette. Ils vont arriver après la révolte du Caire par le Nil. L'imprimerie est installée dans la même maison que l'Institut d'Égypte, sur la place d'Ezbékieh. L'imprimerie porte alors le nom d’Imprimerie Nationale. Ce n'est que le () que l'imprimerie nationale est définitivement installée.
Directeur de l'imprimerie nationale, il a dû surmonter un grand nombre de difficultés. Au départ, il dû exécuter lui-même les impressions orientales avant d'avoir formé du personnel pour le remplacer. Il a gravé et fait fondre les caractères qui lui manquaient, trouve des matières du pays pour fabriquer l'encre d'imprimerie et nettoyer les caractères. Sous sa direction, l'Imprimerie nationale publie le Courier de l'Égypte, la Décade égyptienne, les Rapports de l'Institut d'Égypte ainsi que les Bulletins et Proclamations en langue arabe, turque et grecque. Il a été admis à l'Institut d'Égypte quelques mois avant le départ des Français.
Il recueille des manuscrits et inscriptions qui serviront à la Description de l'Égypte. Pour éviter les inexactitudes, il recouvre les inscriptions d'encre d'imprimerie et en obtient une épreuve en appliquant une feuille de papier. Il a pu ainsi recueillir plus de dont celle de la pierre de Rosette dont il a offert une copie à l'Institut de FranceL'Antiquité à la BnF : copie de la pierre de Rosette. Ses recherches l'ont amené à découvrir un caractère arabe inconnu des savants européens et égyptiens fait de figures à angles droits qui a été appelé koufique quadrangulaire. Grâce à sa connaissance de l'arabe littéraire, il a pu rapidement apprendre l'arabe populaire. Les entretiens avec les érudits locaux lui ont permis de recueillir de précieux documents. Il s'est aussi intéressé à la numismatique et a rassemblé de nombreuses médailles grecques, romaines et orientales, formé une riche collection d'antiquités et de pierres gravées et réuni plus de . Malgré ses travaux, il ne fait partie ni de l'Institut d'Égypte, ni de l'Institut de France.
Membre de la Société des observateurs de l'homme, des Sociétés asiatiques de Paris et de Calcutta, de la société orientale du Kaire, des Lincei de Rome, &c
De retour en France, il est nommé le , directeur de l'Imprimerie nationale, puis Imprimerie Impériale. Il le reste jusqu'en 1815. Il dote l'imprimerie de cinquante presses supplémentaires, et d'un atelier oriental. En 1805, lors de la visite du pape Pie VII, il fait imprimer, en sa présence, l'oraison dominicale (oratio dominica) en cent cinquante langues, chacune des presses tirant au fur et à mesure une feuille séparée composée des caractères particuliers de chaque languewww.argusdubibliophile.com.
Après s'être caché quelque temps au début de la seconde Restauration, il reprend ses travaux d'érudition et supplée Prosper Gabriel Audran de 1817 à 1820, de son cours au Collège de France. Il a fait publier pour ses élèves ses Leçons des langues bibliques. Il publie en 1828 une Paléographie arabe et en 1829 le Specimen armenum
Lors de la conquête de l'Algérie en 1830, il publie un dictionnaire franco-arabeEdouard de Villiers du Terrage, Journal et souvenirs sur l'expédition d'Égypte, mis en ordre et publiés par le baron Marc de Villiers du Terrage, Paris, E. Plon, Nourrit, 1899, et L'expédition d'Égypte 1798-1801, Journal et souvenirs d'un jeune savant, Paris, Cosmopole, 2001 et 2003, p. 373Vocabulaire français-arabe des dialectes vulgaires africains d'Alger, de Tunis, de Marok et d'Égypte, Paris, Charles Hingray, 1837..
Distinction Il est nommé officier de la Légion d'honneur, le (LH/1725/31).
Publications , 1803, , 154 p. (lire en ligne) Jean-Baptiste Breton de La Martinière, L'Égypte et la Syrie, ou Mœurs, usages, coutumes et monuments des Égyptiens, des Arabes et des Syriens, précédé d'un précis historique par M. Breton..., accompagné de notes et éclaircissemnents par M. Marcel..., Paris, A. Nepveu, 1814, 6 vol, cité par Yves Laissus. Histoire scientifique et militaire de l'expédition française en Égypte..., sous la direction de MM. X.B. Saintine, J.J. Marcel, L. Reybaud..., Paris, A.J. Denain, 1832-1836, 10 vol. et atlas, cité par Yves Laissus. Marcel (Jean-Joseph), Supplément à toutes les biographies. Souvenir de quelques amis d'Égypte : Sulkowski, Venture du Paradis, Gloutier, Ch. Magallon, Beauchamp, Belletête, Raigel, par J.J. Marcel, Paris, H. Dupuy impr. 1834, cité par Yves Laissus.
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Marcel (Jean-Joseph), Grammaire arabe vulgaire du dialecte d'Egypte, au Kaire : Imprimerie nationale, an VIII, 1799.
dont la première édition date de 1830. en 10 tomes, , 1830-1836 (lire en ligne), (lire en ligne), (lire en ligne), (lire en ligne), (lire en ligne), (lire en ligne), (lire en ligne), (lire en ligne), (lire en ligne), (lire en ligne).
Hommages Il a inspiré l'un des personnages du roman historique Le secret de Champollion
Notes et références
Annexes
Bibliographie , cité par Yves Laissus. , cité par Yves Laissus
Articles connexes Expédition d'Égypte Interprète militaire Institut d'Égypte
Liens externes
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