Les mères adolescentes au Québec sont un phénomène social qui a connu une constante diminution depuis 1992. En 1998, les jeunes femmes âgées de moins de 20 ans donnent naissance à enfants. En 2008, ce chiffre a diminué à en.
La description du fait social Le Québec a connu une baisse du taux de natalité dans les années 1980. Cependant, on a enregistré une hausse de 57 % — soit une moyenne de 4 % par année — des enfants mis au monde par des mères adolescentes entre 1980 et 1992. Les taux sont restés stables durant la période 1992-1998 pour enfin connaître une légère baisse durant les cinq années suivantes. On voit cependant que le taux de grossesse à l’adolescence suit généralement l’indice de grossesse de l'ensemble de la population Par mères adolescentes, on entend que ces femmes ont donné naissance avant l’âge de 20 ans. On remarque que plus de jeunes filles tombent enceintes et environ enfants naissent de mères adolescentes chaque année au QuébecDans la population québécoise, les femmes autochtones sont plus prédisposées à devenir mères durant leur adolescence. Le taux de maternité de cette population est deux fois plus élevé que dans le reste du Canada.
Les régions où le taux de fécondité est le plus élevé sont l’Abitibi-Témiscamingue et la Côte-Nord. Dans ces endroits reculés, on remarque que les femmes de moins de 20 ans ont plus tendance à poursuivre leur grossesse tandis qu’à Montréal, ces femmes recours plus à l’avortement. Cela peut s’expliquer par la tradition religieuse des régions éloignées, où l’avortement est mal vu. De plus, l’âge des premières relations sexuelles, avec pénétration, diminue de plus en plus et les adolescentes ont majoritairement plus d’un partenaire sexuel par an. La maternité est une chose très importante pour elles. Elles ont un fort désir d’intégration social ainsi que de se faire valoir, alors avoir un enfant leur permet d’atteindre ces buts. L’enfant devient également une motivation de se responsabiliser puisque plusieurs de ces jeunes femmes ont un passé de délinquance et qu’elles veulent passer à autre chose. Les mères adolescentes vont avoir tendance à se marier [EM1] durant leur adolescence. Elles se marient pour plusieurs raisons, dont les inégalités entre les sexes, la pauvreté, l’insécurité et les traditions. Ce sont environ la moitié d’entre elles qui vont se marier avant la majorité, 20 % avant la naissance de l’enfant, 22 % dans la première année de vie et 39 % un an après la naissance. Les mères adolescentes ont plus tendance à rester célibataires comparativement aux mères adultes. Cependant, 46 % ont déclaré être en union libre.
Plusieurs caractéristiques peuvent décrire la vie de ces jeunes mères. On trouve d’une part, l’isolement. Effectivement, leurs amis ainsi que leur famille s’éloignent lorsqu’elles mettent au monde leur enfant, n’ayant plus de temps à leur accorder. D’une autre part, on retrouve la pauvreté. En ce sens, les jeunes femmes décident souvent de rester à la maison à temps plein et ainsi elles vivent sous le seuil de la pauvreté. Il faut aussi tenir compte de la monoparentalité, qui fait donc qu’il n’y a qu’un seul revenu qui entre dans le foyer et ce revenu annuel ne dépasse généralement pas les .
Le manque d’éducation entre aussi en ligne de compte dans le salaire de ces jeunes filles. On constate qu'elles vont souvent décrocher de l’école en voulant mettre au monde leur enfant, soit au niveau du secondaire. Malgré le fait qu’elles habitent seules, les mères adolescentes laissent une place importante aux pères, même qu’il y a généralement une garde partagée. Elles le font, car elles sont en quelque sorte dépendante de cet homme ; c’est le géniteur de leur enfant après tout. Elles vont jusqu’à dire que si elles désirent un autre enfant, c’est avec lui qu’elle le ferait afin que les enfants aient le même père, et ce même s’ils ne sont plus en couple. Pour ce qui est de la famille, il existe deux modèles de soutien familial. Le premier étant un soutien quasi inexistant en raison du refus des jeunes mères d’en vouloir. Elles ont pour leurs dires qu’elles sont amplement capables de s’occuper de leur enfant toute seule. Le deuxième consiste à un besoin essentiel de leur famille, tant au niveau monétaire, de la nourriture et du logis. Dans un autre ordre d’idées, les femmes qui deviennent mères à un âge précoce sont catapultées dans la vie adulte par la bifurcation du parcours qui amène un renversement au niveau de l’adolescence et de la jeunesse.
La vision de l’acteur La recherche concerne les jeunes femmes âgées d’environ 20 ans. Malgré la croyance que ce sont des grossesses non désirées, la plupart de ces femmes ont comme aspirations centrales le désir de maternité : . D’autres raisons peuvent expliquer le choix des mères, comme de donner un sens à sa vie : Il y a aussi la recherche d’une certaine stabilité dans la vie de ces femmes, comme l’exprime Émilie, 21 ans ; elle n’était pas sur le bon chemin et qu’avant la venue de son fils elle n’avait la meilleure des vies. Son fils a tout changé. La grande majorité ne sont plus en couple avec le père respectif de l’enfant, car soit il devenait trop contrôlant ou simplement qu’elles sont mieux toutes seules à s’occuper de leur bambin. Malgré le fait qu’elles ne sont plus en couple, les femmes ont toujours l’impression que le père restera un membre de la famille :
Les conséquences sociales En outre, la plupart vont abandonner l’école au niveau du secondaire pour élever leur enfant, mais une partie va y retourner quand leur enfant va être en âge d’aller à la garderie. Le milieu social et la réaction de la famille ont une influence sur le comportement futur de la jeune mère, par exemple, son implication envers elle-même et son enfant, soit sa sécurité, son bien-être, mais aussi pour qu’elle puisse penser à elle-même et à sa santé. La réaction de la mère entre autres, a de l’importance pour les jeunes mères, c’est la personne souvent considérée la plus proche d’elles, leur opinon importe surtout pour des jeunes filles. Si la réaction de la famille est positive, que les parents offrent leur aide dans les différentes sphères de vie de leur fille (organisation, soutien financier, garde pour l’enfant, scolarité), lui permettent en effet de conserver son cercle social. Les jeunes adolescentes ont alors plus de chances de poursuivre le parcours classique d’une jeune fille à la suite de l’accouchement, soit de poursuivre ses études, ses relations sociales ou la continuité de tout autre projet qu’elle avait entrepris avant la grossesse. Dans un autre contexte, où la réaction de la famille serait négative, la jeune fille mère serait plus à risque à se retirer de l’école, s’entourer de relations toxiques et malsaines, et intégrer des cycles de consommation excessive d’alcool et de drogues par exemple, ou encore, de subir diverses ruptures amoureuses en particulier avec le père biologique de l’enfant. Ce qui pourrait mener à l’abandon de l’enfant
Comme elles sont souvent isolées, le fait de retourner aux études leur permet d’échanger et de rencontrer de nouvelles personnes pour se recréer un réseau social : . Des témoignages recueillis auprès de mères adolescentes rendent compte que certaines peuvent se trouver plus performantes au travail maternel que sur le marché du travail ou encore dans le milieu scolaire. En conséquence, malgré l’importance qu’accorde le Québec sur le fait de retourner au études ou se diriger vers le marché du travail après une grossesse, certaines filles n’en ont pas le désir et préfèrent rester mère à la maison, ce qui peut être un choix répercutant autant pour l’enfant que pour elles-mêmes.
D’autre part, le marché du travail est un point délicat puisque c’est très difficile pour elles d’y aller, en raison des horaires et du niveau d’éducation. Les emplois qu’elles trouvent peuvent s’avérer parfois dévalorisants et enlèvent l’envie de travailler. Seulement 4 jeunes mères sur 15 sont en voie de stabilité sur le marché du travail à temps plein, alors que les autres vont avoir un emploi à temps partiel ou bien elles vont être à la recherche d’un emploi. De surcroît, le soutien de la famille peut se diviser en deux catégories. La première fait l’objet d’une famille aidante puisque les jeunes femmes en ont vraiment besoin ou bien parce qu’elles le désirent. La deuxième, en raison du haut désir d’autonomie des jeunes mères, s’avère à être quasi inexistante puisqu’elles n’en veulent pas ; elles affirment pouvoir se débrouiller seules.
L’explication sociologique
La grossesse chez les adolescentes est qualifiée dans la société moderne comme étant un problème sociologique par plusieurs facteurs. En premier lieu, cette situation affecte non seulement la mère, mais également son entourage immédiat et plus éloigné. En deuxième lieu, le phénomène relève de causes collectives, puisque la conception de cette réalité sociale renvoie à des jugements de valeur qui diffèrent d’un endroit à un autre. Par exemple, au Québec, il n'est plus bien vu d’avoir une enfant en étant jeune et encore moins lorsque tu n’es pas marié; tandis que dans les pays du Moyen-Orient, les femmes se marient jeunes et ont par conséquent des enfants. À ces endroits, c’est normal et même valorisé. En troisième lieu, comme ce n’est plus une norme dans la société, il a fallu que des organismes et des intervenants se spécialisent dans ce domaine. Au Québec, on retrouve par exemple S.O.S grossesse, la Villa Marie-Claire, des centres d’hébergement pour jeunes mères et enfants, etc., où travaillent de nombreux bénévoles. Dans les organismes communautaires, on en retrouve un important, mais souvent oublié, soit la famille des jeunes parents. Celle-ci a certaines obligations envers leur propre enfant. De plus, comme ces femmes ont de plusieurs problèmes, elles doivent recourir à des experts comme des psychologues pour affronter la dure réalité de leur choix de vie.
Il faut aussi mentionner que l’État à un rôle à jouer dans cela. En effet, elle subventionne certains organismes, qu’elle a elle-même mis sur pied, puis elle donne une contribution monétaire pour ces jeunes mères. Un peu plus haut, il y a eu mention d’une société moderne. Cette dernière se définit comme une société où il y a eu une émancipation des valeurs traditionnelles telles que la baisse de fécondité et des pratiques religieuses. En ce qui a trait à la religion, celle-ci provoque une perte de sens et de grands repères pour ces femmes en quête d’identité. Effectivement, dans les sociétés plus traditionnelles, la religion imposait ses limites et ses convictions comme les relations sexuelles permises seulement après le mariage. Mais de nos jours, les personnes ont des enfants sans jamais être marié. Pour ce qui est des jeunes femmes, elles revendiquent maintenant leur identité féminine, ce qui n’était pas socialement encouragé jusqu'aux années 60. Mettre au monde un enfant jeune c’est pour elles une façon de se faire une place dans la société.
Inégalités sociales Les femmes qui mettent au monde un enfant avant l’âge de 20 ans connaissent souvent des inégalités sociales, surtout en ce qui a trait au revenu. Il faut préciser que les jeunes filles provenant de milieux défavorisés sont 17 fois plus nombreuses à devenir mères avant l’âge de 20 ans comparativement aux filles de milieux plus favorisé. Les familles dirigées par une femme ont un taux de risque de pauvreté de 40,9 %. Sur ce, les femmes représentent 64,1 % des prestataires de l’aide sociale, principalement pour des raisons familiales, soit un enfant de moins de cinq ans ou une grossesse et puis 46 % des familles dont le chef est une femme vivent sous le seuil de la pauvreté.