La Grenouillère était un célèbre établissement de canotage, de bain, de bal et de restauration installé sur l'île de la Grenouillère à Croissy-sur-Seine, et qui fonctionna de 1850 à 1920.

Histoire Sous le Second Empire, on assiste à l’éclosion de la mode du canotage. De nombreux Parisiens déferlent sur la Seine, attirés par le charme sauvage de l’île de Croissy-sur-Seine que l’on surnomme à l'époque le « Madagascar de la Seine », tant la végétation y est luxuriante et les mœurs de ses visiteurs « comparables aux indigènes des îles ». En témoignent les noms insolites donnés alors aux différents lieux de l’île : le « cap des torses », l’« anse de l’homme nu », le « mouillage infect », la « berge des souffleurs ». En 1852, un arrêté municipal de Croissy-sur-Seine impose aux baigneurs le port d’un costume de bain, mais il est peu respecté et très plaisanté par la presse parisienne.

À la même époque, une cabaretière de Croissy-sur-Seine, la mère Seurin, établit au bord de l’île un bateau-ponton abritant une immense salle de bal et de restauration, ainsi qu’une longue péniche de cabines de bain. Seurin est aussi le concessionnaire du bac permettant de traverser le fleuve depuis Rueil-Malmaison jusqu’à Croissy-sur-Seine en passant par l’île et donc par son établissement.

La Grenouillère, sa petite plage, ses canots en location à la journée et son célèbre bal hebdomadaire vont immédiatement attirer les Parisiens venus en train par la ligne Paris - Saint-Germain-en-Laye. La Grenouillère est surnommée le « Trouville des bords de Seine » et acquiert une telle renommée que l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie y font escale en 1869.

Pour l'ambiance, le Guide Conty des environs de Paris écrit en 1888 :

En effet, outre le bal et la location de canots, on vient à la Grenouillère pour se baigner directement dans la Seine. Particularité intéressante, ces bains sont mixtes, ce qui est totalement interdit dans le reste de la région parisienne. Cette particularité amène bien sûr une large fréquentation mais aussi quelques problèmes de mœurs.

Guy de Maupassant, louant une petite maison sur les bords du fleuve, notamment à Sartrouville., fréquente assidûment les lieux. Dans plusieurs nouvelles, il brosse un portrait très réaliste du lieu et de son atmosphère bruyante et populaire :

En 1869, Auguste Renoir et Claude Monet y installent leurs chevalets. Ils immortalisent ainsi le Camembert, un îlot planté d’un arbre unique, reliant l’île au bateau-ponton par des planches étroites et glissantes… qui provoquent chutes et baignades imprévues ! Le La Grenouillère peint par Monet est conservée au Metropolitan Museum of Art à New York tandis que La Grenouillère par Renoir fait partie de la collection du Nationalmuseum de Stockholm. Les deux tableaux sont reproduits sur le lieu de leurs créations sur le chemin des Impressionnistes..

La Grenouillère est la proie des flammes en et l’établissement est entièrement détruit. La nouvelle Grenouillère, reconstruite l’année suivante avec des éléments provenant du pavillon paraguayen de l'Exposition universelle de 1889, ne connaît pas le même succès. Les temps ont changé. La mode nouvelle du cyclisme a détrôné celle du canotage et, surtout, le déversement de l’ensemble des égouts de Paris en amont de la Seine a découragé les baigneurs et les canotiers.

À la fin des années 1920, la Grenouillère disparaît définitivement lors des travaux d'élargissement de la Seine.

Musée La Grenouillère à Croissy-sur-Seine Un petit musée, gérée par une association, retrace l'histoire de cet établissement. Ouvert le samedi et le dimanche après-midi, il abrite une collection permanente et présente chaque année une exposition temporaire..

Patrimoine artistique La Grenouillère, mélodie de Francis Poulenc, fait référence au lieu. La mélodie a été composée en 1938 sur un poème de Guillaume Apollinaire. C'est dans l'île de la Grenouillère qu'ont été peints certains des tableaux impressionnistes les plus célèbres, La Grenouillère de Pierre Auguste Renoir et Bain à la Grenouillère de Claude Monet, peints tous deux la même année (1869). Ces lieux étaient activement fréquentés, entre 1850 et 1900, par la bourgeoisie parisienne de l'époque. Guy de Maupassant en rend compte dans l'une de ses nouvelles (Le Horla). Guy de Maupassant a décrit la guinguette La Grenouillère dans deux nouvelles : Yvette et La Femme de Paul.

Poésie À partir de 1904, Guillaume Apollinaire fréquente régulièrement La Grenouillère. C’est là qu’il fait la connaissance de Derain et de Vlaminck. Il compose le poème La Grenouillère, paru dans le recueil Il y a, page 352 et note page 1116..

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Notes et références

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