Paneb (mort probablement vers 1193 av. J.-C.) est un artisan peu scrupuleux du village d'ouvriers de Deir el-Médineh dont le nom a fait la chronique judiciaire à la . Il parvient au poste de chef des ouvriers après la mort violente de son prédécesseur Néferhotep ; il y est attesté pour la dernière fois en l'an 2 de Siptah, date de son licenciement.

Ses forfaits firent tant de bruit que, sous le règne de , son cas fut cité comme précédent juridique au cours d'un procès au sujet d'un vol de pierres dans la tombe d'un fils de .

Méfaits Les premières mentions de Paneb apparaissent dans la plainte d'un certain Amonnakht dont le père était chef d'équipe et avait nommé son fils aîné Néferhotep pour lui succéder. Mais celui-ci fut assassiné dans des circonstances mystérieuses et ce décès impliquait que ce fût normalement Amonnakht qui héritât des fonctions de leur père puisque son aîné était mort sans enfant. Mais Paneb, soudoyant le vizir, déposséda Amonnakht et prit sa place.

Paneb s'étant assuré de la protection d'un personnage important de la communautéIl réussit même à faire renvoyer le vizir qui l'avait condamné pour ses divers forfaits., il accomplit sereinement ses forfaits, se distinguant notamment par son caractère violent. Plusieurs dépositions font en effet état de violences répétées, la nuit, contre des ouvriers auxquels il jetait des pierres. Nombre de dépositions font également état de ses relations illicites avec des femmes, sans qu'on comprenne bien s'il s'agissait d'adultères ou carrément de viols. Le texte égyptien n'est pas explicite, sauf une fois :

Outre sa propension à la violence physique, Paneb était malhonnête et fut impliqué dans plusieurs affaires de détournement de biens, notamment en accaparant à son profit le travail des ouvriers, les obligeant à construire sa propre tombe au lieu de celle de . Qui plus est, il préleva les pierres destinées à l'édification de la demeure d'éternité du pharaon pour sa propre sépulture. L'archéologie a permis de les retrouver dans la tombe de Paneb, la tombe thébaine TT211, creusée à même la falaise de Deir el-Médineh.

Profitant des troubles politiques provoqués par l'avènement de l'usurpateur Amenmes, destitué par , il fait renvoyer le vizir qui voulait le sanctionner. Mais si aucun texte ne le dit clairement, il semble qu'il finit par être condamné par le vizir Hori. Sa célébrité le rattrapa sous le règne de une dizaine d'années plus tard, lors du procès d'un autre voleur :

Le procès de Paneb est décrit dans le Papyrus Salt 124, conservé au British Museum.

Sépulture

Sa tombe, TT211, est située à Deir el-Médineh, dans la vallée des Nobles de la nécropole thébaine, sur la rive ouest du Nil, face à Louxor en Égypte.

Notes et références

Bibliographie

Catégorie:Index égyptologique Catégorie:Artisan de Deir el-Médineh Catégorie:Date de décès incertaine (XIIe siècle av. J.-C.) Catégorie:Personnalité du XIIIe siècle av. J.-C. Catégorie:Personnalité du XIIe siècle av. J.-C.