vignette|redresse|Les fusillades et attaques-suicides du en région parisienne, de motivation terroriste islamiste, constituent l'attentat le plus meurtrier de l'histoire contemporaine du pays.
Le terrorisme en France, ensemble des actes de terrorisme (attentats ou projets d'attentat) perpétrés ou élaborés sur le territoire français, ou hors de France contre des citoyens français, présente des spécificités liées à l'histoire et la situation politique françaises, et conduit à la création d'une législation particulière, ainsi que d'un ensemble de moyens de lutte antiterroriste.
La série de fusillades et d'attaques-suicides du à Paris et dans sa périphérie, de motivation islamiste et revendiquée par l'État islamique (« Daech »), fait en comptant les deux suicides consécutifs. Au sein de cette soirée noire, la tuerie du Bataclan, qui fait , est l'attentat le plus meurtrier perpétré en France sous la . L'attentat du 14 juillet 2016 à Nice () suit les consignes de Daech et est revendiqué par cette organisation terroriste deux jours après les faits. L'attentat du 18 juin 1961 (entre 24 et ) n'est pas signé, mais une majorité de journalistes et d'historiens l'attribuent à l'Organisation de l'armée secrète (OAS).
Généralités La définition française du terrorisme est plus large que les définitions internationalement admises. Le débat public sur le terrorisme et les différentes rhétoriques qui s'y déroulent se sont particulièrement développées au début du .
Selon le rapport Europol 2010 sur le risque terroriste dans l’Union Européenne, sur 611 interpellations de terroristes effectuées, 219 (soit 35 %) sont dues à la France EU Terrorism Situation And trend Report.
Contrairement à une idée répandue, la majorité de ces 219 arrestations ne concernent pas des islamistes (94 arrestations dont ont fini devant les tribunaux français) mais des séparatistes (en premier l'ETA)Intervention de Loïc Garnier chef de l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste, émission C dans l'air, 9 mai 2011.
Depuis les années 2000, le plus grand nombre de victimes d'actes terroristes est lié au terrorisme islamiste avec français entre 2000 et 2018Article du parisien sur le livre blanc et noir du terrorisme . Dans la nuit du vendredi , une suite de plusieurs attentats entraînent la mort de à Paris et à Saint-Denis, ce qui en fait l’attentat le plus meurtrier en France depuis 1945. L'attentat de Nice du 14 juillet 2016 est quant à lui le plus meurtrier commis par un seul individu, avec .
Mouvances terroristes dans l'histoire française
Terrorisme intérieur
Du à 1945
Sous le Consulat, le survient l'attentat de la rue Saint-Nicaise, conjuration royaliste pour assassiner Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul. périrent mais Bonaparte en réchappa.
Au , les actes terroristes sont majoritairement dus à des motivations politiques et touchent généralement des personnalités. Voici quelques exemples :
DateLieuCibleMéthodeVictimesRevendicationMotivationCommentaire Paris Napoléon Bonaparte Bombe Militants chouans Royalisme Paris Louis-Philippe Bombe , Giuseppe Fieschi Républicanisme L'auteur est sans motivation politique mais agit pour le compte de la Société des amis du peuple Paris Bombe , Felice Orsini Patriotisme italien ParisChambre des députésBombeAuguste VaillantAnarchismepour venger RavacholLyonSadi CarnotAssassinat1 mort (Sadi Carnot)Jeronimo CaserioAnarchismeentraîne le vote des Lois scélérates
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Mouvances d'extrême droite En lien avec la guerre d'Algérie Dans le contexte de la guerre d'Algérie, la France est secouée par des attentats imputables à l'Organisation armée secrète (OAS). Celle-ci est responsable de l’attentat du , une bombe posée sous le train Strasbourg-Paris à hauteur de Vitry-le-François le fait dérailler ().
D'abord motivé par les événements algériens (OAS, Commando Delta), ce terrorisme produit après la fin de la guerre d'Algérie des attentats anti-immigrés et principalement. Ainsi, peu après les ratonnades de 1973, ces vagues d'attentats furent marqués par l'attentat revendiqué par le Groupe Charles-Martel contre le consulat algérien à Marseille qui fit et une vingtaine de blessés. Ce groupe revendiqua d'autres attentats anti-algériens, dont un contre un commissariat à Aubervilliers en et un autre contre un lieu de culte musulman à Romans en Yvan Gastaut, « La flambée raciste de 1973 en France. » in Revue européenne de migrations internationales, , , note 25 pour ces trois attentats..
Un terrorisme plus militant, dirigé contre les États-Unis et l'URSS, était, dans les années 1970, le fait de groupes solidaristes tel le Groupe action jeunesse.
À partir des années 2010 Dans les années 2010 en France deux groupuscules se réclamant héritiers de l'OAS ont été démantelés. Et y compris sans filiation avec les groupes terroristes historiques comme l'OAS ou le Club Charles-Martel, d'autres groupes d'ultradroite se sont constitués et ont parfois été démantelés.
Les projets terroristes venus des franges extrêmes de la droite, aux motivations identitaires, sont de plus en plus fréquents en France depuis 2017. Ainsi, entre 2017 et 2026, au moins neuf attaques terroristes affiliées à ces membres ont été déjouées par les forces de sécurité françaises.
Il peut s'agir de projets terroristes individuels, comme celui de Guillaume M., un militant ultranationaliste interpellé le , qui avait prévu d'assassiner le Président de la République française Emmanuel Macron puis de « tuer plusieurs personnes de chaque communauté minoritaire, c'est-à-dire musulmans, juifs, noirs, homosexuels et francs-maçons »..
Le , une dizaine d'individus d'ultradroite du groupuscule Action des forces opérationnelles soupçonnés d'avoir planifié des attaques contre des musulmans sont interpellés en région parisienne, Corse, Gironde, Vienne et Charente. Une vingtaine d'armes à feu sont saisies et un laboratoire clandestin d'explosifs artisanaux est démantelé. La cellule aurait souhaité se venger d'attaques islamistes en ciblant des islamistes radicalisés, mais ils entendaient aussi attaquer des femmes musulmanes au hasard dans la rue.. L'enquête montrera qu'ils voulaient également assassiner le rappeur Médine. et qu'ils avaient prévu d'empoisonner de la nourriture halal dans les supermarchés afin de tuer au hasard.. L'affaire rebondira en , lorsque le de l'Ambassade de France au Salvador sera arrêté et mis-en-examen car soupçonné d'être un membre actif de l'AFO. En tout, 14 membres de l'AFO seront arrêtés. Ou encore, lorsque quatre sympathisants de l'ultradroite, dans un groupe surnommé Les Barjols en référence au nom d'une page Facebook que leur chef présumé tenait, surveillés par la DGSI depuis le sont arrêtés le , sont mis en examen le pour "association de malfaiteurs criminelle terroriste" et "détention non autorisée d'armes de catégorie B en relation avec une entreprise terroriste", dans l'enquête sur le projet d'action violente visant Emmanuel Macron. Ils avaient prévu d'attaquer au couteau le président de la République le , durant la période des commémorations du 11-Novembre à Charleville-Mézières.
Mouvances anarchistes et d'extrême et d'ultra gauche
Dans les années 1970 et 1980, la France, l'Europe (en particulier l'Italie et la Belgique) et l'OTAN sont exposées à des attentats de groupes d'extrême gauche, appartenant au mouvement autonome et de structures clandestines issus du maoïsme entre autres. La France subit les attentats d'Action directe de 1979 à 1987, marqués par les assassinats de l'ingénieur-général René Audran en 1985 et du PDG de Renault Georges Besse en 1986. Action directe vise également les forces de l'ordre, tuant plusieurs gendarmes et policiers lors d'attentats ou de braquages. L'Attentat du Drugstore Publicis avait été le premier attentat en France métropolitaine postérieur à la Guerre d'Algérie (). Des actions revendiqués par des groupes anarchistes ont également lieu.
Au début du , quelques actes criminels sont qualifiés de manière transitoire de « terroristes » : l'affaire de Tarnac (sabotage de lignes de TGV) pour laquelle la Cour de cassation écarte finalement la qualification de terrorisme., une vague d'incendies criminels à Grenoble et en Isère pour la plupart revendiqués par la mouvance anarchiste d'extrême-gauche, mais pour lesquels le Parquet national anti-terroriste estime qu'ils "n’entraient pas dans le cadre d’une entreprise terroriste".
Le , neuf individus proches de la mouvance dite d'"ultragauche", âgés de 30 à 36 an,s soupçonnés d'avoir projeté une action violente contre les forces de l'ordre et des militaires étaient interpellés dans toute la France par la DGSI dans ce qui est appelé l'affaire du 8 décembre 2020. Cette affaire relance le débat sur un possible retour du terrorisme d'extrême gauche en France. Au début du procès, Le Monde évoque « l’impression d’une volonté de construire une menace terroriste d’ultra gauche » et « si menace il y a, elle va en déclinant plutôt qu’en se radicalisant », avec des charges maigres, un groupe sans nom, des prévenus dont la plupart ne se connaissent pas et aucun passage à l'acte imminent envisagé. Leurs avocats dénoncent un procès politique. .. De manière indépendante, un individu proche de l'ultragauche suspecté de vouloir commettre des attentats est mis en examen en pour des faits de « transport et fabrication de produits ou engins explosifs en lien avec une entreprise terroriste » par le parquet national anti-terroriste.
Eco-terrorisme Au début du , malgré l'usage du terme dans des médias et par certains politiciens, plusieurs politologues et cadres d'institutions chargées de la sécurité du pays affirment que les mouvements écologistes, animalistes et néo-luddiste en France ne peuvent être considérés comme terroristes.
Conflit basque: ETA, GAL et BVE
À la fin des années cinquante, le nationalisme basque jusque-là non violent et proche de la démocratique chrétienne est débordé par des éléments beaucoup plus radicaux, inspirés par les théories marxistes puis maoïstes qui affirment leur volonté d'obtenir par « la lutte armée » l'indépendance du Pays basque. En 1959, ces derniers décident de créer une nouvelle organisation, l'ETAArnaud Imatz, « L'ETA: du nationalisme au marxisme », Nouvelle Revue d'Histoire, Hors-Série, n°13H, Automne-Hiver 2016, . Ils se livrent à des attentats essentiellement en Espagne, mais le quart sud-ouest de la France est largement utilisé comme base arrière par l'organisation terroriste. Quelques attentats de l'ETA ont été signalés en France, comme le meurtre de deux gardes civils espagnols à Capbreton en 2007.
L'assassinat de Pierre Goldman en 1979, revendiqué par Honneur de la Police, groupe inconnu, a sans doute été organisé par une organisation précédant les Groupes antiterroristes de libération (GAL), dirigés par Madrid, comme le Batallón Vasco Español.
Le Pays basque français a été plus généralement marqué dans les années 1980 par les attentats du mouvement Iparretarrak. Entre 2006 et 2009, divers attentats ont été perpétrés par l'organisation Irrintzi, qui a été depuis démantelée.
Cependant, l'ETA a annoncé l'arrêt de ses activités en 2011.
Nationalisme breton
Des années 1970 au début des années 2000, la Bretagne a connu une série d'attentats terroristes perpétrés par une organisation clandestine, l'ARB, limités à des dégâts matériels.
Nationalisme corse
Le terrorisme lié au mouvement nationaliste corse est un phénomène récurrent, particulièrement des années 1970 aux années 2000. Les attentats à l'explosif et mitraillages étaient quasi-quotidiens de 1975 à 2007, bien que tous n'aient pas eu un but politique.