Henri Ribière, né le à Montluçon (Allier) et mort le à Paris, est un homme politique et résistant français, membre de la SFIO, de Libération-Nord et du Conseil national de la Résistance, député socialiste de l'Allier en 1945-1946, directeur général du SDECE de 1946 à 1951.

Biographie Origines familiales et jeunesse

Henri Alexis Ribière est issu

Le , à l'âge de 18 ans, il s'engage pour prendre part à la Première Guerre mondiale, devançant l'appel de quelques mois. Affecté au régiment d'infanterie en comme soldat, il monte au front en . Il est nommé caporal en .

Sa bravoure au combat lui vaut la médaille militaire (1916) et la croix de guerre 1914-1918 avec trois citations, dont deux à l'ordre de l'armée (1916 et 1917) et une à l'ordre du corps d'armée (1917). Par ailleurs il est grièvement blessé en Alsace en 1917 par éclat de grenade.

Il est ensuite employé dans une société de crédit à Montluçon dont il est licencié à cause de ses activités syndicalesRIBIÈRE Henri, Alexis sur Le Maitron.

L'entre-deux-guerres Henri Ribière quitte alors Montluçon et s'installe à Vitry-sur-Seine où il entre à la Sûreté nationale (police).

Il retourne à Montluçon pour travailler avec le député-maire socialiste de la ville Marx Dormoy, avec lequel il est ami. Quand celui-ci remplace Roger Salengro (qui vient de se suicider), comme ministre de l'Intérieur du gouvernement de Léon Blum en , Ribière devient son chef de cabinet adjoint.

Il est ensuite nommé secrétaire général de la préfecture de l'Ardèche, entrant ainsi dans le corps préfectoral, puis est détaché à la Caisse de crédit aux départements et aux communes.

La Résistance (1940-1944) En 1940, le gouvernement de Vichy le relève de ses fonctions. Il se replie alors à Moulins (Allier) en zone Sud, non loin de la ligne de démarcation. Dès , il entre dans la Résistance en prenant contact avec les parlementaires socialistes qui ont refusé les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Son expérience dans la police, dans le corps préfectoral et ses relations politiques, ainsi que son goût du secret, vont alors lui permettre de jouer un rôle important.

En , Henri Ribière organise la première rencontre entre les syndicalistes qui mettent sur pied Libération-Nord et deviennent les pionniers du socialisme clandestin. Il appartient au groupe assurant la direction du mouvement, sous l'égide de Christian Pineau.

Le gouvernement de Vichy, ignorant son activité de résistant, le reclasse comme conseiller à la préfecture de Caen, poste dont il démissionne en , officiellement pour raisons de santé. Suspecté, il passe dans la clandestinité, prenant la tête du mouvement Libération-Nord à partir du voyage de Christian Pineau à Londres (été 1942). Son appartement parisien est perquisitionné en , sans résultat.

Lors de la création à Paris du Comité d'action socialiste unifié (), il devient membre du comité exécutif et responsable de la propagande dans la zone Nord. Il représente aussi Libération-Nord au Conseil national de la Résistance.

La Libération Durant les journées qui précèdent la libération de Paris (), il est de ceux qui s'efforcent d'éviter le déclenchement prématuré d'une insurrection dans Paris. Il s'oppose aux représentants du Parti communiste et à ceux du Front national, en se prononçant pour une trêve lors des premiers combats. Le , il participe à la prise de l'Hôtel de ville, puis du ministère de l'Intérieur.

L'après-guerre (1944-1946) Après la Libération, il est l'un des reconstructeurs de la SFIO ; il siège au Comité directeur à partir de , pratiquement jusqu'à sa mort. Il est désigné par le CNR pour siéger à l'Assemblée consultative provisoire et fait alors partie de plusieurs commissions : France d'outre-mer, Intérieur, Santé publique ainsi qu'à la commission d'enquête sur les fournitures de papier de presse.

En , son frère René est élu maire de Montluçon, tandis que lui est élu conseiller municipal. En , il est élu député de l'Allier dans la première Assemblée nationale constituante. La liste SFIO qu'il conduit arrive en tête dans le département. Mais il se révèle avoir peu de goût pour la fonction : il siège aux Commissions de l'Intérieur, de l'Algérie, de l'Administration générale, départementale et communale et des Règlements, mais n'intervient pas à l'Assemblée et ne dépose aucun texte. Il est réélu en juin 1946 (seconde Constituante) mais ne se représente pas en novembre (Législative).

La Quatrième République De 1946 à 1951, il est le directeur général du SDECE, le service français de contre-espionnage. Il aura notamment comme directeur de cabinet, François Thierry-Mieg, vétéran du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA). Ribière sera ultérieurement victime d'un accident de voiture qui le laisse entre la vie et la mort.

En 1951, en raison de la rupture entre la SFIO et le MRP et la fin de la Troisième force, il est nommé directeur de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre, un poste moins politique. Comme il est très affaibli par son accident et par un cancer du cerveau, son adjoint Gilbert Burlot assure en pratique la direction de l'Office.

Il meurt de son cancer en et des obsèques officielles sont organisées dans la cour de l'Hôtel des Invalides.

Marié à Claire Pourrat, il a eu deux enfants, dont l'un, Jean (1922-1944), est mort à la suite d'une méprise entre FFI au moment de la libération de Montluçon, à Durdat-LarequilleCf. André Touret, Montluçon 1940-1944, Éditions Créer, 2001. Le site de l'AN indique qu'il est mort en déportation..

Distinctions à titre militaire (décret du ) (rang du ) (3 citations, dont 2 à l'ordre de l'armée et 1 à l'ordre du corps d'armée) (décret du ) sans_cadre|50x50px Commandeur de l'ordre du Mérite combattant, de droit en tant que directeur de l'office national des anciens combattants et victimes de guerre et donc membre du conseil de l'ordre (1953)

(1 blessure le par éclat de grenade)

Hommages Rue Henri-Ribière dans le arrondissement de Paris. Crèche Henri-Ribière dans le arrondissement de Paris. Rue Henri-Ribière à Équeurdreville-Hainneville (Manche). Rue Henri-et-René Ribière à Montluçon (1996). École Henri-Ribière au Grand-Quevilly (Seine-Maritime).

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Notice biographique sur le site de l'Assemblée nationale . .

Liens externes

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