La rue des Poulies est une ancienne voie publique de l'ancien 4e arrondissement de Paris, devenu . Cette rue a disparu lors du percement de la rue du Louvre.
Situation Située dans l'ancien 4e arrondissement de Paris, quartier Saint-Honoré, cette voie commençait, en 1817, au 2, rue d'Angiviller et se terminait aux 133-135, rue Saint-Honoré, le côté impair situé entre la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois et la rue d'Angiviller ayant déjà été absorbé par la place d'Iéna et le côté pair ayant pris la numérotation et le nom de cette placeCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Saint-Honoré », îlot , F/31/79/33, îlot , F/31/79/34, îlot , F/31/79/35, îlot , F/31/79/36.
Les numéros de la rue étaient noirsJean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.. Le dernier numéro impair était le et le dernier numéro pair était le .
Origine du nom Plusieurs hypothèses ont été émises sur l'origine de son nom : selon Sauval et Edgar MareuseGuillot de Paris, Le Dit des rues de Paris, avec préface, notes et glossaire par Edgar Mareuse., le nom de la rue viendrait d'un jeu, le jeu dit des Poulies, jeu à la mode au début du Moyen Âge, pratiqué à l'hôtel d'Alençon et qui était encore en usage en 1343 ; selon l'historien Jaillot, la rue doit son nom à Edmond de Poulie qui y aurait possédé une grande maison avec un grand jardin dans cette rue, qu'il aurait vendu à Alphonse comte de Poitiers ; l’historien Gustave Pessard le nom vient de l’ancien français « pouille », qui signifiait « écurie ». Jacques Hillairet considère les hypothèses précédentes comme peu vraisemblables et préfère comme origine les poulies à draps qui servaient à effectuer le « ramage » des tissus.
Historique La rue des Poulies est attestée par un contrat de vente de 1205Félix et Louis Lazare, 1844...
Cette voie est citée dans Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris sous la forme « rue des Poulies ».
Au , la rue des Poulies relie la rue Saint-Honoré aux quais de la Seine. Cependant, la partie méridionale de la rue, entre la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois et la Seine, a pris d'autres noms. Cette partie de la rue a été nommée en 1292 « rue Jehan d'Évront » et, de 1341 à 1353, « rue du Noyer » ou « rue de Nouier », tirant ce nom l'enseigne d'une maison ; au , cette partie de la rue devint la « rue de Bourbon » ou la « rue du Petit-Bourbon », les jardins de l'hôtel de Bourbon donnant sur cette rue..
Elle est citée sous le nom de « rue des Poullies », dans un manuscrit de 1636 dont le procès-verbal de visite, en date du , indique qu'elle est .
En 1702, la voie, qui fait partie du quartier du Louvre, comporte 26 maisons et 9 lanternesJean de la Caille : Description de la ville et des fauxbourgs de Paris en vingt planches..
C'est dans cette rue qu'un certain Boulanger dit Champ d'oiseau (ou Chantoiseau) installe en 1765 une boutique qualifiée de « restaurant », et considérée comme le premier restaurant à prix fixe de Paris. On y servait des bouillons reconstituants d'un prix abordable. Denis Diderot y fait allusion dans sa correspondancecf. Patrice Gélinet, d'histoire gourmande, Perrin, 2008, , , d'apr. Rebecca Spang, The Invention of the Restaurant: Paris and Modern Gastronomic Culture, Harvard Historical Studies, 2000..
En 1770, les hôtels situés rue des Poulies et faisant face au Louvre sont détruits pour créer la place du Louvre, qui est ensuite agrandie en 1854 en détruisant des maisons sur le côté est de la rue des Poulies..
Une décision ministérielle du 17 frimaire an XI (), signée Chaptal, fixe la largeur de cette voie à .
Après le prolongement de la rue de Rivoli décidé en 1848., la rue des Poulies commence désormais au niveau des 154-156, rue de Rivoli et se termine rue Saint-Honoré, au niveau des , le dernier numéro impair de la rue étant le 17 et le dernier pair le 18. Sa longueur est alors de . Peu après, dans le cadre du projet urbain décidé par le baron Haussmann, cette rue disparaît lors du percement de la rue du Louvre.
Le photographe Charles Marville prit de nombreux clichés de cette rue que l'on retrouve entre autres dans son Album du Vieux-Paris (1865)Marie de Thézy, Marville, Paris, Paris, Hazan, 1994 ..
L'hôtel de Vaucouleurs (aussi nommé hôtel de Créqui, ou de Cypières) se trouvait dans cette rue. En face de cet hôtel habitait le compositeur Jean-Baptiste Barrière (1707-1747).
Références
Bibliographie . Félix et Louis Lazare, Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris en 1855 avec les plans de 48 quartiers, Éditions Maisonneuve & Larose, 1844, , lire sur Gallica. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.
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