Le château de Beaufort (latin castorum Bellefortis) est un ancien château fort du vers 923, avec Bernard de Beaufort. Il devient le centre de la seigneurie et de la châtellenie de Beaufort à partir du par les sires de Faucigny. Il se distingue du château de La Sallaz sur la rive gauche de l'Argentine. À partir de 1536, grâce à sa chapelle une période religieuse, mets en valeur le lieu connu sous le nom de « Notre-Dame-des-Châteaux ». Les vestiges se dressent sur le plateau des Vanches sur la commune française de Beaufort dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Localisation thumb|gauche|La colline des Vanches près de Beaufort. Le château de Beaufort est située dans le département français de la Savoie sur la commune de Beaufort, à deux kilomètres au nord-ouest du bourg, au sommet de la colline des Vanches, dominant le confluent du Doron et du Dorinet, à d'altitude.
Il permettait de contrôler la vallée du Doron, dite de Luce (voir ci-après), qui appartient à la petite région naturelle du Beaufortain.. Au-delà du massif, ce sont surtout les axes de communication menant vers l'aval à la combe de Savoie et le comté de Savoie, en suivant le cours du Doron, ainsi que les chemins menant . Cet emplacement en font un enjeu stratégique entre les princes de la maison de Savoie et sires de Faucigny, puis les Guigonides d'Albon, héritiers des Faucigny.
Histoire féodale (942-1536) Château seigneurial L'origine du château de Beaufort est fort ancienne, de même que la famille de Beaufort.
En ces lieux, il y aurait eu à l'époque gallo-romaine une villa, « Villa Lucia », du nom de son propriétaire Lucius, qui donna son nom à la vallée du Doron. La vallée porta longtemps le nom de « vallée de Luce »..
Le premier représentant connu de cette famille est attesté, vers 923, avec Bernard de Beaufort.. Il aurait chassé les Sarrasins de la vallée, vers 942, notamment au soutien de la Vierge. et aurait construit une chapelle pour cette occasion.
Un de ses descendants dresse, au sommet de la colline, une enceinte de bois et de pierre avec une tour carrée, qui donnera place à des remparts flanqués de sept tours. La famille de Beaufort est alors vassale des sires de Faucigny.
Possession faucignerande, puis dauphinoise À la mort de Guillaume de Beaufort, survenu vers 1246.., ses biens sont partagés entre ses fils. L'aîné, Guillaume, reçoit le château et ses dépendances, Pierre se fait construire une nouvelle maison forte aux Outards. Dans le besoin, lui et son frère contractent en 1261, auprès de un emprunt de mettant leur château en gagerie.. Le comte y applique la même gestion que dans ses domaines et installe un châtelain au château..
Le comte meurt sept ans plus tard, sa fille, la dauphine Béatrix, hérite de ses droits. Le châtelain mis en place par son père est maintenu. En 1271, le seigneur Guillaume, n'ayant pu honorer la dette, cède le château à Béatrix de Faucigny pour la somme de . Toutefois un litige l'oppose aux « agnats » de Guillaume de Beaufort et se solde par deux accords en 1282, puis 1288 en faveur de la Dauphine. Au cours de la période (1270-1287), le château est occupé par la force par Pierre de Beaufort. Les héritiers de Beaufort lui font finalement allégeance avec l'ensemble des vassaux du Beaufortain le . Béatrix de Faucigny installe à nouveau un châtelain, ainsi qu'une garnison et complète les défenses du château ; elle serait à l'origine des deux tours rondes construites respectivement à l'est et à l'ouest.
Guerre delphino-savoyarde Au cours du conflit qui oppose le Dauphin aux Savoie, entre 1285 et 1355, le comte de Savoie s'empare du château, vers 1304, selon Bernard Ducretet.. Elle semble se poursuivre, selon les documents, au-delà de 1307.. Le traité de Montmélian () permet le retour du château et du mandement aux Dauphinois. L'alliance entre les deux familles doit être scellée par le mariage de Hugues Dauphin, baron de Faucigny, et Marie Catherine de Savoie, fille du comte, en . Toutefois, les courses et chevauchées se poursuivent dans le Beaufortain et ses marges en contact avec le comte de Savoie.
Le château est cédé, avec les États du Faucigny, le (ancien style), au roi Jean le Bon. Le mois d' voit l'armée du dauphin être défaite aux Abrets. L'année suivante, le traité de Paris est signé et le Faucigny, tout comme le château, passe à la maison de Savoie. Cet accord est vu d'un mauvais œil par les assemblées de paysans qui pensent que les franchises obtenue en 1349 soient abolies.. Soutenus par les châtelains, ils se soulèvent donc contre leur nouveau suzerain. Les troupes savoyardes doivent intervenir à trois occasions pour que le Beaufortain soit soumis. La troisième chevauchée avait appliqué comme stratégie l'encerclement de la vallée. Une nouvelle charte est adoptée, reprenant celles de la Grande Dauphine et des Dauphins. devient le nouveau châtelain, tandis que les anciens châtelains, Thomas et Robert de Menthon, instigateurs de la révolte, sont très probablement en fuite.
Entrée dans le domaine savoyard Jacques d'Achaïe en est apanagé par son cousin de 1360 à 1363. Le château est de nouveau apanagé avec le Faucigny et le Genevois par le duc à ses fils, Louis de Savoie de 1460 à 1482, puis à Janus de 1482 à 1491.
En 1514, il est donné, toujours avec le Faucigny et le Genevois, par le duc de Savoie à son frère Philippe de Savoie-Nemours. Ce dernier donne naissance à la branche des Genevois-Nemours. Cette branche éteinte, l'apanage fait retour, en 1659, au duc qui inféode les terres, en 1662, à François-Joseph Vicardel, marquis de Fleury, gendre d'Antoine de Beaufort. La famille de Fleury verra ses terres érigées en marquisat et les gardera jusqu'en 1771.
Châtellenie de Beaufort Organisation Le château de Beaufort est le centre d'une châtellenie, dit aussi mandement, de Faucigny, mise en place à partir du . Elle est acquise dans un premier temps à moitié en 1271, puis 1277 par la Grande dauphine Béatrix. En 1310, elle est définitivement réunie au comté de Savoie par .
Durant la période delphinale, le Faucigny aurait été organisé autour d'une quinzaine de châtellenies, dont Beaufort..
La châtellenie qui fait l'objet de l'accord de 1288 ne semble pas évoluer pendant cinq siècles. Elle est constituée du bourg de Saint-Maxime, dont dépendent les .
Au , les armes du mandement se blasonnaient ainsi : Deux tours d’argent en champ d’azur..
Châtelains Dans le comté de Savoie, le châtelain est un ... Il est chargé de la gestion de la châtellenie, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château.. Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net […] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »..
L'érudit local, Bernard Ducretet, a cherché à en faire une présentation documentée et critique lors du congrès des sociétés savantes de Savoie, qui s'est déroulé à Moûtiers, en 1988. Il précise ainsi les rôles de cette charge, à l'aune de la thèse de droit d'Étienne Dullin, Les châtelains dans les domaines de la Maison de Savoie en deçà des Alpes (1911), en indiquant que .
À partir de l'intégration de la châtellenie dans le domaine savoyard, en 1355, le rôle militaire du châtelain est abandonné.. Leur rôle étant devenu moins prestigieux, la charge, qui revêtait une responsabilité personnelle, devient un office, un bien patrimonial, dont on abandonne la gestion réelle à son lieutenant. La châtellenie intègre le nouvel apanage de Genevois (1514-1659) qui englobait tant le Faucigny que la baronnie de Beaufort.
Administration savoyarde, faucignerande et dauphinoise (1261-1355) ... : Berthold de Perrine, famille de Contamine-sur-Arve, pour le comte Pierre, puis Béatrix de Faucigny, pendant neuf ans, il est mentionné notamment en 1264 ; 1270-1287 : occupation par la force du château par Pierre de Beaufort ; ... - avant . : Barthélemy de Villy, son successeur, issue d'une famille de Contamine-sur-Arve, pour la dame de Faucigny ; 1291 : Jehan de Buenc, pour la dame de Faucigny ; v. 1304-1307 : occupation du château par les Savoyards ; 1307 : Humbert (IV) de Chevron ; 1308 : Humbert de Bocsozel, pour le Dauphin ; 1308-1320 : aucune trace de châtelains ; 1320 : Willelm de Cornillon, bailli de Faucigny ; 1321 : Humbert de Cholex 1345), ainsi que châtelain de Flumet et de Bonne, futur bailli de Faucigny ; 1320-1330 : aucune trace de châtelains ; (avant ?) 1330 : Pierre de Morges. ; 1334-1337 : Pierre de Beaufort dit le Jeune, issue de la branche des Oultars, que l'on voit prêter hommage au Dauphin ; 1337 : Arthaud IV de Beaumont, bailli de Faucigny, ainsi que châtelain de Flumet et de Bonne ; 1338 : Jean de La Balme d'Apremont, bailli de Faucigny, ainsi que châtelain de Bonne ; 1340-1343 : Roland de Veaunes, bailli de Faucigny, ainsi que châtelain de Bonne ; 1343-1349 : Aymaron Allemand, chef de la branche de Beauvoir en Royans (Viennois) ; 1354 : Thomas de Menthon et son fils Robert, co-châtelains
Administration savoyarde (1355-1519) - (également receveur) : Humbert V de Chevron, avant de devenir membre du Conseil résident de Chambéry ; - : Nicod François, conseiller du Comte. ; - : Berlion Rivoire (Ravoyre ou de Rivoire) (†1370). Ses lieutenants : Hugonet de « Tiry » (= de Thury ou de Thoire) (1368), puis Humbert de Dompierre (1370) ; - (également receveur) : héritiers de Berlion de La Ravoire ; - François Bonivard, frère du chevalier de l'Ordre du Collier, Aymon (de) Bonivard. Ses lieutenants : Humbert de Dompierre (1372-1373), Aymon de Cusinens (1373-1376), Jehan Gros dit Chadal (1376-1378), puis François d'Arenthon (1378-1379) ; -, puis jusqu'au (également receveur) : François d'Arenthon. Lieutenants Henri (son fils ou parents) (1379, puis André Donzel (1381) ; -, jusqu'au (également receveur), puis jusqu'en : Aymon de La Balme d'Apremont, petit-fils de Jean, châtelain en 1338. Ses lieutenants : Amédée Dufayet (1385), André Blanchet (1386), Guillaume d'Espine (1395, 1398, 1402), Vuet Ravoyre (1402), Pierre Donzel (1410) ; - (également receveur pour la période du au ) : Jean de Beaufort ; - (receveur pour la période du au ) : Guillaume de Menthon ; - : Pierre de Beaufort ; - : Guillaume de Menthon ; - (également receveur pour les périodes du au , puis du au ) : Louis de Menthon ; - (également receveur pour la période du au ) : Bernard de Menthon, fils de Guillaume de Menthon ; - (également receveur pour les périodes du au , puis du au ) : Antoine de Menthon, châtelain de Faucigny (1480-1494), de Thônes (1480-1497) et de La Roche (1490-1491) ; - : Antoine et Georges de Menthon, co-châtelains ; - (également receveur pour la période du au ) : Georges de Menthon ;
Administration de l'apanage de Genevois (1514-1659) Châtelains et fermiers. 1522-1525 : Noble Antoine Crépin ; 1527-1530 : Noble Antoine Chevalier ; 1530-1534 : Noble Antoine Crépin ; 1535-1539 : Noble Pierre Guerod ; 1538-1541 : Noble Humbert de L'Alée ou Lalée, qui subroge la charge à égrège Jean Oddéard ; 1542-1544 : Noble Antoine Baptendier ; 1544-1549 : Noble François Rivoire ( Ravoyre); 1546 : Noble Guillaume Baptendier ; 1550-1551 : Noble André Gros ; 1551-1553 : Noble Jean Crépin ; 1553-1556 : Noble Jean Crépin ; 1558 : Noble Jean Crépin ; 1565-1568 : Maître Pierre Baptendier ; 1570-1574 : Noble Bernardin de Granyer, (qualifié de Grand Châtelain) ; 1571-1577 : Maître Mermet Berthod ; 1574-1577 : Noble Pierre Crépin (qualifié de Grand Châtelain) ; 1574-1580 : Maître Pierre Vibert ; 1580 : Noble Maxime Chevalier (mentionné comme châtelain) ; 1580-1586 : Maître Pierre Berthod ; 1586-1588 : Maître Pierre Vibert ; 1588-1592 : Maître Jean Coste et maître Claude Galliand, cofermiers ; 1592-1596 : Maître Jean-François Bornoz ; 1596-1604 : Antoine Oudeard 1604-1610 : Maître Jean-François Bornoz ; 1610-1622 : Maître Maxime Chevalier ; 1622-1628 : Maître Jean Dupenloup et noble Louis Floccard ;