vignette|redresse=1.4|Sectorisation en 2023 des 58 collèges publics du Loiret et des 3 localisés hors département (Bléneau, Lamotte-Beuvron et Ouzouer-le-Marché).

Dans le Loiret, 72 collèges accueillent les élèves pour le cycle d’études du second degré du système éducatif français, dans la fourchette d'âge de 11- (en sixième) à 14- (en troisième). relèvent du secteur public et 14 du secteur privé. Par ailleurs 3 collèges situés hors département accueillent des élèves habitant en limite des départements de l'Yonne et de Loir-et-Cher.

Si la scolarité est gratuite à partir de 1881 et obligatoire jusqu'à à partir de 1882 puis jusqu’à en 1936, les quelques collèges existants, comme le collège d’Orléans, sont alors encore réservés à une minorité. Ce sont les réformes Berthoin (1959), prolongeant la fin de la scolarité obligatoire à , et Fouchet-Capelle (1963), créant les collèges d’enseignement secondaire, qui gonflent les effectifs scolarisables en deuxième cycle et conduisent à un besoin massif de construction de collèges. Dans le Loiret, une trentaine de collèges sont ainsi construits dans les années 1960 sous la forme de bâtiments modulaires préfabriqués de types structures métalliques ou mixtes, de type « Pailleron », dans le cadre du programme national « un collège par jour ». Ils seront remplacés ultérieurement du fait de leur dangerosité.

La décentralisation marque un tournant majeur : le conseil général du Loiret devient compétent pour la construction des collèges dans le département du Loiret en 1983 et pour leur entretien en 2004, avec notamment le transfert des personnels TOS. Le département lance alors d’importants programmes d’investissement pour la construction de collèges. Pour gagner du temps, la collectivité a recours aux contrats de partenariat public-privé, une possibilité offerte par l’ordonnance du , et est à ce titre la première collectivité territoriale en France à utiliser cette procédure. Le collège de Villemandeur est le premier construit sous cette forme, le contrat comprenant à la fois la construction, mais aussi tous les services connexes associés (entretien, restauration) pour une période de .

Les collèges ont une capacité de moyenne de 600 élèves. Le plus important est le collège public Denis Poisson de Pithiviers qui peut accueillir . Certains offrent des dispositifs spécifiques : 8 disposent d’un internat, 50 ont un dispositif ULYS (accueil des handicapés), 17 ont une section SEGPA, 1 a une section internationale.

Histoire Période antérieure à 1959 Années 1960 Réformes Berthoin (1959) et Fouchet-Capelle (1963) La réforme Berthoin en 1959 prolonge la fin de la scolarité obligatoire à pour tous les élèves nés après 1953, cette mesure devant devenir générale en 1967. En 1963, la réforme Fouchet-Capelle de 1963 crée les collèges d’enseignement secondaire (CES), qui regroupent dans un même établissement des élèves jusqu’alors répartis entre les cours complémentaires, les lycées et les classes de fin d’études d’école primaire...

Premiers collèges dans le Loiret (1960-1970) Cette réforme conduit à un besoin important de construction de nouvelles classes. C’est alors la politique du « un collège par jour », conduite pendant plusieurs années, qui aboutit à la réalisation de milliers d'établissements de types bâtiments modulaires préfabriqués, à base de structures métalliques ou mixtes. Il aurait en effet été rigoureusement impossible de réaliser le volume de travaux qui s’avérait indispensable en appliquant les règles en vigueur jusqu’alors. Les délais d’étude et de travaux étaient très longs. Les consultations d’entreprises souvent infructueuses exigeaient de longues négociations. L’enveloppe budgétaire était souvent largement dépassée en fin de chantier. D’où le recours à ce mode construction modulaire qui va s’avérer catastrophique avec l’incendie du collège Édouard-Pailleron dans le 19 arrondissement de Paris en 1973 provoquant la mort de . sont construits dans le Loiret entre 1960 et 1970. Ils seront remplacés progressivement dans les années suivantes...

Années 1970 Jargeau (1973) À Jargeau deux classes préfabriquées totalisant 48 élèves avaient été installées aux abords du stade à la rentrée 1960. Le contexte est alors particulier : moins de la moitié de la classe d'âge du CM2 a accès au collège et beaucoup d’élèves partent travailler à la fin de la 5ème, lors de leur . La prolongation de la scolarité à l’assouplissement progressif des conditions d’admission en sixième font exploser le collège, et conduisent le département (agissant alors pour le compte de l'État) à construire un nouveau collège de en 1973, . Ce nouveau collège présente la particularité d’être construit sur l’ancien emplacement du camp d’internement de Jargeau pendant la Seconde Guerre mondiale. Une plaque, inaugurée en , rappelle qu’entre 1941 et 1945, y furent internées, dont ...

Réforme Haby (1975) : le collège unique La réforme du collège, présentée par René Haby et votée en unifie les structures administratives et les structures pédagogiques. Les collèges d’enseignement secondaire et les collèges d’enseignement général deviennent des collèges, les anciennes filières qui organisaient l’enseignement sont supprimées. Mais, en 1981 le ministre de l'Éducation nationale de François Mitterrand, Alain Savary, écrit que « Le principe de l’hétérogénéité des classes, appliqué sans être assorti d’une authentique politique d’aide pédagogique aux élèves en difficulté et d’une formation adaptée des enseignants, a progressivement été vidé de son contenu ». Le collège unique est considéré comme un échec. La principale raison de cette mission est, pour le ministre, l’échec de la mise en œuvre d’un « collège unique » capable de réduire les inégalités sociales et de lutter contre l’échec scolaire.

Années 1980-1990 Actes I de la décentralisation (1983) : transfert de la construction des collèges aux départements La loi du 2 mars 1982 annonce une nouvelle répartition des compétences entre l’État et les collectivités territoriales, dont les principes sont définis par les lois du et du . « Dans la mesure du possible », chaque collectivité doit recevoir « en totalité » – en bloc – les compétences relatives aux domaines transférés. En ce qui concerne les bâtiments d’enseignement, par exemple, la répartition des compétences paraît claire : création, construction, équipement, entretien et fonctionnement des écoles aux communes, des collèges aux départements et des lycées aux régions, mais les personnels ouvrier d'entretien et de service, (TOS) restent du ressort de l'État.. L’entrée en vigueur du transfert de compétences pour le département est le ..

Premiers collèges départementaux (1986-1995) 7 collèges sont construits par le conseil général du Loiret entre 1986 et 1995. Le premier collège de la décentralisation à être construit est le collège Jacques de Tristan à Cléry-Saint-André, avec une capacité de 300 places. En fait la décision de lancer cette construction est votée lors de la session des 26 et , soit 6 mois avant l’entrée en vigueur de la loi de transfert de compétences. Il est suivi par le collège de la Forêt (Trainou), le collège Montabuzard (Ingré), le collège Jean Mermoz (Gien) et le collège de Tigy..

À Ingré, la pose de la première pierre du Collège Montabuzard a lieu le pour ouvrir en . Les préfabriqués de l'ancien collège de Bel-Air sont réaffectés aux associations de la commune.

Programme pluriannuel d’investissements (1996-2002) Un important programme pluriannuel d'investissements (PPI) dans les collèges est lancé par le département en 1996. Il couvre la période de 1996 à 2002 et comprend la reconstruction ou restructuration des 17 établissements à ossature métallique du département. + Programme pluriannuel d’investissements dans les collèges (établi en 1996)Nom du collègeCommuneCapacité CoûtprévisionnelPériode de constructionCollège MontjoieSaran50032 MF1996-1997Collège Jean MermozGien500 (extensible 600)36 MF1997-1998Collège Alain-FournierOrléans60041 MF1997-1998Collège CondorcetFleury-les-Aubrais90035 MF1997-1998Collège Robert SchumannAmilly100040 MF1998-1999Collège Geneviève de Gaulle-Anthonioz Les Bordes40034 MF1998-1999Collège Paul ÉluardChâlette-sur-Loing80035 MF1998-1999Collège Le Grand ClosMontargis60030 MF1999-2000Collège Charles RivièreOlivet65033 MF1999-2000Collège Frédéric BazilleBeaune-la-Rolande50025 MF1999-2000Collège Maximilien de SullySully-sur-Loire75040 MF1999-2000Collège Antoine de Saint-ExupérySaint-Jean-de-Braye50030 MF2000-2001Collège Max JacobSaint-Jean-de-la-Ruelle50030 MF2000-2001Collège Étienne DoletOrléans60033 MF2000-2001Collège Jean DunoisOrléans70010 MF2001-2002Collège Alfred de MussetPatay50030 MF2001-2002Collège Léon DelagrangeNeuville-aux-Bois600/70033 MF2001-2002

Années 2000-2010 Actes II de la décentralisation : transfert de personnels d’entretien des collèges

La loi n° 2004-809 du relative aux libertés et aux responsabilités locales prévoit le transfert des personnels techniciens, ouvriers et de service (TOS) aux départements et aux régions, d'une part, et celui des personnels des directions départementales de l'Equipement (DDE) aux départements d'autre part..

Villemandeur : Premier partenariat public privé en France pour la construction et le fonctionnement d'un collège (lancement en 2006) Le contrat de partenariat public-privé, encadré par l’ordonnance du , permet à une collectivité publique de confier à une entreprise le soin de financer, concevoir, construire, maintenir et gérer des ouvrages ou des équipements publics concourant aux missions de service public de l'administration, dans un cadre de longue durée et contre un paiement effectué par la personne publique et étalé dans le temps, sous la forme d’une redevance annuelle. Il a pour but d'optimiser les performances respectives des secteurs public et privé pour réaliser dans les meilleurs délais et conditions les projets qui présentent un caractère d'urgence ou de complexité. Le Conseil général du Loiret a recours à la formule du « PPP » pour la construction d’un nouveau collège à Villemandeur en 2006, parce que celle-ci avait pris du retard, notamment dans l’acquisition de terrains d’assiette. Du fait que la collectivité est désormais compétente en matière d’entretien et de services, elle peut associer construction des collèges et services associés (entretien, restauration, etc.). Il s’agit alors d’une première en France.

Sogea Nord-Ouest, filiale de Vinci Construction, associée à Auxifip (groupe Crédit Agricole), est retenue en 2006 pour ce PPP qui comprend le financement, la construction et la maintenance d’un nouveau collège situé à Villemandeur (Loiret), qui accueillera , dont . Sogea Nord-Ouest assurera les prestations d’entretien, de maintenance et d’exploitation de l’établissement, ainsi que diverses prestations de services, dont le gardiennage, le nettoyage des locaux, la gestion des déchets, l’entretien des espaces verts et la gestion des fluides, pendant une durée de 10 ans.. Toutefois, à la suite d'un recours, le tribunal administratif d’Orléans annule le ce contrat, en s’appuyant sur une conception stricte et objective de l’urgence dans laquelle n’entrait pas le cas de ce collège... Mais la Cour administrative d'appel de Nantes infirme, neuf mois plus tard, dans un arrêt du , le jugement du tribunal administratif d'Orléans...

Une nouvelle variante de PPP pour deux collèges (signature en 2012)