La Mélogale d'Everett (Melogale everetti), également connue sous le nom de Blaireau-furet de Bornéo, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Mustélidés. Ce petit mammifère se rencontre en Indonésie et en Malaisie sur l'île de Bornéo où elle est endémique. Elle est classée comme en danger sur la Liste rouge de l’UICN en raison de sa zone de répartition réduite, qui inclut le parc national du Kinabalu et le parc national de la chaîne du Crocker. La tendance globale de sa population est « supposée être au moins en léger déclin ».
Dénominations
Nom scientifique valide : Melogale everetti (Thomas, 1895) selon Nom vulgaire recommandé en français : Mélogale d'Everett ; Autres noms vulgaires : Blaireau-furet de Bornéo, Blaireau-furet de Kinabalu.
Taxonomie
Cette espèce a été décrite pour la première fois en 1895 par le zoologiste britannique Michael Rogers Oldfield Thomas (1858-1929). Son nom scientifique rend hommage à Alfred Hart Everett.
La Mélogale d’Everett a longtemps été considérée par certains comme une sous-espèce de la mélogale de Java (Melogale orientalis) et par d’autres comme une sous-espèce de la mélogale masquée (Melogale personata). Elle est cependant désormais considérée comme une espèce distincte au sein du genre Melogale.
Description La Mélogale d’Everett est couverte d’un poil dont la couleur varie du brun gris au noir foncé, avec la face ventrale recouverte d’un pelage plus clair . La caractéristique la plus reconnaissable et la plus distinctive de cette espèce de mélogale est son masque facial, dont la teinte est soit blanche, soit jaune. Cette espèce se distingue également des autres mélogales par une bande dorsale qui s’étend du sommet de la tête jusqu’au bas des épaules dont la couleur varie du blanc au rouge.
La Mélogale d’Everett présente des caractéristiques typiques des mélogales, avec des pattes courtes et larges. Elles sont munies de fortes griffes fouisseuses, ainsi que de crêtes qui longent les coussinets et d’une palmure partielle entre les orteils, considérées comme des adaptations à l’escalade.
Dimensions La Mélogale d’Everett est petite et allongée comparée aux autres membres du genre. En général, elle peut peser aussi peu que et jusqu’à . Le corps de la Mélogale d’Everett mesure entre de longueur, avec une longue queue touffue pouvant mesurer entre .
Répartition et habitat La Mélogale d’Everett est endémique de l'île de Bornéo et possède une aire de répartition très restreinte. Son aire de répartition est limitée à l’extrémité nord de l’île, en particulier dans le parc national de Kinabalu, le parc national de Crocker Range et les zones environnantes. Cela inclut les districts adjacents de Penampang, Tambunan et Tuaran dans le Sabah. Peu d’efforts de relevés ont été réalisés dans les forêts montagneuses du nord-est du Kalimantan, du Sarawak et du sud du Sabah, et il n’existe actuellement aucune preuve que l’espèce y vit.
La Mélogale d’Everett est classé comme en danger sur la Liste rouge de l’UICN. En raison de sa faible étendue de l’aire de répartition estimée à environ . Cette faible étendue de répartition est fragmentée par des routes traversant le parc national de Kinabalu et le parc national de Crocker Range, comme la principale route est-ouest du Sabah. L’aire de répartition totale de la Mélogale d’Everett n’est que de , nettement inférieure à son étendue de répartition.
L’habitat de la Mélogale d’Everett est principalement constitué de forêts sempervirentes et de forêts de montagne de Bornéo. Cependant, elle a également été observée dans les bosquets et les champs de cultures sur brûlis des alentours. Elle occupe des zones de moyenne et haute altitude, toutes les observations fiables ayant été enregistrées entre et .
Population On connaît très peu la taille de la population de la Mélogale d’Everett. La seule collecte de spécimens à grande échelle connue a eu lieu à la fin des années 60 et au début des années 70, lorsqu’un total de 57 spécimens ont été collectés et sont maintenant exposés au Musée de Sabah. La plupart des observations enregistrées de la Mélogale d’Everett concernent des individus isolés, ce qui rend toute estimation de la population impossible. Deux études utilisant des caméras-pièges ont été menées dans l’aire géographique et altitudinale de la Mélogale d’Everett afin de déterminer la taille relative de sa population par rapport à d’autres espèces de la zone. Le premier relevé par caméra-piège dans le parc national de Crocker Range a détecté la Mélogale d’Everett à un rythme beaucoup plus faible que les autres carnivores de taille comparable. Cela suggère que, même au sein de son aire de répartition principale, elle est rare et pourrait exister à faible densité. Cependant, une autre étude menée en 2016 a conclu le contraire, indiquant que la Mélogale d’Everett « pourrait être parmi les espèces de petits carnivores les plus nombreuses » dans la zone. Néanmoins, le taux de détection par caméra ne permet pas de déterminer l’abondance réelle ni la taille de la population au sol.
Le statut de la population de la Mélogale d’Everett reste également relativement inconnu. Il n’existe pas d’information directe sur la tendance de la population, mais elle est « supposée être au moins en léger déclin ». . Cette supposition se base sur l’ampleur de la conversion et de l’empiètement de l’Homme sur son habitat, ainsi que sur l’incapacité potentielle de l’espèce à « prospérer dans des champs de cultures sur brûlis isolés non entourés de forêts primaires ».
Écologie et comportement La mélogale d’Everett est un animal dont les mœurs sont plutôt nocturnes et dont le mode de vie est surtout terrestre. Toutefois, elle est connue pour être une bonne grimpeuse et a été observée en train de consommer des fleurs dans les arbres. Bien que l’on sache peu de choses sur le régime alimentaire spécifique de l’espèce, l’on sait que c’est une omnivore qui fouille le sol à la recherche d’invertébrés, d’amphibiens, d’insectes, de fruits et de charognes Elle a aussi été observée en train de consommer des vers de terre.
L’espèce est principalement active la nuit et au crépuscule, et passe la majeure partie de son temps la nuit à chercher de la nourriture et, lorsqu’elle n’est pas en quête de nourriture, vit dans son terrier. Malgré sa capacité à excaver la terre avec ses pattes, la mélogale d’Everett ne creuse pas son propre terrier, et habite plutôt des terriers creusés par d’autres animaux.
La mélogale d’Everett est connue pour adopter un comportement agressif si elle est provoquée ou acculée. Elle exhibe la coloration d’avertissement de son masque facial et de sa bande dorsale pour effrayer d’éventuels prédateurs. L’espèce est aussi connue pour émettre une odeur âcre émanant de ses glandes anales.
La période de reproduction de la mélogale d’Everett est relativement longue et a lieu chaque année, les femelles pouvant se reproduire à tout moment de l’année. Les mâles passent par une période de non-reproduction chaque année, de septembre à décembre, durant laquelle ils cessent la production de spermatozoïdes. La durée de gestation des femelles est comprise entre 57 et 80 jours, les jeunes naissant entre mai et juin. Les femelles donnent naissance à des portées de 1 à 5 petits. Les petits sont sevrés et élevés par leur mère pendant 2 à 3 mois dans leur terrier, jusqu’à ce qu’ils soient capables de se débrouiller seuls pour chercher leur nourriture.
Relations avec l’Homme Menaces Menaces naturelles Les principales menaces naturelles pesant sur la Mélogale d’Everett sont toutes liées à la très faible étendue de son aire de répartition de seulement et à sa concentration dans un unique environnement forestier. Cela rend l’espèce vulnérable à des événements de grande ampleur et imprévisibles, tels que des épidémies ou des catastrophes naturelles. Une épidémie potentielle au sein de l’espèce constitue une menace sérieuse pour sa population, puisqu’elle est concentrée dans une seule zone avec une séparation limitée entre les populations. De même, l’île de Bornéo connaît une saison de mousson extrême, parfois accompagnée de typhons, qui pourraient potentiellement éliminer la population de l’espèce.
Menaces anthropiques (d’origine humaine) vignette|Agriculture sur brûlis Le changement climatique est également susceptible d’avoir un impact négatif sur la population de l’espèce. Le changement climatique augmente la probabilité d’événements naturels extrêmes et imprévisibles, tels que les typhons. L’augmentation des températures liée aux effets du changement climatique provoque un déplacement des espèces de vers des zones plus en altitude. Mais ces espèces vivant déjà à des altitudes élevées ne peuvent aller plus haut lorsque les températures augmentent, ce qui pourrait entraîner leur extinction.
Les activités humaines constituent une autre menace pour l’espèce. Le parc national du Kinabalu et le parc national de la chaîne du Crocker restent relativement bien préservés ; cependant, les zones en périphérie ont été converties en zones d’agriculture sur brûlis par les communautés locales. Des incidents tels que le défrichement illégal près du parc national du Kinabalu en 2011 exercent une pression accrue sur la population déjà en danger de la Mélogale d’Everett. Les impacts négatifs des activités humaines se répercutent dans la diminution des signalements d’incidents, tels que les collisions routières, ce qui suggère que la population de la Mélogale d’Everett est déjà affectée par la présence humaine.
Conservation L’habitat et l’aire de répartition de la Mélogale d’Everett sont protégés par plusieurs mesures de conservation. L’espèce est actuellement inscrite dans le Sabah Wildlife Conservation Enactment 1997, sous le nom de Melogale personata au lieu de Melogale everetti . Cette législation régionale couvre l’État de Sabah à Bornéo malais et vise à protéger les espèces menacées de la région. Le Sabah Wildlife Conservation Enactment 1997 se concentre principalement sur la menace du commerce international, mais cela ne constitue pas actuellement une priorité pour la conservation de la Mélogale d’Everett. Cependant, l’inscription sous un nom obsolète pourrait compliquer l’application du statut « espèce protégée » de la mélogale.
Parc national de Kinabalu Il n’existe pas de plan de conservation spécifique pour la Mélogale d’Everett dans le parc national de Kinabalu ; toutefois, elle bénéficie du statut de site du patrimoine mondial de l’UNESCO. Dans le cadre de la Convention du patrimoine mondial (1975), la Malaisie s’engage à « mettre tout en œuvre avec ses propres ressources pour protéger ses biens du patrimoine mondial ». La législation protégeant le parc national de Kinabalu a été établie par le Parks Enactment de 1984 et son amendement de 2007. Cela a permis au parc de devenir une zone protégée, bénéfique pour les efforts de conservation de la Mélogale d’Everett. Le parc est décrit comme une « île dans un océan d’agriculture et d’aménagements ». Étant donné que l’agriculture sur brûlis et l’empiètement des activités humaines sont des menaces majeures pour la population et l’aire de répartition de la Mélogale d’Everett, le statut « protégé » du parc est crucial pour sa conservation.
Parc national de Crocker Range Le parc national de Crocker Range se situe dans l’aire de répartition de la Mélogale d’Everett et joue un rôle important dans sa conservation. Le statut de « parc national » protège la flore et la faune qui s’y trouvent, y compris la Mélogale d’Everett . Cela limite les impacts de l’empiètement des activités humaines sur l’habitat de l’espèce. Ceci est important pour sa conservation, car le parc est entouré par de nombreuses communautés Kadazan-Dusun et Murut pratiquant l’agriculture sur brûlis et ayant une croissance démographique modérée.
Priorités de conservation