Mama's Gun est le deuxième album studio d'Erykah Badu, sorti le .

Cet album contient le single Bag Lady, classé à la première place du Hot R&B/Hip-Hop Songs et nommé aux Grammy Awards dans la catégorie « Meilleure prestation vocale RnB féminine » et dans la catégorie « Meilleure chanson RnB ». La chanson Didn't Cha Know? a également été nommée dans la catégorie « Meilleure chanson RnB ».

L'album inclut de nombreuses contributions de la part des membres du collectif Soulquarians, dont Erykah Badu est elle aussi membre. On y retrouve aussi des invités comme la chanteuse de soul Betty Wright et le trompettiste Roy Hargrove. Mama's Gun fut accueilli très positivement par les critiques et se vendit très bien, obtenant la certification de disque de platine par la Recording Industry Association of America (RIAA) deux mois après sa sortie.

L'album évoque différents sujets dont la confiance en soi, les ruptures sentimentales ou encore les violences policières. Musicalement, il présente une plus grande diversité de sonorités que son prédécesseur. Le magazine Rolling Stone le classa parmi les « albums de ».

Le , une édition spéciale de Mama's Gun a été publiée.

Conception de l'album Contexte musical et personnel Après le succès de Baduizm et de sa version live, Badu prit une courte pause pour s'occuper de son fils, Seven, qu'elle avait eu avec son compagnon André 3000, membre du groupe OutKast. Elle commença aussi à collaborer avec ?uestlove des Roots, travaillant sur leur album Things Fall Apart qui leur permettra de connaître le succès. La fréquence de ces collaborations l'amenèrent à devenir un membre du collectif Soulquarians, regroupement d'artistes neo soul réunis par leurs approches musicales, dont font partie des chanteurs et des rappeurs dont ?uestlove, D'Angelo, Jay Dee et Common (avec qui elle avait déjà travaillé en 1997).

Malheureusement, alors qu'un certain nombre de chansons pour son nouvel album étaient écrites, Benjamin et elle se séparèrent. Badu utilisa son expérience personnelle comme source d'inspiration pour de nombreuses chansons qu'elle écrivit par la suite, dont Green Eyes. Mais d'autres évènements marquèrent son écriture comme le meurtre d'Amadou Diallo par la police de New-York qui inspira sa chanson . Les critiques notèrent qu'alors que l'album Baduizm contenait des paroles assez énigmatiques, Mama's Gun était quant à lui plus direct dans son approche et plaçait l'artiste dans une position plus subjective que son prédécesseur.

Enregistrement Avec la participation des autres membres des Soulquarians, la majorité de l'album fut enregistré au studio Electric Lady, le studio personnel de Jimi Hendrix, qui fut aussi utilisé pour créer de nombreux et célèbres albums par David Bowie, Stevie Wonder et John Lennon. Les sessions d'enregistrement étaient informelles et avaient lieu en même temps que l'enregistrement de l'album de D'Angelo, Voodoo, et de celui de Common, Like Water for Chocolate. Le résultat de ces collaborations impromptues donne un son assez spécial qui se trouve sur chacun de ces trois albums. Russell Elevado, responsable des productions, qui était également responsable du mix de ces trois albums, déclara qu'il avait utilisé de vieilles techniques de mix afin de donner cette chaleur et ce timbre que l'on retrouve sur les anciens enregistrements. Alors que la plupart des enregistrements actuels sont effectués à partir d'équipements digitaux de haute technologie, Elevado utilisa des équipements analogiques, mettant en valeur chacun des instruments et donnant un timbre particulier dans les mélodies.

Contenu L'album débute sur le très intense et psychédélique titre Penitentiary Philosophy, qui fait cohabiter un sample de la chanson de Stevie Wonder Ordinary Pain, la batterie lourde de ?uestlove et la guitare de Jef Lee Johnson. Cette chanson est l'expression de la vision de Badu concernant l'emprisonnement. Elle invite à se libérer des fausses croyances et à se désillusionner sur le sujet : Here's my philosophy Livin' in a penitentiary Brothers all on the corner Tryin' to make believe Turn around ain't got no pot to p**.

Cette chanson contient un passage en forme de pose, par deux fois répétée, où Badu chuchote presque ses paroles, alors que la musique se construit au fur et à mesure et se lance définitivement dans un style groove. La chanson suivante, la spirituelle Didn't Cha Know, mélange des percussions world, des effets de son wah-wah ainsi que des cordes. Cette chanson fut produite par Jay Dee avec la contribution de James Poyser. Jay Dee avait travaillé avec Common sur son album mais celui-ci ne connaissait pas encore Badu et le rappeur, qui sortait alors avec Badu, s'arrangea pour que les deux se rencontrent. Badu raconte la création de la chanson ainsi :

Ce single attira involontairement l'attention quand la source de ce sample, le groupe de jazz fusion Tarika Blue, vint réclamer une compensation pour l'utilisation de sa chanson. L'affaire fut résolue à l'amiable. La chanson ...& On est la continuité de son succès de 1997, On & On, et, comme cette chanson, avec une Badu chantant encore une fois de façon énigmatique, bien qu'elle plaisanta elle-même de son image mystique quand elle chante ( Après cette chanson, l'album passe à Cleva qui commence par la parole suivante : . Badu utilise cette chanson pour dénoncer les standards féminins attendus, notamment lorsqu'elle chante : . Le problème d'estime personnel est exploré dans deux autres chansons : le titre funk Booty et le titre jazzy Bag Lady. Plus tard, Badu utilisa le terme « » (« dame bagage ») comme une métaphore pour une femme qui transporte les émotions de ces précédentes relations sentimentales sans être capable de les laisser. Elle démontre l'importance de finaliser complément ces relations quand elle chante : Bag lady, you gon' hurt your back Draggin' all them bags like that I guess nobody ever told you All you must hold on to is you.

En , l'Unité des Crimes de Rue, Street Crimes Unit, de la Police de New-York abat Amadou Diallo, un immigrant guinéen de 23 ans qui n'était pas armé, après l'avoir apparemment confondu avec un violeur non identifié. Les quatre officiers impliqués dans ces incidents (incluant un cinquième officier qui ne tira pas sur Diallo) furent acquittés de toutes les charges. Le résultat du procès suscita de vives protestations publiques qui résultait des examens minutieux qui mettaient en évidence la brutalité et l'utilisation excessive de la force par la police (ils tirèrent 41 fois et 19 balles atteignirent Diallo). Cet évènement servit de support à la chanson (les abréviations étant les initiales de Diallo) qui, en plus de dénoncer le meurtre de Diallo, rapporte la fureur concernant les circonstances. Cependant, Badu estime que c'est un évènement temporel : No you won't be name'n no buildings after me To go down dilapidated ooh No you won't be name'n no buildings after me My name will be misstated, surely.

Cette chanson fait appel à d'autres chansons de protestation symbolique comme Strange Fruit de Billie Holiday, une artiste à laquelle Badu a souvent été comparée.

Mama's Gun contient ensuite deux chansons d'amour : la ballade Orange Moon et l'acoustique teinté de reggae In Love With You, un duo entre Badu et Stephen Marley.

Green Eyes La dernière chanson, et sans doute la pièce centrale de cet album, Green Eyes, est une chanson en trois parties explorant les sentiments d'une femme faisant face à une séparation. La première partie, intitulée Movement 1 (denial), avec James Poyser au piano et Roy Hargrove à la trompette, a un son proche de celui que l'on retrouvait sur les gramophones des années 1930. On y retrouve une Badu chantant un air apaisant de blues comparable à celui de Billie Holiday et d'Ella Fitzgerald. Dans cette partie, Badu nie être blessée quand elle apprend que son ancien compagnon a une nouvelle partenaire. Elle chante : My eyes are green Cause I eat a lot of vegetables It don't have nothing to do with your new friend.

Le second mouvement, intitulé Acceptation, contient une guitare basse, des flûtes, un piano et est un peu plus jazzy. ?uestlove participe à ce morceau (à la batterie). Dans cette section, elle chante : I can't remember the last time I felt this way about somebody You've done something to my mind And I can't control it But I don't love you any more Yes I do, I think Loving you is wrong.

Dans la troisième partie, elle succombe finalement à ses émotions et ressent pour la première fois du regret, de l'abandon, un sentiment de promesses irréalisées et une envie de raviver une flamme qui l'a presque consumée et à laquelle elle a dû faire face : Don't you want be strong with me? You told me we could have a family Want to run to me when you're down and low But times get tough and there you go Out the door, you wanna run again Open your arms and you'll come back in Wanna run cause you say you're afraid.

En raison de sa relation avec André Benjamin largement médiatisée, beaucoup pensent qu'elle parle de sa propre rupture dans cette chanson, mais aussi dans Tyrone. Cependant, les deux artistes ont déclaré qu'ils ne ressentaient aucune animosité entre eux et qu'ils s'étaient quittés en bons termes, se parlant régulièrement. Cependant, pensant être injustement jugé, Benjamin répondit en 2003 aux rumeurs dans la chanson A Life in the Day of Benjamin André (Incomplete), issue de l'album d'OutKast, Speakerboxxx/The Love Below : When I was going through them phases trying to find Anything that seemed real in the world Still searching, but I started liking this girl Now you know her As Erykah "On and On" Badu "Call Tyrone on the phone", why you Do that girl like that boy you ought to be ashamed The song wasn't about me and that ain't my name We were young, in love, in short we had fun No regrets no abortion, had a son By the name of Seven The End and to Be Continued…

Critiques Les critiques de cet album furent largement positives. fut nommé pour les Grammy Awards de 2001 dans la catégorie « Meilleure performance musicale féminine RnB » et dans la catégorie « Meilleure chanson RnB », alors que Didn't Cha Know fut nommé pour les Grammy Awards de 2002 dans la catégorie « Meilleure chanson RnB ». Le magazine Billboard classe cet album dans les « albums de l'année 2000 », la félicitant d'avoir et ajouta qu'.

Entertainment Weekly déclara que cet album était . CMJ l'intégra dans sa liste des meilleurs albums de l'année et le définit comme un . Dans un article de PopMatters, le critique musical Wayne Franklin écrivit :

Robert Christgau, le critique musical du Village Voice, donna la lettre « A » à cet album, le commentant ainsi : .

Liste des titres

Crédits

Jon Adler – Ingénieur Assistant Erykah Badu – Voix, Chœurs, Producteur, Direction artistique Chris Bell – Ingénieur Leslie Brathwaite – Mixe Earle Brown – Ingénieur Tom Coyne – Masterisation Russell Elevado – Ingénieur Chris Gehringer – Masterisation Leonard « Doc » Gibbs – Percussion Larry Gold – Arrangements Mark Goodchild – Enregistrement Roy Hargrove – Trompettes, Arrangements Carlos Henderson – Basse Emma Kummrow – Violon Bray Lon Lacy – Overdubs Steve Mandel – Ingénieur du son Shaun Martin – Claviers

Robert Maxwell – Création de la pochette Shinobu Mitsuoka – Ingénieur du son Vernon Mungo – Production Facilitator Peter Nocella – Violoncelle Charles Parker – Violon James Poyser – Producteur Tom Soares – Mix Erik Steinert – Sequencement Gregory Teperman – Violon Ahmir Khalib Thompson – Batterie Don Thompson – Photographie Kierstan Tucker – A&R Mike Turner – Ingénieur Assistant Michael Whitfield – Direction Artistique, Design Yah Zarah – Chœurs Geno « Junebugg » Young – Chœurs Krystof Zizka – Ingénieur Assistant

Classement Album AnnéeClassementPosition2000 Billboard 200112000 Top Internet Albums122000 Top R&B/Hip-Hop Albums3

Singles