Pitgam (Pitgham en flamand occidental) est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France.

Géographie

vignette|gauche|Pitgam dans son canton et son arrondissement.|180px

Pitgam est une commune waeteringuée (Brouckes et plaines) de la limite (zone de contact) entre la Flandre intérieure et la Flandre maritime (Bas-pays). Les Flandres maritimes sont drainées par de nombreux watergangs d'assèchement qu'on traverse grâce à 28 ponts et ponceaux.

Siphon sous le Deulaert.

Le village de Pitgam est construit dans un paysage ouvert d'openfield (autrefois peut-être bocagé et antérieurement plus boisé, au moins à certaines époques), sur une zone de transition évoluant de la plaine (submergée lors des montées de la mer, dites dans cette région « transgressions maritimes dunkerquoises ») au nord, qui évolue vers une zone plus vallonnée au sud (6 côtes).

Communes limitrophes

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par le canal de la Haute Colme, le canal de Pitgam, le canal de Snaekedyck Drincham, l'Oude Gracht, le Tronçon Sud-Ouest Oudegracht, la Cool Hof Becque, la Pauwedyck, le melk dyk, le ruisseau d'Eringhem et divers autres petits cours d'eau.

Le canal de la Haute-Colme relie l'Aa à Watten au canal de Bergues et au canal de la Basse-Colme à Bergues. Il fait partie du canal de la Colme, et correspond à la partie occidentale, la seule encore accessible à la navigation fluviale.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PitgamLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Delta de l'Aa ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de l'Aa. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est l'Institution intercommunale des Wateringues.

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dunkerque à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme

Typologie Au , Pitgam est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dunkerque, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (98,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (98,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (98,7 %), zones urbanisées (1,3 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire

Avant la Révolution française

Le nom de la commune aurait pour origine étymologique "PET" (puits) et GAM (hameau) ; évoquant une demeure ou hameau près d'un puits.

Cette zone a connu une occupation gallo-romaine à l'époque où elle était littorale (c'est-à-dire vraiment située en bordure de mer lors des transgressions maritimes Dunkerque I et II). Les fouilles faites en 1997 à l'occasion de la pose d'un gazoducGazoduc reliant Loon-Plage à Cuvilly, sur le lieu-dit " Schulleveldt " (à environ à l'ouest de Pitgam et au sud de Dunkerque) ont révélé de nombreux fossés.. Les fouilles ont révélé des fossés construits en « aménagements successifs » faits « dans un laps de temps limité » semble-t-il pour répondre à des besoins de drainage, mais peut-être aussi d'adduction. De tels aménagements nécessitaient une main d'œuvre significative peut-être liée à une ou des sauneries installées là pour la production saisonnière de sel, attestée par des « fragments d'augets (moules à pains de sels) et pilettes de fours à sel ». Des enclos qui semblent être hérités des gaulois pourraient être pour certains au moins des bassins de concentration de la saumure, le large fossé circulaire découvert pouvant être une aire saunante (où se sel cristallisait par évaporation). Des emplacements de poteaux, fosses garnies de restes de foyers et d'aliments (porc, mouton, bœuf et, très majoritairement cheval, tous animaux susceptibles d'avoir été élevés sur place) et de nombreux restes de poteries montrent qu'on a habité et vécu sur place.Une nécropole a été trouvée près du gazoduc, réunissant six tombes, outre quelques autres isolées, toutes datées de la seconde moitié du . On y a trouvé quelques fibules, perles et céramiques.

Selon les premiers indices, la population de cette époque semblait agro-pastorale et productrice de sel. La présence importante de chevaux pourrait être liée à un élevage spécifique, ou aux besoins de traction pour le transport du bois d'alimentation des fours et du sel (qu'on n'a pas retrouvé sur le chantier fouillé, mais qui pourrait avoir été plus éloigné de la mer ou des habitations (moins de risque d'incendie et de gêne liée à la fumée). Tout ceci étant à confirmer par des recherches complémentaires, d'autant qu'une partie du site pourrait avoir disparu sous l'effet de l'érosion. Les nombreuses céramiques inventoriées dans l'habitat comme celles des zones funéraire sont à plus de la moitié de type « tradition indigène », peut-être fabriquées à partir d'argile locale, et typique des Ménapiens jusqu'à 200 ap. J.-C. selon le GRAAL. On en a trouvé tessons (plus de au total), généralement non lissés mais décorés au peigne, et fait par la technique du colombin ou de la motte et rarement au tour de potier. La zone semble ensuite être restée inoccupé jusqu'au , époque à laquelle quelques fosses semblent avoir été creusées sur le site dont l'une au ..

Pitgam est cité en 1072 dans "Annales Flandriae" de Jacques De Meyer. Une bulle du pape Pascal II, en 1113 porte aussi ce nom. En 1159, le pape Alexandre III donne les revenus ecclésiastiques de cette paroisse au chapitre de Thérouanne »Jules Pillyser, curé, notes manuscrites sur l'église de Pitgam ca 1899. Archives Historiques du Diocèse de Lille.".

Avant la Révolution française, la paroisse était incluse dans le diocèse de Thérouanne, puis à la disparition de celui-ci dans le diocèse de Saint-OmerMémoire de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, 1862-1864, neuvième volume, p. 66, lire en ligne..

Pitgam faisait partie des biens des châtelains de Saint-Omer : en 1184, dans un acte pris à Falkenbergam (sans doute Fauquembergues), dans la maison du châtelain, Guillaume, châtelain de Saint-Omer, confirme le don d'une partie de la dîme de Pitgam, dite Pithecam, à l'abbaye de Watten par son vassal le chevalier Godefroid d'Odungthun (Audincthun).. En 1185, une autre partie de la dîme du village, tenue en fief par Guillaume Franchois, de Guillaume, seigneur de Fauquembergues, est donnée à la même abbaye. Guillaume va confirmer ces dons en 1188 et par ces deux actes, il renonce lui-même à tout droit sur ces dîmes; en 1190, il le réaffirme en déclarant affranchir de toute charge les biens que la même abbaye possède à Pithgam.

En 1194, Ide, châtelaine de Saint-Omer, avec l'assentiment de ses fils Guillaume, Jacques et Guillaume le Jeune, assigne à Jean d'Ypres, son clerc, une redevance issue de ses biens de Pittekam..

En 1244, Guillaume de Saint-Omer, seigneur de Pitham (Pitgam) et de Bertrin (Bertry?), déclare que son frère Guillaume, châtelain de Saint-Omer a donné à l'abbaye de Clairmarais une rente annuelle de vingt livres.

Le , Philippe, roi de France, (Philippe IV le Bel) ordonne au bailli d'Amiens et au prévôt de Beauquesne de forcer la châtelaine de Saint-Omer et ses vassaux de Pitgam de payer la taille qui leur avait été imposée pour les sommes levées sur la Flandre (la Flandre vaincue lors de la bataille de Mons-en-Pévèle devait verser à la France une amende). Le comte de Flandre, (Robert III de Flandre), ne peut les obliger à payer parce qu'ils en avaient appelé au roi de la sentence rendue contre eux au tribunal du comte ..

Avant la Révolution française, Pitgam relevait de la châtellenie de Bergues. Le châtelain devait cependant partager le pouvoir avec la Cour féodale ou Peron de Bergues, propriété des souverains (comtes de Flandre puis rois de France) qui détenait une partie des droits sur Pitgam. La seigneurie de Pitgam relevait de la Cour féodale. Elle appartenait au au comte d'Eterno..