Mary (en latin Marius) est un saint chrétien de la Haute-Auvergne vénéré par les Catholiques et les Orthodoxes. L'époque à laquelle il a vécu est mal connue et sujette à controverses.

Étymologie En latin, il est appelé Marius.

Vie du saint L'historien auvergnat Grégoire de Tours ne cite Marius dans aucun de ses récits ce qui laisse penser que l'existence du Mary est postérieure à celle de l'historien. Au sujet d'Austremoine Grégoire de Tours raconte que c’est vers l’an 251 que le prédicateur fuyant Rome et la persécution de l’empereur Dèce est arrivé dans la cité des Arvernes.

Les sources documentaires relatant la vie de Marius sont peu nombreuses et parfois contradictoires. Il s'agit des trois Passions de la vie de saint Austremoine et de la Vie de saint Marius, manuscrit provenant de l'abbaye de Mauriac.

Les trois manuscrits de la Passion d'Austremoine Trois manuscrits conservés à Clermont-Ferrand traitent de la vie de saint Austremoine : Les Première, Deuxième et Troisième Passions.

Marius apparait pour la première fois dans « la troisième passion », un écrit du . Dans une première partie, le texte raconte qu’Austremoine figure parmi les soixante douze premiers disciples du Christ et qu’il a donc connu le Christ de son vivant. Il est envoyé en Gaule avec les mêmes condisciples Nectaire, Ursin et Mamet. Marius n’est pas cité.

Dans une deuxième partie le texte cite Marius comme un disciple d’Austremoine. Quand il apprend que celui-ci se meurt, il se rend à son chevet avec Nectère et Mamet. Sur son chemin il consacre l’église du village de Marojol. Arrivé après la mort de Marius, il lui fait bâtir un mausolée, puis fait élever dessus une basilique. Les nobles qu’il avait convertis dotent l’église de trente manses.

Le manuscrit Vita sancti Marii La vie de Mary est connue par le manuscrit de l'abbaye de Mauriac : la Vita sancti Marii. Ce texte du ou est conservé à la bibliothèque du patrimoine de Clermont Auvergne Métropolems. n° 732. Il s'agit de deux ouvrages consacrés à son parcours et à ses œuvres. Le premier traite de la vie du saint et le second des miracles survenus pendant et après le transfert des reliques. Il a été publié en latin au par la Société des Bollandistes dans les Acta Sanctorum, concernant les saints de juin, à la date du . Le manuscrit a également été entièrement traduit en français en 2017. Le document précise que Mary n'était ni prêtre ni diacre, mais il dit qu'on le voit convertir des païens. Les prières chantées de l'Office, parlent de sa vie de clerc et disent que Marius est né « d'un noble lignage ». Quant à ses actions, on parle d'une « vie sainte », de miracles, mais les détails sont peu nombreux.

Dans cet ouvrage, il est fait référence à un texte beaucoup plus ancien traitant de la vie de Marius qui nous est totalement inconnu. Le récit reprend également les informations contenues dans le 3e Passion mais il remplace Ursin par Marius. Il raconte qu'Austremoine est arrivé dans une caravane d’ouvriers potiers qui avaient coutume de se rendre périodiquement du grand centre de céramique d’Arezzo à ses succursales de Lezoux et de la Graufesenque (près de Millau). Il était accompagné de Mametus (Mamet), Nectarius (Nectaire), Marius (Mary), Anthemius, et Seronatus. Ils empruntèrent sans doute la voie Aurélienne ou la voie Domitienne. Des signatures d’Austremoine et Mamet ont été retrouvées sur les poteries qu’ils réalisaient à Lezoux.

Les jésuites bollandistes ont mis en doute les indications chronologiques données par le manuscrit. D'après eux, Mary ne pouvait pas avoir été envoyé par saint Pierre () et n'avait pas même aidé Austremoine à évangéliser l'Auvergne (). Ils pensaient qu'en réalité Mary avait vécu entre le pour deux raisons. La première est que Mary donne des noms germaniques aux convertis lorsqu'il les baptise, ce qui ne se faisait qu'après les invasions franques. La deuxième est que l’Auvergnat Grégoire de Tours n'évoque pas Mary alors qu'il cite tous les grands saints d'Auvergne. Mary serait donc peut-être contemporain, ou plus probablement postérieur, à Grégoire de Tours.

Faits probables de sa vie À cette époque, la partie sud de l'Auvergne n'était que partiellement christianisée et certaines campagnes échappaient à l’évangélisation. Saint Martin de Tours témoigne que même en 360 elle était encore largement païenne et le concile de Tours en 567 confirme encore sa faible évangélisation.

La légende permet de croire que Mary vécut en ermite à proximité du Mont Journal, peut-être dans une sorte de grotte. Son exemple et son action entraînèrent de nombreuses conversions.

L’Église a toujours célébré la fête de saint Mary un , on peut donc supposer qu'il est mort à cette date. La légende dit aussi qu'on construisit deux églises en son honneur, l'une à Saint-Mary-le-Cros à proximité de la grotte, l'autre à Saint-Mary-le-Plain, d'où l'évêque (Austremoine, selon la légende) aurait eu la vision de l'âme de Mary emportée aux cieux.

La chapelle de Saint-Mary-le-Cros fut ensuite transformée en église et devint l’un des plus anciens sanctuaires d’Auvergne. Sous les Mérovingiens les reliques du saint furent mises dans une chasse creusée dans le tronc d’un chêne et suspendue par quatre chaînes à la voûte au-dessus de l'autel. Elle portait l’inscription « Hic jacet corpus Marii Confessoris ».

La translation des reliques

La deuxième partie de la Vita sancti Marii évoque les miracles survenus après la translation des reliques à Mauriac. Celle-ci fut effectuée par une certaine Ermengarde, au temps de l'évêque Étienne. Mais la datation est délicate car aux il y a eu cinq évêques clermontois qui portaient ce nom.

Le plus souvent, on cite Ermengarde d’Apchon (vers 1050), comtesse d’Apchon et femme du seigneur de Massiac Amblard d’Apchon, qui avait son château à Mauriac. Toutefois cette hypothèse a été contestée par l'érudit Marcellin Boudet qui pense plutôt à Ermengarde de Nonette, au milieu du .

Quoi qu'il en soit, cette Ermengarde décida, dit le texte du manuscrit, que les reliques seraient mieux honorées ailleurs et décida de les transférer à Mauriac, où les moines du monastère Saint-Pierre sauraient en prendre soin.

Lors du transport, les reliques empruntèrent apparemment l’ancienne voie romaine reliant Clermont à Cahors par Dienne. Le plus fameux sommet des monts du Cantal porte le nom de « puy Mary » en souvenir de ce passage. La légende raconte que de nombreux miracles se produisirent tout au long du trajet.

Les reliques sont maintenant dans la basilique Notre-Dame-des-Miracles de Mauriac, à l’intérieur du « Cercueil de saint Mary » réalisé au et formant autel. Les autres reliques du saint sont une statue et un bras reliquaire en cuivre argenté du , classé monument historique depuis 1898.

Le culte Plusieurs souvenirs du saint ermite sont encore présents dans le pays de Massiac. Sur la commune de Ferrières-Saint-Mary, près du « Pré de l’ermitage » se dresse le rocher de basalte qui abrita le saint. En contrebas, dans la vallée de l’Alagnon, on trouve la « fontaine du saint » à laquelle on attribuait des vertus miraculeuses. Sur les flancs du mont Journal un bloc de basalte taillé en forme de siège est appelé la « Chaire de saint Mary ». Dans chaque accoudoir il y a l’empreinte des cinq doigts de la main du saint. On s’y assoit pour demander la guérison des maux de reins.

La légende prétend aussi que saint Austremoine voulut venir une dernière fois rendre visite à Mary au seuil de sa mort. Passant par ce qui deviendra plus tard Saint-Mary-le-Plain, il aperçut l’âme du saint s’élevant au ciel dans une auréole de lumière. Pour arriver jusqu’à la dépouille de « Mary le confesseur », il dut franchir les gorges de l’Arcueil. À Fons, le village surplombant cet endroit, se trouve la Fons Stremonii, la « Fontaine de Stremonius », c'est-à-dire d’Austremoine. Sans doute construite sous les Mérovingiens, elle est faite de gros blocs de basalte et comporte une niche dans laquelle se trouvait une statue du saintJean Rieuf, Massiac et son canton, Editions Gerbert (Aurillac),1971.

Utilisation du patronyme Toponymie Plusieurs villages français portent le nom de saint Mary : Saint-Mary-le-Cros est un village inhabité où fut construit le premier sanctuaire abritant les reliques du saint. Cité dans la légende en latin, il se trouve sur le territoire de la commune de Ferrières-Saint-Mary (voir ci-dessous). La Besseyre-Saint-Mary est une commune française située dans le département de la Haute-Loire. Ferrières-Saint-Mary est une commune française située dans le département du Cantal Roannes-Saint-Mary est une commune française située dans le département du Cantal Saint-Mary est une commune française située dans le département de la Charente Saint-Mary-le-Plain est une commune française située dans le département du Cantal Le Puy Mary est un des principaux sommets des monts du Cantal.

De plus, la commune d'Albaret-Sainte-Marie (Lozère), tire son nom de Mary, et non de la Vierge Marie. Au fil des ans, le nom s'est cependant transformé au profit de cette dernière.

Institutions La paroisse catholique de Saint-Mary de Haute Auvergne couvre un territoire correspondant approximativement à l'ancienne communauté de communes du Pays de Massiac.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Austremoine de Clermont

Liens externes

Article sur saint Austremoine dans The Catholic Encyclopedia Saint Mary - 9 Juin, diocèse de Saint-Flour

Autres saints catholiques portant un nom comparable Marius d'Avenches, Maris, Marthe, Audifax et Abacum.

Bibliographie Manuscrit 732 de la bibliothèque du patrimoine de Clermont Auvergne Métropole. Publication de ce manuscrit au dans les Acta Sanctorum des Bollandistes, à la date du . L'édition est précédée d'une introduction rédigée par le jésuite Daniel van Papenbroeck et réfutant la chronologie proposée par la légende. Géraud Vigier (en religion Père Dominique de Jésus, carme déchaux), L'Histoire parénétique de trois Saints protecteurs de la Haute-Auvergne : saint Flour, saint Marius (saint Mary), saint Géraud, 1635. Dom Jacques Branche, prieur de Pébrac, Vie des Saints et Saintes d'Auvergne, 1652. Pierre Moulier, Croyances, légendes et traditions populaires dans le Cantal, éditions de la Flandonnière, 2015, : un chapitre est consacré à saint Mary. Marc-Yvon Duval, Pierre Moulier, Saint Mary, aux sources du christianisme en Haute-Auvergne, numéro 34 de la revue Patrimoine en Haute-Auvergne, . Voir http://www.cantalpatrimoine.fr

Catégorie:Saint catholique et orthodoxe du IVe siècle Catégorie:Saint catholique et orthodoxe de France Catégorie:Personnalité liée à l'Auvergne Catégorie:Saint catholique fêté le 9 juin Catégorie:Saint orthodoxe fêté le 9 juin