Plogoff est une commune du département du Finistère, à l'extrémité du Cap Sizun (canton de Pont-Croix) dans la région française Bretagne, en France. Plogoff est limitrophe de Primelin et de Cléden-Cap-Sizun.

Ses habitants sont les Plogoffistes.

Géographie

Représentations cartographiques

Description Plogoff se situe à l'extrémité sud-ouest du Cap Sizun. Son finage, étiré en longueur dans le sens est-ouest, est délimité au sud par l'Océan Atlantique, le littoral, formé principalement de falaises, allant de l'Anse du Loc'h à l'est (partagée avec la commune voisine de Primelin) à la baie des Trépassés à l'ouest en passant par la Pointe du Mouton, la Pointe de Plogoff, la Pointe de Feunteun Aod et la célèbre Pointe du Raz. centré|vignette|La localisation de la commune dans le Finistère.

La limite nord de la commune, dont la voisine est Cléden-Cap-Sizun, suit le tracé d'une dépression drainée par un petit fleuve côtier qui alimente l'étang de Laoual (sous les eaux duquel la croyance populaire place parfois la légendaire ville d'Ys) et se jette dans la Baie des Trépassés par sa partie occidentale, et d'un autre petit fleuve côtier qui se jette dans l'Anse du Loc'h pour sa partie orientale. Le sous-sol est presque entièrement granitique, même si de petits dépôts houillers dans la Baie des Trépassés et à Kergogne ont été signalésJournal Ouest-Éclair du 29 mai 1920, consultable sur Gallica., leur exploitation fut vainement tentée dans les premières décennies du .

Des murets en pierres sèches remplacent les haies, absentes en raison du vent et des embruns, pour délimiter les parcelles tout le long du littoral.

La RD 784 dessert la commune sur toute la longueur jusqu'à la pointe du Raz depuis Audierne.

La Pointe du Raz (site national) se trouve à l'extrémité ouest de la commune et se prolonge par le raz de Sein, au milieu duquel est construit le phare de la Vieille. Un sémaphore se trouve sur la pointe.

Les ports de Plogoff

La commune dispose de quatre petits ports, difficiles d'accès, même par voie terrestre, uniquement accessibles aux petites, voire très petites, unités : Pors-Loubous, Feunten-Aod, Bestrée et Poul Mostrec.

Les ports de Pors Loubous et Feunten-Aod

À Feunteun Aod, les marins faisaient escale avant de contourner la pointe du Raz afin de s'approvisionner en eau potable. Pietro Vesconte, cartographe génois, mentionne dans son "Atlas" publié en 1313 le nom de "Fontanao" ("Feunteun Aod").

Les ports de Bestrée et Poul Mostrec

Bestrée est un petit refuge naturel, un simple abri précaire, relativement protégé par une langue de granit barrant la houle d'ouest du Raz de Sein et de la Chaussée de Sein qui sont des zones très poissonneuses en raison du brassage de l'eau, ainsi que de la Pointe du Raz. L'accès terrestre au port est également difficile en raison du fort dénivelé des falaises l'avoisinant. Ce fut un repaire de contrebandiers en raison de son isolement. C'est en 1885 que l'escalier, la plate-forme et la digue reliant le rocher protégeant le port à la terre ferme sont réalisés. Malgré l'épaisseur de la maçonnerie, cette digue a été détruite à plusieurs reprises lors de tempêtes. La cale et le treuil ont été aménagés quelques années plus tard.

Situé à proximité du Raz de Sein, le port de Bestrée a longtemps été le port d'embarquement des bateaux ravitaillant le phare de la Vieille et assurant la relève des gardiens. Jusque dans les années 1930, ce sont de petits canots de pêcheurs de Bestrée qui se chargeaient de cette mission très dangereuse : tenter d'approcher le rocher de Gorlébella sur lequel le phare a été construit en 1887 (lors des grandes tempêtes d'hiver, il arrivait que la relève ne puisse pas se faire pendant plusieurs semaines). Par la suite, ce sont des vedettes motorisées des phares et balises qui accomplirent cette liaison maritime. Le phare a été automatisé en 1995.

Entre 1949 et 1971, le port de Bestrée a été le port d'attache d'une petite navette faisant la liaison entre le continent et l'Île de Sein, du moins pendant la saison touristique. Un dramatique accident, la noyade de trois personnes lors d'un embarquement, mit un terme à cette activitéPanneau d'information touristique situé sur place..

Poul Mostrec est un tout petit port situé sur la côte nord de la Pointe du Raz, qui a servi de port de remplacement à Bestrée lorsque les vents de suroît rendaient trop dangereux le débarquement à Bestrée ; ce port est de nos jours peu utilisé.

La répartition de l'habitat

Les falaises escarpées qui bordent la quasi-totalité du littoral et la rudesse du climat expliquent l'absence quasi-totale d'habitat en bordure de mer, si l'on excepte Keringard (en position d'abri par rapport aux vents dominants, côté nord-ouest de l'Anse du Loc'h, faisant face au sud-est). Le bourg de Plogoff, ainsi que les principaux hameaux traditionnels (Landrer, Pennéac'h, Le Dreff, Kerguidy, Kerhuret, Pendreff, Kerherneau, Lescoff, etc., sont tous sur le plateau (haut de 50 à selon les endroits), éloignés de plusieurs centaines de mètres, voire plus d'un kilomètre pour certains, du littoral. Un habitat résidentiel récent s'est toutefois développé au Loc'h, en bordure de l'Anse du Loc'h.

L'"Enfer de Plogoff" est une galerie creusée par la mer sous le cap de la Pointe du Raz ; le lieu est réputé être le lieu où sont ramenés les noyés dont on entend les gémissements. Le lieu est ainsi décrit dans une revue touristique en 1891 : « L'"Enfer de Plogoff", gouffre en forme d'entonnoir, où la mer s'engage et gronde avec de sourdes détonations jusqu'à la paroi abrupte où l'on voit, en se penchant, le jour et la mer de l'autre côté d'une fissure qui perce comme un tunnel la masse du cap »Une semaine à bicyclette sur les routes de Cornouaille, "Revue mensuelle - Touring-club de France", 1891, consultable sur Gallica.. Ce gouffre, d'un accès dangereux, a connu des drames, par exemple la mort d'un touriste belge qui s'y fracassa le crâne en 1925Journal Le Gaulois du 3 juin 1925, consultable sur Gallica..

Cadre géologique

vignette|redresse=1.5|Carte géologique du Massif armoricain. Plogoff est située sur un plateau d'altitude de 60 à , à l'une des extrémités occidentales du Massif armoricain. Le territoire correspond au prolongement occidental du domaine centre armoricain (synclinorium médio-armoricain) et du domaine sud armoricain (domaine hercynien)Figure 9 : Les divers domaines constitutifs de la zone sud armoricaine, tiré de Carine Cartier, « Structure de l'unité de Saint-Georges-sur-Loire et du domaine ligérien (Massif Armoricain). Implications géodynamiques pour la chaîne hercynienne », Géologie appliquée, Université d'Orléans, 2002, p. 24. .

Le domaine hercynien est marqué par la phase orogénique bretonne du cycle varisque, au début du Carbonifère inférieur, ou Tournaisien, il y a environ 360 Ma. La collision continentale au cours de l'orogenèse varisque proprement dite se traduit dans le Massif armoricain par un métamorphisme général de basse-moyenne pression, formant les gneiss et micaschistes au nord du cap Sizun, par des phases de et par la mise en place de nombreux leucogranites intrusifs (granites de teinte claire à deux micas, biotite et muscovite) au niveau de Plogoff.

S'inscrivant dans le cadre géologique du cap Sizun, la commune est située au niveau du prolongement occidental du cisaillement sud-armoricain (CSA) qui constitue un « Y » horizontal dont la base du raz de Sein à Quimper se divise en deux grands accidents linéamentaires (branche nord s'étendant vers l'est en direction d'Angers, branche sud en direction de Nantes). C'est le CSA qui guide la mise en place de la ceinture des leucogranites en feuillets ou en lobes qui la jalonne, depuis la pointe jusqu'à Nantes. Sur le plan pétrographique, ce massif est ainsi constitué par un leucogranite à deux micas (biotite et muscovite) de grain très fin (millimétrique) dont le faciès varie selon la distance au cisaillement. Cette roche plutonique présente une déformation très hétérogène qui se traduit notamment par un débit en lames de quelques décimètres d'épaisseur, très redressées et orientées est-ouest (orientation plus ou moins mylonitique), parallèlement au CSAM. Barrière, L. Chauris, Y. Fouquet, A. Guilcher, J.-P. Lefort, A. Pelhate, Notice explicative de la feuille Pointe du Raz à 1/50 000, éditions du BRGM ,1985, p. 10.

Les falaises de Plogoff permettent d'observer, à environ à l'est de Feunteun-Aod, sur le GR 34, un filon quasi vertical étroit (50 cm environ) d'une roche magmatique sombre de couleur verte proche du granite, la sizunite (selon le terme de Jean Cogné en 1961.), recoupant le feuilletage du leucogranite. La sizunite présente un intérêt scientifique, un intérêt pédagogique et une rareté régionale, qui justifient le classement en site d'intérêt géologique. L'orientation du filon .

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlogoffLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Laoual, d'une superficie totale de ( sur la commune)..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lanvéoc à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Plogoff est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..

Occupation des sols vignette|centré|redresse=2.2|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).