La Section paloise est un club de rugby à XV fondé en 1902 et basé à Pau.

La Section dispute ses rencontres à domicile au stade du Hameau depuis 1991, après avoir foulé pendant la pelouse du stade de la Croix du Prince (1910-1990) et évolue actuellement en Top 14. Les Sectionnistes ont remporté à trois reprises le championnat de France en 1928, 1946 et 1964. La Section a remporté le challenge Yves du Manoir à trois reprises également, en 1939, 1952 et 1997. Au niveau continental, la Section compte une victoire en Challenge européen en 2000, et une demi finale de Coupe d'Europe en 1998. Enfin, le club remporte un titre de champion de France de Pro D2 en 2015.

Place forte du rugby français et club phare du Béarn, la Section paloise a été marquée par des figures comme Robert Paparemborde, François Moncla, Nano Capdouze et Albert Cazenave. Porté par son public et par une multitude d'acteurs économique, dont notamment TotalEnergies, le club vise désormais à représenter plus largement le rugby béarnais et gascon au sommet de la hiérarchie française, en faisant honneur à son histoire de jeu de mouvement et de confiance à la jeunesse.

La section rugby est la plus ancienne section du club omnisports du même nom.

Pour la saison 2026-2027, l'équipe première, présidée par Bernard Pontneau, évolue en Top 14 et est entraînée par Sébastien Piqueronies.

Histoire

Les origines du rugby à Pau (1888 - 1902) Le fait son apparition à Pau en 1888, après s'être développé à Paris, au Havre et à Bordeaux. À la fin du , le médecin et hygiéniste Philippe Tissié s’installe à Pau, attiré par le climat et les opportunités de développement de l’éducation physique dans les écoles de cette ville résolument sportive. Il y introduit ses méthodes d’enseignement de la gymnastique et du sport, favorisant la pratique régulière d’activités physiques parmi les jeunes. Tissié a alors pour objectif à la fin des années 1890 de former une fédération similaire à la Ligue girondine d’éducation physique qu’il a fondé à Bordeaux en 1888, afin de créér dans les environs de Pau une fédération du Sud-Ouest, à même de favoriser l’émergence de sociétés sportives pour la promotion des jeux de plein air et des exercices physiques.

Au début du , Pau demeure une destination prisée par la noblesse européenne pour la saison hivernale. Après un premier pic de fréquentation dans les années 1880, la ville connaît une nouvelle période d’essor entre 1909 et 1911 avec la réalisation du boulevard des Pyrénées. La haute société anglaise, américaine, russe, espagnole et prussienne y coexiste, contribuant au rayonnement international de la cité béarnaise. Plusieurs équipements publics sont construits à cette époque, dont le funiculaire de Pau, destiné à relier la gare à la ville haute.

Dans ce contexte, la barette, variante locale et simplifiée du rugby football , se développe rapidement, promue par Tissié et la Ligue Girondine. De plus, la présence de la communauté britannique, déjà familière avec la pratique de ce sport, contribue à sa diffusion. Adaptée aux terrains et aux établissements scolaires, la barette est intégrée dans les programmes d’éducation physique et devient populaire. Ces facteurs expliquent l’essor précoce du rugby dans la ville, faisant de Pau l’un des foyers historiques du sport dans le Sud-Ouest.

Dès 1889, les Coquelicots de Pau, association sportive du Lycée de Pau (futur lycée Louis-Barthou), disputent des matchs au Champ Bourda face aux équipes des lycées voisins, tels que les « Montagnards de Bayonne » et la « Pyrénéenne de Tarbes ». Ces associations, créées pour disputer les lendits promus par Tissié, pratiquent la barette de 1892 à 1903, date de leur interdiction.alt=Stade Palois en 1901|gauche|vignette|150x150px|Stade palois en 1901.Le premier club de rugby de la ville, le , est fondé le par Louis d'Iriart d'Etchepare et d’anciens élèves du lycée de la ville. Le club regroupe des jeunes de la ville influencés par l’anglophilie, en vogue à Pau à la Belle Époque.

Dès ses débuts, le club est affilié à la créée par Tissié et s’entraîne sur le terrain de Gelos, sous la direction du capitaine Henri Sallenave.

Toutefois, au début du , Tissié et la Ligue girondine, avec le soutien du maire Alfred de Lassence, reprennent graduellement le contrôle du club, qui devient le . Fondation et débuts au Champ Bourda (1902 - 1905) alt=Philippe Tissié en 1901.|gauche|vignette|179x179px|Philippe Tissié en 1901. La , officiellement fondée le , constitue désormais un club omnisports entièrement intégré à la Ligue girondine, sous l'autorité directe du Docteur Tissié. Son premier président est le docteur Pellizza-Duboué, neveu du savant béarnais Pierre-Henri Duboué et père de Henri et Pierre. Le club débute alors son histoire sportive au Champ Bourda, parfois appelé , qui accueillait déjà les rencontres de barette organisées dans le cadre des lendits de la Ligue girondine.

La Section paloise présente ainsi la particularité d'avoir été largement créée pour pratiquer la barette, discipline axée sur la vitesse et les prises d'intervalles davantage que sur l'affrontement physique. Ce jeu, très proche du et en vogue dans le Sud-Ouest au début du , bénéficiait du soutien du docteur Tissié et de la Ligue girondine. Le club se développe rapidement avec les signatures d’anciens des Coquelicots de Pau, et les joueurs pratiquent alors la barette et l’athlétisme.

Trois futurs internationaux du XV de France, Jean Domercq, Jacques Dufourcq et Hélier Thil, font leurs débuts au sein de l'équipe première..

Passage au rugby à XV et inauguration du Stade de la Croix du Prince (1905 - 1914) À partir de 1905, la Section paloise abandonne la pratique de la barrette et s'engage dans les championnats régionaux de rugby à XV., intègre le Stade palois et se forge sa propre identité., les joueurs se voyant surnommés . Le , le club est reconnu par l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), puis obtient un avis favorable pour son affiliation au Comité de Guyenne et Gascogne le . vignette|179x179px|James Crockwell en 1909. Pour la première saison de rugby à XV de son histoire, le club, opérant sous la coupe du gallois James Crockwell, remporte en 1907 le championnat de grâce à un essai de Henri Foueillassar le 25 mars face à l'US bazadaise () au Champ Bourda, obtenant ainsi sa promotion en .

Face aux difficultés logistiques et financières liées à la popularité croissante du club et aux longs déplacements, l'introduction de nouveaux statuts en 1910 distingue deux catégories de membres, actifs et honoraires., ces derniers, issus de la bourgeoisie paloise, étant désormais chargés de l'équipement des joueurs et de la recherche de terrains.. Les dirigeants louent alors le terrain de la Croix du Prince dans le quartier du 14-Juillet, où l'architecte Jules-Antoine Noutary conçoit un stade doté de vestiaires et de tribunes couvertes de ..

Le , le Stade de la Croix du Prince est inauguré devant plus de 3 000 spectateurs face à Bergerac., adversaire que le club n’avait jusqu'alors jamais battu, et que la Section domine ce jour-là sur le score de ., affichant ouvertement ses ambitions de promotion en régionale. L'enceinte acquiert rapidement la réputation d'être la plus confortable du Béarn et la Compagnie des Tramways de Pau crée même une nouvelle ligne pour desservir le stade.. Pour sa seconde saison consécutive dans la division, la Section paloise démontre des progrés à tous les niveaux.vignette|143x143px|Potter au Parc des Princes en 1913|gauche L’année suivante, en 1911, après une réunion tenue à Pau, le , distinct du comité de Guyenne et Gascogne, opérant sous l’égide de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (UFSA), voit le jour..

Pour des raisons logistiques, les dirigeants des clubs landais et béarnais souhaitent alors créer une structure régionale. Cepandant, l’Aviron bayonnais, club le puissant du moment, proteste dans un courrier officiel, de peur de perdre en poids politique au sein des instances nationales. L’UFSA dépêche alors Frantz Reichel à Pau afin de de calmer les ardeurs du club bayonnais, qui s’estime lésé, étant le seul club à évoluer en série. Le comité est finalement renommé en , et le siège de l’instance est transféré à Bayonne au début de la saison 1912.. Néanmoins, le club sectionniste est promu en du championnat de , ce qui lui permet de pouvoir se qualifier pour les phases finales du Championnat de France. L’Aviron remporte le tout premier titre de champion du comité , s’imposant avec un essai de Harry Owen Roe à la Croix du Prince lors de la finale . vignette|La Section paloise au Parc des Princes, le 1er novembre 1913.|150x150px Promu au plus haut niveau régional au début de la saison 1912-1913, le club adopte en début de saison ses couleurs définitives vert et blanc, abandonnant le bleu et noir hérité du Stade palois. Revêtue de ses nouvelles couleurs émeraude, l'équipe se forge une réputation nationale.. Quelques années après avoir abandonné la barrette, la Section paloise devient dans les années 1910 un club de rugby à XV d’envergure nationale, capable de rivaliser avec les puissances régionales que sont l'Aviron bayonnais et le Stadodeste tarbais, tout en mobilisant des supporters nombreux et fidèles.. Victor Bernicha cède alors le capitanat au Gallois Tom Potter, entraîneur-joueur alors officiellement lecteur au lycée de Pau, dont la mission est de superviser l'éclosion d'une génération prometteuse.., en instaurant une méthode de travail méthodique et rigoureuse.. Le club se heurte dès la du championnat régional à l'Aviron bayonnais au stade de Hardoy, futur champion de France, et s’incline face aux hommes de Fernand Forgues, compromettant ainsi ses chances de qualification. La charnière Lamouret-Espelette se montre à son avantage, devant près de 400 supporters béarnais venus en train.. Éliminée prématurément de la compétition nationale et bien installée dans son nouvel antre du Stade de la Croix du Prince, la Section atteint un niveau qui fait prétendre à L'Indépendant des Basses-Pyrénées que . L'équipe réserve remporte quant à elle le titre de championne de la Côte Basque.vignette|Stade de la Croix du Prince, lors du match d’inauguration des tribunes le .|centré|300x300px Durant l'intersaison, en , la Section paloise approuve à l'unanimité lors de son assemblée générale un programme d'agrandissement du Stade de la Croix du Prince.. L’architecture est confié à Jules-Antoine Noutary., et les travaux débutent dès que l'emprunt est assuré, quelques jours plus tard., afin d'être achevés pour l'ouverture de la saison suivante, au mois d’octobre..

L'inauguration des tribunes du stade de la Croix du Prince a ainsi lieu le , lors du premier match à domicile de la saison 1913-1914 à l’occasion de la réception du CA Périgueux., pour une victoire .. Un mois plus tard, le , la Section paloise reçoit l'Aviron bayonnais, désormais champion de France en titre, devant , pour une revanche de la défaite de la saison précédente... La rencontre est précédée d'une polémique nationale à propos de la participation des capitaines britanniques Roe et Tom Potter., tous deux étant dépourvus de licences fédérales de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA). Potter ne joue finalement pas, et Bernicha reprend le capitanat.

Le match nul 0-0 qui s'ensuit est salué comme l'un des meilleurs de la saison de rugby 1913-1914 en France..

vignette|100x100px|Gilbert Pierrot au stade de Colombes le Durant cette même saison, cette génération dorée donne au club son premier international : Gilbert Pierrot est sélectionné lors du Tournoi des Cinq Nations 1914 et honore sa première cape face à l’Irlande..