Le Castres olympique (CO) est un club professionnel français de rugby à XV situé à Castres, dans le département du Tarn, en région Occitanie. Fondé en 1906, le CO évolue actuellement en Top 14 (première division du championnat de France de rugby), et est domicilié au stade Pierre-Fabre, nommé en référence à Pierre Fabre, son mécène historique depuis 1988, fondateur des laboratoires pharmaceutiques éponymes.

Quintuple champion de France de première division (1949, 1950, 1993Le CO s'impose à la suite d'une erreur d'arbitrage., 2013, 2018), triple vice-champion de France (1995, 2014, 2022), vainqueur de la Coupe de France (1948), le CO évolue dans l'élite du rugby français depuis le titre de champion de France du groupe B (1989). Seuls Castres, Toulouse et Clermont-Ferrand sont dans l'élite sans discontinuer depuis l'ère du professionnalisme en 1995.

Le CO est aussi vainqueur du Bouclier européen (2003) et a participé vingt éditions de la coupe d’Europe entre la première édition en 1996 et 2026.

Historique Les débuts du Castres olympique (1906-1948) Fondation du club et Première Guerre mondiale Le Castres olympique est fondé le par d'anciens élèves du collège de Castres réunis dans la brasserie de l'Europe. Eugène Agert, âgé de 27 ans et directeur de l'enseigne Aux Dames de France, en est le premier président.

En 1913, le Castres olympique recrute son premier international français, l'ouvreur, centre ou ailier Marcel Burgun, vice-champion de France en 1912 avec le Racing Club de France. Il est capitaine du XV de France en 1914 contre l'Angleterre.

Quarante-et-un joueurs et dirigeants du Castres olympique meurent lors de la Première Guerre mondiale, dont Marcel Burgun et les jeunes frères Félix, Honoré et Albert Nicouleau âgés d'une vingtaine d'années.

Succès dans l'entre-deux-guerres En 1921, le Castres olympique est champion des Pyrénées de en battant Pamiers 6 à 0, après prolongations.

En 1922, il accède au championnat de France de en barrage contre Saint-Girons mais est rétrogradé trois ans plus tard.

L'abbé Henri Pistre, ancien joueur du SC Albi, devient dirigeant et entraîneur du Castres olympique en 1934.

En 1936 et 1937, le club est champion des Pyrénées Honneur.

Montée du CO en championnat de France de première division (1943)

En 1939, le Castres olympique termine troisième de sa poule derrière Montauban et Albi mais sera promu en première division, porté à 95 clubs à la reprise en 1943.

Le CO monte en championnat de France de première division lors de la saison 1942-1943 où il affronte comme premier club le CA Brive.

Qualifications en phases finales de coupe et championnat de France (1947) En 1947, à Bordeaux, Castres s'incline en huitième de finale de coupe de France contre la Section paloise 25 à 12.

Puis, le Castres olympique élimine le Stadoceste tarbais 19 à 0 en huitième de finale du championnat de France avant d'échouer en quart de finale 8 à 0 contre le SU Agen d'Albert Ferrasse et de Guy Basquet, futur vice-champion de France.

Premiers titres nationaux : les trois Glorieuses (1948-1950) Victoire en coupe de France (1948) En 1948, le CO atteint de nouveau les huitièmes de finale du Championnat, qu'il perd face à l'US Romans 7 à 5.

En coupe de France, le Castres olympique élimine en demi-finale les Girondins du CA Bègles par 8 à 5 et accède à la finale de cette compétition pour la première fois.

gauche|vignette|Le CO de Jean Matheu-Cambas au sommet du rugby français entre 1948 et 1950.

Le , le Castres olympique et son capitaine Jean Matheu-Cambas remportent la coupe de France en battant le FC Lourdes de Jean Prat 6 à 0 au parc Lescure de Bordeaux, grâce à deux essais marqués par le deuxième ligne Jean Pierre-Antoine. La foule accueille dans le centre-ville de Castres les Olympiens qui rapportent dans le Tarn leur première et unique coupe de France.

Pierre Maffre, industriel à Castres, contribue au succès du club dont il est le mécène. Le club recrute le troisième ligne et international agenais Jean Matheu-Cambas, le trois-quart aile international clermontois Maurice Siman, le demi-de-mêlée lourdais André Chanfreau, le pilier toulousain Jacques Larzabal et les deux treizistes, l’ailier catalan Armand Balent et l’ouvreur Albert Torrens.

Premier titre de champion de France (1949) Le capitaine Jean Matheu et les Olympiens, entraînés par Antonin Barbazanges et Jean-Baptiste Bedère, éliminent l'USA Limoges en huitième de finale (21-6), puis le RC Toulon (17-6) en quart de finale, et enfin le CS Vienne de l’international Georges Brun (12-6) en demi-finale. Le , le CO décroche son de champion de France en battant, lors de la finale à Toulouse, le Stade montois du demi-de-mêlée Jean Darrieussecq et du talonneur Pierre Pascalin, futurs internationaux, 14 à 3 grâce à trois essais inscrits par Jean Matheu-Cambas, René Coll et Armand Balent. Jean Pierre-Antoine inscrit une transformation et Albert Torrens un drop.

Là encore, une foule considérable accueille les champions de France à leur retour. Castres est le de rugby du Tarn à ramener le Brennus dans le département.

Exposition sur le Castres olympique au musée Goya (du 6 au 28 février 1949) Le musée Goya de Castres, consacré à l'art hispanique, organise une exposition intitulée " Le Castres olympique hier et aujourd'hui ". Cette exposition fut inaugurée le 6 février par le maire, François Houpe, assisté de Maître Gabarrou, président du C. O et de son capitaine, l'international Jean Matheu-Cambas champion de France en titre, en présence de Gaston Poulain conservateur du musée Goya depuis 1947Archives municipales de Castres..

Deuxième titre de champion de France (1950) Le CO champion de France s'impose dans la première partie de saison à Vichy puis face à Dijon et Dax. En , les Castrais effectuent une tournée en Catalogne avec deux matchs amicaux contre l'USA Perpignan au stade Aimé Giral. Le CO est invité aussi en Espagne par les Catalans du FC Barcelone rugby, champion de Catalogne, club fondé en 1924 et célébrant ses 25 ans d'existence. Le , Castres bat Barcelone (13-8)..

Castres champion de France élimine l'AS Béziers (6-3) en huitième de finale, l'USA Limoges (6-3) en quart de finale, puis la Section paloise (12-11) en demi-finale.

Le CO remporte son de champion de France consécutif en battant, au stade des Ponts-Jumeaux de Toulouse, les Parisiens du Racing Club de France par 11 à 8 grâce à trois essais d'Armand Balent, Jean Matheu et Robert Espanol. auxquels il faut ajouter une transformation de Jean Pierre Antoine.

Les Parisiens alignent sur la pelouse à l'époque cinq internationaux français dans ses lignes arrière dont le demi-de-mêlée Gérard Dufau, l'ailier Fernand Cazenave ou le centre Pierre Dizabo. droite|vignette|redresse|Une du Midi olympique en 1950 : Castres est double champion de France !|alt=

Seuls Toulouse, Béziers, Paris, Lourdes et Biarritz ont obtenu un doublé depuis l'après guerre. Le CO, alors entraîné par l’ancien treiziste Antonin Barbazanges est à l'époque surnommé . Jean Matheu porte parfois le brassard de capitaine. Parmi ces joueurs on peut citer aussi Clément Fité, André Alary, Jacques Larzabal, Georges Amen, Maurice Siman, Robert Bardy, etc. L'international Robert Espanol, dernier survivant des doubles champions de France avec le Castres Olympique, qui arrêta le rugby prématurément à 22 ans seulement, s'est éteind. à l'âge de 94 ans en 2024. L'entraîneur Barbazange se plaint dans le journal l'Équipe, du , de l'accueil hostile du public toulousain. Entre 1948 et 1950, le XV du CO n'est que très peu modifié dans sa composition d'équipe. Une fête est organisée à la Brasserie de l'Europe et de la foule vient contempler et toucher le Bouclier de Brennus.

Ces deux Boucliers de Brennus après la coupe de France donnent au club le palmarès qu'il attend depuis sa création.

Fin de la période glorieuse Qualifications en phases finales du championnat de France (1952 et 1953) Dans la course au titre lors de la saison 1951-1952, les Olympiens éliminent les Audois du RC Narbonne en huitième de finale. Le CO s’incline ensuite en quart de finale contre le Stade montois.

Castres est battu en huitièmes de finale par le Racing Club de France la saison suivante en 1953. Le CO se renforce en recrutant le pilier Henri Daffos. évoluant auparavant au Stade toulousain. Il arrête sa carrière de manière prématurée cinq ans plus tard en 1957, à 27 ans, à cause d'une hernie discale.

Demi-finaliste contre Dax (1956) Castres élimine d'abord le SC Mazamet en huitième de finale puis le SC Tulle en quart de finale du championnat de France. Néanmoins, les Olympiens échouent en demi-finale contre les Landais de l'US Dax en 1956 mettant ainsi fin aux années les plus fastes du club.

Disparition tragique du capitaine Jean Pierre-Antoine (1956) Le , le capitaine Jean Pierre-Antoine décède à l'âge de 35 ans après un match opposant le Castres olympique à l'US Montréjeau. Blessé à la tête au cours de ce match, il s'effondre dans les douches après la rencontre et est conduit à l'hôpital de Purpan à Toulouse où il meurt le d'une thrombose artérielle. Des milliers de personnes se rassemblent pour ses obsèques. En son hommage, le stade du CO est appelé stade Jean Pierre-Antoine entre 1957 et 2017.

Résultats sportifs irréguliers dans les années 1960-1980 Longue période de disette vignette|Victoire du CO sur le terrain du Stade toulousain 19-6 en challenge du Manoir 1962.|alt= Ensuite une longue période de disette s'installe entre les années 1960 et 1980, au cours desquelles le CO échoue à de nombreuses reprises avant les phases finales du championnat de France malgré des joueurs majeurs comme l'arrière Dany Laprade, le trois quart centre international Jacques Cimarosti ou encore le pilier international Gérard Cholley

Qualifications en phases finales du championnat de France Le CO dispute un seizième de finale contre le RC Narbonne (20-6) en 1969.. Castres s'incline en huitième de finale en 1971 contre le Stade montois (6-5). Les Olympiens perdent en seizième de finale contre La Voulte en 1973.

Qualifications en phases finales du Challenge du Manoir Invité à disputer ce prestigieux challenge entre 1954 et 1980, le CO se qualifie 2 fois pour les huitièmes de finale, en 1975 mais il doit déclarer forfait car dans le même temps, il joue un match de championnat pour son maintien dans l’élite et en 1976 où le CO est battu par Dax 21-15 après avoir notamment triomphé du champion de France biterrois en match de poule.

Victoire en Coupe Jauréguy (1974) vignette|Trophée en hommage au Tarbais Adolphe Jauréguy. En 1974, une Coupe Adolphe Jauréguy est attribuée au vainqueur des clubs d'élite alors relégables lors de cette unique saison. Premier de sa poule, le CO dispose du Boucau en quart de finale (22-3) puis de l’US Tyrosse en demi-finale. En finale, le CO s'impose à Béziers dans un match indécis (10-6) face à la redoutable équipe du Valence sportif emmené par le capitaine et troisième ligne du XV de France, Élie Cester.. La même année, le CO atteint la finale du Challenge Beguère, battu par le FC Lourdes 15-12..

Premier club du groupe B (1976) Castres est retrogradé en groupe B en 1975 pour un petit point au profit de Chambéry. Dès l'année suivante, le CO se classe premier club du groupe B, terminant même son championnat invaincu avec 14 victoires en 14 matchs avant de s'incliner en seizième de finale contre le FC Lourdes (15-6) au stadium de Toulouse dans un match équilibré où l'absence de son arrière Dany Laprade et le manque de réussite de son buteur Jean-Pierre Piovesan n'a pas permis au CO de concrétiser ses temps forts.

Le CO est ensuite à nouveau relégué en 1977 puis remonter la saison suivante.

Vainqueur du Challenge Beguère 1981 La saison 1979 est marquée par une victoire historique sur le terrain du Stade toulousain. Le CO assure son maintien en championnat mais ne se qualifie pas pour les seizièmes de finale.