La flore de l'Écosse est un assemblage d'espèces de plantes dont plus de de plantes vasculaires, plus de de lichens et près de . Le nombre total d'espèces vasculaires est faible comparé à d'autres pays, mais les bryophytes et les lichens sont abondants et ces derniers forment en Écosse une population d'importance mondiale. Plusieurs populations d'espèces rares de fougères existent, bien que l'impact des collectionneurs du ait mis en péril l'existence de plusieurs de leurs espèces.
Types de végétations thumb|Carte de la couverture du sol.
Répartition des différents écosystèmes thumb|Topographie simplifiée de l'Écosse.
L'Écosse est composée de nombreux écosystèmes tempérés, avec des forêts de caduques et de conifères et des landes, dans des paysages de montagne, mais aussi d'estuaires, d'étendues d'eau douce, d'habitats maritimes voire de toundraScottish wildlife habitats. Les monts Grampians marquent la limite d'extension de nombreuses espèces, les écosystèmes situés au nord de la chaîne étant à type de toundraA. de Candolle, Sur les limites des espèces végétales Annales des sciences naturelles, vol. 9 (1848).
Environ 14 % de la superficie de l'Écosse est recouverte de forêts, pour la plupart dans le cadre de la sylviculture. Avant l'intervention de l'Homme, les forêts étaient plus étendues, de type boréal calédonien et de forêts de caduques. Bien que désormais réduites, certaines zones abritent encore des vestiges des forêts originelles de pins sylvestres.
17 % de l'Écosse est constituée de landes de bruyères et de tourbières. Le Caithness et le Sutherland possèdent l'une des régions de tourbières les plus étendues et les mieux préservées au monde (), qui abrite des espèces uniquesFlow Country:the Peatlands of Caithness and Sutherland (JNCC, 1998)North Highland Peatlands (Scottish Natural Heritage).
75 % des terres d'Écosse sont considérées comme terres agricoles (ceci inclut certaines landes) et les zones urbaines constituent 3 % de la superficie totale. Le nombre d'îles dotées d'une végétation terrestre est d'environ 800 ; 600 de celles-ci sont situées le long de la côte ouest.
L'Écosse possède plus de 90 % du volume et 70 % de la surface d'étendues d'eau douce du Royaume-Uni ; il existe plus de d'eau douce et de rivières.
Composition générale thumb|Paysage de montagne typique : Pin sylvestre (Pinus sylvestris), bouleaux (Betula pendula) et bruyère (Calluna vulgaris).
L'Écosse abrite de nombreuses forêts à la végétation climacique. Les espèces prédominantes se répartissent de la manière suivanteJoy Tivy, The Bio-climate, in Chalmers M. Clapperton (ed.), Scotland: A New Study, Newton Abbott, David & Charles, 1983. : bouleaux à l'ouest et au nord ; pins sylvestres, bouleaux et chênes à l'est des Highlands ; chênes (Quercus robur et Q. petrea) et bouleaux dans les Central Lowlands et les Scottish Borders.
Dans les régions d'altitude, certaines rares espèces sont spécialisées des « fourrés de montagne » (), qui s'étendent entre la limite des arbres et les zones d'herbage, et de la haute altitude. En Écosse, ce est caractérisé par des arbustes bas aux branches tourmentées, en raison des vents souvent violents ; il est principalement composé de saules et de genévriers. Les régions de sont aujourd'hui en nette régression. Les causes majeures, plus que le changement climatique, en sont l'élevage de moutons, de chèvres et de daims.
La limite des arbres était plus élevée lors des périodes plus tempérées de l'Histoire. À Creag Fhiaclach, elle se situe en 2009, pour les pins, à d'altitude Montane Scrub, consulté le 17 septembre 2009.
La majorité des côtes maritimes sont des machairs, pâturages fertiles se développant sur les étendues sableuses créées par le retrait de la mer après la dernière glaciation. Les machairs ont reçu une attention considérable de la part des organismes de préservation de l'environnement en raison de leur unique écosystème.
Impact prévisible du réchauffement climatique
Les modèles climatiques prévisionnels envisagent une élévation de la température moyenne entre 0,5 et en Écosse en 2050. Ce réchauffement est cependant inférieur à celui des autres régions du monde ; l'impact sur les écosystèmes serait ainsi moins important Gordon Dickinson, Kevin J. Murphy Ecosystems, Routledge (2007). Le climat serait de manière générale plus humide, avec des variations importantes de l'importance des changements selon les endroits du pays, ainsi que plus venté et plus nuageux. La mer constituant une barrière naturelle, le pool d'espèces ne changerait pas de manière radicale. Les espèces végétales à croissance rapide, telles que les bryophytes, s'adapteraient plus rapidement que, par exemple, les arbres, et changeraient rapidement d'aires de répartition. La biodiversité des Lowlands du sud augmenterait, au fur et à mesure que les espèces des Highlands reculeraient vers le nord Impacts of climate change on plants, animals and ecosystems in Scotland, consulté le 17 septembre 2009.
L'élévation du niveau de la mer, en 2100, est estimée à pour l'Écosse. Ce changement ne serait perceptible que sur les côtes basses et les plages ; une partie des plaines maritimes et de dunes pourrait être ainsi perdue. L'impact sur les écosystèmes d'eau douce serait négligeable, alors que les modifications de l'acidité des sols et l'assèchement de certains terrains par modification de l'hydrographie locale seraient plus importants.
À l'exception des plantes des régions montagneuses et de climat arctique-alpin, le réchauffement climatique ne devrait pas modifier de manière notable la répartition des espèces courantes. L'existence des et des plantes arctiques semble toutefois très compromise ; en effet, l'isolement de leur écosystème et la rudesse de son climat actuel empêcheront les migrations vers des régions proches partageant ces caractéristiques.
Les activités humaines, en particulier la randonnée, dégradent directement les écosystèmes écossais. En effet, la forte fréquentation des sentiers entraîne une érosion rapide des sols et une disparition des plantes de surface, par piétinement ou en conséquence de l'érosion. Les plantes à fleurs sont les premières concernées, mousses et graminées étant plus résistantes. L'impact de la circulation de véhicules (VTT, quads ou tracteurs) est similaire, mais d'action plus rapide. Les chemins de grande randonnée sont parmi les plus concernés.
Plantes vasculaires
Confronté aux moyennes des autres régions du monde, le nombre total d'espèces est bas ; cela est dû en partie aux glaciations du Pléistocène (qui ont éliminé la quasi-totalité des espèces indigènes) et à l'apparition de la mer du Nord (qui a créé une barrière ralentissant la recolonisation)Lusby and Wright (2001) .. L'Écosse héberge cependant nombre d'espèces.
Angiospermes Monocotylédones Répartition générale thumb|upright=1.2|Cirse commun (Cirsium vulgare), l'un des emblèmes de l'Écosse
Les landes à bruyères sont fréquentes et sont riches en bruyère callune, bruyère cendrée, bruyère des marais, piment royal et fétuque. Elles peuvent également contenir de nombreuses espèces plus petites telles que la plaquebière et diverses espèces d'alchémilleRatcliffe (1977) ..
Falaises et montagnes abritent des plantes arctiques et alpines comme les membres des genres Sagina et Minuartia, ainsi que des dryades à huit pétales et des mousses (principalement Huperzia selago)Alf "Flora" Slack, in Malcolm Slesser, The Island of Skye, Edinburgh, Scottish Mountaineering Club, 1970, ..
Dans les îles des Hébrides se trouvent des prairies de plantain, qui se développent particulièrement dans les endroits exposés à l'écume ; les plantains cohabitent alors auprès de l'armérie maritime et de la fétuque rougeFrank Fraser Darling, John Morton Boyd, Natural History in the Highlands and Islands, Londres, Bloomsbury, 1969 .
Dans les paysages de machair se développent des espèces rares, telles que les Spiranthes, le Rhinanthus minor et de nombreuses variétés d'orchis"The Natural Environment: Machair" Wildlife Hebrides, consulté le 25 avril 2008, aux côtés d'espèces plus communes telles que les ammophiles, les boutons d'or, le plantain lancéolé, le séneçon de Jacob et le lotier corniculéRatcliffe (1977) .. Le Lingusticum scoticum (décrit pour la première fois en 1684 par Robert Sibbald) et les Mertensies sont également des plantes courantes des bords de merLusby and Wright (2001) ..
Espèces endémiques et espèces rares
Cerastium nigrescens est une espèce endémique de l'archipel des Shetland. Elle a été découverte en 1837 par le botaniste Thomas Edmondston. Bien que, au , la plante fut identifiée dans deux autres sites, elle ne se développe aujourd'hui que sur deux collines de serpentine de l'île de Unst, la plus septentrionale des ShetlandScott, W. & Palmer, R. (1987) The Flowering Plants and Ferns of the Shetland Islands. Shetland Times. Lerwick.Scott, W. Harvey, P., Riddington, R. & Fisher, M. (2002) Rare Plants of Shetland. Shetland Amenity Trust. Lerwick..
La primevère d'Écosse (Primula scotica) est une endémique de la côte nord, ainsi que de Caithness et les Orcades. Elle est très proche des espèces arctiques Primula stricta et Primula scandinavica"Caithness plants: Primula scotica" caithness.org, consulté le 5 avril 2008.Orkney Islands Council: "Where to see Primula scotica" Orkney Islands Council, consulté le 5 avril 2008..
Epipactis youngiana est une orchidée rare, endémique, trouvée sur les terrils créés par l'industrie minière dans les Central Lowlands. Elle est classée parmi les espèces en dangerLusby and Wright (2001) .This British red listed species is known from only six sites in the UK - five in Scotland and one in northern England. See "Species Action Plan: Young's Helleborine (Epipactis youngiana)" UK Biodiversity Action Plan, consulté le 7 mai 2008..
Dicotylédones thumb|La haie de hêtres de Meikleour (Fagus sylvatica).
Seulement 31 espèces d'arbres et arbustes à feuilles caduques sont spécifiques à l'Écosse ; elles comprennent dix espèces de saules, quatre d'alisiers, ainsi que trois de bouleaux et de prunusSmout (2007) ..
La haie de hêtres de Meikleour, dans le district de Perth and Kinross, fut plantée à l'automne 1745 par Jean Mercer et son époux, Robert Murray Nairne. Cette haie de hêtres européens, longue de et haute de , figure dans le Livre Guinness des records comme la plus haute et la plus longue haie au monde en 2008"World's tallest hedge gets the chop!" Scottish Natural Heritage, consulté le mai 2008."Meikleour Beech Hedge" Big Tree Country.co.uk, consulté le 5 avril 2008..
Le sorbier d'Arran est une espèce spécifique à l'île d'Arran. Le sorbier d'Arran (Sorbus arranensis) et Sorbus pseudofennica figurent parmi les espèces d'arbres les plus en danger d'extinction ; en effet, seuls 236 S. pseudofennica et 283 S. arranensis ont été recensés à l'état adulte en 1980The endemic whitebeams of North Arran, Eric Bignal, The Glasgow Naturalist vol. 20 , 1980Heritage Trees of Scotland, Donald Rodger, John Stokes & James Ogilve, The Tree Council, . Ces arbres ont évolué d'une manière particulièrement complexe, impliquant l'alisier des rochers S. rupicola, existant sur l'île proche de Holy Isle mais non sur Arran, et qui s'est croisée avec le sorbier S. aucuparia afin d'engendrer les nouvelles espèces. En 2007, il a été annoncé que deux spécimens d'un troisième hybride, S. pseudomeinichii avaient été isolés sur Arran. Ce dernier arbre est issu d'un croisement entre le sorbier sauvage et S. pseudofennica"Catacol whitebeam" BBC, consulté le 26 april 2008..