Mehdi Akhavan Sales ; 1928-1990, ), surnommé Omid (« Espérance »), est un des pionniers de la poésie moderne persane.

Biographie Il est né en à Mashhad, au Khorasan, et mort le à Téhéran. Il suit une formation technique de soudeur mais, à l'insu de son père, il apprend en parallèle à jouer du târ. Il découvre la poésie au cours de ses études. Il écrit d'abord de la poésie classique, sous le nom d'Omid. Ensuite il participe à un cercle littéraire davantage tourné vers la poésie moderne. À la même époque, il adhère au parti communiste iranien, le Tudeh. En 1947, il déménage à Téhéran. Déçu par l'échec du nationalisme démocratique en 1953, il prend ses distances avec la politique.

Œuvre Il publie en 1951 son premier livre de poèmes, dédicacé à « tous les combattants de la liberté ». Il comporte 80 ghazals et 30 qasidas, des formes poétiques traditionnelles de la poésie persane.

C'est avec son deuxième recueil, Zamestan (« HIver ») qu'il connaît la célébrité en 1957. Le poème éponyme évoque le sentiment de l'absurde, qui rappelle les analyses d'Albert Camus. Il évoque aussi, par le biais du thème de la difficulté de communiquer, la situation des intellectuels dans un contexte où la liberté d'expression est réprimée. Il démontre la pertinence de la poésie nouvelle pour aborder les thèmes socio-politiques de l'Iran contemporain. Le poème, qui évoque l'atmosphère qui s'abat sur la société iranienne à la suite du coup d'État de 1953, est réactualisé par Mohammad Reza Shadjarian, qui le chante, dans le contexte de l'Iran post-révolutionnaire, dans les années qui suivent l'échec de la politique réformiste de Mohammad Khatami.

Le troisième, Akhar-e Shahname (« La fin du Shahnameh »), paru en 1959, fait référence au Livre des rois, le chef-d'œuvre de la littérature classique persane. En évoquant sa fin, le poète suggère qu'il n'y a pas de sens à vouloir faire revivre la tradition. Le titre évoque aussi la fin du récit de Ferdowsi, qui coïncide avec la fin de l'empire perse.

Az in Avestâ exprime la recherche d'une issue au désespoir, que le poète trouve dans deux figures empruntées à l'ancienne histoire de l'Iran : Zoroastre et Mazdak. Tandis que les poèmes de ses précédents livres s'achevaient par une affirmation sans équivoque, désormais il finit plus souvent par une chute ambivalente, sujette à l'interprétation.

Son style naît de la rencontre entre la poésie moderne de Nima Youchidj et les thèmes de la poésie classique persane. Représentative de la « nouvelle poésie », son écriture a cependant ses racines dans la poésie classique. Le thème de l'absurde et le ton angoissé et désespéré de ses poèmes reflètent la situation politique de l'Iran après l'échec de Mossadegh, renversé en 1953.

Dans les années qui précèdent la révolution de 1979, ses livres sont interdits. En 1979, il écrit un poème qui décrit un voyage imaginaire en Iran, où il exprime son amour pour sa patrie. Le poème devient populaire parmi les Iraniens en exil.

En 1981, alors qu'il avait travaillé pour la télévision nationale, pour l'université de Téhéran, et qu'il était rédacteur en chef pour le Franklin book program, il est mis à la retraite d'office.

Il meurt à Téhéran en . Son corps a été transporté à Tus et enterré près du mausolée de Ferdowsi.

Notes et références

Bibliographie

Mahshid Moshiri, Dictionnaire des poètes renommés persans : À partir de l'apparition du persan dari jusqu'à nos jours, Téhéran, Aryan-Tarjoman, 2007.

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