Jean-Marie Michel Mokoko est un général et homme politique congolais né le à Mossaka (Cuvette). Il exerce les fonctions de Chef d'État-major Général des Forces armées du Congo-Brazzaville et est conseiller du président Denis Sassou-Nguesso.

Candidat à l'élection présidentielle de mars 2016, il recueille  des voix et arrive sur neuf candidats. Il ne reconnaît cependant pas la réélection de Denis Sassou-Nguesso (au pouvoir depuis plus de 35 ans) et appelle à la désobéissance civile. Arrêté en , il est condamné le à 20 ans de prison pour .

Biographie Enfance et formation Jean-Marie Michel Mokoko est né le à Mossaka (Cuvette) en République du Congo. Il fréquente l'École Militaire Préparatoire Général Leclerc à Brazzaville.

Il prépare ensuite le concours d'entrée à l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, à la Corniche Bournazel du Lycée Dumont d'Urville de Toulon et intègre en 1970 l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Pendant cette période l'école est dirigée par le Général de brigade Jean Richard.

De 1970 à 1972, il est élève-officier appartenant à la promotion n 157 « Général de Gaulle » tout comme les anciens CEMA (Chef d'État-major des armées) ivoirien et sénégalais, le Général Mathias Doué et le Général Babacar Gaye, le feu Général Ilunga Shamanga, Chef d'État-major particulier du Maréchal Mobutu Sese Seko et les officiers français suivants : le Général Bernard Périco, ancien Commandant de la Brigade des sapeurs pompiers de ParisJORF n 175 du 31 juillet 2003 page 13097, texte n 67 - Décret du 21 juillet 2003 - Nomination commandant de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, le Général de Corps d'armée Jean-Loup Moreau JORF n 0149 du 27 juin 2008 - Décret du 26 juin 2008 portant affectation d'officiers généraux et le Général Elrick Irastorza ancien Chef d'État-major de l'armée de terreSite Internet du Ministère de la Défense - Mesures d'ordre individuel du mercredi 2 juillet 2008 française.

Les deux congolais de cette promotion sont: Emmanuel Eta Onka et Jean-Marie Michel Mokoko. Ils retrouvent comme ancien Sébastien Goma. Jean-Marie Michel Mokoko est aussi de la même promotion que les militaires sénégalais suivants: Colonel Mbaye Faye (ancien sous-CEM), le Colonel de Gendarmerie Alioune Badara Niang (ancien DG du Port autonome de Dakar de même que Pathé Ndiaye)Communiqué du Conseil des ministres du 18-05-2000 - Nomination du directeur général du Port autonome de Dakar Général Abdoulaye Dieng (ancien Ambassadeur du Sénégal en Guinée-Bissau) et l'Intendant Colonel Oumar Niang (ancien Attaché militaire au Maroc).

Jean-Marie Michel Mokoko poursuit ses études à l'École d'Application du génie d'Angers. Il est ensuite diplômé de l'École d'État-major de Compiègne.

Carrière militaire De 1977 à 1983, Jean Marie Michel Mokoko occupe le poste de directeur central du Génie, à une époque où le Colonel Victor Ntsikakabala est Chef d’État-major Général. Il est ensuite nommé, de 1983 à 1987, commandant de la zone autonome de Brazzaville et du 3e Régiment d’infanterie motorisée. Parallèlement, entre 1984 et 1987, il exerce également les fonctions de commandant des Forces terrestres, tout en conservant ses responsabilités précédentes, sous l’autorité du Colonel Emmanuel Elenga, alors Chef d’État-major Général. De 1987 à 1993, il accède au poste de Chef d’État-major Général des Forces armées congolaises.

Le , il est élevé au grade de général de brigade avec Louis Sylvain-Goma, Raymond Damase Ngollo, Emmanuel Ngouélondélé Mongo et Norbert Dabira.

Lors de l’avènement de la démocratie, Jean-Marie Michel Mokoko tente de dépolitiser les forces armées pour réduire l'influence des militaires dans la vie politique congolaise.

Expérience sur le plan national Jean-Marie Michel Mokoko participe à plusieurs événements politiques et sécuritaires majeurs au cours des années 1990. En 1990, il prend part à la Conférence des Chefs d’État-major de l’UDEAC à Yaoundé, Cameroun . L’année suivante, il joue un rôle central dans la sécurisation des Assises de la Conférence nationale souveraine au Congo. En 1992, il contribue à la définition des modalités d’organisation des scrutins électoraux en qualité de Président de la Commission Sécurité. La même année, à la suite de la crise politique née du refus des autorités de prendre acte de la motion de censure contre le gouvernement de Stéphane Maurice Bongho-Nouarra, il intervient comme négociateur entre l’opposition et la majorité présidentielle pour favoriser le dialogue afin de trouver une issue à la crise qui sévit et de prévenir une escalade vers une guerre civile. En effet, il réunit de force les principaux leaders des deux camps au palais des congrès, tout en faisant déployer l’armée aux abords du site. De cette concertation imposée émerge un accord prévoyant la formation du gouvernement de transition dit « 60/40 », dirigé par le Premier ministre Claude-Antoine Da-Costa ( - ), en vue d’organiser les élections législatives prévues pour mai et .

Conférence nationale souveraine

La conférence nationale souveraine du Congo-brazzaville s'est déroulée du au la dans la capitale congolaise. En 1991, Jean-Marie Michel Mokoko, alors chef d’état-major des Forces armées congolaises, joue un rôle clé dans le déroulement pacifique de la Conférence nationale souveraine (CNS) au Congo-Brazzaville. Il s’est distingué par une posture favorable à l’ouverture politique et au maintien de la stabilité nationale, dans un contexte marqué par de vives tensions sociales et politiques. Cette attitude s'illustre notamment en 1990, lorsqu'il refuse de faire usage de la force, en tirant sur la population alors que le pays connaissait une montée des revendications populaires et des mouvements de contestation. Selon un témoignage rapporté par Jeune Afrique, un opposant congolais estime que .

À partir de , dans un contexte politique tendu, des rumeurs persistantes de tentative de coup d’État circulent à Brazzaville. Le climat de suspicion s’intensifie, certains proches du Premier ministre accusant les Forces armées congolaises (FAC) de vouloir remettre en place le monopartisme, dissous environ dix mois plus tôt le . Toutefois, ces allégations sont démenties en par un rapport d’enquête parlementaire, qui conclut plutôt à l’existence d’un complot dirigé contre les FAC et leur chef d’état-major, le général Jean-Marie Michel Mokoko. Bien qu’il se trouve alors en position de force, ce dernier rejette toute idée de prise de pouvoir par la contrainte militaire, affirmant à ses proches collaborateurs que les coups d’État appartiennent au passé et qu’ils ne sauraient être tolérés dans le climat de débat politique alors en cours. Face à ces tensions, Monseigneur Ernest Kombo, président du Parlement de transition, intervient pour tenter de désamorcer les conflits et encourager le dialogue entre les différentes forces en présence.

Au cours de la CNS, Jean-Marie Michel Mokoko, jusque-là figure essentiellement connue dans les milieux militaires, accède à une reconnaissance publique plus large. Il joue alors un rôle déterminant en amenant Denis Sassou Nguesso à céder la présidence de la république.

La Conférence nationale souveraine a marqué un tournant démocratique majeur en instaurant une transition vers le multipartisme, débouchant en 1992 sur une élection présidentielle remportée par Pascal Lissouba. Ce scrutin avait opposé plusieurs figures politiques majeures, dont Bernard Kolélas et Denis Sassou Nguesso, ce dernier n'ayant pas accédé au second tour après avoir recueilli 16,87 % des suffrages.

Expérience sur le plan international De 1994 à 1996, Jean-Marie Michel Mokoko est consultant à la Commission internationale de juristes (CIJ), à Genève (Suisse), en collaboration avec l’ONG Synergie Africa, dans le domaine de la prévention et du règlement des conflits, sous l’autorité du secrétaire général de la CIJ, Adama Dieng. En 1995, il participe à la définition des termes de références de l’initiative du président Julius Nyerere sur la crise du Burundi, en association avec Synergie Africa et l’Initiative Carter, à Genève (Suisse). Il prend part à la session extraordinaire du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine sur la situation en Côte d'Ivoire, Addis-Abeba (Éthiopie), en , ainsi qu’à la 1re Conférence internationale sur la Région des Grands lacs (CIRGL), à Dar es Salam (Tanzanie), au même mois. En , il participe à la réunion des ministres du Comité des six Chefs d’État sur le Pacte de Non-agression et de Défense Commune à Accra (Ghana) Il prend également part de manière régulière aux sommets des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine ainsi qu’aux sessions du Conseil de Paix et de Sécurité de l’U.A. Il est co-président du groupe des experts du Groupe de contact mis en place par l’Union africaine à la suite des Accords de Tripoli du et de Dakar du , chargé de la planification d’une Force de paix et de sécurité à la frontière du Tchad et du Soudan. En 2011, il participe aux réunions des cinq chefs d’État sur la crise libyenne. Il prend également part à la montée en puissance de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine, de janvier au .

Fonctions occupées

De à , Jean-Marie Michel Mokoko est conseiller spécial du chef de l’État congolais, chef du département paix et sécurité collective en Afrique. En 2006-2007, il est représentant spécial du président en exercice de l’Union Africaine pour la Côte d'Ivoire et Président du groupe de médiation dans la crise ivoirienne, basé à Abidjan. Du au , il est chef de bureau de liaison de l’Union Africaine à Bamako, conseiller politique principal du haut représentant de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, chef de la mission internationale de soutien au Mali et au Sahel. Du au , il est conseiller spécial du haut représentant de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, Chef de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA), et adjoint de Pierre Buyoya, haut représentant de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine pour le Mali et le Sahel, Chef de la MISAHEL. D’août à , avant sa prise de fonction à Bangui le , il se prépare à ses nouvelles responsabilités. Du au (un mois après le transfert d’autorité de la MISCA à la MINUSCA), il est Représentant Spécial de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine et Chef de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA). Du au (date à laquelle il a été remplacé par le Professeur Hacen El Lebatt, ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères), il est Représentant spécial de la Présidente de la Commission de l'Union africaine, et Chef de la Mission de l’Union Africaine en Centrafrique et en Afrique Centrale (MISAC). Il est également Président du Groupe international de contact pour la RCA (GIC-RCA) dit «G8», parce que composé de huit (8) membres : l’Union Africaine, les Nations unies, l’Union européenne, la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), la France, les États-Unis d'Amérique, le Congo-Brazzaville et la Banque mondiale. Le GIC-RCA a été créé en 2013 à l’initiative de l’Union africaine afin d’accompagner et aider la République centrafricaine dans le rétablissement de l’ordre constitutionnel.

Politique

Exil en France et engagement