Mozart, l'opéra rock est un spectacle musical français mis en scène par Olivier Dahan et produit par Dove Attia et Albert Cohen. Il retrace de façon romancée la vie de Wolfgang Amadeus Mozart, de son adolescence tumultueuse jusqu'à sa mort en 1791, à l'âge de trente-cinq ans.
Synopsis Hieronymus von Colloredo-Mannsfeld vient de succéder au Prince-archevêque de Salzbourg. Cette nouvelle sonne le glas pour la famille Mozart, en particulier leur fils Wolfgang, compositeur de génie, esprit libre et jeune homme révolté. Le nouveau souverain est un homme austère et autoritaire, peu porté sur la musique et profondément hostile à l'impertinence fougueuse du compositeur. Pour Mozart, la vie à Salzbourg devient vite intenable.
À , il décide de quitter sa ville natale en compagnie de sa mère : il part en quête d'un avenir meilleur à travers l'Europe. Le périple du compositeur est jalonné d'échecs et de déceptions cruelles, ponctué par la désapprobation inquiète de son père et le soutien indéfectible de sa sœur.
Aucune cour ne l'engage, sa carrière est au point mort. Le génie connaît sa première déception amoureuse avec sa muse, Aloysia Weber, laquelle est incapable de le comprendre. Il affronte la perte de sa mère à Paris, ville qui le rejette et l'humilie.
Mozart réintègre sa vie austère et terne à Salzbourg lorsqu'il apprend le décès de l'Impératrice d'Autriche. Le compositeur doit accompagner son employeur Colloredo pour rendre hommage au nouvel Empereur, Joseph II du Saint-Empire romain germanique. À Vienne, capitale européenne de la musique, le destin du compositeur se scelle.
Mozart va connaître l'amour en la personne de Constance Weber, la gloire avec L'enlèvement au sérail et la rivalité via la relation ambiguë qui le lie à Antonio Salieri… À son ascension fulgurante succéderont la chute et la misère. Il va mourir dans le plus grand dénuement en laissant sa plus belle œuvre, le Requiem, inachevée.
Argument détaillé Acte I Le spectacle s'ouvre sur le solo d'un violoniste. Son morceau achevé, le musicien narre les débuts remarqués du jeune Mozart et annonce l’ascension de Hieronymus von Colloredo-Mannsfeld.
Contrairement à son prédécesseur, Colloredo est un homme austère et conservateur. Il décourage les arts et réprouve tout comportement indocile. Ce changement n'augure rien de bon pour la famille Mozart, laquelle œuvre à son service.
Lorsque Leopold Mozart demande à partir en tournée avec son fils de dix-sept ans, le compositeur prodige Wolfgang, il fait face à un rejet absolu : Colloredo refuse et suggère aux Mozart de démissionner s'ils ne sont pas satisfaits de leur poste. Leopold et sa fille aînée Nannerl déplorent l'état moribond où végète Salzbourg et la soumission imposée par Colloredo (Penser l'impossible). Galamment accompagné, volage et excentrique, Wolfgang fait une entrée fracassante sur scène. Le jeune homme apprend la mauvaise nouvelle : le nouveau Prince-archevêque ne consent pas à le laisser quitter la ville et son service.
Wolfgang encourage son père à partir malgré tout. Leopold lui rappelle qu'il ne peut quitter ainsi la ville : il est obligé de rester car il doit assurer la sécurité financière de la famille. Son fils refuse de laisser Colloredo l'emporter. Il est prêt à quitter Salzbourg, seul s'il le faut. Sa mère, Anna Maria, se propose de l'accompagner. À contrecœur, Leopold consent à laisser partir sa femme et leur garçon. Il pose toutefois une condition : le jeune compositeur devra vite trouver une situation car . Anna Maria et Wolfgang partent pour Mannheim. Les Mozart ignorent que Colloredo a déjà envoyé une missive au prince, s'assurant que Wolfgang ne trouvera pas d'emploi auprès de lui. vignette|Mozart débarque à Mannheim.|246x246px Mère et fils se retrouvent dans une auberge animée de Mannheim (La chanson de l'aubergiste), où Mozart et ses musiciens fêtent en grande pompe leur premier concert. Emporté par la fougue, Mozart raconte son rêve : écrire un grand opéra en allemand. Certains clients de la taverne l'interpellent : ils lui signalent que tous les opéras sont rédigés en italien et le rabaissent ouvertement. Wolfgang riposte aussitôt. Avec aplomb, il rejette leurs médisances et retourne leurs mesquineries contre les clients (Le Trublion). Une bagarre éclate.
Anna Maria et Wolfgang prennent la fuite à l'arrivée de la police. À la suite de cette mésaventure, ils font la rencontre de Fridolin Weber. Le copiste, bien conscient du prestige musical du jeune homme, leur propose de retranscrire gratuitement toutes ses compositions et de l'aider à les diffuser. Il négocie toutefois une petite faveur : rendre visite à sa famille. Wolfgang accepte le marché, malgré la réticence de sa mère. Toutefois, Fridolin et son épouse Cecilia Weber n'agissent pas ainsi par charité ou amour des Arts ; ils comptent se servir de Mozart pour œuvrer à la popularité de leur fille, Aloysia. La belle soprano doit prochainement être présentée à la princesse d'Orange. Avec l'aide de Wolfgang et le génie de ses créations, Aloysia pourrait enfin atteindre la célébrité. gauche|vignette|La première apparition d'Aloysia.|214x214pxLe jeune homme est présenté aux filles Weber : la benjamine Sophie, l'aînée Josepha et la cadette Constance. D'emblée, Constance se démarque de ses sœurs par sa nature romantique et semble indifférente aux manigances de ses parents, se focalisant sur le piano plutôt que leurs convives. Son attitude déplaît fortement à Cecilia, bien consciente du caractère rêveur de sa cadette.
Toutefois, l'apparition sensationnelle d'Aloysia (Bim Bam Boum) éclipse d'emblée le reste de la fratrie. Elle fascine le compositeur par sa beauté et le séduit par la pureté de sa voix. Wolfgang tombe aussitôt amoureux de la chanteuse et renonce à ses autres commandes pour l'aider à préparer son entrevue avec la princesse.
Pour son malheur, Constance est déjà secrètement éprise du compositeur (Ah ! Vous dirais-je maman).
Anna Maria voit son fils négliger sa propre carrière au profit de celle d'Aloysia. Elle écrit à son mari dans l'espoir qu'il fasse entendre raison à Wolfgang. Quand ce dernier la rejoint, elle essaie de l'alerter sur la situation, lui rappelant qu'il a abandonné ses commandes et rejeté toute possibilité d'emploi stable. Mais Wolfgang voit en Aloysia son avenir et sa muse. Il balaie toutes les inquiétudes de sa mère.
Lors de la réception, Wolfgang et Aloysia déploient leurs talents musicaux respectifs. Le couple Weber tente de pousser la princesse d'Orange à s'intéresser à leur fille. Mais cette dernière est plus attirée par Wolfgang, avec qui elle discute passionnément.
À cette même réception, une dispute éclate entre Aloysia et Constance. Cette dernière accuse son aînée d'utiliser Wolfgang et de ne pas être honnête envers lui. Aloysia comprend que Constance est amoureuse et qu'elle jalouse la relation qui la lie au compositeur (Six pieds sous terre). Cette brouille infantile se finit sans esclandre. Ignorant toujours les sentiments de Constance, Wolfgang interrompt les sœurs : il annonce à Aloysia qu'elle sera bel et bien employée de la princesse d'Orange et semble prêt à lui consacrer sa vie.
Sur cette déclaration enflammée, Anna Maria fait irruption avec une lettre de Leopold (J'accuse mon père). Ce message trouble Wolfgang qui voit toutes ses angoisses et ses incertitudes se matérialiser sous l'apparence d'un clown moqueur. Par cette missive, il ordonne à Wolfgang de se rendre à Paris pour trouver du travail et de ne retourner auprès d'Aloysia qu'une fois sa carrière bien établie.
Wolfgang finit par capituler et fait ses adieux à Aloysia, lui promettant qu'il sera revenu dans quelques mois. Elle l'enlace et le supplie de rester, ce qu'il refuse tout en lui avouant son amour. Il la laisse en lui demandant de ne pas l'oublier. Mais la diva, dévastée par son départ qu'elle perçoit comme un abandon, lui hurle qu'elle le déteste. Déjà parti, Wolfgang ne l'entend pas. vignette|220x220px|À Paris, Mozart est mal reçu. Arrivé à Paris, Wolfgang tente de promouvoir sa musique et de trouver un emploi (Tatoue-moi). À son grand désarroi, il constate que la capitale française lui est hostile : personne ne semble intéressé par sa musique et il cultive les revers.
Durant leur séjour à Paris, sa mère tombe gravement malade. Ruiné, il n'est pas en mesure de payer un médecin. Elle meurt dans les bras de Wolfgang, impuissant face à la maladie (La Procession). Cette perte le laisse plus démuni et perdu que jamais. Dans un état délirant, il s'imagine une parade à la fois grandiose et grotesque (La Mascarade).
Wolfgang, rentré à Mannheim, retrouve Aloysia. Cette dernière semble troublée par leurs retrouvailles mais, portée par sa haine, elle se moque de ses vêtements de deuil et ne semble pas affectée par la mort d'Anna Maria. Resté profondément amoureux de la diva, il lui dit qu'il lui a composé de nouveaux airs. Toujours rongée par la rancune, Aloysia lui rétorque qu'elle travaille maintenant à l'opéra et qu'elle . Lorsque Wolfgang lui avoue qu'il espère encore l'épouser, elle paraît déstabilisée et montre enfin les sentiments qu'elle lui portait jadis. Un homme apparaît derrière eux. La mort dans l'âme, elle lui apprend qu'elle est fiancée à l'acteur Joseph Lange. Elle rejette la faute de leur fiasco amoureux sur Leopold et l'abandonne.
Réalisant à quel point il est seul et que toutes les portes se sont fermées devant lui, Wolfgang se promet . Il déclare : (Je dors sur des roses).
Acte II Contraint et forcé, Wolfgang est revenu à Salzbourg. Il officie à nouveau au service de Colloredo. Il s'apprête à partir pour Vienne avec l'archevêque pour rendre hommage à l'Empereur Joseph II lors de son sacre. Lors d'une discussion avec son père, il apprend à ce dernier qu'il envisage de refaire sa vie à Vienne. Mais les relations entre le père et le fils sont plus que tendues. Leopold ordonne à Wolfgang de se plier aux demandes de l'archevêque et de retourner à Salzbourg après son voyage. Amer, il lui rappelle que sa négligence a entraîné la mort d'Anna Maria. Lassé par la culpabilité et l'insatisfaction de son père, Wolfgang ne l'entend pas ainsi : .
Après avoir quitté Leopold, le compositeur est confronté à Colloredo. Ce dernier lui réitère les injonctions déjà énoncées par Leopold. Lorsque Wolfgang tente de le raisonner, Colloredo reste sourd à ses demandes et le congédie en l'envoyant aux cuisines avec les autres domestiques. Ces derniers se moquent de lui et de son statut d'artiste. Les doutes de Mozart prennent à nouveau l'apparence du clown grimaçant, métaphore de son mal-être et de son manque d'amour-propre (Comédie-tragédie). Le harcèlement monte crescendo. Seule Nannerl lui témoigne son amour et son soutien.
Poussé à bout, Wolfgang informe Colloredo de sa démission. Désormais, il est libre. Il reprend confiance et montre une fois encore son caractère insoumis. Il procède à la diffusion de sa musique dans tout Vienne, où l’accueil est positif, et commence enfin à bâtir sa réputation (Place je passe).