vignette|Le Baptême de saint Augustin par Amico Aspertini, v. 1508. L'initiation chrétienne comprend trois sacrements : baptême, confirmation et Eucharistie.

Présentation Sur le plan anthropologique, l'initiation chrétienne fait partie des rites d'initiation connus dans toutes les cultures et religions. L'expression « initiation chrétienne » doit sa diffusion en particulier à Louis Duchesne, qui, en 1889, consacre un chapitre à l'initiation chrétienne dans un ouvrage pionnier dans ce domaine : Origines du culte chrétien. Étude sur la liturgie avant Charlemagne. Au le thème de l'initiation connaît un intérêt croissant dans le champ des études anthropologiques, historiques, théologiques, liturgiques et pastorales.

Selon le Catéchisme de l'Église catholique, « par les sacrements de l’initiation chrétienne, le baptême, la confirmation et l’Eucharistie, sont posés les fondements de toute vie chrétienne » CEC §1212.

Ces trois sacrements sont donnés en même temps dans les traditions liturgiques orientales, qui n'ont pas connu la séparation du baptême et de la confirmationSur ce point, voir : De Clerck Paul, « La dissociation du baptême et de la confirmation au haut Moyen Âge », La Maison-Dieu n° 168, 1986, p. 47-75.. Comme toute véritable initiation, cependant, elle ne se limite pas à cet aspect rituel extérieur, mais consiste en un véritable rite de passage, une expérience effective de transformation de l'identité.

Les « sacrements » sont des « mystères » au sens chrétienAmbroise de Milan, Des Sacrements. Des Mystères, introduction, texte critique, traduction et notes de B. Motte, Sources chrétiennes n° 25 bis, Cerf, Paris, 1994, 3,14-15 p. 100-101, le terme grec ayant été traduit par celui de « sacrement » en Occident. Dans le paléochristianisme, la « » est un aspect de l'initiation chrétienne, même si elle était due en partie au climat de persécution dans lequel se faisait l'initiation.

Révélation et initiation Pour toute la tradition chrétienne, le grand initiateur« Nous courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les regards fixés sur celui qui est l’initiateur de la foi et qui la mène à son accomplissement, Jésus » (He 12,1-2). est le Christ lui-même« Lorsque Pierre baptise, c’est le Christ qui baptise ; lorsque Paul baptise, c’est le Christ qui baptise », [et même] « lorsque Judas baptise, c’est le Christ qui baptise ». Augustin d’Hippone, Homélies l’Évangile de Jean, homélie VI, §7, DDB, coll. « Bibliothèque augustinienne » n° 71, p. 357. (cf. Concile Vatican II, Constitution sur la Sainte Liturgie, qui cite ce texte). Dans la nuit de Pâques, chez les Pères de l’Église, c’est la réception des sacrements, comme telle, qui constitue l’initiation et fait des nouveaux initiés des fidèles du ChristPour les Pères, « le moment où l’on passe de l’état de non-initié à celui d’initié se trouve dans la célébration - d’ordinaire la veillée pascale - où l’on reçoit le baptême, le don de l’Esprit, et où l’on accède pour la première fois à la table du Seigneur » . Pierre-Marie Gy, « La notion chrétienne d'initiation. — Jalons pour une enquête », La Maison-Dieu n° 132, 1977, p. 53, repris dans La Liturgie dans l'Histoire, Préface de Jacques le Goff, coll. Liturgie, Saint Paul / Cerf, Paris, 1990, 329 pages, ch. I, p. 38.. En même temps, la tradition de l’Église appelle Christiani (chrétiens) ceux qui n’ont pas encore reçu le baptême, mais qui ont été marqués de la croix du Christ sur le frontLouis-Marie Chauvet, « Étapes vers le baptême ou étapes du baptême ? », La Maison-Dieu n° 185, 1991, p. 35-46. « En reprenant les termes de Saint Augustin, on peut donc dire d’eux que s’ils ne sont pas encore fidèles, puisqu’ils n’ont pas reçu le « sacrement de la foi» qu’est le baptême, ils n’en sont pas moins déjà christianisés, puisque marqués du signe de la croix, c’est-à-dire membres de l’Église : iam de domo sunt Christi (OICA, 18) » (p. 39).

L’initiation chrétienne n'est

Textes patristiques L'Initiation chrétienne, textes recueillis et présentés par A. Hamman, introduction par Jean Daniélou, Nouvelle édition, Ichtus / Les Pères dans la foi, Desclée de Brouwer, Paris, 1980, 298 pages. Le Catéchuménat des premiers chrétiens : Augustin, Catéchèse des débutants. Cyrille de Jérusalem, Grégoire de Nysse, Jean Chrysostome, Théodore de Mopsueste, Augustin, Instructions baptismales, traduction par Muriel Debie, Monique Peden-Godefroi, Christian Bouchet, Jean Bouvet, Adalbert-G. Hamman Les Pères dans la foi, Migne, Brepols, Paris, 1994, 191 pages. Clément d'Alexandrie, Protr. 12, 118-120; Paed. I, 5, 26 Origène, In Jud. hom. 5, 6; C. Cels. III 50 Tertullien, Apol. 7, 7

Notes et références

Bibliographie Louis Bouyer, Initiation chrétienne, Collection Bibliothèque du Cerf, 222 p., P. M. Gy, « La notion chrétienne d'initiation », La Maison-Dieu, 132 (1977), 39-44

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