Orazi (ORAZI) né le et mort le est un peintre français., rattaché à la nouvelle École de Paris.
Dans sa carrière artistique, il écrivait son nom en lettres capitales : « ORAZI »Le prouvent les documents conservés dans les archives de l'artiste, ainsi que, par exemple, les cartons de vernissage et les invitations a ses expositions individuelles, telles que : ORAZI. Peintures sur le Mexique, 1954, Galerie Vendôme, Paris ; ORAZI. Peintures Récentes, 1961, Galerie 7, Paris ; ORAZI. Peintures en Relief, 1966, Galerie du Passeur, Paris..
Son œuvre va du figuratif à l'art abstrait et à la peinture « en relief », pour revenir au figuratif dans sa toute dernière période (les Paysages de l'Imaginaire).
Très lié à Édouard Pignon dès 1946, il restera son ami pendant toute sa vie.
Membre historique du Salon de mai à Paris, depuis sa fondation, il est souvent cité dans la revue Les Lettres françaises à partir de 1949.
En 1952, il est nommé sociétaire de la section peinture de la Société du Salon d'automne.
Deux de ces œuvres sont conservées dans le Fonds national d'art contemporain (La Course aux taureaux, 1950, Inv. , achat à l'artiste en 1954. et Paysage du Mexique, 1957, Inv. , achat à l'artiste en 1957.).
Ses expositions en France, en Europe, au Mexique et au Japon font l'objet de catalogues et d'articles de 1934 à 1980, et plus tard en 2016-2018. Il aura aussi des expositions posthumes en 1980, 2003 et 2005-2006.
Le photographe américain Peter Beard a reproduit dans le calendrier Pirelli de 2009, quatre tableaux d'ORAZI . de la période Peinture en Relief.Visibles sur la page d'accueil du site qui lui est consacré..
ORAZI s'est choisi ce nom de peintre, qui vient de l’Antiquité romaine, représenté par des artistes originaires de Bologne et du centre de l’Italie, actifs en France. Parmi ces peintres, on trouve notamment les Horatio et les OrazioDictionnaire Bénézit, tome 8, 1976, ..
Biographie
Les premières années
Après des études classiques et littéraires, pétri d'esthétique ancienne, d’histoire, de philosophie et de musique , il pratique la peinture dès le lycée.
L’art, la peinture seront sa vocation, sa passion, son unique profession de foi, comme d’ailleurs le soulignera le critique d’art et écrivain Hélène Parmelin dans sa présentation écrite pour l’exposition posthume de 1980 à Paris, dans la galerie 222 : .
ORAZI se déplace toujours, à la recherche de nouvelles expériences artistiques.
Il est à Paris, mais il est aussi à Venise vers la fin des années 1920, dans un contexte international marqué par des artistes comme Filippo De Pisis et Leonardo Dudreville. Ce dernier l'avait apprécié comme artiste dès sa toute première jeunesse et le considérait son élève. Il fait un portrait d'ORAZI, daté de 1927, qui est conservé par sa famille.
ORAZI participe à la Biennale de Venise de 1934 et de 1936 avec trois toiles (Paulette, Wally et Jeune Femme habillée en bleu). Dudreville écrira la présentation pour son exposition individuelle, toujours en 1934, à la Galleria Pesaro, qui avait grande réputation à l'époque..
À Rome, en 1935, à la deuxième manifestation de la Quadriennale d’Arte Nazionale, il présente deux toiles : Jasmine et Jeune femme qui repose avec son chat.Cette peinture fut achetée par le Gouvernement et est conervée au musée d'Art moderne et contemporain d'Udine..
À Paris, il installe son premier atelier individuel au 165, boulevard du Montparnasse dès 1934Galerie de Paris (17, avenue Victor-Emmanuel III), Lettre de Paul de Montaignac à Orazi (165, bd. du Montparnasse), Paris - 11 juillet 1934 (Archives de l'artiste).. Son Atelier définitif sera sur l'Avenue du Maine. Il participe à la vie intellectuelle intense, qui fait de ce quartier, depuis les années 1920, le point de rencontre des nouvelles idées artistiques.
En 1937, il expose à la galerie de Paris. En 1937 et 1938, il est parmi les artistes qui exposent au premier et deuxième Salon des jeunes artistes, qui se tiennent dans la même galerie, rue du Faubourg Saint-Honoré.
La peinture d'ORAZI précédant la Seconde Guerre mondiale, natures mortes, paysages, portraits, était expressive de couleur et de composition. Cependant, une série d’œuvres de la période de 1934 à 1946 environ, faisait clairement apparaître les éléments distinctifs de son style, caractérisé par son lien non seulement avec l'avant-garde historique, mais aussi avec les grands noms de l'art postimpressionniste françaisAnne Bony, Les Années 40, Paris, Éditions du Regard, 1985, .Francesco Negri Arnoldi, « Note sur l'Artiste », sur painter-in-paris.com..
La maturité. Peinture du mouvement
Au lendemain de la guerre, ORAZI est un des artistes du nouveau Salon de mai, association fondée dans la clandestinité à Paris en 1943 pour s’opposer à l’idéologie du nazisme et déclarée en . Dans l’enthousiasme d'une liberté retrouvée, le Salon de mai marquait la montée d'une génération d'artistes, mûrie dans l'ombre de l'occupation allemande, dont le large public ignorait l'existence, et qui maintenant surgissait avec vigueur. Le nouveau salon, répondant à cette nécessité, s’imposa rapidement et devint l'une des plus importantes manifestations artistiques françaises, attendue chaque année avec une vive curiositéTous Les Arts. Hebdomadaire d'information artistique (le journal spécialisé en l’art, dirigé par Louis Aragon et dont le rédacteur en chef était André Cornu, inséré dans la revue Les Lettres Françaises) Le Salon de Mai [ de mai], mai-juin 1952, ..
C'est dans ce milieu culturel qu'ORAZI se lia avec le peintre, lithographe et designer Édouard Pignon d'une amitié profonde, destinée à se maintenir toute la vie.
Le premier Salon de mai, sous la présidence de Gaston Diehl, eut lieu à Paris en 1945Le vernissage de l'exposition se déroula le .. Initialement organisé à la galerie Pierre Maurs, avenue Matignon, puis à la galerie Arts, rue du Faubourg Saint-Honoré, dès la fin des années 1940 le Salon de mai se déplaçait des salles du palais de New-York pour passer en 1953 dans celles du musée d'Art moderne de Paris, où il se déroulera durant presque deux décennies. ORAZI y expose régulièrement à partir de 1947 de mai, Galerie des Arts, 104, rue du Faubourg-Saint Honoré, - (Catalogue Composition). jusqu’à sa mort de mai, chapiteau de la Ville de Paris, parvis de la Tour Montparnasse, mai-juin 1979 (Catalogue Portrait d'Hélène [Parmelin], exposé à titre posthume).. Il en est un de ses exposants historiques. Ceci est souligné dans la note de présentation du catalogue du Salon de mai de 1979, intitulée La volonté de continuer, signée par le président-fondateur Gaston Diehl: Gaston Diehl, « La volonté de continuer », in: de Mai, Catalogue, Paris, 1979, ..
À partir de la fin des années 1940, le parcours artistique d'ORAZI connaît un développement autonome et original. Son nouveau style, avec ses effets dynamiques et plastiques, soulignés par la force de la couleur, sera dénommé « Peinture du Mouvement » par le critique Jean-Pierre PietriIl signait ses articles sous son seul prénom Jean-Pierre.Jean-Pierre (Pietri), « ORAZI et la Peinture du Mouvement », Les Lettres Françaises, Année 14, , Paris, -, . L’article décrivait l'exposition individuelle d'Orazi à la galerie Marcel Bernheim dont le vernissage avait eu lieu le ; les peintures mentionnées étaient L’Homme à l’Haltère, L’Écuyère, Corrida, La Famille du clown et Danseuse..
La « Peinture du Mouvement », de 1947Dans la période de la Peinture du Mouvement, l’œuvre La Déposition du Christ de 1947 est à considérer comme la plus ancienne : elle sera présentée en 1954 à l'exposition personnelle d'Orazi à la galerie Bernheim à Paris. La brochure d'invitation l'indique parmi les de l'artiste. à 1954 environ, suscita un remarquable intérêt dans la presse de l'époque. La revue parisienne Les Lettres françaisesLes Lettres françaises, alors dans leur neuvième année d’édition et dirigées par Claude Morgan, jouissaient d’une remarquable réputation : journal de la résistance, il avait été fondé dans la clandestinité à Paris en 1942 par Jacques Decour, fusillé par le Allemands le , et dont la mémoire restait intense dans la vie intellectuelle parisienne. Le premier numéro du journal parut le (après la mort de Jacques Decour, fusillé le ). La première série parut en forme hebdomadaire, de 1944 à 1972., par la plume de Jean-Pierre (Pietri) qui vient de visiter l’atelier d’ORAZI, dans son article « L’œuvre d’ORAZI exprime la vie », commente deux de ses vastes compositions : La Corrida (à cheval), qui a été exposée au Salon de mai de 1949 et Bagarre à la sortie de l'usine, qui sera présentée au prochain Salon d'automne. Des passages de l’article de Jean-Pierre (Pietri) sont significatifs : .
Dans d'autres compositions, comme Affrontement entre les manifestants de 1949-1950 ou comme L’Enfant blessé , ORAZI représenta les grandes questions sociales de l'époque en Europe. Dans une autre composition, L'Exode (1950) présentée au Salon d'automne de 1952, il représenta un long convoi de réfugiés fuyant l'invasion nazie : de vastes dimensions (), elle avait été dédiée au critique Jean Pierre Pietri. L'Exode rencontra la faveur de la critique et de la presseJean Marcenac, « La critique du Salon d'Automne. Salle 36 - Première des trois salles du Nouveau Réalisme », Les lettres Françaises, Paris, -. Georges Besson, « Le Salon d'Automne », Ce Soir, , .« Triomphe du Réalisme au Salon d'Automne », Le Patriote du Sud-Ouest, , ..
Un petit groupe de peintures d'Orazi est inspirée du film Rome, ville ouverte (1945), chef-d'œuvre du néoréalisme du metteur en scène Roberto Rossellini, qui avait eu un succès extraordinaire en France. En 1950, il est à nouveau remarqué au Salon de mai, où il expose sa vaste composition () éponyme, Rome ville ouverte, qui évoque une des scènes les plus dramatiques de ce film : l’affrontement de la population romaine et des nazis au cours des journées de la libération. Les Lettres Françaises reproduit en grande dimension cette toile. L’intensité plastique de cette œuvre retient encore une fois le critique Jean-Pierre Pietri, qui définit ORAZI comme Jean-Pierre [Pietri], « Salon de Mai », Les Lettres françaises, Année 10, , , (Orazi- Rome ville ouverte).
La « Peinture du Mouvement » s’enrichit de scènes sportives, telles que la peinture, aux couleurs très vives, Les Footballeurs de 1950, et surtout de scènes de la vie du cirque et de ses personnages . Ces dernières constituent une série bien définie de toiles, très appréciées par la critique de l’époque et exposées au Salon de mai de 1951 et de 1952, à la Deuxième Biennale de Menton et au Salon d'automne de 1953, à la galerie Marcel Bernheim à Paris en 1954Jean-Pierre [Pietri], « Le Salon de Mai », Tous Les Arts. Hebdomadaire d'information artistique, mai-. Peinture reproduite : L'Écuyère.Jean-Pierre [Pietri], « ORAZI et la Peinture du Mouvement », Les Lettres françaises, Année 14, , -, . Citation de L'Écuyère, La Famille du clown, L'Homme à l'haltère, La Corrida, Danseuse.Jean Rollin, « Les chefs-d’œuvre du de Mai », La Marseillaise, . Citation de Personnages de cirque autour d’une écuyère.G. H. Sibert, « 430 toiles d’un peu partout s’exposent au soleil de Menton », Arts, , -, . Peinture reproduite : Clown.« Les expositions qu’il faut voir », Arts, 5-, .« Les Expositions – ORAZI », Journal de l'amateur d'art, ..
La Course de taureaux de 1950, une composition qui représentait la course camarguaise, fut acquise par le Fonds national d'art contemporainPuteaux, Fonds national d'art contemporain, La Course de taureaux, 1950, , Inv. , acquis auprès de l'artiste en 1954..