Alpha Piscium (α Psc / α Piscium), également nommée Alrescha, est une étoile triple de la constellation des Poissons. Malgré sa désignation de Bayer « α », ce n'est que la la plus brillante de la constellation, avec une magnitude apparente combinée de 3,82. Le système est situé à environ de la Terre.
Nomenclature α Piscium, romanisé , est la désignation de Bayer du système. Il porte également la désignation de Flamsteed de .
Alrescha et le nom propre aujourd’hui approuvé pour par l’Union astronomique internationale (UAI). C’est l’arabe , « le Cordon », qui est un nom de la XXVIII des manāzil al-qamar ou « stations lunaires », à côté de , « le Poisson », chez certains auteurs arabes comme al-Farghānī (IX s.), et que transcrit Thomas Hyde (1665) AlRishâ dans sa traduction du ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437). On pourrait penser que ce nom traduit le grec , le « lien » dont parle Aratos, s'il ne remontait pas plus haut dans le temps en Mésopotamie, dont il semble provenir directement, c’est-à-dire sans passer par les Grecs. Le nom arabe de cette étoile est en effet l’héritier du Rikis Nūni, « le Cordon du Poisson », qui liait à Babylone KUN.meš = zibbāti, soit « les Deux Queues », celle d'une hirondelle de mer et celle d'un poisson (voir l'image de cette figure mésopotamienne sur la page consacrée à la constellation des Poissons). C’est Johann Elert Bode (1801) introduit ce nom sous la forme er-rischa Johann Elert Bode, Uranographia, sive astrorum descriptio viginti tabulis aeneis incisa ex recentissimis et absolutissimis astronomorum observationibus, Berlin : apud autorem, 1801, pl. XI., qui reprend exactement la transcription du philologue Friedrich Wilhelm Lach (1796).
Relevé sous les formes Al Resha et Al Rischa par Richard Allen (1899) qui donne pour la XXIII des manāzil al-qamar ou « stations lunaires », la transcription Al Sa‘d al Bula‘ Richard Hinkley Allen, Star-names and their meaning, New York & al., G. E. Stechert, 1899, réed. st. Star Names, Their Lore an Meaning, New-York: Dover Publications, 1963, p. 342., le nom circule sous des graphies proches de ces deux formes dans le catalogues ultérieurs.
Alpha Piscium porte également d'autres noms :
Okda. C’est le premier terme de l’expression arabe , « sur le nœud des deux fils » qui lient les deux Poissons, et utilisée dans la description de la figure dans le cadre du ciel gréco-arabe, notamment dans le traité al-Tīzīnī (1533)Muḥammad al-Tīzīnī l-Muwaqqit, « Ğadwal al-kawākib al-ṯābita ou Table des étoiles fixes », traduction dans Roland Laffitte, Des noms arabes pour les étoiles. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, p. 180.. Thomas Hyde (1665) transcrit ce premier terme par ᶜuqda [i.e. Nodus] dans sa traduction des « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437) Thomas Hyde, op. cit., p. 14 et 76. Puis Giuseppe Piazzi s’en saisit pour donner un nom à Giuseppe Piazzi, Præcipuarum stellarum inerrantium positiones mediæ ineunte sæculo XIX : ex observationibus habitis in specola Panormitana ab anno 1792 ad annum 1813, éd. Panermi : ex regia typ. militari, 1814, p. 13., immédiatement repris par le géographe et marin au long cours Philippe-Jacques Coulier., puis signalé par Richard Allen (1899) Richard Hinkley Allen, Star-names…, op. cit. , p. 52., ce qui l’aide à circuler dans les catalogues ultérieurs.
Kaitain. C’est le second terme de l’expression arabe , « sur le nœud des deux fils » qui lient les deux Poissons grecs utilisé dans la description de la figure dans le cadre du ciel gréco-arabe, notamment dans le traité d'al-Tīzīnī (1533)Muḥammad al-Tīzīnī l-Muwaqqit, op. cit. , p. 180.. C’est Christian Ludwig Ideler (1806) qui transcrit l’expresion Okad el-chatain Ludwig Ideler, Historische Untersuchungen über die astronomischen Beobachtungen der Alten, Berlin : C. Quien, 1806, p. 205., ce dont Richard Antony Proctor (1870) fait le nom KaitainRichard Anthony Proctor, Nouvel atlas céleste comprenant quatorze cartes, Paris : Gauthier-Villars, 1886, p. 32. qui, repris par Richard Allen (1899), est transmis dans les catalogues.
Propriétés Alpha Piscium est une système triple d'étoiles organisé de manière hiérarchique. La paire extérieure est une binaire visuelle dont les deux étoiles, désignées et B, sont séparées de 1,85″ en 2026. Il s'agit de l'une des binaires pour lesquelles les observations remontent le plus loin, la première datant de 1779. Cela permet de déterminer que l'orbite du système a une période d'environ , une excentricité de 0,47 et un demi-grand axe de 7,5″. est elle-même une binaire nettement plus serrée avec une période de .
Alpha Piscium A vignette|gauche|Courbe de lumière d'Alpha Piscium, obtenue à partir des données du satellite TESS. La composante la plus brillante, , est une étoile chimiquement particulière de type Ap sur la séquence principale, de magnitude 4,33, et de type spectral . Cette notation complexe indique que son spectre présente une raie K du calcium typique d'une étoile de type A0, que les raies de l'hydrogène de la série de Balmer sont celles d'une étoile de type A7 et qu'il montre également une surabondance notable en strontium (Sr). L'étoile est 2,5 fois plus massive que le Soleil et son rayon est environ 2,3 fois plus grand que le rayon solaire. Elle est 54 fois plus lumineuse que le Soleil et sa température de surface est de .
Alpha Piscium est une variable de type α Canum Venaticorum avec une période de , un type d'étoile variable dont les changements de luminosité sont dus à sa rotation. L'amplitude de la variation n'est que d'environ 1/100 de magnitude (), et elle a été identifiée à partir de la photométrie du satellite Hipparcos. est vraisemblablement la source des variations. On pensait que la période de était égale à la période de rotation de l'étoile, mais il s'avère que c'est la première harmonique, égale à la moitié de la période de rotation stellaire réelle qui est de . Le sous-système de ne semble quant à lui montrer aucune variabilité.
Alpha Piscium B Alpha Piscium B est une binaire spectroscopique à raies doubles qui a également été résolue par l'interféromètre CHARA. Bien que la masse combinée de ses deux étoiles est supérieure à celle de , leur magnitude apparente combinée n'est que de 5,23. La période orbitale du sous-système est de , son excentricité est de 0,600 et il a un demi-grand axe de . Ses deux étoiles, désignées et Bb, sont deux étoiles de type F sur la séquence principale semblables, et qui sont 1,67 et 1,65 fois plus massives que le Soleil, respectivement. La paire se présente comme une étoile Am dont le type spectral combiné est . La notation indique que la raie K du calcium est celle d'une étoile de type A2, que les raies de l'hydrogène de la série de Balmer sont celles d'une étoile de type F2, et que les raies métalliques sont celles d'une étoile de type F2.
Compagnon écarté Alpha Piscium possède un compagnon supplémentaire, très écarté du reste du système. Il s'agit de l'étoile de huitième magnitude , une naine jaune de type spectral G1/2. Également connue comme , elle était située à une séparation angulaire de 404,9″ et à un angle de position de 63° de , le tout en 2006. partage un mouvement propre commun et est située à la même distance de la Terre que le reste du système.
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Constellation des Poissons Catégorie:Système triple Catégorie:Binaire spectroscopique Catégorie:Étoile de type spectral AV Catégorie:Étoile Am Catégorie:Étoile Ap Catégorie:Étoile variable de type Alpha2 Canum Venaticorum Piscium, Alpha Piscium, 113 Catégorie:Objet du Bonner Durchmusterung 012446/7 009487 0595/6