Ferdinand Célestin Caudieux dit Albert CaudieuxLiquidations judiciaires. Archives commerciales de la France, 28 décembre 1901, p. 224, . En dehors de cette annonce commerciale, les sources historiques, comme les programmes, les partitions et les étiquettes des quelques phonogrammes conservés par la BNF, mentionnent uniquement le patronyme. Dans ses Mémoires, Paulus précise cependant : « Albert, pour les dames » (Pradels, 1908, p. 319)., né dans l'ancien 8e arrondissement de Paris le Acte de naissance reconstitué (vue 20/51). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil reconstitué de l'ancien arrondissement, dossier des naissances de 1850. et mort à Marseille le Et non en 1913, comme l'affirme Alain Fauconnier. Le café-concert 1870-1914. Société des Amis et des Arts de Tournus, tome 106 de 2007, p. 186, . est un chanteur et acteur français de la Belle Époque.
Biographie Fils d'un doreur sur métauxSt-Pierre-Popincourt. Annuaire général du commerce, 1854, p. 1294, . Pierre-Philippe-Toussaint Caudieux (1814-1886) était originaire de Gournay-sur-Aronde., Caudieux, selon Paulus « joyeux artiste […], un bon gros garçon, ancien zouaveCaudieux avait effectivement appartenu au 2e régiment de zouaves pendant la guerre de 1870-1871.Fiche matricule de recrutement. Classe 1870 (vue 22/51). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil de l'ancien arrondissement, dossier des naissances de 1850. », aurait été prisonnier de guerre en 1870-1871. Interné à Polzin en Poméranie, il aurait « charmé ses ennuis, et ceux de ses compagnons d'armes malheureux, en chantant des chansons »Pradels, 1908, idem..
Après la fin de la guerre, il est probable qu'il soit revenu travailler comme ciseleur dans l'atelier de son père puisque son nom n'apparaît pour la première fois dans les programmes des cafés-concerts parisiens que 8 ans plus tard en 1879. Il avait alors 29 ans. Sa notoriété va être assez rapide et lui permettre de côtoyer les plus grands acteurs et chanteurs de l'époque comme Aristide Bruant, Dranem ou Paulus, mais aussi les artistes célèbres comme Charles GangloffScala, tous les soirs, Caudieux. Affiche de Charles Gangloff (1890). ., Charles LévyScala, tous les soirs, Caudieux. Grands succès ! Affiche de Charles Lévy (s. d.). . et surtout Toulouse-Lautrec qui le représentera sur deux de ses affiches les plus connues.
Il entre dans la troupe de la Scala en Courrier des théâtres. Le Petit Parisien, 2 septembre 1883, p. 4, . et y restera pendant dix ans. Au sommet de sa carrière à la fin des années 1890Au Salon des Artistes français de 1894, un buste de Caudieux par Louis Oury figure au catalogue de l'exposition., Caudieux décide de monter son propre café-concert rue d'Alésia mais l'affaire périclite assez rapidement et il doit déposer son bilan en Liquidations judiciaires. Le Journal, 26 décembre 1901, p. 6, .. Il retrouve alors un engagement au Moulin-Rouge jusqu'en 1910, mais le chanteur vieillissant qui remplissait vingt ans auparavant les salles à la seule évocation de son nom dans les programmes, se voit distancer par une nouvelle génération d'artistes lyriques et ses apparitions sur scène vont se faire plus rares. En , la Scala en vient même à organiser une matinée de bienfaisance au bénéfice de son ancien chanteur vedetteThéâtres et concerts. Le Matin, 12 avril 1913, p. 5, ..
Après un dernier rôle connu lors d'une tournée pour les blessés de la guerre à AngoulêmeL'Écho - édition d'Angoulème au 10 octobre 1916, il meurt un an plus tard chez son ami Félix Mayol qui l'avait recueilli chez lui complètement démuni.
Carrière artistique
thumb|Caudieux, acteur de café-concert - 1893 - Toulouse Lautrec, Musée Toulouse-Lautrec Comme chanteur Les programmes de nombreux cafés-concerts parisiens mentionnent sa présence dans le troisième quart du siècle dès 1879Chauveau, 1885.. Chanteur ténorino, Caudieux a créé plusieurs chansons d'Aristide Bruant<ref>Cf. Illustrated Sheet Music.</ref>, dont J' suis d' l'avis du gouvernement (1879)Pénet, p. 594., et La Binette (musique de Némo, 1888)Pénet, p. 668.. En 1889, pendant l'exposition universelle, Caudieux est à l'affiche de la Scala, avec Ouvrard, Paula Brébion, AmiatiDelbans, 1889, p. 446.… Il fait partie de la troupe de l'établissement du boulevard de Strasbourg depuis 1883 et y restera pendant dix ans.
Artiste renommé des années 1880-1900, plusieurs peintres célèbres, dont Toulouse-Lautrec et Gangloff ont fait ses affiches. Henri de Toulouse-Lautrec a fait son portrait.
Caudieux enregistre pour les firmes Odeon en 1907 et APGA (Association phonique des grands artistes) entre 1907 et 1909Sources : Christian Zwarg., entre autres, le succès créé par Libert aux Ambassadeurs en été 1876, L'Amant d'Amanda (paroles de Émile Carré, musique de Victor Robillard)Pénet (p. 572) date l'enregistrement (marque non précisé) de 1910..
Comme acteur de théâtre 1879 : Un Turc pris dans une porte, scènes de la vie nocturne, mêlées de couplets, d'Édouard Brisebarre et Eugène Nyon, au théâtre de la Gaîté-Montparnasse 1880 : La Bonne aux Camélias, comédie-vaudeville en un acte d'Adolphe Jaime et Hector Crémieux, au Concert de la Pépinière 1882 : Le Ménage Popincourt, comédie-vaudeville en un acte d'Hippolyte Raymond et Maxime Boucheron, au Concert parisien (février) 1882 : Les deux sourds, comédie en un acte de Jules Moinaux, au Concert du 1882 : La Foire du , revue en trois actes de Louis Lemercier de Neuville, au Concert du () : Laboule 1883 : Le Pavé de Paris, pièce à spectacle en douze tableaux d'Adolphe Belot, au théâtre de la Porte-Saint-Martin () : Ver-de-Terre 1883 : La Czarda, opérette en un acte de Paul de Néha et Félix de la Chesneraye, musique d'Édouard DeransartLouis-Edouard Deransart (1840-1905), compositeur et chef d'orchestre des Folies-Bergère et des Ambassadeurs., à la Scala () 1883 : Le Duel de Beaucastor, opérette en un acte, musique d'Édouard Deransart, à la Scala (décembre) : Sarrazin 1883 : Psitt !! Entrez donc !, revue de Julien Sermet et Lucien Delormel, musique d'Édouard Deransart, à la Scala () : Bigorneau 1884 : Harpe et Clarinette, opérette de Julien Sermet, musique d'André Méris, à la Scala () : le faux aveugle 1884 : Les Lapins de Grelu, vaudeville-opérette en un acte de Julien Sermet et Eugène FraumontJean-Henri-Eugène Fraumont (Paris 1857-Saâcy 1905) en dehors de ses activités de journaliste, de critique, et d'auteur dramatique, exerçait les fonctions de percepteur des Contributions directes. Officier d'Académie, il était également sous-lieutenant d'artillerie de réserve., musique d'Albert Petit, à la Scala () 1885 : On refuse du monde, revue fantaisiste de l'année en deux actes et quatre tableaux, de Julien Sermet et Ernest Lévy, à la Scala () : Saint Médard 1887 : Le Voyage à Cythère, fantaisie mythologique d'Édouard Hermil et Armand Numès, à la Scala () : Philémon 1887 : Frantrognon, fantaisie en un acte de Julien Sermet et Ernest Lévy, musique de Victor Herpin, à la Scala () 1888 : Ki-Ki-Ri-Ki, japoniaiserie [sic] en un acte mêlée de chants, de Julien Sermet et Louis Battaille, à la Scala (mars) 1888 : Princesse Babouche, fantaisie hindoue de Julien Sermet et Louis Battaille, musique de Tac-Coen, à la Scala () : le général Boulboul 1888 : Tout autour de la Tour, revue de Julien Sermet et Louis Battaille, à la Scala () 1889 : Pousse-pousse, revue en un acte de Julien Sermet et Louis Battaille, musique d'Alfred Patusset, à la Scala ( décembre) 1890 : A la houzarde, opéra-comique de Lucien d'Harcourt et Jacques Lemaire, musique d'Albert Renaud, à l'Eldorado () 1891 : Les Paris de Paris, revue fantaisiste de l'année 1890 en un acte et trois tableaux de Louis Battaille et Julien Sermet, musique d'Alfred Patusset, à la Scala () 1891 : Les Surprises du Carnaval, folie carnavalesque en un acte d'Eugène Hugot, musique d'Alfred Patusset, à la Scala () 1891 : Les treize jours d'un Parisien, vaudeville-opérette en un acte de Benjamin Lebreton et Henry Moreau, musique d'Albert Petit, à la Scala () 1891 : C'est dégoûtant !, revue de l'année en un acte et deux tableaux de Battaille-Henri et Henri Delormel, à la Scala () : le mitron 1892 : Un mariage à bout portant, vaudeville-opérette de Paul Bilhaud et Félix Rémy, musique d'Henri Cieutat, à la Scala (février) : Alphonse 1892 : Blagsonn et C°, fantaisie acrobatique de Paul Meyan et Arthur Verneuil, à la Scala () : le compère 1892 : Cambriolons, revue de l'année 1892 de Battaille-Henri et Julien Sermet, à la Scala () 1893 : Carnaval conjugal, folie carnavalesque en un acte de Benjamin Lebreton et Henry Moreau, musique d'Albert Petit, à la Scala () 1893 : La V'lakyrit, opéra-bouffe en deux tableaux d'André Sauger et Étienne Rey, musique d'Émile Bonnamy, au Petit-Casino 1894 : Tonton, vaudeville en un acte de Fernand Beissier, à l'Eden-Concert () 1894 : Les gaîtés de l'année, revue d'Ernest Grenet-Dancourt et Octave Pradels, à l'Eden-Concert (décembre) 1896 : Hé ! Ah !, revue en deux actes de P.-L. Flers, à la Gaîté-Rochechouart () 1898 : Corignan contre Corignan, vaudeville en trois actes de Georges Rolle et Jean Gascogne, au théâtre du Vaudeville (janvier) : l'avocat 1898 : La Casserole, drame en un acte d'Oscar Méténier, à l'Eldorado (décembre) 1898 : Parlons d'autre chose, revue en un acte de Fabrice Lemon et Eugène Héros, à l'Eldorado () : Connaught 1899 : Par devant notaire, opérette à grand spectacle en un acte et deux tableaux de Georges Dubosc, à l'Eldorado () 1901 : La Cavalière, pièce en cinq actes, en vers, de Jacques Richepin, au théâtre Sarah-Bernhardt () : le corrégidor 1902 : Le Voyage avant la noce, opérette en trois actes et six tableaux de Victor de Cottens et Robert Charvay, musique de Louis Varney, au théâtre Trianon () : Bobinet 1906 : La Revue du Moulin-Rouge, revue en deux actes et dix tableaux de Lucien Boyer, Rip et Wilned, au Moulin-Rouge () 1907 : La Feuille de vigne, féérie-opérette en deux actes et dix tableaux de Paul Ferrier, musique d'Henri Hirschmann, au Moulin-Rouge () : Célestin 1907 : La Lime, mimodrame en un acte d'Henri Ferrare, musique d'André Fijan, au Moulin-Rouge () : le maître d'hôtel 1907 : L'as-tu revue ?, revue en deux actes et neuf tableaux de Lucien Boyer et Battaille-Henri, musique de Georges Jacobi, au Moulin-Rouge () 1907 : La Revue de la Femme, revue en deux actes de Lucien Boyer et Battaille-Henri, au Moulin-Rouge] () : le cantonnier 1908 : Son Altesse l'Amour, fantaisie de Victor de Cottens et Pierre Veber, au Moulin-Rouge () 1909 : En l'air, Messieurs !, revue en trois actes et vingt tableaux d'Henri Moreau et Charles Quinel, au Moulin-Rouge (janvier) 1912 : Ce que je peux rire !, revue en vingt-neuf tableaux de P.-L. Flers, à l'Alcazar d'été ( juin) 1913 : Non ! Pas les mains !, revue en deux actes de P.-L. Flers et Eugène Héros, aux Ambassadeurs 1914 : La Revue réaliste, revue en cinq actes et vingt-deux chapitres de Jean Lhéry, au théâtre des Folies-Dramatiques () 1916 : La Revue des Etoiles, revue en trois actes de Rip, musique de Marius Baggers et Émile Lassailly, au théâtre du Châtelet () : le régisseurCourrier des théâtres. Le Figaro, 27 avril 1916, p. 3, .
Comme acteur de cinéma 1911 : L'Homme au grand manteau de Georges Denola.
Réédition numérique Baraki Barako (Caudieux de la Scala), paroles de E. Rimbault (Eugène Rimbault) et René de la Croix-Rouge, musique de Léopold Gangloff 1996, Chansons coloniales & exotiques : enregistrements originaux 1906-1942, livret de Marc Monneraye et Jean Buzelin, EPM983312 . 2012, Chansons chantées par Caudieux sur disques APGA et Odeon en ligne sur www.phonobase.org
Sources historiques Camille Debans, Les plaisirs et les curiosités de Paris : guide humoristique et pratique (illustrations de G. Fraipont), éd. E. Kolb, 1889 Gallica (ark:/12148/bpt6k113084h) 1908, Octave Pradels, Trente ans de café-concert : souvenirs de Paulus (recueillis par… ; 300 illustrations ; 60 chansons), Paris, Société d'édition et de publications, 460 p.