La Metula News Agency, ou Mena (acronyme), ou plus souvent Ména (accentué), est un média israélien francophone est une agence de presse, qualité que lui contestent plusieurs contradicteurs et analystes qui la considèrent comme un média militant.
Acronyme L’acronyme « MENA », pour « Metula News Agency » (le village de Metoula étant le siège de la rédaction), est identique à celui d’une agence de presse créée en 1955 en Égypte, la Middle East News Agency (MENA), avec laquelle elle n’entretient aucun rapport. L’acronyme « MENA » renvoie également vers l’expression en anglais « Middle East and North Africa » qui désigne le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
Création et statut La Mena a été créée en 2002 par Stéphane JuffaJérôme Bourdon, Le récit impossible : le conflit israélo-palestinien et les médias, De Boeck, 2009, 30-31. sous la forme d’une société, la , enregistrée aux Îles Vierges britanniques, selon son site internet selon la section « Comment acquérir des actions » sur le site internet de la Metula News Agency.. Elle est établie dans le village israélien de Metula — qui lui donne son nom — à la frontière libanaiseLa Ména : opportunités commerciales et financières., où est située la rédaction..
Elle se présente, selon les cas, comme une ou comme une , désignation parfois reprise par ailleurs..« une agence de presse internationale et francophone » dans Jeune Afrique – L'intelligentRicki Hollander, Gilead Ini, Anatomy of a French Media Scandal, Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America, 13 octobre 2005. mais qui lui est contestée par ses divers contradicteurs qui considèrent la Mena comme un média militant.Hervé Deguine, « Charles Enderlin. Il gagne la guerre du soupçon », Médias, 11, décembre 2006..L’ouvrage de C. Gabizon et J. Weisz, OPA sur les Juifs de France, enquête sur un exode programmé, publié chez Grasset, mentionne () la Ména à propos de la « ré-information ».Nicolas Delesalle et Marc Belpois, « La controverse de Netzarim », Télérama, 2863, 19 novembre 2004.. Barah Mikhaïl, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiquesPage de Barah Mikhaïl sur le site web de l'IRIS., a publié dans la revue Confluences Méditerranée une analyse dans laquelle il explique le caractère militant de la Ména. Il estime également que la Métula News Agency a acquis « une audience non négligeable chez les passionnés » des débats liés au conflit israélo-arabeBarah Mikhaïl, « Information ou Propagande, le cas de la Metula News Agency », Confluences Méditerranée, n°72, hiver 2009-2010, 91-96 (extraits)..
Fonctionnement La Ména publie ses articles en français.
La Ména affirme avoir des correspondants dans divers pays (Israël, France, États-Unis, etc.), y compris des pays et territoires arabes (Liban, Jordanie et Syrie). Son rédacteur en chef est le journaliste et analyste Stéphane Juffa. Elle couvre surtout les événements du Proche-Orient mais commente aussi l’actualité politique des États-Unis, d’Europe et d’Afrique (en particulier le génocide au RwandaListe des articles consacrés au génocide rwandais. ou au DarfourListe des articles sur le Darfour.). Elle dénonce ce qu'elle considère comme des manifestations d’antisionisme et/ou d’antisémitisme. Elle a lancé en France la contestation de la version de de l’affaire Mohammed al-Durah. Elle a également couvert la guerre du Liban de l’été 2006, la guerre de Gaza (2008-2009) et, à partir d', la guerre des Kurdes de Syrie contre l'organisation terroriste État islamique avec le journaliste Perwer Emmal44 articles entre les 26-08-2018 et 18-02-2018, voir en ligne sur Facebook..
Selon Barah Mikhaïl reprenant des extraits du site, ses responsables ont la volonté de parvenir à , une notion connue en tant que hasbara. Il estime que la Ména se focalise sur les événements qui . Elle présente soit des articles écrits par des membres de la rédaction qui reviennent sur un événement leur apparaissant important pour le « décodage de l'actualité », soit elle fait appel à des « plumes célèbres » telles que « Guy Millière ou feu Laurent Murawiec ». Toujours selon Barah Mikhaïl, ces derniers .
Controverses La Ména commente essentiellement les événements du Proche-Orient et ce qu’elle identifie comme étant des manifestations d’antisionisme et/ou d’antisémitisme. Son rôle dans l’affaire Mohammed al-Durah, et plus généralement ses prises de position pro-israéliennes, notamment lors des conflits armés du Liban et de Gaza, l’ont mise au centre de plusieurs controverses, qui lui ont donné sa notoriété. Elle se démarque toutefois d'autres sites de « réinformation » plus extrêmes et rejette toute forme de racisme.
S’agissant de l’affaire Mohammed Al-Durah, la Mena s’oppose au journaliste Charles Enderlin et à la chaîne de télévision . Selon un ancien collaborateur de la Ména, Gérard Huber, cette affaire procède d’une « mise en scène ». Selon Hervé Deguine, de la revue Médias, c’est même cette affaire qui aurait « assuré le véritable lancement de l’agence ». La Ména n’a pas été attaquée en justice sur cette affaire, au contraire de Philippe Karsenty, celui-ci ayant repris la thèse du trucage à son compte. Pour la dernière décision de justice à ce sujet, le , après diverses péripéties judiciaires« Al-Doura: Philippe Karsenty de nouveau condamné en appel », L'Express/AFP, 26/06/2013, la Cour d'appel de Paris confirme le jugement de première instance qui, en 2008, condamnait Philippe Karsenty pour diffamation envers Charles Enderlin et France 2.
Ces controverses se mêlent, à celles, plus générales, portant sur l’antisionisme, forme ou non d’antisémitisme. Ainsi la Ména a critiqué Le Monde qu’elle accuse de propagande« Le Monde marche sur la tête »., voire d’antisémitisme.. Pour Dominique Vidal, journaliste au Monde diplomatique, la Ména « excelle dans la dénonciation de journalistesDominique Vidal, « Les alliances douteuses des inconditionnels d’Israël. Au nom du combat contre l’antisémitisme », Le Monde diplomatique, décembre 2002, accessible en ligne. ». Il mentionne, en plus des attaques contre Charles Enderlin, des attaques de la Ména contre Alexandra Schwartzbrod du journal Libération. Dans le même ordre d’idées, Daniel Psenny, journaliste du quotidien Le Monde, estime, dans un article paru en , que la Ména est un site militant et précise que celle-ci, plusieurs années auparavant, aurait qualifié l’AFP d’« Agence France PalestineCf. Daniel Psenny, « Accusée de mise en scène, porte plainte », Le Monde, 20 novembre 2004. ».
Barah Mikhaïl dénonce la couverture faite par la Ména autour du procès de Pierre Péan intenté pour « diffamation et incitation à la haine raciale » à la suite de son ouvrage portant sur le génocide rwandais. Il estime que la Ména s'est contentée de reprendre les arguments de ses détracteurs et de tenir à l'égard de Péan des propos virulents et calomnieux tandis qu'à l'issue du procès, elle rejetait le jugement le relaxant.
Notes et références
Annexes Articles connexes Guysen International News Guerre des mots dans le conflit israélo-palestinien Traitement des images dans les conflits du Proche-Orient
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