Sokh est un district de l'Ouzbékistan qui constitue, avec ses , la plus grande des exclaves d'Ouzbékistan située dans la vallée de Ferghana et la province homonyme au sein du territoire kirghiz. Elle est peuplée de plus de habitants (le dernier recensement date de 1993, certains avancent l'estimation de ) dont 99 % sont Tadjiks. Le chef-lieu de l'enclave se situe à Ravan, bourgade de habitants. Cette caractéristique particulière est depuis l'accession de l'indépendance des républiques post-soviétiques en 1991 une source de tensions entre les nations concernées.
Avant 2026, année où un échange territorial a lieu entre l'Ouzbékistan et le Kirghizistan, le district est composé de deux territoires discontinus, soit l'enclave principale de Sokh et la bien plus petite enclave de (ou Choʻngʻara). Cette dernière est cédée au Kirghizistan par l'Ouzbékistan en échange de territoires frontaliers.
Géographie Le territoire du district de Sokh est composé strictement de l'enclave de Sokh, auparavant nommée « Sokh du Sud » (ou « Haut-Sokh ») lorsque existait l'enclave de . L'arrondissement englobe dix-neuf localités. Sa population est urbaine à 65,9 pour cent et rurale à 34,1 pour cent. Elle est tadjike à 99 pour cent avec 0,3 pour cent d'Ouzbeks et 0,7 pour cent de Kirghizes.
Son nom provient de la rivière Sokh, longue de 124 km, qui traverse le territoire et arrose sa vallée fertile. L'enclave est entourée du territoire de la province de Batken appartenant au Kirghizistan. La frontière est de 135 km avec neuf postes-frontières gardés par les Kirghizes.
Jusqu'en 2026, il existait également une autre petite enclave nommée le « Sokh du Nord » (ou « Bas-Sokh » ou encore « »), comprenant le bourg de Chon-Gara, qui faisait aussi partie du district de Sokh. Ce point d'appui du Mouvement islamique d'Ouzbékistan dont les frontières ont été minées en représailles par le gouvernement ouzbek en 1999 est depuis intégré au Kirghizistan. Avant cette date, le district avait une superficie totale de .
Histoire Lors de la création de l'Oblast autonome kara-kirghiz au sein de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) en 1924 et de la délimitation de ses frontières en 1925, le territoire de Sokh, peuplé majoritairement de Tadjiks, est rattaché à la RSS d'Ouzbékistan, lors de sa création en 1925. Il est historiquement rattaché au Khanat de Kokand.
À la suite du mécontentement exprimé par les autorités kirghizes, une commission spéciale réexamine le dossier et attribue en 1926 le territoire de Sokh à la nouvelle RSSA kirghize. Toutefois, en 1927, le Présidium de l'URSS rétrocède Sokh à la RSS d'Ouzbékistan, décision contestée par les autorités kirghizes. Lors de l'attribution de ce territoire à la RSS d'Ouzbékistan, les autorités soviétiques font fi de la composition ethnique du territoire qui était déjà à majorité tadjike.
Le statut d'enclave pour Sokh est arrêté pour la première fois en 1955 par une commission paritaire composée d'un nombre égal de membres de la RSS d'Ouzbékistan et de la RSS kirghize, successeure de la RSSA éponyme. Cependant, les Soviets suprêmes des deux républiques ne ratifiront pas les décisions de la commission. En effet, en 1955, les autorités soviétiques attribuent des territoires au nord de Sokh à la RSS kirghize, faisant de Sokh une véritable enclave. Après l'accession des deux pays à l'indépendance en 1991, Sokh demeure un territoire ouzbek enclavé dans le Kirghizistan.
Le gouvernement ouzbek réclame un accès à cette enclave que lui refuse le gouvernement kirghiz, car c'est le seul moyen de relier le nord et le sud du pays par la route. Les conflits entre populations kirghize et tadjike (de citoyenneté ouzbèke) sont constants et avivés par la corruption douanière et administrative. La tentative de créer un corridor d'accès en 2001 s'est soldée par un échec.
Économie Son économie est surtout fondée sur l'agriculture (pommes de terre et fruits) ; la migration saisonnière de la main d'œuvre masculine en direction de la Russie est importante. Il existe vingt-huit établissements d'enseignement général, deux écoles supérieures professionnelles, trois cliniques, douze dispensaires et une dizaine de centres de soin de village.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Voroukh Chakhimardan, une autre exclave ouzbèke entourée par le territoire du Kirghizistan
Catégorie:Enclave Catégorie:Géographie de l'Ouzbékistan