vignette|Un dromadaire sauvage dans l'Outback australien, près de Silverton, en Nouvelle-Galles du Sud. vignette|Territoire (en marron) des dromadaires en Australie. Les dromadaires australiens proviennent de l'introduction de ces animaux par les Européens en Australie, au . Leur population, selon des estimations officielles, s'élève à environ un million d'individus féraux en 2010, qui vivent surtout dans les zones à climat aride. La moitié d’entre eux vivent dans l'Australie-Occidentale, un quart dans le Territoire du Nord et le reste dans le Queensland et la partie nord de l'Australie-Méridionale ; ils occupent ainsi une aire de de kilomètres carrésindependentweekly.com.au , The Independent Weekly, Larine Statham: Row simmers over camel cull, 26 février 2010. Ils sont connus pour causer de graves dégradations dans les sites naturels et culturels, notamment en période de sécheresse. Un programme de gestion de de dollars australiens est financé en 2009 et, à son achèvement en 2013, on estime que la population sauvage a été réduite à environ .
Histoire Jusqu'aux années 1840, les dromadaires étaient inconnus en Australie. À cette époque, les premiers ont été importés par les Britanniques comme animaux de bât pour l'exploration de l’intérieur du pays, avec l'aide de chameliers venus surtout d'Inde et d'Afghanistan. Pour le développement de l'intérieur australien aride, les dromadaires étaient tout indiqués, grâce à leur capacité à s'adapter à des espaces aux conditions de vie extrêmesPlage und Attraktion. Wilde Kamele in Australien auf n-tv.de, accédé le 12 février 2010.
Après que, dans les , wagons et camions les eurent remplacés pour le transportgov.au sur les chameaux, ces animaux furent relâchés dans la nature. Faute de prédateurs naturels, ils purent se reproduire en toute tranquillité. Cette population férale revint à l'état sauvage (phénomène de marronnage) et augmenta de façon exponentielle (doublement en ) pour finalement dépasser un million de têtes en 2010. Cette multiplication représente une menace pour la faune et les paysages d'Australie, et est considérée comme nuisible. C’est ainsi que pendant la saison sèche de 2009, environ à la recherche d'eau vinrent assiéger la petite localité de Kaltukatjara (appelée en anglais Docker River).
Dromadaires et chocs culturels Certains aborigènes se rappellent encore les premières fois où ils ont aperçu des dromadaires. Un homme de Pitjantjatjara, Andy Tjilari, raconte qu'enfant il était en train de camper avec sa famille lorsque est arrivé un homme qui voyageait avec des dromadaires et était à la recherche de scalps de dingo. Il a décrit comment, une fois dissipée la surprise initiale, il a suivi les dromadaires avec sa famille, en les imitant et en leur parlant. L'expérience l'a conduit à penser que .
À mesure que les chameliers musulmans s’aventuraient davantage à l'intérieur du pays, ils rencontraient une grande diversité de groupes indigènes. Rapidement s’est développé un échange de compétences, de savoirs et de biens. Certains chameliers ont aidé les aborigènes en leur apportant des marchandises traditionnelles dont l'ocre rouge ou le pituri, une plante narcotique, le long des routes commerciales anciennes comme la piste de Birdsville. Les chameliers ont également apporté aux groupes aborigènes éloignés des marchandises nouvelles comme du sucre, du thé, du tabac, des vêtements et des outils en métal. Les autochtones ont incorporé le poil de dromadaire dans leurs fabrications traditionnelles et ont donné des informations sur les points d’eau dans le désert et les ressources végétales. Certains chameliers ont employé des hommes et des femmes autochtones pour les aider sur leurs longues randonnées dans le désert. Il s'est ensuivi des associations durables voire quelques mariages..
De 1928 à 1933, un missionnaire, Ernest Kramer, a entrepris en Australie centrale des expéditions à dos de dromadaire dans le but de propager l'Évangile. Pour la plupart de ses expéditions, il employait un homme d'Arrernte, Mickey Dow Dow, qui lui servait de chamelier, de guide et de traducteur, et parfois un nommé Barney. Le premier voyage de Kramer le conduisit à Musgrave Ranges et Mann Ranges, et il était financé par lAborigines Friends Association, qui souhaitait obtenir un rapport sur les conditions de vie des autochtones. D'après la biographie de Kramer, lorsqu'il rencontrait des populations locales, il leur offrait des boiled lollies, du thé et du sucre et jouait Jesus Loves Me sur son gramophone. La nuit, à l'aide d'une lanterne magique, Kramer montrait des diapositives sur Noël et la vie du Christ. Pour beaucoup de ces gens, c'était leur première rencontre avec Noël et cet événement établissait de façon pittoresque .
Au cours des , alors que le transport motorisé évinçait peu à peu les chameliers, une occasion s'est présentée aux autochtones. Ils ont appris à utiliser les dromadaires et ont acquis leurs propres bêtes, ce qui a accru leur mobilité et leur indépendance dans une société aux frontières qui évoluaient rapidement.
Limitation du cheptel L'Australie possède la plus grande population de dromadaires sauvages au monde. En 2008, le nombre de dromadaires sauvages est estimé à plus d'un million, avec la capacité de doubler en nombre tous les huit à dix ans. En 2013, cette estimation a été révisée à une population de avant les opérations d'abattage, et d'environ après l'abattage, avec une croissance annuelle de 10 % par an.
Impact des dromadaires sauvages Impact sur l'environnement Bien que leur impact sur l'environnement ne soit pas aussi grave que celui de certaines autres espèces introduites en Australie, les dromadaires ingèrent plus de 80 % des ressources végétales disponibles. La dégradation de l'environnement se produit lorsque les densités dépassent deux animaux par kilomètre carré, ce qui est le cas dans une grande partie de leur aire de répartition dans le Territoire du Nord où ils sont confinés à deux régions principales : le désert de Simpson et la zone désertique occidentale des , le désert de Great Sandy et le désert de Tanami. Certaines plantes alimentaires traditionnelles récoltées par les Aborigènes dans ces régions sont sérieusement affectées par le broutement des dromadaires. Bien que le fait d'avoir des pattes à coussinets rende l'érosion du sol moins probable, ils déstabilisent les crêtes des dunes, ce qui peut contribuer à l'érosion. Les dromadaires sauvages ont un impact notable sur les écosystèmes des lacs salés, et il a été constaté qu'ils souillent les points d'eau.
Le plan d'action national pour les dromadaires sauvages a cité les impacts environnementaux suivants : .
Certains chercheurs pensent que les dromadaires peuvent en fait être bénéfiques d'un point de vue écologique en remplissant les niches perdues de la mégafaune australienne disparue, comme les diprotodons et les palorchestidae, et qu'ils peuvent contribuer à la diminution des incendies de forêt ; une théorie similaire d'une certaine manière aux concepts de réensauvagement du Pléistocène....
Les dromadaires peuvent être un moyen efficace de lutter contre les plantes indésirables introduites.
Impact sur les infrastructures Les dromadaires peuvent causer des dommages importants aux infrastructures telles que les robinets, les pompes et les toilettes, pour se procurer de l'eau, en particulier en période de grande sécheresse. Ils peuvent sentir l'eau à une distance allant jusqu'à cinq kilomètres, et sont même attirés par l'humidité condensée par les climatiseurs. Ils endommagent également les clôtures d'élevage et les points d'eau pour le bétail. Ces effets sont particulièrement ressentis dans les communautés aborigènes et autres communautés éloignées où les coûts de réparation sont prohibitifs.
Les corps en décomposition des chameaux qui ont été piétinés par leur troupeau dans leur recherche d'eau près des établissements humains peuvent causer d'autres problèmes.
Impact économique Le plan d'action national pour les dromadaires sauvages cite les impacts économiques suivants : .
Impact social Le plan d'action national pour les dromadaires sauvages cite les impacts sociaux suivants : .
Abattage dans le Territoire du Nord, 2009 Les conditions de sécheresse en Australie au cours de la première décennie du (la « sécheresse du millénaire ») sont particulièrement dures, conduisant à la mort de soif de milliers de dromadaires dans l'outback. Le problème des dromadaires à la recherche d'eau devient suffisamment important pour que le gouvernement du Territoire du Nord envisage d'éradiquer jusqu'à qui sont devenus une nuisance dans la communauté de Docker River, à au sud-ouest d'Alice Springs dans le Territoire du Nord. Les dromadaires y causent de graves dommages lors leur recherche de nourriture et d'eau. Le projet d'abattage prend un aspect international et suscite de vives réactions.
Abattage pour climat, 2011 En 2011, dans le but de réduire les émissions de , l'État australien propose de lancer une campagne d’éradication des dromadaires. Un dromadaire émet de méthane par an, soit une tonne de en termes d'impact sur le climat. À titre de comparaison, le million de dromadaires australiens émet autant de que . L'État australien propose donc (équivalent à ) pour un dromadaire abattu.. Ce projet est finalement rejeté.
Plan d'action national pour les dromadaires sauvages, 2009-2013 Le projet de gestion des dromadaires sauvages australiens (AFCMP) est établi en 2009 et dure jusqu'en 2013. Il est géré par Ninti One Limited à Alice Springs et financé par le gouvernement australien à hauteur de . Il vise à travailler avec les propriétaires terriens pour renforcer leur capacité à gérer les dromadaires sauvages tout en réduisant les impacts sur les sites environnementaux et culturels clés. Le projet doit être achevé en , mais il est prolongé de six mois. Il est complété avec quatre millions de dollars australiens de moins que prévu.
En , le ministère de l'Environnement du gouvernement australien publie le plan d'action national pour les dromadaires sauvages, un plan de gestion national pour ce qu'il a défini comme un conformément à sa stratégie australienne pour les animaux nuisibles..
Ninti One et ses partenaires obtiennent le consentement des propriétaires terriens pour le programme d'abattage sur plus de carrés de terres. Différentes techniques d'abattage sont utilisées dans différentes régions afin de tenir compte des préoccupations des propriétaires autochtones.
À la fin du projet en 2013, l'Australian Feral Camel Management Project a réduit la population de dromadaires sauvages de , dont plus de par abattage aérien, et au sol (tirés depuis un véhicule) pour la viande pour animaux de compagnie. On estime qu'il reste environ , la population augmentant de 10 % par an. La plus grande opération individuelle d'abattage aérien est menée à la mi-2012 dans le sud-ouest du Territoire du Nord. Elle a fait appel à trois hélicoptères Robinson R44 pour l'abattage combinées à deux autres hélicoptères Robinson R22 pour le repérage. Elle élimine sauvages en d'opération sur , sur carrés, pour un coût d'environ par tête.
Le projet fait l'objet de critiques de la part de certaines parties de l'industrie australienne du dromadaire, qui souhaitent voir la population sauvage abattue pour la transformation de la viande, le marché de la viande pour animaux de compagnie ou l'exportation d'animaux vivants, en faisant valoir que cela réduirait les déchets et créerait des emplois. Le mauvais état de santé des animaux, le coût élevé du fret, le manque d'infrastructures dans les régions éloignées et la difficulté d'obtenir les autorisations nécessaires sur les terres aborigènes sont quelques-uns des défis auxquels l'industrie du dromadaire est confrontée.