La porte Mordelaise (parfois orthographiée au pluriel) est un châtelet d'entrée, vestige des remparts de Rennes, dans le département français d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne. Son emplacement date du , à la création des premiers remparts, mais son architecture date principalement du . Il s’agissait de l’entrée principale de la ville de Rennes.

Elle tient son nom de la ville de Mordelles, fief important dès le vers lequel donne cette entrée. La porte servait d'entrée pour les cortèges et son pont-levis permettait une double protection contre les attaques.

Architecture

La construction se compose d’une grande porte charretière et d’une petite porte piétonne, toutes deux en ogive, entre deux grosses tours couronnées de mâchicoulis.. Ces deux portes étaient jadis fermées par des ponts-levis à potence et contrepoids, et doublées en arrière par une herse. Au-dessus de la grande porte se trouve une pierre gravée d'un blason : deux lions de part et d’autre d’une lance. C'est le drapeau des ducs de Montfort qui régnaient sur la Bretagne de 1364 à 1514.

Elle présente différents ouvrages défensifs : un fossé, un pont-levis, des mâchicoulis, ainsi que les restes d'une barbacane.

Historique

La première enceinte de Rennes date du . Les archéologues du parlent de quatre portes pour la cité bretonne car la en comportait quatre. Elles se seraient situées à l'emplacement de la porte Mordelaise, de la porte Saint-Michel ou Chastelière, de la porte Baudrière (située au sud-est de l'enceinte près du carrefour des rues de Rohan et Beaumanoir) et de la porte Aivière située en bas de la rue Le Bouteiller près de la chapelle Saint-Yves..

Les futurs ducs devaient prêter serment devant cette entrée, elle est ainsi parfois nommée porte royale, porte ducale ou porte épiscopale.

Elle fut rénovée plusieurs fois à partir de 1418Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, Bulletin et mémoires…, Volumes 6-7, 1868. afin de servir de résidence aux gouverneurs de la ville, et ce jusqu’à la fin du . Elle sert ensuite aux réunions de la communauté de la ville.

La porte est afféagée en 1723, alors qu’elle se trouve en très mauvais étatLieux et bâtiments historiques de l’administration et de la Justice en Bretagne : Rennes ; Porte Mordelaise (ou porte Royale, ), Centre d'histoire du droit de l'université de Rennes 1..

Après la Révolution française, en 1793, elle devient une prison sous le nom de « porte Marat ». Comme beaucoup de toponymes révolutionnaires, elle reprend son nom initial peu de temps après.. On trouve aussi une attestation de « Morzelaise » pour Mordelaise. alt=Carte postale de la porte|vignette|Vue en noir et blanc de la Porte Mordelaise Le , elle est inscrite aux monuments historiques.

En 1997, la porte est de nouveau munie d'un pont-levis, réplique de celui du château de MontmuranGuide vert, Bretagne, Éditions Michelin..

Depuis 2022, le pont-levis est remplacé par un pont dormant.

Projet de mise en valeur

thumb|redresse|La porte Mordelaise et les fouilles archéologiques en septembre 2014. Au fil des années, les portes Mordelaises ont un peu perdu de leur superbe, en raison notamment de leur position enclavée dans le centre historique de la ville. Cet isolement les empêche d'être bien connues des touristes alors qu'il s'agit de la seule porte fortifiée qui subsiste dans la ville.

La ville de Rennes a voté en un projet de mise en valeur de ces portes évalué à 10 millions d'euros. De 2012 à 2015 ont eu lieu des fouilles archéologiques préventives au pied des portes Mordelaises. En ont commencé des travaux d'aménagement, pour permettre d'ouvrir une promenade de 8 mètres de large le long des remparts à l’arrière des immeubles de la rue Nantaise. Un jardin dans les douves et un circuit touristique longeant les remparts jusqu'au square Hyacinthe-Lorette et la croix de la Mission sont prévus.. Après une rénovation de la porte Mordelaise achevée en 2022, la nouvelle promenade le long des remparts est inaugurée en .

Inscription de Gordien III

Une pierre de granit gravéeCf. = CAG-35, ., dédiée à l’empereur Gordien III (vers 224-244), fut employée dans la construction de la porte. L’inscription était renverséeP.A.E. Girault de Saint-Fargeau, Guide pittoresque du voyageur en France, 1838, ., signe de l'utilisation d'une pierre d'un ancien bâtiment comme vulgaire pierre de taille.

Elle est mentionnée par Stendhal dans ses Mémoires d'un touriste en 1838 :

En 1874, cette pierre fut retirée ; elle fut offerte par du Chatellier, le propriétaire de l’époque, au musée de Bretagne où elle est conservée dans une de ses réserves, boulevard Villebois-Mareuil. Il s'agit d'une stèle votive érigée par le « sénat » de Rennes au . Elle porte l'inscription suivante :

Inscription Transcription TraductionÀ l’empereur César Marc-Antoine Gordien pieux, heureux, auguste, le plus grand pontife, revêtu de la puissance tribunicienne, Consul, l’ordre (décurional) des Riedones.

Références

Voir aussi

Bibliographie Ouvrage . . . . . Marie-Pierre Baudry, « La Porte Mordelaise de la ville de Rennes », in Nicolas Prouteau, Emmanuel de Crouy-Chanel et Nicolas Fauchere (dir.), Artillerie et fortification 1200-1600, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2011, « Archéologie et Culture », 236 p. , . .

Article scientifique

Article de presse . .

Articles connexes Remparts de Rennes Patrimoine architectural de Rennes

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