Porspoder est une commune littorale du département du Finistère (29), dans la région Bretagne, en France métropolitaine.
Géographie vignette|500px|center|Porspoder vu depuis la presqu'île Saint-Laurent. Situation Porspoder se situe sur le littoral ouest du Pays de Léon. Elle compte notamment sur son territoire la presqu'île Saint-Laurent, au large de laquelle se trouve le Phare du Four, et les îles Melon, Melgorn et Mazou.Porspoder est non loin de la pointe de Corsen limite géographique conventionnelle entre la Manche et l'Atlantique.
Une distance de 1083 kilomètres sépare les villes de Porspoder et Menton (Alpes-Maritimes), ce qui en fait les deux communes les plus éloignées de France continentale. vignette|Carte de la commune de Porspoder
Relief
Le littoral est assez découpé, alternant presqu'îles (du Vivier et de Saint-Laurent ; celles-ci étant d'ailleurs d'anciennes îles rattachées par l'homme au continent par la construction de digues qui les ont transformées en tombolos d'origine anthropique), pointes (Pointe de Garchine notamment, mais aussi pointe de Kerizella et pointe de Penn ar Gored, au toponyme révélateur de l'existence d'un barrage à poissons, gored en langue bretonne, par le passé) et anses (notamment celle du bourg), ainsi que l'Île Melon. La presqu'île Saint-Laurent possède respectivement au nord-est et au sud-est, donc à l'abri des vents dominants, deux havres servant traditionnellement d'abri pour les barques et au nom révélateur : Porz Doun et Porz Iliz. Mazou est un « port de poche » qui est, avec Gwin Zégal en Plouha, le dernier représentant d'un mode de mouillage très particulier dont la tradition remonte au moins au Moyen-Âge, un simple mouillage sur pieux de bois (une petite trentaine de troncs de huit à 10 mètres de hauteur enfoncés dans le sable sous-marin, leur base étant consolidée par des pierres)Anne Lessard, Mazou, port de poche à Porspoder, journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n°du 31 mai 2020..
Les altitudes sont peu élevées, allant du niveau de la mer jusqu'à 58 mètres dans la partie orientale du finage communal, qui forme un plateau en pente douce vers la mer, à peine entaillé par de très modestes petits fleuves côtiers, en fait de simples ruisseaux. Les paysages de la presqu'île Saint-Laurent et de celle du Vivier
De la ponte de Garchine à la limite de Lanildut
Géologie vignette|250px|right|L'Île Melon et ses anciennes carrières de granite vue du continent. Le granite porphyroïde rose (un granite à gros feldspaths roses) de l'Aber-Ildut, dit « granite de Laber » provient d'un pluton et affleure de l'Île Ségal au sud jusqu'à Porspoder au nord et jusqu'à Plouguin au nord-est ; ces gros feldspaths roses sont très résistants à l'altération et apparaissent souvent en relief, ce qui a contribué à leur intérêt monumental ; ce massif de granite rose est parcouru par tout un réseau de diaclases, ce qui a facilité l'exploitation de la roche (des monolithes en ont été extraits dès la Préhistoire pour obtenir des menhirs ; dès 1809, Pierre Bigot de Morogues écrit : « Ce superbe granite est d'une grande dureté et susceptible du plus beau poli ; on le trouve sur le bord de la mer en très gros blocs détachés, ce qui permet de l'exploiter plus facilement »Pierre Bigot de Morogues, "Journal des mines" , 1809..) C'est ce granite qui a été exploité aussi à Porspoder, notamment à l'Île MelonLouis Chauris, "La saga des granites de l'Aber-Ildut", http://www.lanildut.fr/histoire/LanSource018.html et http://www.wiki-brest.net/index.php/Granite_de_l%27Aber_Ildut.
Ce granite porphyroïde est particulièrement favorable à l'altération, favorisant la création d'arène granitique et le déblaiement de celle-ci par la mer donne des boules résiduelles de granite créant des chaos de roches aux formes spectaculaires, comme à Melon et à MazouAndré Guilcher, Évolution morphologique de vallées bretonnes, "Bulletin de la Section de géographie", 1961, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6246312w/f62.image.r=Porspoder?rk=42918;4
Habitat Le bourg de Porspoder, en situation littorale, est excentré dans la partie nord-ouest du territoire communal. C'est un village linéaire, étiré le long de la route départementale n°27 parallèle au littoral, formant une agglomération continue vers le nord avec Argenton, hameau qui dépend de la commune voisine de Landunvez ; cette agglomération a tendance à se prolonger aussi vers le sud, toujours le long de cette même route et à ses abords jusqu'à Melon et la limite sud du finage communal en raison d'une périurbanisation diffuse assez dense liée à la prolifération de résidences secondaires en raison de la proximité de l'océan. « Porspoder n'est qu'un exemple, valable pour toute la Bretagne, de l'actuelle désagrégation du littoral envahi par les résidences secondaires » écrit la revue Sites et monuments dès 1972Bernard Grall, La côte bretonne en danger, "Sites et monuments", octobre 1972, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9780954c/f45.image.r=Porspoder. Toutefois une bonne partie littoral reste encore préservé de toute urbanisation sauf au niveau du bourg, ainsi que dans la partie sud, où la route départementale longe le littoral aux alentours du hameau de Melon.
L'intérieur présente un habitat rural dispersé en de nombreux écarts, formés de fermes isolées ou de hameaux, notamment celui de l'ancienne commune de Larret.
Transports
Outre la route départementale n°27 (qui vers le nord va vers Landunvez et Portsall et vers le sud vers Lanildut et Saint-Renan), la commune est aussi reliée à Saint-Renan et Brest par la route départementale n°68, même si celle-ci rejoint la route départementale n°27 au niveau d'Argenton.
Le port de Mazou est, avec celui de Gwin Zégal à Plouha, un des derniers représentants d'un type de mouillage très particulier, le mouillage sur pieux de bois, dont la tradition remonte au Moyen-Âge. Une petite trentaine de pieux constitués de troncs d'arbres, avec leurs racines, et consolidés avec des pierres, est plantée dans le sableAnne Lessard, Mazou, port de poche à Porspoder, journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n° du 31 mai 2020.. vignette|150px|François PaulFrançois Paul (1860-1952), père de François Paul, maire de la Libération (1944-1945) et grand-père de François Jules Paul, chef de groupe des F.F.I.de Porspoder-Penfrat (Bataillon de Ploudalmézeau)., patron du canot de sauvetage d'Argenton Henri Munier de 1917 à 1926.
Sauvetage en mer Une station de sauvetage maritime est créée à Argenton en Porspoder en 1895.. En , sous l'égide des Hospitaliers Sauveteurs Bretons cette station de sauvetage maritime modernisée disposera d'un nouveau bateau de sauvetage tout comme la station de Saint-CastJournal «L'Ouest-Eclair, du 23 novembre 1925, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k648198t/f4.image.r=Porspoder?rk=2639498;0.
François Paul (1860-1952), canotier comme son père Jules, fut le patron de l'Henri Munier de 1917 à 1926 - cf Page 22 du recueil « 1895-1995, 100 ans de Sauvetage à Argenton », édité par la S.N.S.M.-..
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PorspoderLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploudalmézeau à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Porspoder est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Porspoder, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par la mer d'Iroise, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (50,8 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (50 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (25,5 %), zones agricoles hétérogènes (23,4 %), terres arables (23 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (17,8 %), prairies (4,3 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (2,6 %), forêts (2,6 %), zones humides côtières (0,7 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Portz Poeder fin , Porzpoder en 1427..
« Porzhpoder » en graphie bretonne actuelle, Porspoder vient de porzh et poder (port et potier en breton), « Le port du potier ».. Un lieu-dit situé à quelque distance du bourg se nomme en breton Mezou Pors-podérou « Champ des potiers du port »Joseph Loth,Un phénomène linguistique : saint Budoc devenu saint André, "Revue celtique", 1929, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6473497q/f132.image.r=Porspoder?rk=2017177;2.