Le siège de Jadotville se déroule du au , lors de la crise congolaise. La compagnie A du 35th Infantry Battalion irlandais, envoyée par l'ONU, est attaquée par l'armée katangaise et finit par se rendre.

Contexte Le , l'ONU déclenchait au Katanga l'opération Morattalion irlandais, sous les ordres du commandant P. J. Quinlan. À cette compagnie était attaché le sous-lieutenant suédois L. Fröberg en qualité d'interprète. Les 155 Irlandais occupaient quelques maisons de part et d'autre de la route Jadotville - Élisabethville à la sortie de la ville. Comme ses hommes ne disposaient que d'un armement léger https://www.historyanswers.co.uk/history-of-war/the-real-siege-of-jadotville-part-i-teenage-peacekeeper-john-gorman-remembers/ (fusils Lee Enfield n° 4, pistolets-mitrailleurs Carl Gustav M45, quelques FN-FAL, des fusils-mitrailleurs Bren, 2 mitrailleuses Vickers, 3 canons sans recul Carl Gustav M1, 3 mortiers de et 2 automitrailleuses ), le commandant Quinlan s'abstint de toute initiative offensive.

Déroulement des évènements Samedi : la Compagnie de Police Militaire katangaise renforcée de mercenaires et de soldats katangais établit des barrages sur toutes les approches de la ville. Les Irlandais commencent à creuser des tranchées autour des maisons qu'ils occupent (ce que n'avaient pas fait les unités irlandaise et suédoise qui les avaient précédés). Cette précaution est une des causes principales du peu de victimes qu'ils connaitront à l'issue des combats.

: rencontre du commandant Quinlan avec le bourgmestre Amisi et des officiers katangais en vue de les convaincre que son unique mission est le maintien de la paix.

: à 7h40 du matin, des obus de mortier s'abattent sur les Irlandais et les combats commencent. L'alimentation en eau de ville et en électricité est coupée par les Katangais. Par téléphone, ceux-ci entament une guerre psychologique, menaçant les Irlandais d'être taillés en pièces et dévorés s'ils ne se rendent pas. Les soldats de l'ONU espèrent que des renforts en provenance d'Élisabethville pourront les délivrer. Une première colonne de secours onusienne est bien partie mais elle ne parvient pas à franchir les deux ponts sur la Lufira qui sont fortement défendus par l'Armée katangaise.

vignette|droite|Un hélicoptère H-19 14 et : poursuite des attaques par les soldats katangais encadrés par des mercenaires européens, principalement français et belges. L'unique Fouga Magister de l'aviation katangaise effectue des mitraillages et des lancers de bombes de .

: au matin un hélicoptère Sikorsky H-19 de l'ONU piloté par un Suédois et un Norvégien parvient à se poser à l'intérieur des positions irlandaises. Il apporte de l'eau en jerrican et des obus de mortier de (alors que les Irlandais n'ont que des mortiers de ). Touché par des tirs du sol, il ne peut repartir (réparé, il sera intégré à l'aviation katangaise). Il s'avère que les jerricans ayant contenu précédemment du mazout, l'eau apportée est imbuvable Dan Harvey, Into action - Irish peacekeepers under fire, Merrion Press, 2017 . Pour empêcher l'arrivée de renforts onusiens à Jadotville, les Katangais font sauter le pont ferroviaire sur la Lufira, gardant le contrôle du pont routier (celui-ci sautera le lors de l'offensive onusienne finale contre l'armée katangaise). Ne disposant plus que de très peu d'eau et de nourriture, le commandant Quinlan se résout en début de soirée à accepter des négociations en vue d'un cessez-le-feu. Un accord oral est obtenu et les combats cessent.

: les Irlandais apprennent que la deuxième tentative d'envoi d'une colonne de secours a échoué la veille devant le pont de la Lufira. Dès lors, à 17h00, un acte de reddition est signé par le commandant et le ministre de l'Intérieur Godefroid Munongo. Malgré l'intensité des tirs, la troupe onusienne ne déplore aucun mort et seulement cinq blessés. Dans la nuit du 17 au 18, l'avion du secrétaire général des Nations unies Dag Hammarskjöld, qui se rendait à Ndola pour rencontrer Tshombé afin de négocier l'arrêt des combats, s'écrase dans des circonstances troublantes.

: les 158 combattants12 officiers, 45 sous-officiers et 101 soldats. sous mandat de l'ONU (155 Irlandais - 2 Suédois (un interprète et un pilote d'hélicoptère) - 1 pilote d'hélicoptère norvégien) sont internés comme prisonniers de guerre à l'hôtel de l'Europe à Jadotville.

: 32 autres combattants (26 Irlandais et 6 Italiens), capturés dans les combats à Elisabethville, sont amenés à l'hôtel de l'Europe.

: tous les prisonniers sont transférés à Kolwezi.

Pertes Le bilan des pertes n'est pas clairement établi. Le , avant la fin des combats, le journal Le Monde évoque un bilan de 150 morts ou blessés pour les Katangais et d'une trentaine de tués ou blessés pour les casques bleus, d'après une Un chasseur à réaction katangais bombarde les " casques bleus " à Jadotville, Le Monde, 16 septembre 1961..

Le , le gouvernement irlandais annonce que les pertes de ses troupes sont de cinq blessés• Les forces de M. Tschombe contrôlent encore une partie d'Élisabethville • Les troupes irlandaises sont toujours assiégées à Jadotville Mystère au sujet du sort de M. Tschombe, Le Monde, 18 septembre 1961..

En 1963, le journaliste Mugur Valahu, de nationalité américaine et roumaine, donne les bilans de quatre blessés et de 191 prisonniers pour les Irlandais. Du côté des Katangais, les pertes sont selon lui de deux soldats africains et d'un mercenaire français tués et de huit blessés.

En 2014, le journal irlandais The Irish Times évoque un bilan de pas moins de 300 morts et blessés pour les Katangais..

Épilogue Le , les militaires onusiens sont libérés à Élisabethville en échange de militaires katangais prisonniers de l'ONU.

En 2005, après des années de silence, le gouvernement irlandais a récompensé la compagnie A d'une Presidential Unit Citation, la première de l'histoire de l'État irlandais.

Dans la fiction Le siège est relaté dans le film Jadotville sorti en 2016. Ce film prend beaucoup de libertés par rapport aux faits historiques.

Voir aussi Bibliographie David O'Donoghue, The Irish army in the Congo, Irish Academic Press, 2006 Michael Whelan, The Battle of Jadotville, South Dublin Libraries, 2006 Rose Doyle, Heroes of Jadotville, New Island, 2006

Articles connexes Armée katangaise

Liens externes https://www.youtube.com/watch?v=srBJNRoCpvo, images de la Compagnie A irlandaise http://www.militaryheritage.ie/images/Jadotville/content/index.html http://source.southdublinlibraries.ie/bitstream/10599/4927/2/The%20battle%20of%20Jadotville.pdf https://www.youtube.com/watch?v=6zf-wydNj9Q https://time.com/4408017/the-siege-of-jadotville-the-true-story-netflix-film/ https://www.military.ie/en/public-information/publications/independent-review-group-jadotville/independent-review-group-report.pdf

Notes et références

Catégorie:Sécession du Katanga Catégorie:Bataille de 1961 Catégorie:Organisation des Nations unies Jadotville Jadotville Catégorie:Likasi Jadotville