La science de l'occlusion dentaire est une branche de l'odontologie qui concerne l'aspect mécanique, statique et dynamique des mâchoires chez l'être humain.
Introduction Pour l’apprenti dentiste, les connaissances de la mécanique des mâchoires pose problème dès le diplôme :
Définition MediaDico définit le terme «occlusion» comme étant un état de «fermeture, état de ce qui est fermé». Le Wiktionnaire définit l'occlusion dentaire comme un état, réflexe ou volontaire, de contacts entre les mâchoires, humaines ou animales, par l'intermédiaire de toutes les dents antagonistes, naturelles ou artificielles (implants dentaires, coiffés d'une couronne prothétique ou prothèse unitaire fixée). La physiologie humaine décrit principalement une occlusion dynamique (synonyme de posture), associée aux différentes « fonctions manducatrices ». Cette « posture » de la mâchoire inférieure dépend autant d'une interaction réciproque entre la gravité terrestre, les déterminants de l’occlusion dentairev(mécanorécepteurs périodontaux ou proprioception desmodontale), les réflexes innés ou proprioceptifs, le jeu musculaire agoniste / antagoniste et le repos physiologique des muscles associé à leur vascularisation, que de la posture de l'extrémité céphalique (tête), du tronc et des membres supérieurs et inférieurs. Quant à l'occlusion « statique fugace », elle est exceptionnelle par sa durée (moins de ), mais le plus souvent induite par la seule injonction iatrogèneOcclusion d'injonction iatrogène lors d'un examen clinique ou lors d'une téléradiographie de la face : le praticien demande au patient de « fermer les dents ». C'est une occlusion volontaire, non une occlusion naturelle.. Bien que largement utilisée dans la profession dentaire, l'occlusion d'injonction iatrogène n’est jamais représentative de toute la fonction manducatrice naturelle (biologique).
L'appellation de la science de l'occlusion dentaire est mal définie. En effet, un flou règne entre les termes suivants : occlusion, occlusodontie, gnathologie, gnathologie fonctionnaliste, occlusion neuromusculaire, occlusodontologie, mécanique des maxillaires
Au , la découverte progressive des bases fondamentales de la médecine générale a bouleversé les dogmes d'antan. L'approche objective de la science de l'occlusion dentaire est devenue de plus en plus technique, ouvrant la porte aux règles de l'art et aux dernières données acquises par les sciences médicales. Aujourd'hui, la justification scientifique devient incontestable et incontournable. Pour le professionnel, il reste cependant difficile d'outrepasser les dogmes acquis de longue date. En effet, ceci implique des choix irréversibles sur ce qu'il faut conserver des enseignements du passé et sur ce qu'il faut avoir le courage de rejeter définitivement.
La science de l'occlusion dentaire peut se comparer à la mécanique d'un véhicule automobile. Celle-ci peut s'étudier soit à l'arrêt ou occlusion statique (occlusion des dents, position de repos physiologique), soit en mouvement ou occlusion dynamique (manducation, mastication, phonation, déglutition). Quant à l'occlusion d'injonction iatrogène, elle ne présente aucun intérêt scientifique.
Bases fondamentales de la Médecine À la conquête de la vérité scientifique Au , plusieurs découvertes procurent des références universelles et des données acquises aux bases fondamentales de la Médecine (BAC en médecine générale): physique (gravité terrestre), chimie, biologie, anatomie, physiologie humaine (réflexe de Pavlov; réflexes de Sherrington), biochimie (cycle de Krebs)
L'être humain non malade repose de moins en moins sur des dogmes: ce que l'on appelait «» ou « » en gnathologie (1924) devient précis, scientifique et reproductible. Aujourd'hui, les bases fondamentales de la médecine sont devenues objectives, rigoureuses et incontournables pour toute science de l'occlusion.
Physique En plus de l'action biologique des muscles sur les structures anatomiques, les composants de l'appareil manducateurs sont soumis à différentes forces. Une force (physique) constante distingue la masse du poids des organes buccaux: elle répond à la loi universelle de la gravitation terrestre (gravitation, pesanteur et accélération).
Anatomie de l'appareil manducateur Le parodonte, ou périodonte, réunit la dent à l'os alvéolaire supporté par les maxillaires. Un nombre important de mécanorécepteurs, ou propriocepteurs desmodontaux, sont logés dans le ligament parodontal : ils permettent d'informer le système nerveux central (SNC) sur l'intensité et la direction des contraintes exercées sur les dents.
L'articulation temporo-mandibulaire (A.T.M.) a un rôle très secondaire dans le fonctionnement de l'appareil manducateur.
Les muscles manducateurs comprennent les muscles masticateurs, ainsi que les muscles sus-hyoïdiens et les muscles sous-hyoïdiens. Ils interviennent autant dans la posture, que dans les différentes fonctions manducatrices.
Le système nerveux reçoit les informations dentaires, musculaires, articulaires ou algiques (douleurs) via les propriocepteurs desmodontaux de type 1 (dents), les corpuscules de Meissner (lèvres, muqueuses, langue), les corpuscules de Golgi (ATM), les fuseaux neuromusculaires (muscles) ou les terminaisons libres dans ces divers éléments anatomiques. La branche mandibulaire du nerf trijumeau (V) et sa branche motrice (V) sont les principales voies vectrices de l'information sensitive, sensorielle ou motrice.
Physiologie de l'appareil manducateur et des muscles La relation dento-dentaire, statique ou dynamique, réflexe ou volontaire
La relation maxillo-mandibulaire, ou fonction manducatrice
Les muscles On parlera de muscles manducateurs lors d'une fonction précise, réflexe ou volontaire : mastication, phonation, déglutition On réserve le terme « muscles posturaux » lors d'une inactivité relative de l'appareil manducateur : c'est la position de repos physiologique de la mandibule. Pour le surplus, voir myocyte et contraction musculaire.
Le mouvement réflexe
Le mouvement volontaire
Biochimie du myocyte strié et myalgie Le muscle postural, contracturé à plus de 30 % de la contraction maximale volontaire (C.M.V.), voit ses veines collapsées (pincées). Donc, le débit sanguin s'annule dans le muscle, ainsi que l'approvisionnement en oxygène et l'élimination des produits du catabolisme.
Au sein de la cellule musculaire (myocyte), le rendement de la glycolyse et du cycle de Krebs, en présence ou non d'oxygène, chute de 36 ATP (respiration) à 2 ATP (fermentation) en l'absence d'oxygène. Il s'ensuit une production d'acide lactique (lactates) qui stimule les terminaisons nerveuses libres responsables de la sensation de douleurs. C'est la crampe musculaire douloureuse, ou myalgie.
Dans un laboratoire de neurophysiologie, seule une tétanisation du muscle () contracturé permet un lavage complet du muscle contracturé. Chez le patient, on traitera les causes produisant les crampes musculaires de l'appareil manducateur. Ceci permet de retrouver une position de repos physiologique pour tous les muscles posturaux de la mandibule.
Historique Classification des malocclusions
Bien avant la découverte et la compréhension des mécanismes biologiques des réflexes (1917), puis des mécanismes biochimiques dans la cellule musculaire (1953), E.H. Angle (1855-1930) établit une Classification des malocclusions dès 1898. Ce sont les modèles en plâtre des mâchoires d'un millier de ses patients qui lui servent de support. La Classification n'a qu'un seul but: faciliter le « diagnostic » des pathologies de l'occlusion statique. dans l'esprit d'E.H. Angle, toutes ces malocclusions n'ont donc pas la vocation de servir un but thérapeutique.
Dans son ouvrage de 1900, E.H. Angle cite expressément : ().
E.H. Angle postulait que la Classification correspondait aussi .
Dans sa préface de 1906, E.H. Angle, alors âgé de 51 ans, vante les mérites de l'occlusion de la première molaire supérieure. La dévotion pour cette dent est, pour lui, le nombril sacralisé du développement de toute la face.
De 1898 () à 1907 (), E.H. Angle écrivait : :
Class I Class II Division 1 90 Subdivision 34 Division 2 42 Subdivision 100 Classe III Division 34 Subdivision 8 1.000
Conclusion : toutes les classes d'E.H. Angle, en ce compris la Classe I (692 patients sur ), sont des classes de malocclusions.
Gnathologie
La gnathologie se fonde sur l’existence présumée d’un « », ou axe bi-condylien (axe charnière) de la mâchoire inférieure. Or, depuis 1924, l’existence de cet axe imaginaire n’a jamais été confirmée, ni scientifiquement, ni cliniquement. La gnathologie repose sur une mise en articulateur d'une reproduction en plâtre (« modèles ») des deux mâchoires du patients, modèles disposés en occlusion d'injonction iatrogène via deux cires occlusales, ou occlusion volontaire statique. Outre l'instabilité et la non reproductibilité de cette position volontaire, cette approche iatrogène diverge radicalement des réflexes naturels, associés à toute fonction manducatrice physiologique. Ensuite, cette mise en articulateur est comparées aux canevas de la Classification des malocclusions, qu'E.H. Angle a établi sur des modèles en plâtre (1898), disposés en occlusion iatrogène. Et non sur l'occlusion naturelle présentée par ces patients. L'emprisme, ajouté par cette classification de 1898, est toujours d'actualité en dentisterie générale, en orthodontie (ODF) et en chirurgie maxillofaciale (CMF).
L'analyse céphalométrique (ODF, CMF), quantifiée sur téléradiographie latérale du visage disposée en bouche fermée, à la demande du médecin radiologue, est du même empirisme : aucun respect de tout caractère dynamique, physiologique ou biochimique, de la fonction manducatrice naturelle. La « gouttière occlusale » est le fruit expérimental essentiel de la gnathologie. Malheureusement, cette philosophie ne répond jamais aux critères universels de la physique, ni aux impératifs de la physiologie manducatrice. De ce fait, il ne conduit jamais au moindre traitement efficace. Tout est réversible, temporaire et sans aucune finalité thérapeutique. Le plus souvent, le patient est abandonné à lui-même, sa gouttière occlusale restant dans sa main.
In fine : la gnathologie est plus la science des articulateurs dentaires, outils très utiles aux techniciens dentaires, qu’une « science dentaire » au bénéfice des patients. Si l'occlusion neuromusculaire est une branche de la gnathologie fonctionnaliste, alors elle a aussi été balayée en 1996 par les prix Nobel (voir ci-dessous), en même temps que l’enseignement de la gnathologie.
Pour A. Jeanmonod (1988) : . Pour l'International Academy of Gnathology (IAG), : Or, l’appareil manducateur a bien d’autres fonctions que la mastication des aliments.
Occlusion neuromusculaire ou EMG-KNG
Synonymes : Électromyographie (EMG) et Kinésiographie (KNG) crâniomandibulaires, ou EMG-KNG ( Lorenzo BazzottiLorenzo Bazzotti, « Cours de Kinésiographie Electromyographie Crâniomandibulaire », Service de Chirurgie Orale et Implantaire ( R. Legrand), département de Dentisterie, faculté de Médecine, Université de Liège (ULG), , Turin (Italie), 1998).