Antichrist est un film d'horreur franco-germano-danois-polonais réalisé par Lars von Trier. Il est sorti le . Présenté en compétition officielle au festival de Cannes 2009, il a été récompensé par le prix d'interprétation féminine attribué à Charlotte Gainsbourg.

Le film met en scène un couple qui perd son enfant dans un accident, alors qu'ils étaient occupés à faire l'amour. La femme se sent responsable. Son mari (psycho)thérapeute tente de la soigner. La thérapie les amènera à se rendre dans un chalet retiré dans les bois, où la femme et son fils avaient coutume de passer du temps.

Le film est dédié au réalisateur Andreï Tarkovski (1932-1986).

Synopsis Le film est divisé en quatre chapitres, encadrés par un prologue et un épilogue :

Prologue Le couple fait l'amour - scène filmée au ralenti, en partant de la douche vers leur chambre. Pendant ce temps, leur enfant sort lentement de son enclos. Il va dans la chambre de ses parents, les voit faire l'amour. Il monte sur une table contre un mur avec une fenêtre entrouverte, fait tomber des objets. Le couple continue ses ébats. Finalement l'enfant se met debout sur le rebord de la fenêtre, glisse et tombe par la fenêtre, dans la rue, dans la neige.

Un plan sur une machine à laver tournant nous indique peut-être que c'est son bruit qui a empêché les parents de se rendre compte de la gravité de la situation. Chapitre Un (5 min 45 s) : Grief (Deuil) Lors de l'enterrement, la femme s'effondre. Un mois plus tard, son mari la sort de l'hôpital. Elle se sent terriblement coupable, sa souffrance est immense, tourne au cauchemar, à l'angoisse, au point qu'elle désire mourir aussi. Son mari tente une thérapie pour l'aider. Il reçoit en parallèle une lettre d'un médecin légiste, qu'il préfère ne pas ouvrir dans l'immédiat.

Il questionne sa femme sur ses peurs, mais elle n'est pas certaine d'en avoir de précises, sinon celle d'un lieu nommé Eden (mais pas au sommet de la pyramide de ses peurs cependant), sorte de chalet dans la forêt où elle avait pour habitude d'aller avec son fils. Ils décident de s'y rendre dans le cadre de la thérapie.

Elle décrit différents lieux, sur le chemin, qui lui font peur : un pont, un terrier de renard, un arbre mort. Arrivés sur les lieux, la femme fait une sieste dans les bois, et le mari voit alors une étrange apparition de biche, au faon mort-né encore accroché à son corps.

Chapitre Deux (36 min 00 s) : Pain : Chaos Reigns (Douleur : le chaos règne) Plusieurs souvenirs reviennent à la femme dans ce lieu où ils ont été avec leur enfant. Elle compare les glands qui tombent du chêne sur le toit de la cabane à des enfants de l'arbre qui tombent et meurent par milliers, et elle en conclut que la nature est terrible, semblable à Satan. Le mari suppose alors que ce qu'elle nomme « Satan » pourrait être le sommet de la pyramide de ses peurs. Finalement, à force de thérapie, elle semble aller mieux. Cependant il reste dubitatif, et elle le prend mal.

Alors qu'elle part dans la forêt, en tentant de la suivre, il trouve dans les fougères un étrange renard, blessé ou mort, qui lui dit d'une voix grave « Le chaos règne ».

Chapitre Trois (58 min 10 s) : Despair (Gynocide) (Désespoir (Gynocide)) On découvre que par le passé elle a fait une thèse sur les sorcières et les souffrances infligées aux femmes. Il semble que sa grande culpabilité dans la mort de son fils pendant qu'elle faisait l'amour la conduit à donner raison aux tortionnaires qu'elle dénonçait dans sa thèse ; elle dit à son mari : « Les femmes ne contrôlent pas leur propre corps, c'est la nature ».

La lettre reçue par son mari plus tôt s'avère être une autopsie révélant que leur fils avait une légère malformation aux pieds. Elle trouve la lettre ; quant au mari, il trouve des photographies de son fils à Eden, avec les chaussures à l'envers (chaussure du pied droit au pied gauche, et inversement). Il lui montre ces photos, et elle semble étonnée. Dans l'atelier, il trouve d'autres photos aux chaussures inversées, et complète le sommet de la pyramide des peurs de sa femme, comme étant elle-même.

Elle l'agresse par surprise dans l'atelier. Ils font l'amour et elle lui donne alors un coup sur le sexe avec une bûche ; il s'évanouit, elle le masturbe et il éjacule du sang (toujours évanoui). Elle creuse un trou au vilebrequin dans son mollet, et y attache une meule en y passant une barre métallique, serrée d'un écrou, pour l'immobiliser. Elle sort et cache la clé à molette sous le chalet. Il finit par se réveiller, s'échappe en rampant.

S'apercevant de sa fuite, elle cherche dans les bois. Il se cache dans le terrier de renard dont elle avait peur. Il y trouve un corbeau vivant, enterré, qui se met à crier. Sa femme le trouve, essaie de le faire sortir, cherche une pelle pour creuser. Elle finit par le frapper et l'ensevelir avec cette pelle.

Chapitre Quatre (1 h 23 min 00 s) : The Three Beggars (Les trois mendiants) Elle reprend ses esprits et déterre le mari, toujours vivant malgré les douleurs infligées. Elle le ramène avec sa meule au mollet a l'intérieur du chalet. Il lui demande si elle va le tuer, elle lui répond que pas encore, seulement quand les trois mendiants seront là ; car quand ils sont là, quelqu'un doit mourir. Elle sombre à nouveau dans une crise de démence, prend des ciseaux et se coupe le clitoris et une partie des lèvres (scène filmée en gros plan). Elle s'évanouit. Le mari voit à nouveau les trois animaux apparaître, les cris du corbeaux sous terre lui font fracasser le plancher, et il trouve la clé à molette.

Il essaie de se libérer de sa meule, mais sa femme se réveille et tente de l'empêcher, l'attaquant avec une paire de ciseaux. Il jette les ciseaux, puis se libère, et finalement il l'étrangle, la tue puis la brûle dans un grand feu devant la cabane. Épilogue (1 h 35 min 50 s) Le mari s'en retourne avec une béquille. Il voit apparaître des centaines de femmes, visages floutés, qui se rassemblent (scène qui évoque le sabbat des sorcières).

Fiche technique Titre : Antichrist Réalisation : Lars von Trier Scénario : Lars von Trier et Anders Thomas Jensen Directeur de la photographie : Anthony Dod Mantle Montage : Anders Refn Production : Société de production: Zentropa Pays de production : , , , , et Langues originales : anglais, allemand et français Genres : drame, horreur, thriller Dates de sortie : France : (Festival de Cannes) et (sortie nationale) Danemark : Allemagne : Belgique : Pologne : Film interdit aux moins de lors de sa sortie en salles en France.

Distribution

Willem Dafoe (VF : Thierry Hancisse) : Lui Charlotte Gainsbourg (VF : elle-même) : Elle Storm Acheche Sahlstrøm : Nic Source et légende : Version française (VF) sur le site d'AlterEgo (la société de doublage« Fiche de doublage V. F. du film » sur Alterego75.fr, consulté le 14 juin 2013)

Technique et style Le Prologue et l'''Épilogue sont des scènes en noir et blanc filmées au ralenti (jusqu'à par seconde). Lars von Trier qualifie le style de ces scènes de « monumental », en comparaison avec le reste du film, qu'il voulait plus brut, à la façon d'un documentaire (utilisation comme souvent chez Lars von Trier d'une caméra à l'épaule)« Commentaire audio du film disponible dans les bonus du DVD du film ».. Le réalisateur décrit sa démarche créative comme étant presque surréaliste, bien que n'usant pas de ce terme : , le 29 décembre 2009. Confessions de Lars von Trier sur le site du film : « Le travail sur le script n'a pas été habituel. Les scènes étaient ajoutées sans raison. Les images étaient libres de toute logique. Elles provenaient souvent de rêves que je faisais à cette période, ou de rêves que j'avais fait plus tôt dans ma vie. ». (« Je n'ai pas suivi ma méthode de travail habituelle sur ce script. Des scènes ont été ajoutées sans raison. Les images ont été composées sans pensée logique ou dramatique. Elles venaient souvent des rêves que j'avais pendant cette période, ou de rêves que j'ai eus plus tôt dans ma vie »).

Polémique et accueil critique Le film a été projeté en sélection officielle au Festival de Cannes le où il crée une polémique. Les principales critiques portent sur l'extrême violence de certaines scènes où se côtoient sexe et mutilation. À la conférence de presse, Lars von Trier refuse de se justifier sur sa vision. Devant l'insistance des journalistes et un moment de silence, il déclare : Je suis le meilleur réalisateur au monde. dépêche Reuters du 18 mai 2009.. (« J'ai le sentiment que c'est une étrange chose que j'aie à m'excuser [...] Je suis le meilleur réalisateur de films du monde »).

Le considérant comme un film misogyne, le Jury œcuménique lui attribue un « anti-prix »..

Les critiques français ont émis de grandes réserves sur le film. La presse a été (presque) unanimement assassine. Au Masque et la Plume, Xavier Leherpeur de Studio Ciné Live parle d'un film à l', digne ou d'un . Danièle Heymann de Marianne souligne le discours frelaté du cinéaste, , qui produit un . Michel Ciment de Positif évoque provoqué par le cinéaste au Festival de Cannes, qui ne fait simplement que du . Eva Bettan de France Inter résume le film comme étant un idéologique, un agrégat d'éléments Le Masque et la Plume sur France Inter le 24 mai 2009.. Le Figaro évoque Le Figaro ., parce que Le Figaro .. Pierre Murat dans Télérama relève également l'échec de Lars Von Trier à atteindre : le critique accuse le prologue du film d'être et le propos d'être Telerama .. Le Parisien salue la prestation des acteurs mais juge le film et rajoute que le récit Le Parisien .. Olivier Seguret dans Libération avoue son incapacité à saisir le message du film : Libération .. Pour comprendre l'œuvre, Jacques Mandelbaum dans Le Monde propose de . Mais le critique s'interroge : Le Monde ..

Jean-Michel Frodon dans Les Cahiers du cinéma et Pascal Mérigeau dans Le Nouvel Observateur ont pour leurs parts fortement défendu le film.

En , le film est interdit aux moins de 18 ans en France, à la suite des demandes de l'association Promouvoir au Conseil d'État.

Distinctions

Malgré les vives critiques et la controverse, le Prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes 2009 est décerné à Charlotte Gainsbourg. La rumeur en a même fait le film favori de la présidente du jury Isabelle Huppert qui aurait souhaité l'imposer pour la Palme d'or, créant ainsi des conflits au sein du jury, notamment avec le réalisateur américain James GrayIsabelle Huppert, présidente à poigne dans Le Parisien du 25 mai 2009.Isabelle Huppert a-t-elle imposé sa palme d'or ? dans Le Figaro du 25 mai 2009..

Il reçoit le Nordic Council Film Prize en 2009, le Grand Prix de l'Union de la critique de cinéma (UCC) en 2010 et le Robert du meilleur film danois.

Autour du film La musique entendue dans le prologue est l'aria « Lascia ch'io pianga » (« Laissez-moi pleurer ») extrait de Rinaldo, un opéra en trois actes de Haendel. Lars von Trier était en état dépressif pendant l'écriture du scénario et le tournage du film lui a été salutaire : « Je me trouvais dans une profonde dépression, il y a deux ans. C'était très dur, et il a été pour moi comme une thérapie » Interview de Lars von Trier avec Jean-Luc Wachthausen du 18 mai 2009.. Lars von Trier dit avoir beaucoup pensé au dramaturge suédois Strindberg et au réalisateur russe Tarkovski, auquel le film est dédié, pendant le tournage du film. Pour le rôle féminin principal, Lars von Trier songeait initialement l'attribuer à l'actrice Eva Green, mais cette dernière déclina la proposition, car elle ne veut plus tourner des scènes trop dénudées à la suite de son expérience sur le film Innocents..

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