Les salles des Croisades sont cinq salles du Château de Versailles, créées par Louis-Philippe en 1843, où sont exposés les armoiries et noms des principaux chefs croisés, et des toiles historiques représentant des événements des croisades et des portraits de chefs croisés.

Aperçu La redécouverte et l'étude du Moyen Âge, dès avant 1789, s'amplifient au lendemain de la Révolution française. Certes la création du musée des Monuments français date de 1794, mais c'est en 1831 que Victor Hugo publie Notre-Dame de Paris. C'est sous la Restauration qu'est créée l'École des chartes (1821) et que le musée du Louvre acquiert deux importantes collections d'objets médiévaux. De son côté, le musée national du Moyen Âge, dans l'hôtel de Cluny est inauguré en 1844. Et puis, Eugène Viollet-le-Duc restaure les sites médiévaux majeurs pendant le Second Empire. Mais en réalité, c'est tout un peuple ou tout au moins ses élites les plus cultivées qui se passionnent pour l'histoire et l'archéologie. Cet intérêt pour le Moyen Âge se retrouve aussi en Grande-Bretagne, où il fait le succès du roman Ivanhoé, ainsi que dans l'Allemagne pré-romantique et romantique. Les Things, ces assemblées de compagnons sous l'Antiquité et le Moyen Âge germaniques se retrouvent même dans les écrits des premiers socialistes..

La galerie des Batailles et les salles des Croisades ne sont pas créées par Louis-Philippe dans le but de permettre au peuple de retrouver d'hypothétiques libertés germaniques ou gauloises, mais de réconcilier les Français après les excès de certains révolutionnaires ou royalistes dans les décennies précédentes. , commente Victor Hugo. Le roi bourgeois essaie dans le château des derniers Bourbons, en rendant hommage aux croisés, de flatter la noblesse et le clergé qui lui sont farouchement hostiles. En 1830, beaucoup d'officiers et de fonctionnaires ont en effet démissionné pour montrer leur fidélité à . Cette tentative va échouer. Toutefois, comme pour les Honneurs de la Cour, ils fournissent des preuves pour que leurs familles soient représentées sur les murs de ces cinq salles. Mais les rares familles non éteintes n'abandonnent pas leurs convictions légitimistes pour cela et dénoncent, comme les exclues, des erreurs, soit bien réelles, soit des détails, comme la représentation des blasons. Ceux-ci pour les premiers croisés sont les armes que porteront leurs descendants. Comme on peut le voir les premiers blasons sont très simples. Le premier figuré, celui des Montpellier, est : De gueules.

Dès 1834, Louis-Philippe, dans le musée de l'Histoire de France qu'il vient de créer à Versailles, décide de consacrer aux croisades une salle du premier étage, derrière le salon d'Hercule. L'espace trop étroit est vite abandonné pour le rez-de-chaussée de l'aile du Nord. Le musée de l'Histoire de France du château de Versailles, , est inauguré officiellement par Louis-Philippe le , dans le cadre des festivités qui marquent le mariage du prince royal avec la princesse Hélène de Mecklembourg. Il comprend notamment ces salles des Croisades dont les frises portent les armes et les noms des chevaliers croisés ouvertes au public en 1843.

Pour les meubler, Louis-Philippe commande et plus de . Les portes de l'Hôpital des chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem sont rapportées de Rhodes pour être insérées dans le décor néogothique qu'elles ont inspiré à l'architecte Frédéric Nepveu. Louis-Philippe innove en créant des salles dédiées aux croisades en tant qu'événements historiques et non comme un prétexte à glorifier un personnage. Les cinq salles des Croisades et la partie de la galerie de sculpture 16 qui leur sert de vestibule, occupent au rez-de-chaussée le gros pavillon de l'aile du Nord, qui portait aussi le nom de pavillon de Noailles. Il était destiné à loger les principaux personnages de la suite du roi, de la reine et des princes.

Enjeu symbolique et création de faux

La création des salles des Croisades a donné indirectement naissance à l'une des entreprises de faux documents du Moyen Âge les plus importantes de l'histoire française : la « collection Courtois ». Après l'ouverture des secondes salles en 1842, un grand nombre de familles de noblesse plus ou moins ancienne (mais la plupart fort riches) ont subitement présenté des actes prouvant la participation d'un de leurs ancêtres aux croisades. Ces actes avaient, en grande partie, été achetés à l'officine Courtois, qui les prétendaient issus des archives d'une très vieille banque de Venise. Cet habile faussaire utilisait d'authentiques documents et sceaux médiévaux, en les grattant et en y ajoutant les noms voulus. Cette entreprise a réussi à tromper l'expert désigné par le pouvoir royal, Léon Lacabane. Bien que cette abondance de titres anciens ait rapidement paru suspecte, ce n'est qu'en 1956 que Robert-Henri Bautier mit au jour le mécanisme de ces falsifications...

Philippe du Puy de Clinchamps, dans son ouvrage intitulé La Noblesse, écrit :

Régulièrement, des chercheurs apportent de nouveaux éclairages, tendant à nuancer le jugement qui classe toutes les chartes Courtois parmi les faux retentissants. L'état actuel des recherches tendrait à nuancer les résultats obtenus par R.-H. Bautier, montrant que dans les chartes Courtois figureraient quelques documents parfaitement authentiques.

Première salle des Croisades

La première salle des Croisades et la partie du vestibule qui la précède, formaient un appartement occupé sous par le maréchal d'Estrées et, sous , d'abord par madame de Conflans, gouvernante des enfants de la maison d'Orléans, puis par la duchesse de Lauraguais, dame d'atour de la dauphine. Le plafond et la frise de cette salle sont décorés des armoiries des rois, princes, seigneurs et chevaliers qui prirent éventuellement part aux trois premières croisades, de 1096 à 1191.

Croisés de la première salle 1096  30px Aymery , vicomte de Narbonne. 30px Arnaud de Grave. 30px Isarn, comte de Die. 30px Pierre de Champchevrier. 30px Humbert de Marsanne. 30px Patri, seigneur de Chourses. 30px Hervé de Léon. 30px Chotard d'Ancenis. 30px Renaud de Briey. 30px Folcran de Berghes. 30px|d'argent au chef d'azur Hugues de Gamaches. 30px Riou de Lohéac. 30px Conan, fils du comte de Lamballe. 30px Hélie de Malemort. 30px Foulques de Grasse. 1101 30px Renaud , seigneur de Château-Gontier. 1102 30px|Blason Aycard de Marseille Aycard de Marseille. 1106 30px Hugues du Puiset, vicomte de Chartres. 1113 30px Rivallon de Dinan. 1119 30px Robert de Roffignac. 1120 30px Foulques d'Anjou, comte d'Anjou, depuis roi de Jérusalem. 1124 30px Guillaume de Biron. 1130 30px Hugues Rigaud, chevalier de l'ordre du Temple. 1136 30px Robert le Bourguignon, grand maître de l'ordre du Temple. 1144 30px Baudouin , roi de Jérusalem. 1147 30px Pierre de France, depuis seigneur de Courtenay. 30px|Blason famille de Beynac Pons et Adhémar de Beynac. 30px Évrard des Barres, grand maître de l'ordre du Temple. 30px|Blason Guillaume de Varennes Guillaume de Varennes. 30px|Blason Artaud de Chastelus Artaud de Chastelus. 30px Jean, seigneur de Dol. 30px Hugues de Domène. 30px Guiffray, seigneur de Virieu. 30px Hesso, seigneur de Reinach. 1153 30px|Blason famille de Chanaleilles Guillaume de Chanaleilles. 30px Bertrand de Blanquefort, grand maître de l'ordre du Temple. 1159 30px Hugues , vicomte de Châteaudun. 1160 30px Auger de Balben, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 1161 30px Gilbert d'Aissailly, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 1162 30px Amaury de Jérusalem, roi de Jérusalem. 1168 30px Philippe de Naplouse, grand maître de l'ordre du Temple. 30px Castus, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 1170 30px Joubert de Syrie, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 1171 30px Odon de Saint-Chamant, grand maître de l'ordre du Temple. 1173 30px Baudouin , roi de Jérusalem. 1179 30px Arnaud de Toroge, grand maître de l'ordre du Temple. 30px Terric, grand maître de l'ordre du Temple. 1185 30px Baudouin , roi de Jérusalem. 1187 30px Conrad de Montferrat, marquis de Tyr. 30px Garnier de Naplouse, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 30px Frère Guérin, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 1188 30px Gérard de Ridefort, grand maître de l'ordre du Temple. 1190 30px Guy de Dampierre. 30px Guillaume, seigneur d'Estaing. 30px Albert , seigneur de La Tour-du-Pin. 30px Jean et Gautier de Chastenay. 30px|Blason famille de La Guiche Hugues et Renaud de La Guiche. 30px Alain , vicomte de Rohan. 30px Hugues et Liébaut de Bauffremont. 30px Dreux de Nettancourt. 30px Gilles de Raigecourt. 30px|Blason famille de Cherisey Henri et Renaud de Chérisey. 30px Ulric de Dompierre, seigneur de Bassompierre. 30px Hugues de Clairon. 30px Hugues de Foudras. 30px Renaud et Herbert de Moustier. 30px Jean et Guillaume de Drée. 30px Guigues de Moreton. 30px Guillaume et Pierre de Vallin. 30px André d'Albon. 30px Raoul de Riencourt. 30px Foulques de Pracomtal. 30px|Blason famille de Castelbajac anc. Bernard de Castelbajac. 30px Foulques de Beauvau. 30px Albéric d'Allonville. 30px Thibaut des Escotais. 30px|de sable à la bande fuselée d'argent Hervé de Broc. 30px Harduin de La Porte. 30px Mathieu de Jaucourt. 30px Foucauld de La Rochefoucauld. 30px Guillaume et Humbert Leclerc. 30px|Blason Frolois Miles de Frolois. 30px Élie de Cosnac. 30px Gilon de Versailles. 30px Geoffroy de La Planche. 30px|Blason famille de Bueil G. de Bueil. 30px Simon de Vignacourt. 1191 30px Guillaume des Rotours. 30px Jourdain d'Amphernet. 30px Hugues Bonin. 30px Falcon de Chaponay. 30px Géraud de Boysseulh. 30px|link=|alt=|blason à dessiner Jean de Lur.

Toiles de la première salle

Levée du siège de Salerne. Vers 1016 Auteur : Année : 1839 Dimensions : 98 , 103 Commentaire par Soulié : Notices : , 30–31.340, 84.000PE004383.

Robert Guiscard, duc de Pouille et de Calabre. droite|100px Auteur : Année : 1843 Dimensions : 104 , 76 Commentaire par Soulié : Notices : 341, 84.000PE004384.

, comte de Sicile. droite|100px Auteur : Année : 1843 Dimensions : 104 , 80 Commentaire par Soulié : Notices : 342, 84–85.000PE005238.

Bataille de Civitella. Auteur : Année : 1841 Dimensions : 196 , 103 Commentaire par Soulié : Notices : , 31–32.343, 85.000PE004385.

Combat de Céramo. 1061 droite|150px Auteur : Année : 1839 Dimensions : 71 , 79 Commentaire par Soulié : Notices : , 33.344, 85.000PE004386.

Henri de Bourgogne reçoit l'investiture du comté de Portugal. 1094 droite|150px Auteur : Année : 1841 Dimensions : 71 , 79 Commentaire par Soulié : Notices : , 36–37.345, 85.000PE004387.

(Raymond de Saint-Gilles), comte de Toulouse. droite|100px Auteur : Année : 1843 Dimensions : 104 , 80 Commentaire par Soulié : Notices : 346, 85–86.000PE005239.

, prince d'Antioche. droite|100px Auteur : Année : 1843 Dimensions : 104 , 77 Commentaire par Soulié : Notices : 347, 86.000PE004388.

, duc de Bourgogne. droite|100px Auteur : Année : 1844 Dimensions : 104 , 61 Commentaire par Soulié : Notices : 348, 86.000PE004389.

Alexis Comnène reçoit à Constantinople Pierre l'Ermite. 1096 droite|150px Auteur : Année : 1839 Dimensions : 98 , 136 Commentaire par Soulié : Notices : , 39–40.349, 86.000PE004390.

Adoption de Godefroy de Bouillon par Alexis Comnène. 1097 droite|150px Auteur : Année : 1842 Dimensions : 196 , 310 Commentaire par Soulié : Notices : , 40–42.350, 86–87.000PE004391.

Passage du Bosphore. 1097 droite|150px Auteur : Année : 1854 Dimensions : 325 , 558 Commentaire par Soulié : Notices : 351, 87.000PE004392.

Bataille sous les murs de Nicée. 1097 droite|150px Auteur : Année : 1839 Dimensions : 98 , 148 Commentaire par Soulié : Notices : , 42–44.352, 87.000PE004393.

Baudouin s'empare de la ville d'Édesse. 1097 droite|100px Auteur : Année : 1839 Dimensions : 196 , 136 Commentaire par Soulié :