La bataille du Pont-Barré se déroule du au lors de la première guerre de Vendée. Elle se termine par la victoire des Vendéens qui repoussent une offensive des républicains lancée depuis Angers.
Prélude Le , la Convention nationale adopte le décret relatif aux mesures à prendre contre les rebelles de Vendée, qui ordonne notamment le déploiement en Vendée de l'Armée de Mayence.
Le , les généraux et les représentants en mission de l'Armée des côtes de Brest et de l'Armée des côtes de La Rochelle se rassemblent à Saumur pour tenir le conseil de guerre. Le plan de campagne est établi le et prévoit une offensive générale visant à prendre en tenaille les Vendéens : l'Armée des côtes de Brest, commandée par le général Canclaux et l'Armée de Mayence, commandée par le général Aubert-Dubayet, doivent attaquer depuis Nantes, au nord-ouest de la Vendée militaire, tandis que l'Armée des côtes de La Rochelle, commandée par le général Rossignol, doit s'avancer à l'est et au sud du territoire insurgé. Le plan prévoit la jonction de ces forces à Cholet et Mortagne-sur-Sèvre après une dizaine de jours de campagne.
Le , hommes de l'Armée de Mayence arrivent à Nantes. Le , l'avant-garde mayençaise sort de la ville et entre en territoire insurgé.
En Maine-et-Loire, deux divisions de l'Armée des côtes de La Rochelle doivent se mettre en mouvement : celle de Saumur, commandée par le général Santerre, et celle d'Angers, commandée par le général Charles Duhoux d'Hauterive. La première doit marcher sur Vihiers et la seconde sur le Pont-Barré.
Forces en présence Le , Choudieu et Richard, les représentants en mission auprès de l'Armée des côtes de La Rochelle, ordonnent une levée en masse des citoyens en état de porter les armes dans les districts d'Angers, Saumur, Baugé, Segré, Châteauneuf, Château-Gontier, La Flèche, Sablé, Bourgueil et Chinon, situés dans le nord du département de Maine-et-Loire, le sud du département de la Mayenne, le sud-ouest du département de la Sarthe et l'ouest du département d'Indre-et-Loire.. Ils fixent le début du rassemblement au , à l'appel du tocsin, des citoyens de ces districts et .. Les officiers municipaux sont chargés d'assurer la subsistance pour six autres jours. Pour se distinguer des insurgés, les paysans mobilisés arborent de petites bandoulières avec des rubans tricolores. Ces levées viennent renforcer les troupes de Duhoux et Santerre. Le premier dispose alors de hommes sous ses ordres, dont hommes de troupes de ligne — constitués principalement par les bataillons de volontaires de Jemmapes et des bataillons d'Angers, dont le bataillon des Pères de famille — et hommes des réquisitions.
Du côté des Vendéens, le gros de l'Armée catholique et royale est alors engagé contre l'Armée des côtes de Brest et l'Armée de Mayence. Pour défendre le Pont-Barré, les insurgés n'ont que hommes de la division de Chemillé, commandés par le chevalier Jean-Lambert-Louis Duhoux d'Hauterive — frère de Pierre Duhoux d'Hauterive et beau-frère du généralissime Maurice d'ElbéePierre Gréau, L'énigme du chevalier Duhoux, Revue du Souvenir vendéen, n°269, décembre 2014, p.11-21. —, le chevalier Henri du Verdier de La Sorinière et Sébastien Cady. Plusieurs auteurs du siècle présentent le chevalier Duhoux comme le neveu du général républicain, mais en 2014 l'historien Pierre Gréau conclut qu'il n'existe aucun lien de parenté avéré entre les deux hommes.
Déroulement thumb|left|upright=1.2|Vue du vieux Pont-Barré en 2010.
Le , les forces de Duhoux et de Santerre se mettent en marche.. La colonne de Duhoux sort des Ponts-de-Cé, au sud d'Angers, et entre dans le territoire insurgé.. Cependant, les buttes d'Erigné et la petite rivière d'Aubance n'offrant pas de défenses naturelles solides, elle ne rencontre aucune opposition jusqu'au Layon, un affluent de la Loire. Le soir, les républicains campent sur les hauteurs de Beaulieu-sur-Layon, au nord de la rivière.
Le , Duhoux lance l'attaque.. Les républicains et les Vendéens sont alors séparés par le Layon, qui peut être franchi par trois ponts : le pont de Bézigon à l'ouest, le Pont-Barré au centre et le pont des Planches à l'est, sous Beaulieu-sur-Layon. Les Vendéens résistent plusieurs heures, mais trop inférieurs en nombre, ils abandonnent les trois ponts le soir du premier jour. Les républicains se rendent alors maîtres de Saint-Lambert-du-Lattay, abandonné par ses habitants..
Le , les républicains poussent jusqu'à Chemillé et La Jumellière, massacrant en chemin 80 civils, hommes et femmes. Renée Bordereau, cavalière dans l'armée vendéenne, affirme dans ses mémoires avoir vu lors de cette bataille un enfant de six mois embroché avec deux poulets sur la baïonnette d'un soldat. Seul Cady tente alors de s'opposer à l'avance des patriotes, avec à peine une centaine de combattants. Mais le même jour, à une vingtaine de kilomètres au sud du Pont-Barré, les troupes de Santerre sont totalement mises en déroute à Coron par les forces de Piron de La Varenne lors de la bataille de Coron. Piron ne s'attarde pas après sa victoire et envoie aussitôt de la cavalerie et plusieurs milliers de fantassins sur Chemillé. Dès le soir du , Duhoux, La Sorinière et Cady sont en mesure de lancer une contre-attaque. Les républicains battent alors en retraite dans la précipitation et repassent le Layon. Le désordre est tel que plusieurs se noient. La nuit tombe ensuite, mais les insurgés continuent de mener des attaques de harcèlement. Malgré sa situation délicate, le général républicain Duhoux n'ordonne pas la retraite, n'ayant été informé ni par Rossignol, ni par Santerre, de la déroute de Coron..
Le matin du , les deux armées se font à nouveau face de part et d'autre du Layon. Les Vendéens sont désormais .. Vers 11 heures du matin, la bataille s'engage par une canonnade. Les pièces vendéennes sont déployées à La Bodière, tandis que celle des républicains sont positionnées sur les pentes du Moulin-Brûlé. Les tirs ont cependant peu d'effets. Les Vendéens envoient ensuite sur leurs flancs quelques centaines d'hommes réparer les ponts de Bézigon et des Planches, qui ont été coupés par les républicains, mais qui ne sont pas défendus. Une fois les planches de bois replacées, 300 hommes commandés par Joseph Bernier à gauche et 100 autres menés par Pauvert à droite franchissent la rivière, puis s'en prennent aux républicains sur leurs ailes. Désorganisés par ces attaques, les flancs droit et gauche des républicains reculent et refluent vers le sommet du coteau. Au centre, les bataillons de Jemmapes et d'Angers opposent une forte résistance au Pont-Barré, mais ils finissent également par reculer. Les canons sont emportés d'assaut par les Vendéens, qui les retournent ensuite contre leurs adversaires.
Les républicains tentent alors de poursuivre le combat sur le sommet du coteau, lorsqu'une nouvelle troupe d'insurgés, forte de 500 hommes et commandée par le chevalier Duhoux, apparaît au nord-ouest, sur la route de Rochefort-sur-Loire, après avoir traversé le Layon à la Chaume. Assaillis sur plusieurs côtés, les républicains cèdent alors totalement à la panique et sont mis en déroute. Les Vendéens se lancent à leur poursuite, massacrant plusieurs fuyards jusqu'aux Ponts-de-Cé. Renée Bordereau affirmera dans ses mémoires avoir tué à elle seule 21 soldats républicains lors de ce combat. D'après l'officier royaliste, Bertrand Poirier de Beauvais, les madriers sont retirés trop tôt aux Ponts-de-Cé et la retraite d'une partie des fuyards se retrouve ainsi bloquée. D'autres fuyards se réfugient à Rochefort-sur-Loire ou se cachent dans la forêt de Beaulieu. Les Vendéens ne poussent cependant pas davantage sur Angers et Saumur et se retirent sur leur territoire.
Pertes Les pertes républicaines sont particulièrement lourdes : au , l'armée de Duhoux ne compte plus que hommes, contre avant la bataille. La majeure partie des paysans levés en masse désertent l'armée et regagnent leurs foyers. morts sont recensés par le commissaire Pineau du Breuil et enterrés aux Fosses-Cadeau, en forêt de BeaulieuBulletin historique et monumental de l'Anjou, .. Les Vendéens font environ prisonniers et s'emparent de toute l'artillerie républicaine — 8 canons et 25 couleuvrines — de tous les caissons, de nombreux fusils et de 30 charretées de pain. Le général Duhoux présente alors sa démission, qui est acceptée...
Le général Turreau écrit dans ses mémoires que ...
Le , le Bulletin de la Vendée écrit que et fait état de prisonniers. Dans ses mémoires, la cavalière Renée Bordereau estime les pertes républicaines à plus de tués et indique que : .. L'officier vendéen Bertrand Poirier de Beauvais rapporte dans ses mémoires : ..
Conséquences Le voit également l'Armée de Mayence subir une défaite à la bataille de Torfou. L'offensive planifiée le à Saumur est alors complètement repoussée.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
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Catégorie:Bataille sur le sol français Catégorie:Bataille de la guerre de Vendée Catégorie:Bataille de 1793 Catégorie:Histoire de Maine-et-Loire Catégorie:Val-du-Layon