La Chapelle-Huon (du latin Capella Hugonis) est une commune de la Sarthe qui doit son nom à l’un de ses anciens seigneurs, nommé Hugo. Son nom apparaît pour la première fois en 1233 sous l’appellation Parrochia de Capella HugonisTaverdet, G. (2003). Noms de lieux du Maine.. Elle est peuplée de Population municipale .. Elle est située à de Saint-Calais et du Mans, et dépendait autrefois du doyenné de Saint-Calais, de l’archidiaconé de Montfort, et du diocèse du MansPesche J.R. (1974). Dictionnaire topographique, historique et statistique du département de la Sarthe. Le Mans, 1829-1842. Nouvelle édition. Editions du Palais Royale, Paris.. Elle relève du département de la Sarthe, qui constitue depuis 1790 la partie orientale de l’ancienne province du Maine.

Géographie vignette|gauche|redresse|Craie de tuffeau. La commune de la Chapelle-Huon est arrosée au sud-sud-est par la Braye. L’Anille la traverse du nord au sud en passant peu loin à l’est du bourg. Le ruisseau d’Hédonne, plus communément appelée ruisseau de Redonne, prend sa source en contrebas de la Fontaine du Frêne, coupe la commune d’ouest en est, et se jette dans l’Anille. En amont de la Tannerie, il est localement désigné sous le nom de ruisseau de la Tannerie. La Chapelle-Huon comprend deux étangs principaux, relevant anciennement des fermes de la Chapelle et de la Petite Béchuère. Elle est située dans la région naturelle du Perche.

La Chapelle-Huon relève du plateau calaisien, qui forme au sud-ouest du département de la Sarthe une masse continue, divisée au sud, du côté du Loir, en une série de compartiments séparés par les vallées des affluents du Loir qui s’y engouffrent profondément. Tel est le cas de l’Anille. Les coteaux bordant ces vallées sont en craie de tuffeau du Turonien (Crétacé supérieur, ère secondaire)Musée de Vendôme. La carrière de tuffeau relevant du champ du Pâtis est notée en 1844Archives départementales. Séries O : cote 2 O64.. Les surfaces boisées semblent relativement récentes dans la mesure où l’inventaire de 1844 ne les mentionne pas, tandis que le bois des Merceries (autrefois nommé Merleries et aujourd’hui rattaché à Bessé-sur-Braye) est bien noté.

La commune est bornée au nord par Saint-Gervais-de-Vic, à l’est par les communes de Loir-et-Cher de Savigny-sur-Braye, Cellé et Bonneveau, au sud par Bessé-sur-Braye, et à l’ouest par Vancé et Cogners. De forme ovoïde, elle s’étend du sud - sud-ouest au nord-ouest. Le bourg forme plusieurs petites rues au nord de l’église, et un rang de maisons à l’ouest.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Choue à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , La Chapelle-Huon est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (93 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (94,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (67 %), prairies (22,8 %), forêts (5,1 %), zones agricoles hétérogènes (3,2 %), zones urbanisées (1,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le gentilé est Capellhuonnais.

Histoire Origine vignette|gauche|redresse|Vue sur l'église.

Les vestiges architecturaux les plus anciens remontent au , avec la nef de l’église Saint-André. Il faut néanmoins considérer que la Chapelle-Huon a précédemment évolué conjointement aux pays de la Braye, d’une part, et à la ville de Saint-Calais, d’autre part. Les limites de l’ancienne province du Maine correspondaient en effet à peu près à la confédération des Aulerques Cénomans et des Aulerques Diablintes, peuplades gauloisesCharles R. (1880). Le guide illustré du touriste au Mans et dans la Sarthe. Les éditions du Bastion, 407 p.. Des vestiges de peuplement celtique ont ainsi été trouvés sur la commune mitoyenne de Cogners, dans la vallée du Tusson (1844). Des vestiges de voies romaines ont également été dégagés à Bessé, devenu Bessé-sur-Braye en 1891Le compte rendu de la réunion du conseil municipal du 9 août 1891 fait état de la demande du directeur général des Postes et Télégraphes, transmise par le sous-préfet de Saint-Calais, visant à éviter les confusions dans les correspondances postales et télégraphiques. Si les sols étaient de qualité moyenne pour l’agriculture, la région demeurait autrefois giboyeuse et poissonneuseLe Paige (1777). Mais le développement de la Chapelle-Huon tient vraisemblablement d’abord à celui de Saint-Calais, chef-lieu de canton. Ce fut sur les bords de l’Anille et à l’extrémité de la forêt du Perche, sur le territoire labricin, que dans la première moitié du , sous l’épiscopat de saint Innocent, un cénobite nommé Karilef, et depuis Saint-Calais, vint s’établir. Il bâtit un monastère sur les débris de la villa abandonnée du seigneur gallo-romain Gaianus, auquel on donna le nom de cette rivière, sous l’appellation abbaye d’Anisole.

La Chapelle-Huon demeurera jusqu’en 1609, date de création du marquisat de Courtanvaux, rattachée à diverses seigneuries. Étienne de Mangé fut seigneur de Posay, de la Barre et de la Chapelle-Huon au début du . Dans l’aveu de la châtellenie de Saint-Calais, rendu le par Jean de Bueil, seigneur de Saint-Calais à Jean de Bourbon, comte de Vendôme, on lit : « Maître Jacques Berziau (…) par raison de ses métairies et appartenances de la Marière, de la Pasturière, du bordage de Feumusson, et du fief de Redonne […] »Mégret-Ducoudray (1862). Notes sur l’histoire féodale de Bessé. Bulletin de la société d’agriculture, sciences et arts, série, tome .. Jacques Berziau était époux de Jeanne de Villiers, fille de Guillaume de Villiers, seigneur des Mésangères à Saint-Gervais, et de Jeanne Tiercelin. Les familles Tiercelin et de Villiers ont de fait occupé un rang distingué dans la noblesse du Maine durant les . Les Tiercelin possédaient notamment les châteaux des Mésangères mais aussi de la Béchuère (rattaché au fief de Beshuères). On y voit leurs armes deux fois reproduites aux voûtes de la chapelle gothique (d’argent à deux tierces d’azur passées en sautoir, accompagnées de quatre merlettes de sable).

La seigneurie de Courtanvaux appartiendra en outre au fils de Jacques de Berziau, prénommé Jean, qui décédera sans enfants. Sa sœur Jeanne héritera de la seigneurie et la transmettra à son mari Antoine de Souvré. Des lettres patentes, registrées le , signées de Henri , donnent les raisons du choix royal de Gilles de Souvré (dont un portrait est visible dans l’un des salons du château de Courtanvaux) comme gouverneur de la personne de Monseigneur le Dauphin (futur Louis XIII, né en 1601)Méry J., Lallemand J. (1991). Bessé. Imprimerie Garillon, Vendôme, 88 p.. D’autres lettres patentes, datées du , également signées de Henri IV, déclarent le vouloir marquis. Les châtellenies de Bonneveau et Vancé, les seigneuries de Bessé, Courtanvaux, La Chapelle-Huon, Saint-Gervais-de-Vic, furent érigées en marquisat relevant de Vendôme par lettre de , en faveur de Gilles de Souvré, maréchal de FranceBouton (1974). Le Maine : histoire économique et sociale, 3 tomes..

La seigneurie de paroisse était dès lors annexée à celle de Courtanvaux. Le châtelain et l’abbé de Saint-Calais y possédaient différents fiefs ; le premier une partie des bois de la Turpinière, l’abbé le pré du Mouton, et plusieurs autres, plus « quarante sous de rente sur les terres de Redonne, acquis de Geoffroy Esperviet et de sa mère, assis sur la borde au Fève et sur les terres près du pont de Redonne, au fief de Monterreu ».

Économie rurale Au , La Chapelle-Huon comptait douze fermes principales, trente bordages, et un grand nombre de petites tenues réunies par petits hameaux, au nombre d’une vingtaine. On y dénombrait en 1842 un total de quarante charrues, dont seulement vingt-six d’entre elles relevaient chacune d’une ferme, les autres étant réparties.

vignette|gauche|Le moulin Guillaume est devenu une petite filature.

En 1833, la Sarthe comptait 783 moulins à blé, sept à foulon (pour le foulage des étoffes), trente-sept à tan, huit à vent, soit un total de 85 moulins. La commune de la Chapelle-Huon disposait quant à elle de moulins à blé situés sur la Braye (moulin du Pont aux Prêtres), sur l’Anille (moulin Guillaume), et sur l’Hédonne (moulins de la Pénière et de l’Étang). Mais si le moulin Guillaume emploie effectivement des meuniers au cours du (tel René Branchiu en 1654, il deviendra par la suite une petite filature, terme selon lequel il apparaît désigné en 1860. Les ruines d’un ancien moulin, non mentionné par Pesche en 1842 mais encore visibles aujourd’hui, bordent également la Redonne, au nord de la Borde. La Tannerie était vraisemblablement également équipée d’un moulin. Au demeurant, les tanneries étaient fréquentes dans la Sarthe puisqu’elles étaient au nombre de 59 en 1844. vignette|redresse|Ancienne cave creusée dans le tuffeau. L’agriculture est longtemps restée l’activité économique principale de la Chapelle-Huon. Comme dans le reste du Maine, on y cultivait en majeure partie le froment, l’orge, le méteil et la mélarde. Les cultures secondaires étaient le trèfle, le chanvre, les pommes de terre, la vigne et les pommiers à cidre. Des vignes s’étendaient sur les coteaux surplombant l’Étang de la Chapelle. Le lieu-dit Coteaux des Vignes, au nord de la Chapelle-Huon, est mentionné au début du (Diard et Guéranger, 1852). La Chapelle-Huon compte des vignerons au : en 1631, Pierre Fouqué, habitant au lieu-dit de l’Huilerie, près du bourg, est désigné comme tel. Les marchés fréquentés les plus proches étaient (et restent aujourd’hui) ceux de Bessé-sur-Braye et Saint-Calais.