Anne Catherine Lucinde Paradol (ou Lucinde Prévost-Paradol après son mariage) est une comédienne française née à Paris le Paris, État civil reconstitué, vue 4/45. et morte à Neuilly le Acte de décès à Neuilly-sur-Seine, n° 294, vue 78/94..

Biographie Fille d'un coiffeur-perruquier, Anne-Catherine-Lucinde Paradol entre au Conservatoire de Paris en 1814 pour y étudier le chant sous la direction du compositeur Charles-Henri Plantade, avant de débuter deux ans plus tard dans l'opéra Alceste de Christoph Willibald Gluck.

En dépit de la faveur qu’elle reçoit du public, Paradol quitte peu après la capitale pour chanter à Lyon et Marseille. Après ces tournées, sur les conseils de Michelot, acteur célèbre mais surtout sociétaire de la Comédie-Française, elle abandonne le chant pour se tourner vers la tragédie et la comédie. Dès , à , elle débute au Théâtre-Français dans une tragédie de Voltaire, incarnant le personnage éponyme de Sémiramis qui reste sa composition la plus connueUn tableau d’Adèle de Romance intitulé Paradol dans le costume du rôle de Sémiramis, présenté au salon de 1822, se trouve à la Comédie-Française.. Réclamée pour ses capacités à interpréter les caractères du grand répertoire, elle présente ensuite avec succès Émilie dans Cinna de Pierre Corneille puis Agrippine dans Britannicus de Jean Racine.

Elle se spécialise dans la tragédie dans laquelle, selon les contemporains, elle excelle dans l'expression des sentiments nobles, sinon aristocratiques. Elle y crée plusieurs grands rôles, la reine Marguerite dans Louis IX de Jacques-François Ancelot (1819), Elizabeth d'Angleterre dans Marie Stuart de Pierre-Antoine Lebrun (1820), de Jane Shore, dans la tragédie homonyme de Népomucène Lemercier (1824). Elle est nommée sociétaire en 1823.

La décennie qui suit cette période lui offre moins de succès car, en dépit de son talent, la critique de l’époque lui reconnait un certain nombre de défauts qui la rendent peu apte à rivaliser avec sa grande rivale George. Celle-ci, établie sur le même registre et les mêmes rôles, connut effectivement une postérité beaucoup plus favorable. Ayant quitté la scène relativement tôt, en 1838, à 40 ans, Lucinde Paradol y avait conservé, selon ses biographes, une « réputation intacte ».

Elle eut, durant plusieurs années, une liaison avec Léon Halévy, lequel lui donna un fils en 1829, futur journaliste à succès, Lucien-Anatole. Son mariage ultérieur avec le chef de bataillon en retraite Prévost - qui reconnut son enfant - lui permit ensuite, à la fin de sa carrière, d’accoler le nom de son mari au sien.

Paradol fréquentait le salon des Devéria« Eugène et Achille Devéria » dans La Vie Parisienne du 18 février 1865 (en ligne) [pdf] où se réunissait un des cercles du romantisme naissant« Courrier de Paris » dans La Presse du 11 février 1880 (en ligne) autour d'Achille Devéria et de son épouse Céleste, née Motte. La presse releva sa présence et celle de Léon Halévy le aux deuxièmes loges du Théâtre-Français à côté des frères Devéria (Achille et Eugène) et de leur sœur, la belle Devéria (Laure, de la fratrie), tous venus en soutien à Victor Hugo dont la première de Le Roi s'amuse se donnait ce jour-là« Le Roi s'amuse : représentation le jeudi 22 novembre 1832 » paru à l'occasion du cinquantenaire de la première dans le supplément littéraire du dimanche du Figaro du , (en ligne)..

Achille Devéria dessina son portrait vers 1830« Actrices des principaux Théâtres de Paris : portrait de Madame Paradol, Théâtre français », vers 1830, estampe conservée à Paris, au musée Carnavalet (en ligne) sur le site des Musées de la Ville de Paris parismuseescollections.paris.fr..

Théâtre Carrière à la Comédie-Française Entrée en 1819 Nommée sociétaire en 1823 Départ en 1838 1819 : Sémiramis de Voltaire : Sémiramis 1819 : Britanicus de Jean Racine : Agrippine 1819 : Iphigénie de Jean Racine : Clytemnestre 1819 : Andromaque de Jean Racine : Hermione 1819 : Louis IX de Jacques-François Ancelot : Marguerite 1820 : Marie Stuart d'après Friedrich von Schiller : Élisabeth 1820 : Clovis de Jean-Pons-Guillaume Viennet : Eudomire 1821 : Zénobie de Jacques-Corentin Royou : Zénobie 1821 : Nicomède de Pierre Corneille : Arsinoé 1822 : Le Sourd ou l'Auberge pleine de Desforges : Legras 1823 : Iphigénie de Jean Racine : Eriphile 1823 : Athalie de Jean Racine : Athalie 1823 : Esther de Jean Racine : Esther 1825 : Athalie de Jean Racine : Josabet 1825 : Bélisaire d'Étienne de Jouy : Antonine 1825 : Sigismond de Bourgogne de Jean-Pons-Guillaume Viennet : Clotilde 1826 : Charles VI d'Alexandre Joseph de Mirmont : Isabeau de BavièreDistribution sur Les Archives du spectacle.net 1826 : Rosemonde de François Paul Émile Boisnormand de Bonnechose : Éléonore 1827 : Virginie d'Alexandre Guiraud : Barcée 1829 : Isabelle de Bavière d'Étienne-Léon de Lamothe-Langon : Valentine 1831 : Phèdre de Jean Racine : Phèdre 1832 : Le Duelliste d'Alexandre de Longpré : Franville 1832 : Une fête de Néron d'Alexandre Soumet et Louis Belmontet : Agrippine 1833 : Caïus Gracchus ou le Sénat et le peuple de Louis-Armand-Théodore Dartois de Bournonville : Cornélie 1835 : Jacques II d'Émile-Louis Vanderburch : Miss Lucie 1837 : Caligula d'Alexandre Dumas : Junia Agamemnon de Népomucène Lemercier : Cassandre

Citation

Sources Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du , tome XIII, 1875. Base documentaire La Grange sur le site de la Comédie-Française

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Actrice française de théâtre Catégorie:Actrice française du XIXe siècle Catégorie:Sociétaire de la Comédie-Française Catégorie:Élève du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris Catégorie:Naissance en février 1798 Catégorie:Naissance dans l'ancien 4e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en octobre 1843 Catégorie:Décès à Neuilly-sur-Seine Catégorie:Décès à 45 ans Catégorie:Décès dans le département de la Seine