Mardi

Côte d'Ivoire : le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité une résolution présentée par la France renforçant l'efficacité de l'embargo sur les armes. Cette résolution 1584 autorise les casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et les soldats français de l'opération Licorne à inspecter sans préavis les cargaisons des avions et de tout véhicule de transport utilisant les ports, aéroports, champs d'aviation, bases militaires et postes frontières. Pascal Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien, le parti du président Laurent Gbagbo, a déclaré être surpris et déçu par cette mesure qu'il qualifie de « provocation inutile ».

Éthiopie : Les célébrations pour le soixantième anniversaire de la naissance de Bob Marley ont débuté pour la première fois en Éthiopie.

Dette du tiers monde : Ralph Goodale, ministre canadien des Finances a annoncé que le Canada prévoyait d'annuler 100 % des paiements de service de la dette dus entre maintenant et 2015 pour les 15 pays les plus pauvres (Bénin, Bolivie, Burkina Faso, Éthiopie, Ghana, Guyana, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mozambique, Nicaragua, Niger, Ouganda, Sénégal et Tanzanie).

Mercredi 2 février

Algérie : le ministre de la Justice a présenté au conseil des ministres un avant-projet de loi créant un organe de prévention et de lutte contre la corruption.

Ghana : ouverture à Accra de la deuxième conférence régionale africaine sur la société de l'information. Elle a réaffirmé la nécessité pour les pays africains de mettre en place une politique commune en matière de technologies de l'information et de la communication afin de réduire le « fossé numérique » et de rendre l'Afrique plus compétitive dans ce domaine.

Jeudi 3 février

Soudan : un avion cargo en provenance des Émirats arabes unis transportant de la nourriture et des vêtements s'est écrasé alors qu'il s'apprêtait à atterrir à Khartoum. Six Russes et un Soudanais ont trouvé la mort dans cet accident.

Tchad : démission du Premier ministre Moussa Faki Mahamat. Le président Idriss Déby a nommé Pascal Yoadimnadji comme nouveau Premier ministre qui a formé son gouvernement qui comprend quatre ministres. Seuls quatre nouveaux ministres font leur entrée dans le gouvernement.

Le Mali et l'Allemagne ont signé à Bamako deux conventions concernant le « renforcement de la coopération militaire » entre les deux pays. Ces accords sont d'un montant de deux milliards de francs CFA, soit plus de 3 millions d'euros.

Mauritanie : Le verdict des présumés putschistes du lors du procès qui a débuté en à Ouad Naga, a été prononcé. Aucune peine de mort n'a été prononcée et seulement cinq accusés ont été condamnés à la prison à perpétuité.

G7 : Réunion les 3 et à Londres des ministres des Finances du G7, les sept pays les plus industrialisés, sur la pauvreté en Afrique. Le Royaume-Uni propose un plan prévoyant une réduction importante de la dette des pays africains et une augmentation de l'aide des pays industrialisés.

Nelson Mandela, ancien président d'Afrique du Sud, invité par Make Poverty History, coalition d'associations humanitaires britanniques, a appelé à Londres les pays développés à tenir leur promesse faites en 2000 de réduire la pauvreté de moitié avant 2015. « Dans ce siècle nouveau, des millions de personnes (...) restent emprisonnées, esclaves, enchaînées. Elles sont enfermées dans la prison de la pauvreté. Il est temps de les en libérer » a-t-il déclaré avant de se prononcer pour l'annulation de la dette des pays les plus pauvres.

Côte d'Ivoire : des jeunes de la milice progouvernementale « Groupe patriotique pour la paix » ont affronté la police à Adjamé, dans la banlieue d'Abidjan. Deux personnes sont décédées et plusieurs ont été blessées.

Vendredi 4 février

Mozambique : le Président Armando Guebuza a rendu publique la composition du nouveau gouvernement. Luísa Diogo conserve le poste de Premier ministre, fonction qu'elle occupait depuis .

Nigeria : le vice-président Atiku Abubakar a annoncé la mise en place d'un système d'alerte avancée contre les urgences et les catastrophes qui devrait couvrir toute l'Afrique de l'ouest.

Burkina Faso : au cours d'un point de presse du gouvernement burkinabé, Adama Fofana, ministre porte-parole du gouvernement et Mariam Lamizana, ministre de l'Action sociale et de la Solidarité nationale ont présenté le Programme national d'action éducative en milieu ouvert (PNAEMO), destiné au 2146 enfants vivant dans la rue recensés. Articulant la prévention, le curatif, le suivi et la réhabilitation, il a pour objectif la réduction de la déviance et de la délinquance juvénile. La mise en œuvre du programme nécessite la mobilisation de plus de 4,146 milliards de FCFA.

Burkina Faso : une grève générale d'« avertissement » de 24 heures des fonctionnaires a eu lieu pour exiger une hausse de 25 % de leurs salaires et pensions à l'appel des différents syndicats. Une manifestation a réuni entre et dans les rues de Ouagadougou. Les syndicats jugent insuffisantes les augmentations de salaires (environ 12 %) du .

Samedi 5 février

Somalie : le gouvernement siégeant à Nairobi a approuvé le projet de l'Union africaine de déployer une force de paix étrangère afin d'aider la réinstallation du gouvernement en Somalie. Neuf des ministres, anciens chefs de guerre, ont exprimé leur désaccord.

Togo : le Président Gnassingbé Eyadéma est décédé à l'âge de 69 ans. Il a dirigé le pays pendant 38 ans après avoir pris le pouvoir le lors d'un coup d'État. Alors que la Constitution prévoit que le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim avant de nouvelles élections, l'armée a confié le pouvoir à l'un des fils du président décédé, Faure Eyadéma. Le président de la commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré dénonce ce coup d'État militaire. L'Union africaine et l'ONU ont appelé les autorités togolaises à respecter la Constitution du pays.

Le président de l'Assemblée, Fambaré Natchaba Ouattara, membre du Rassemblement du peuple togolais (RPT), était à Paris et n'a pu regagner son pays, le vol d'Air France ayant été dérouté sur Cotonou (Bénin) après la fermeture des frontières togolaises.

Bénin : le Président de la République, Mathieu Kérékou, a procédé à un remaniement de son gouvernement, composé de 21 ministres dont huit nouveaux (sept ministres sont maintenus dans leurs fonctions et six ministres changent de poste). Huit ministres quittent le gouvernement, dont Bruno Amoussou, ministre d'État au Plan, prospective et développement assurant les fonctions de Premier ministre. Il était pressenti comme dauphin de l'actuel Président pour l'élection présidentielle de .

Dimanche 6 février

Togo :

À la suite du décès du président Gnassingbé Eyadéma et de l'installation par l'armée de son fils Faure Eyadéma, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho) a indiqué qu'« une action urgente pour barrer la route à la poursuite de la dictature militaire au Togo est absolument nécessaire pour éviter les conséquences qu'un tel coup d'État pourrait entraîner dans une sous-région particulièrement éprouvée, fragilisée par des conflits, des sorties de crises laborieuses et des crises en état de latence ». La Raddho a également invité « toutes les organisations de la société civile et de la diaspora à manifester devant toutes les ambassades togolaises en Afrique et dans le monde ».

L'Assemblée nationale s'est réuni en urgence et a voté une modification de la Constitution qui permet au président assurant l'intérim de diriger le pays jusqu'au terme du mandat prévu par le président décédé (2008). Il a destitué le président de l'Assemblée nationale en exercice Fambaré Natchaba Ouattara et élu à sa place Faure Eyadéma, fils de l'ancien Président désigné par l'armée pour remplacer son père. De ce fait, il devient président par intérim.

Mali : célébration de la « journée internationale tolérance zéro aux mutilations génitales féminines (MGF) » avec comme thème « rôle de la famille pour l'abandon de la pratique de l'excision ». Une cérémonie a été présidée par Touré Lobbo Traoré, épouse du Président et présidente de la Fondation pour l'enfance

Lundi 7 février

Togo

Faure Gnassingbé Eyadéma, fils du Président défunt, désigné par l'armée pour assurer la présidence du Togo, a prêté serment comme nouveau Président à Lomé. Gilchrist Olympio, un des principaux opposants, en exil à Paris, a déclaré qu'il n'acceptait pas la désignation de Faure Gnassingbé pour succéder au Président défunt et a appelé à des manifestations contre ce qu'il nomme une « dictature héréditaire ». Six organisations de l'opposition, dont le Comité d'action pour le renouveau (CAR) de Yawovi Agboyibo et l'Union des forces du changement de Gilchrist Olympio ont appelé la population à suivre mardi et mercredi un mot d'ordre de « Togo, pays mort ». Le gouvernement a pris la décision de rouvrir à 13 heures (heure locale) les frontières du pays qui avaient été fermées samedi après le décès de l'ancien Président. Ce bouclage des frontières avait empêché Fambaré Natchaba Ouattara, président de l'Assemblée nationale de rejoindre le Togo. Dans un communiqué lu à la radio nationale, le ministère de l'Intérieur déclare que pendant la période de deuil de deux mois les manifestations publiques sont interdites. Un sommet extraordinaire des dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) est organisé mercredi à Niamey. Mamadou Tandja, président du Niger et président en exercice de la CEDEAO, avait condamné la prise de pouvoir par l'armée. Olusegun Obasanjo, président du Nigeria et président en exercice de l'Union africaine a déclaré que « des évènements qui se profilent depuis le décès du président ne nous donnent pas d'assurances suffisantes sur la paix ». Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine s'est réuni à son siège à Addis-Abeba. Dans un communiqué, il « condamne fermement la manière dont les autorités togolaises de fait ont organisé la succession au Togo à la suite du décès du président Gnassingbé Eyadéma, qui constitue une violation flagrante et inacceptable de la Constitution togolaise » et « affirme sa détermination à imposer des sanctions, prévues en cas de changement anticonstitutionnel, faute d'une action rapide de la part des autorités de fait pour assurer le rétablissement de la légalité constitutionnelle ». Javier Solana, haut représentant pour la politique extérieure de l'Union européenne a indiqué que l'Union européenne suivait la position de fermeté de l'Union africaine. À Paris, à l'appel du Comité togolais de résistance, environ 300 togolais ont manifesté devant l'ambassade du Togo pour dénoncer la « dictature héréditaire » et réclamer des élections libres.

Liberia : Frances Johnson-Morris, présidente de la commission nationale électorale a annoncé que les élections législatives et présidentielle ont été fixées au . Parmi les candidats déclarés, l'ancien joueur de football et Ballon d'or George Weah.

Mali : ouverture de la cinquième édition du festival Etonnants voyageurs (7 au ) à Bamako et dans plusieurs autres villes du pays (Gao, Kidal, Koulikoro, Ségou, Tombouctou, Kayes, Kita, Sikasso, Mopti).

Mardi 8 février

Rwanda : l'organisation canadienne Coalition pour les droits des femmes en situation de conflits a adressé une lettre au procureur en chef du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), Hassan Bubacar Jallow, accusant ses services de ne pas enquêter suffisamment sur les viols commis pendant le génocide de 1994.

Mercredi 9 février

Togo Le Centre de Défense des droits de l'homme et de la démocratie en Afrique (CDHRDA) a demandé à Faure Gnassingbé Eyadéma de « laisser la place immédiatement au Président du Parlement dans le but d'organiser des élections démocratiques en temps voulu ».