Pulsions () est un film américain réalisé par Brian De Palma et sorti en 1980. Ce thriller commence par les fantasmes d'une quinquagénaire frustrée sexuellement, suivie par un psychiatre. Après une aventure sans lendemain, elle est sauvagement assassinée.

Le film suit Kate Miller, la cinquantaine, frustrée sexuellement, qui suit une psychothérapie. Sentant la jeunesse lui échapper, elle succombe à un inconnu rencontré au Metropolitan Museum of Art de New York. Cette rencontre lui est fatale : en revenant chercher la bague qu'elle avait oubliée chez son amant, elle rencontre la mort dans l'ascenseur. Liz Blake, prostituée, a vu la scène dans le miroir de la cabine : une personne blonde a lacéré Kate Miller avec un rasoir. Cette personne blonde n'est pas encore une femme, mais « une femme dans un corps d'homme » à qui son psychothérapeute, le même que celui de Kate Miller, refuse l'agrément pour une opération de changement de sexe.

Le film est un succès critique et commercial. Angie Dickinson obtient le Saturn Award de la meilleure actrice. Nancy Allen est quant à elle nommé au Golden Globe de la révélation féminine de l'année.

Synopsis Kate Miller est une femme ménopausée qui suit son entretien avec le thérapeute new-yorkais, le docteur Robert Elliott. Depuis la rencontre avec le docteur, Kate essaie de jouer les séductrices mais le docteur Robert Elliott rejette ses avances. Kate doit aller au Metropolitan Museum of Art où elle fait la connaissance d'un inconnu nommé Warren Lockman. Kate et l'homme se déplacent à l'intérieur du musée, sortent, prennent un taxi. Puis ils couchent ensemble dans l'appartement de Lockman.

Des heures après, Kate Miller se lève et profite de ce que Lockman est toujours endormi pour sortir de la chambre. Elle se dirige dans le bureau pour lui laisser un mot puis découvre un document qui indique qu'il est atteint de maladie sexuellement transmissible. En plein choc, elle quitte l'appartement. Mais elle a oublié son alliance sur la table de chevet de Lockman et fait demi-tour pour la récupérer. Elle attend l'ascenseur et soudain, lorsque les portes s'ouvrent, elle se retrouve face à une grande femme blonde aux lunettes de soleil noires et armée d'un rasoir droit. Kate est violemment assassinée dans l'ascenseur par la mystérieuse blonde. De son côté, une prostituée nommée Liz Blake arrive sur les lieux et aperçoit par surprise la meurtrière blonde dans le miroir de l'ascenseur ; elle deviendra le principal suspect lorsqu'elle est à son tour aperçue par une femme de ménage de l'immeuble, portant le rasoir ; elle sera la prochaine cible du tueur.

Au loin, le docteur Robert Elliott vient de recevoir un message sur son répondeur téléphonique laissé par « Bobbi ». Il s'agit d'un patient transgenre du docteur. Le patient Bobbi se moque du thérapeute et évoque l'interruption de leur séance médicale, liée au fait qu'Elliott refuse de signer des documents permettant à Bobbi d'avoir recours à une opération chirurgicale pour changer de sexe.

L'inspecteur Marino collabore, dans l'enquête sur le meurtre de Kate Miller, avec la prostituée Liz Blake. Celle-ci rencontre le fils de Kate, nommé Peter, et bénéficie de son aide pour traquer la tueuse blonde. Peter Miller est un inventeur : il utilise des engins faits maison et des caméras espion pour enregistrer les patients qui quittent le bureau du docteur Elliott. Il enregistre le patient Bobbi en vidéo. Liz Blake est à nouveau poursuivie par la grande blonde aux lunettes de soleil, déterminée à l'éliminer. Elle est pourchassée par la meurtrière jusqu'au métro. Elle se retrouve face à un groupe de loubards qui l'accostent et auxquels elle échappe jusqu'à ce que la grande blonde aux lunettes de soleil tente de la tuer. Les loubards, effrayés par la violence de l'agression, prennent la fuite et abandonnent Liz à son sort. Peter Miller intervient et asperge le visage de la blonde avec une bombe anti-agression ; la tueuse prend la fuite.

Liz Blake et Peter Miller commencent à s'interroger sur le patient Bobbi du Elliot. Ils décident d'en savoir plus au sujet de Bobbi et entrent par effraction dans le bureau du docteur. Liz se montre en lingerie dans le cabinet du docteur. Soudain, Peter, qui est resté dehors, aperçoit quelque chose par la fenêtre. Il crie pour avertir Liz qui, se retournant, se retrouve face à la tueuse blonde munie d'un rasoir. Furieuse, la blonde essaye d'en finir avec Liz. Tandis que Liz est sur le point d'être éliminée par la tueuse dans le bureau du docteur, une policière arrive sur les lieux et protège Liz en ouvrant le feu sur la suspecte blonde. La blonde, blessée, voit sa perruque tomber et dévoile sa véritable identité : c'est le docteur Robert Elliott lui-même.

Interpellé par des agents de police, le docteur Elliott est transféré dans un asile pour le meurtre de Kate Miller et les tentatives de meurtres répétées sur Liz. Le docteur Levy dévoile à Liz que Robert Elliott est en réalité une personne transgenre. On découvre que Robert Elliot avait créé son alter-ego imaginaire : le patient Bobbi, la blonde tueuse qui est l'incarnation de son côté féminin frustré.

Dans le dortoir de l'hôpital psychiatrique où il est interné, le docteur Elliott étrangle brusquement une infirmière de nuit et commence à la déshabiller devant les patients de l'asile, hilares.

Il surgit ensuite dans la maison de Peter qui héberge Liz, et égorge la jeune femme dans la salle de bain du début du film. Liz se réveille en sursaut, vêtue d'une chemise de nuit soigneusement boutonnée. Peter Miller, le fils de Kate, vêtu d'un pyjama, la rejoint et lui annonce qu'elle vient de faire un cauchemar.

Fiche technique

Titre francophone : Pulsions Titre original : est une expression anglaise signifiant « être tiré à quatre épingles, être sur son trente et un » mais qui signifie littéralement « habillé pour tuer », définition qui prend tout son sens dans le film... Réalisation et scénario : Brian De Palma Musique : Pino Donaggio Photographie : Ralf D. Bode Montage : Gerald B. Greenberg Direction artistique : Gary Weist Costumes : Gary Jones et Ann Roth Production : Samuel Z. Arkoff, Fred C. Caruso et George Litto Sociétés de production : Filmways Pictures, Cinema 77 Films et Warwick Associates Distribution : Filmways (États-Unis), UGC (France) Budget : 6,5 millions de dollars Box office - Box Office MojoBusiness - Internet Movie Database Pays de production : Langue originale : anglais Format : Couleurs (Technicolor) - 2,35:1 - stéréo magnétique 4 pistes en V.O. mono en V.F. - Genre : thriller érotique, horreur, drame Durée : 105 minutes Dates de sortie. : États-Unis : (version censurée) France : (version intégrale), (ressortie), (ressortie en copie numérique stéréo) Classification : États-Unis : R France : interdit aux moins de 16 ans Affiche : Michel Landi (France)

Distribution Michael Caine (VF : Gabriel Cattand) : Robert Elliott Angie Dickinson (VF : Évelyn Séléna) : Kate Miller Nancy Allen (VF : Catherine Lafond) : Liz Blake Keith Gordon (VF : Gilles Laurent) : Peter Miller Dennis Franz (VF : Marc de Georgi) : l'inspecteur Marino David Margulies (VF : Pierre Hatet) : Levy Ken Baker : Warren Lockman Susanna Clemm : Betty Luce (VF : Patrick Poivey) : Cleveland Sam Amalie Collier : la femme de ménage Mary Davenport : la femme au restaurant : l'infirmière Norman Evans (VF : Claude Joseph) : Ted Robbie L. McDermott : l'homme sous la douche : taxi Sean O'Rinn : le chauffeur de taxi au musée Fred Weber : Mike Miller William Finley : Bobbi (voix)

Production Genèse du projet Brian De Palma s'inspire de sa jeunesse pour certains éléments du film : quand il était plus jeune il a surveillé son père, soupçonné d'adultère par sa mère. Par ailleurs, dans les années 1970, il écrit un scénario sur des assassinats dans la communauté gay, inspiré d'un article de journal de Gerald Walker. Mais il ne peut en obtenir les droits d'adaptation, qui ont été achetés pour le film de William Friedkin, La Chasse (, qui sort en 1980. De Palma conserve quelques éléments de ce scénario et retravaille son script.

Avec ce film, le réalisateur voulait également rendre un nouvel hommage à Alfred Hitchcock et plus particulièrement à Psychose.

Attribution des rôles right|thumb|Le Philadelphia Museum of Art Brian De Palma souhaite initialement que le rôle de Kate Miller soit interprété par Liv Ullmann, mais l'actrice refuse la proposition Anecdotes - Internet Movie Database.. Le cinéaste a par ailleurs proposé le rôle de Robert Elliott à Sean Connery, qui doit refuser à cause de précédents engagements.

Tournage Le tournage a principalement lieu à New York, notamment à ManhattanLieux de tournage - Internet Movie Database..

Pour les scènes du musée, les extérieurs sont tournés à New York et les intérieurs au Philadelphia Museum of Art de Philadelphie.. Parmi les peintures présentes dans le film, il y a : West Interior, le visage d'une femme réalisé par Alex Katz en 1979 ; Reclining Nude, le portrait d'un gorille réalisé par en 1976 ; 2 Priory Walk, peinture figurative composée de 64 plaques d'acier réalisée par Jennifer Bartlett en 1977.

Musique

La musique du film est composée par Pino Donaggio. Celui-ci avait déjà collaboré avec Brian De Palma pour Carrie au bal du diable (1976) et Home Movies (1980) et le fera à nouveau pour Blow Out (1981), Body Double (1984), L'Esprit de Caïn (1992), Passion (2012) et enfin Domino : La Guerre silencieuse (2019).

Liste des titres The Shower - 4:13 The Museum - 6:16 The Note - 4:19 Flight from Bobbi - 2:23 Death in the Elevator - 2:18 Liz and Peter / A Romantic Interlude - 1:49 The Erotic Story - 2:42 The Transformation / The Storm / The Revelation - 4:03 Kate's Confession - 0:44 The Forgotten Ring / The Murder - 3:24 The Cab - 2:00 The Asylum / The Nightmare - 4:15 Finale - 2:33

Accueil Tout comme La Chasse (1980, William Friedkin), Pulsions a failli être « classé X » aux États-Unis par la MPAA, avant d'écoper d'une simple interdiction aux moins de 17 ans non accompagnés grâce à une version légèrement expurgée. En Europe, c'est la version intégrale qui a été exploitée.

Par ailleurs, les deux films provoquent de vives réactions des associations de défense des droits des homosexuels qui s'opposent à leur sortie. Plusieurs évènements ont lieu autour des cinémas qui projetaient ces œuvres, qui donnaient selon ces associations une image un peu trop exagérée de l'altération mentale chez certaines personnes transgenres Ron Jeremy on Brian De Palma's Dressed To Kill - Some Came Running.com.

Critique

Les critiques sont assez partagées envers le film, reprochant à De Palma de notamment se servir du sexe pour provoquer la censure et pour faire du bruit autour de son filmAnalyse et critique - DevilDead.com.

La sortie aux États-Unis est l'occasion d'un affrontement entre les critiques Pauline Kael et . Pour Sarris, le film est comparable à un : il trouve (ce qui arrive au personnage d'Angie Dickinson), des (la musique de Pino Donaggio) et .. Il considère De Palma comme un ses emprunts à Hitchcock manquant pour lui de profondeur car ils ne se marient pas avec la et la distance créées par De Palma. À l'inverse, Pauline Kael, pour apprécie la manière dont De Palma intègre l'héritage d'Hitchcock avec ce qui lui vient des comédies qu'il a réalisées à la fin des années 1960, telles que Greetings.

À l'occasion de la ressortie du film en salles en 2012, Les Inrockuptibles écrivent que cette est surtout un ..

Box-office Malgré des critiques mitigées à sa sortie, le film rapporte tout de même aux États-Unis pour 6,5 millions de budget. En France, il totalise ., malgré une interdiction aux moins de 18 ans (aujourd'hui, aux moins de 16 ans).

Distinctions Source : Internet Movie Database

Récompense Saturn Awards 1981 : meilleure actrice pour Angie Dickinson.

Nominations