vignette|droite|Carte du diocèse civil de Vivers (). Le Vivarais (Vivarés en occitan) est une région historique du Sud-Est de la France. Rattaché initialement au territoire du Saint-Empire romain germanique, il passa progressivement et durablement au royaume de France à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècleSociété départementale d'archéologie et de statistique de la Drôme, tome, Valence, Jules Céas et fils, 1894, p. 271 à 272.. S'il dépendait administrativement du Languedoc (parlement de Toulouse, généralité de Montpellier), il conserva ses propres États. À la Révolution française, il forma pour l'essentiel le département de l'Ardèche.
Situation À l'Époque moderne, le Vivarais coïncide avec le () et est un des trois au Languedoc. Ainsi défini, le Vivarais comprend le diocèse catholique de Viviers () ainsi que les parties, situées sur la rive droite du Rhône, du diocèse catholique de Valence () et de l'archidiocèse catholique de Vienne (). Il confine : au nord, avec le Forez et le Lyonnais ; à l'est, avec le Dauphiné ; au sud, avec le diocèse civil d'Uzès (Uzèche) ; et à l'ouest, avec ceux de Mende (Gévaudan) et Le Puy (Velay). Cependant, quatre paroisses, enclavées dans le diocèse civil de Viviers, ne relèvent pas du Languedoc : Colombier-le-Jeune, Nozières et Pailharès relèvent du Forez ; et Champagne, du Dauphiné. D'autre part, quatre paroisses du diocèse civil de Viviers sont enclavées dans celui d'Uzès : Banne, Brahic, Courry et Malbosc. En outre, sur les marges du diocèse civil de Viviers, une partie des paroisses de Limony et de Vanosc relève du Forez ; et une partie du de Saint-Arcons-de-Barges, du Velay. Ainsi, le diocèse civil de Viviers s'étend sur un territoire correspondant approximativement au département de l'Ardèche. Il inclut la commune de Courry dans l'actuel département du Gard ainsi que les communes de Arlempdes, Chaudeyrolles, Fay-sur-Lignon, Lafarre, Pradelles, Saint-Arcons-de-Barges, Saint-Étienne-du-Vigan, Saint-Paul-de-Tartas, Les Vastres et Vielprat dans l'actuel département de la Haute-Loire. Jusqu'à leur rattachement au Forez à la fin du Moyen Âge, il comprend, en outre, les paroisses du Bourg-Argental et Burdignes, dans l'actuel département de la Loire. Mais il ne comprend pas les paroisses de Beaulieu, Berrias, Casteljau, Chambonas, Chassagnes, Gravières, Naves, Orgnac, Saint-André-de-Cruzières, Saint-Sauveur-de-Cruzières, Saint-Martin-d'Ardèche et Les Vans qui relèvent de l'Uzéche. Des auteurs considèrent qu'il a pu comprendre quelques communes de l'actuel département de la Drôme et très peu de celui du VaucluseEssai de cartographie écologique du bas-Vivarais : feuilles de Bessèges et Bourg-St-Andéol. M. Coûteaux. Documents de cartographie écologique, vol. XIII, 49-68, 1974, Grenoble.. On distingue le Haut- et le Bas-Vivarais, c'est-à-dire le nord et le sud de cette province animée par les monts du Vivarais, qui appartiennent à la bordure orientale du Massif central, et baignée à l'est par le Rhône (rive droite).
Histoire Période protohistorique Le peuple gaulois des Helviens occupait la partie sud de l'actuel département de l'Ardèche. Leur capitale pourrait s'être trouvée à Jastres. Les sources antiques concernant ce peuple sont minces. Soumis en -121 par Rome, ils se révoltèrent en -77 en se joignant à la révolte de Sertorius en Espagne, mais Pompée les soumit rapidement et une partie de leur territoire fut cédée à Marseille. Dès lors, leurs élites vont se rallier à Rome. Lors de la Guerre des Gaules, ils conserveront leur fidélité à César, défendant la Narbonnaise, mais subissant des défaites contre leurs voisins Gabales du Gévaudan. Ils retrouvèrent peut-être leurs territoires perdus durant la guerre civile après la prise de Marseille par la flotte de César en 49.
Rome leur accorde le droit latin, l'élection de leur propre chef, la conservation de leurs libertés et de leurs droits.
Alba, ville située sur une voie romaine reliant la vallée du Rhône au Massif Central (cités des Vellaves et des Arvernes), est la capitale de leur cité sous l'Empire romain.
À l'époque de l'indépendance, les Segovellaunes, qui avaient probablement Soyons comme première capitale, occupaient sans doute au nord le pays compris entre l'Eyrieux et le Doux, comme le suggère l'ancien territoire du diocèse de Valence et comme l'affirme André Blanc. Les Allobroges (capitale Vienne) auraient possédé les territoires au-delà du Doux.
Antiquité et haut Moyen Âge Saint Janvier, vers les années 200, prêche en Helvie et fonde l'église d'Alba.
Peu à peu, l'Empire romain connaissant des difficultés, Alba est supplantée par Viviers qui devient siège épiscopal. Le pagus, correspondant aux limites de l'évêché, prend le nom de Vivariensis Pagus, soit le « pays de Viviers », le Vivarais.
En premier lieu le Vivarais conquis par les Burgondes vers 476. Viviers la capitale ne sera prise qu'en 507. La conquête franque de 534 amène le Royaume de Bourgogne.
Le Vivarais fut partie constitutive de la Francie médiane en 843 avant d'être intégré au royaume de Provence en 855. À la suite du traité de traité de Meerssen en 870, le Vivarais fut rattaché à la Francie occidentale et ce jusqu'au traité de Ribemont en 880.
En 924, le Bas-Vivarais (diocèse de Viviers) tombe aux mains des comtes de Toulouse. Le Haut-Vivarais dépend du diocèse de Vienne et le diocèse de Valence s'étend entre Doux et Eyrieux, où les comtes de Valentinois accroissent leur pouvoir.
L'intégration au royaume de France Le Nord Vivarais relevait du comté de Vienne. Charles-Constantin de Vienne prêta hommage à Raoul en 931 pour son comté. Le restant du Vivarais relevait du comté de Valentinois pour son Centre et du comté de Vivarais, un épiscopat, pour son Sud. Aucune information ne permet de confirmer ou d'infirmer si ce centre et ce Sud intégra également le royaume de France durant cette période. Le Nord Vivarais revint au royaume de Bourgogne (également appelé royaume d'Arles) en 942. Le tout intégra le Saint-Empire romain germanique en 1032.
Au tournant des le Vivarais n'était pas un territoire temporellement unifié. La pointe Nord appartenait au Dauphin de Viennois mais relevait de l'Eglise de Lyon par hommage rendu. Le reste du Haut-Vivarais au comté de Valentinois et du Diois. Le Bas-Vivarais à l'épiscopat de Viviers. Tous ces territoires appartenaient au Royaume de Bourgogne (encore appelé Royaume d'Arles) lui-même un des royaumes constitutifs du Saint-Empire romain germanique (depuis 1032), à l'exception d'une étroite entité seigneuriale, celle de Tournon partie du Haut-Vivarais, qui intègra le royaume de France sous Philippe II Auguste en 1188.
En 1271, Philippe III le Hardi hérite des terres Vivaroises du comte de Toulouse, mort sans héritier et qui relèvent en droit du Saint-Empire romain germanique. Le roi de France revendique toutefois ces territoires comme partie intégrante du royaume et non les tenir en terre d'Empire. Le comte Aymar IV rendit hommage au roi de France pour ses terres situées sur la rive droite du Rhône entre le et le . Le Haut-Vivarais fut alors pleinement incorporé au royaume, à l'exception de sa pointe Nord.
En 1308 sous le règne de Philippe IV le Bel, le Bas-Vivarais tenu temporellement par les évêques de Viviers, est à son tour pleinement intégré au royaume. La pointe Nord du Vivarais sera elle intégrée en 1312 puisque partie constitutive du comté de Lyon. Cette pointe Nord était détenue par les Dauphins de Viennois mais dissociée de la principauté Delphinale. Ceux-ci rendent en effet hommage depuis 1230 pour les terres d'Annonay et d'Argental à l'Eglise de LyonA. Poncer, Mémoires historiques sur Annonay et le Haut-Vivarais, Lyon, 1835, . qui, en plus du pouvoir spirituel, détient le pouvoir temporel. Cet hommage à l'Eglise de Lyon avait été initié par André Dauphin de Bourgogne et poursuivi par ses successeurs, notamment Guigues VIII de Viennois en 1319 et le Dauphin Charles en 1349Pierre-Yves Laffont, Atlas des châteaux du Vivarais (), Presses universitaires de Rennes, 2009, ..
Sous Charles V, tout le pays est administré par un bailli royal du Vivarais et du Valentinois. Les évêques de Viviers restent (plus simplement) comte de Viviers, baron de Largentière et prince de Donzère.
Les États particuliers du Vivarais
Le Vivarais est rattaché à la province de Languedoc, et ne connaît pas d'unité, divisé en trois diocèses (Viviers, Vienne et Valence), son territoire est dominé par les nombreuses abbayes vellaves (Saint-Chaffre, la Chaise-Dieu) ou drômoises (Saint-Barnard), sans compter les lignages seigneuriaux (Montlaur, Crussol, Poitiers-Valentinois).
Sans véritable unité, cet espace connaît un parlement régional assez rare en France, les états Particuliers du VivaraisLes autres états particuliers en Languedoc étaient le Velay et le Gévaudan. Ils députaient à leur tour aux États généraux du Languedoc., composés de la noblesse, avec ses barons (représentés par leurs baillis), et du tiers état, avec ses consuls-députés, mais sans représentation du clergé qui n'y siège qu'en fonction des baronnies qu'il possède : baron de l'évêché de Viviers (au titre de Largentière) ; baron des autres diocèses (Pradelles et Lagorde) ; 12 barons de tour. du Vivarais (Crussol, Montlaur, La Voulte, Tournon, Largentière, Boulogne, Joyeuse, Chalencon et La Tourrette, Saint-Remèze, Annonay, Aubenas, et Vogüé) ; consuls ou députés ( et communautés).
Présidés par le baron de tour ayant assisté aux États Généraux du Languedoc, ils sont convoqués au gré de celui-ci, et où bon lui semble (le plus souvent en son château), avec les deux commissaires ordinaires, le Sénéchal du Vivarais et le Consul de Viviers. La particularité des États du Vivarais était que le représentant du Roi signait les registres des États après le baron de tour.
Le blason ancien du Vivarais, repris par le département de l'Ardèche, est un blason de France ancien affecté d'une brisure : une bordure d'or. Cette bordure porte huit écussons d'azur qui représentent les villes de tour. Ces huit villes envoyaient à tour de rôle un député (appelé consul de tour) aux États du Languedoc ; ce sont : Tournon-sur-Rhône ; Viviers ; Boulogne (remplace Privas, ville protestante, depuis 1629) ; Largentière ; Joyeuse ; Annonay ; Montlaur (remplace Aubenas depuis la révolte populaire de 1670) ; Bourg-Saint-Andéol.
Baillis d'épée du Vivarais et du Valentinois La charge de bailli d'épée du Vivarais et du Valentinois était presque entièrement militaire. Elle donnait le commandement de la noblesse dans les limites de ce bailliage qui comprenait autrefois le Vivarais et la partie du Dauphiné formant l'ancien domaine des comtes de Valentinois et de Diois. La justice s'y rendait au nom du bailli. En voici la liste : Guillaume du Moulin, chevalier, 1248 Henry de Montdragon, 1288 Raimond de Bachevilliers, 1314 Pierre de Baux d'Orange, 1322 Bertrand de Barbette, 1340 Guillaume de Ledra, chevalier, 1344 Gaston de Gaste, chevalier, 1404 Guichard de Marzé, chevalier, chambellan du Roi, 1414 Henry de Péquelin, chevalier, 1416 Bermond du Cailar, chevalier, 1417 Pierre de Solminiac, chevalier, 1421 Jacques de Charrier, écuyer, 1424 et 1426 Étienne de Nogaret, 1424 Gui de Forcade, écuyer, 1425 Guillaume Bastard, écuyer, 1426 Mahin de Lévis, chambellan du Roi, 1432 Pierre de Chanaleilles, chevalier, seigneur de Vals et du Pin, 1425 et 1435 Robinet de Blarges, damoiseau, 1429 Martin Garciani, damoiseau, écuyer du Roi, 1440 Thomas Alberti, damoiseau, seigneur de Boussargues, 1447 Claude de Chateauneuf, seigneur de Joyeuse, 1455 Louis de Taulignan, baron de Barrès, chevalier, 1458 Charles Astarce, seigneur de Pierrelate, 1461 Jean d'Apchier, 1465 Beraud, dauphin d'Auvergne, seigneur de Combronde, 1426 Jean de Lagardette, chevalier, 1484 Just comte de Tournon, Jacques de Grimoard, comte du Roure, Georges comte de Vogué Melchior comte de Vogué etc.