Chez le chat, le patron bicolore, dit aussi particolore ou à panachure blanche, correspond à une robe blanche associée à une autre couleur. La quantité de blanc peut aller d'un simple marquage sur les orteils dans le cas d'un gantage à quelques taches de couleurs noyées dans le blanc sur la tête et la queue dans le cas d'un bicolore van. Un vocabulaire spécifique permet de définir la répartition de la couleur sur le corps.

L'apparition de poils blancs est codée par le gène majeur S dont on reconnaît deux allèles. L'action de ce gène se situe lors de la migration des mélanoblastes durant le développement embryonnaire du chaton. L'ensemble des motifs possibles fait probablement entrer en compte des polygènes et complexifie le travail des éleveurs qui doivent obtenir des motifs clairement définis dans les standards des races de chat admettant la robe bicolore.

La robe bicolore, populaire, est très présente dans le domaine de la bande dessinée et du dessin animé avec des représentants comme Sylvestre le chat de Titi et Grosminet, Tom de Tom et Jerry ou le « chat dingue » de Gaston Lagaffe inventé par Franquin. Quelques écrivains décrivirent leur chat bicolore comme Théophile Gautier. Parmi les chats célèbres bicolores figurent entre autres Oscar, qui détecte la mort imminente des patients de Rhode Island, et Socks, le chat de Bill Clinton.

La robe bicolore est présente chez d'autres animaux domestiques comme le cheval, la vache ou encore le lapin.

Description

La robe et ses combinaisons thumb|Chat bicolore avec marquages tabby. La robe bicolore est une robe blanche associée chez les chats à une seule autre couleur.. Le blanc se situe généralement sur le ventre, les pattes et la poitrine, « Les robes particolores », p. 74. Les marques blanches sont en général symétriques, mais des cas de chats au pelage dissymétrique existent. Une raie blanche le long du dos est un motif encore plus rare.

Les yeux peuvent être jaunes, verts, vairons ou bleus. Les yeux de couleur bleue peuvent ne pas être dus à la robe mais à l'action du gène à panachure blanche.. Selon de nombreux sites internet, si la couleur blanche s'est développée jusque sur les oreilles, le chat bicolore peut être sourd comme un chat blanc dominant, toutefois aucune source valable n'a jamais étayé une corrélation entre le patron bicolore et la surdité..

Deux autres robes peuvent être composées de deux couleurs : le colourpoint, dont la couleur est située sur les pattes, la queue et le visage, et l'écaille de tortue, robe où le roux et le noir s'entremêlent. Ces robes ne constituent pas une robe « bicolore ». vignette|249x249px|Chatte bicolore étendue au soleil. Le patron à panachure blanche peut s'additionner à tous les autres types de robes de chats. Toutes les couleurs hormis le blanc épistatique peuvent s'additionner à la panachure blanche : noir, roux, bleu, chocolat, crème, etc. La couleur ambre reconnue pour la première fois par le LOOF le pour le chat des forêts norvégiennes., a une possible action favorisant le développement des taches blanches.

À la couleur peuvent s'ajouter des marquages et d'éventuels marquages . Un chat peut également être bicolore ; dans ce cas-là, les taches ne sont visibles que sur les parties colorées du corps. L'écaille de tortue est également combinable avec le bicolore : on appelle ces chattesLes chats écaille de tortue sont presque toujours des femelles. au pelage roux, noir et blanc très apprécié dans les pays asiatiques, des chattes calico.

Patrons thumb|Les différents patrons bicolores noir et blanc. La proportion du blanc dans la robe varie énormément, de quelques poils blancs perdus dans la couleur à une robe presque entièrement blancheLa robe complètement blanche est génétiquement différente de la robe bicolore.. Une échelle de blanc numérotée de 1 (absence de panachure) à 10 (chat entièrement blanc) permet de spécifier le patron du chat bicolore.. Toutefois, trois patrons sont traditionnellement distingués. : van : seule la queue, les oreilles et le haut du crâne sont colorés ; arlequin : moins de la moitié de couleur mais plus que pour le van ; bicolore : une moitié de blanc et une moitié de couleur.

Aux États-Unis, une classification supplémentaire est ajoutée aux motifs bicolores. Le motif (littéralement « smoking ») est caractérisé par une robe où le blanc se situe uniquement sur le cou, le ventre, le bout des pattes et une partie du visage. Un patron donne aux chats noirs une allure distinguée, comme s'ils portaient un costume. Le chat (littéralement « masque et manteau ») comporte une plus grande proportion de blanc : la couleur est rejetée sur les épaules et le dos, comme un manteau et seul le haut du crâne est coloré. Enfin, pour le (littéralement « toque et selle »), la coloration concerne juste les oreilles et la queue qui déborde en une tache sur le bas du dos. Bien que le chat noir et blanc soit populaire, p. 37, aucune de ces trois dénominations n'est utilisée en félinotechnie.

En addition au patron bicolore, on distingue deux autres types d'apparition de plages blanches sur la robe d'un chat : le gantage et le médaillon. Le gantage, aussi appelé et en anglais, est notamment recherché pour le sacré de Birmanie et le ragdoll. Le blanc est limité aux pattes en s'étendant plus sur la face interneLe standard du sacré de Birmanie demande un gantage symétrique se terminant en éperons... Le médaillon, ou , dont la transmission génétique n'a pas encore été déterminée, est l'apparition d'une plage de poil blanc sur le corps, le plus souvent située sur la poitrine ou l'aine. Considéré comme gênant en élevage car pouvant apparaître dans des lignées de chats unicolores, il est souvent « noyé » dans une lignée de chats bicolores..

Félinotechnie Nomenclature et classification thumb|Chat ou chat marbré roux et blanc. Dans le milieu de l'élevage félin francophone, la nomination d'une robe de chat est traditionnellement composée d'un mélange de terme anglais et français. Ainsi les couleurs sont directement traduites en français : noir (), bleu (), roux (), etcCela est cependant valable que pour les chats unis. Bien souvent le terme anglais est utilisé pour les patrons plus complexes ; par exemple : le roux .. La nomenclature du chat bicolore consiste à introduire les termes « et blanc » () à la fin de la description de la robe.. Par exemple, on dira un « chat noir et blanc », « écaille et blanc » pour la robe calico ou encore « chocolat et blanc » pour un chat chocolat avec des panachures blanches. Les patrons van et arlequin peuvent également être précisés après le terme « et blanc » : chocolat et blanc van pour un chat chocolat avec des panachures blanches sur tout le corps sauf les oreilles et la queue. Les chats gantés portent la mention « » ajoutée à la fin du nom de la robe, un chat est soit « », soit « et blanc », les deux termes ne peuvent s'additionner..

Le LOOF et la TICA classifient les robes en quatre catégories contenant plusieurs divisions. Les robes bicolore et gantée constituent ni une division, ni une catégorie mais plutôt une sous-catégorie : par exemple, dans la catégorie « » il y a une sous-catégorie « et blanc » et une « », ces deux sous-catégories ont chacune les mêmes divisions. La CFA n'applique pas de système de classementChaque combinaison « robe et race » est numérotée. hormis pour le persan où il existe une division « ».. La WCF, l'ACFA et l'ACF utilisent une liste de robes. La FIFé a créé sa propre numérotation, l' (EMS) : les patrons bicolores ont une numérotation de 01 à 05 dépendante de la répartition de la couleur.01 = van ; 02 = arlequin ; 03 = bicolore ; 04 = ganté () ; 05 = snowshoe ; 09 = autre type de blanc.

Génétique Gènes à l'œuvre thumb|Échelle bicolore de 1 à 10. Pour qu'un chat soit bicolore, il doit être porteur du gène responsable des panachures blanches, appelé « gène S » ou . Il s'agit d'un gène majeur incomplètement dominant., dont l'action peut être inhibée ou au contraire maximisée par l'action de polygènes. Deux allèles sont reconnus : l'allèle S dominant à pénétrance variable responsable de l'apparition de panachures blanches et l'allèle s récessif originel qui ne donne pas de taches blanches. En félinotechnie, on s'accorde à dire que le sujet homozygote S//S présente une plus grande proportion de blanc que l'hétérozygote S//s : les barreaux 1 à 4 de l'échelle d'évaluation des panachures blanches correspondent empiriquement aux hétérozygotes tandis que les barreaux 5 à 9 sont attribués aux homozygotes. L'élevage de beaux sujets bicolores est cependant compliqué par l'action des polygènes.

L'apparition de gants blancs ( en anglais) est encore partiellement indéterminée : un gène spécifique a été découvert chez le sacré de Birmanie au laboratoire de génétique féline de l'université de Californie à Davis mais pas pour le ragdoll ou le seychellois, autres races . La mutation possède deux allèles, l'allèle « G » récessif provoquant l'apparition du gantage du Birman et l'allèle sauvage « N » dominant qui n'admet pas le gantage. Cette mutation est détectée à très faible fréquence chez le ragdoll, le mau égyptien, l'exotic shorthair, le maine coon, le manx le seychellois, le siamois, le sibérien, le sphynx et le turc de Van. Le caractère récessif de cette mutation peut alors permettre de distinguer par croisements le sacré de Birmanie du ragdoll. Un test génétique spécifique existe afin de détecter le gène de gantage birman..

L'apparition d'un médaillon blanc ( en anglais) peut survenir lors de croisements entre parents unicolores ou bicolores. Peu étudié, le médaillon blanc suivrait un modèle récessif.

Mode d'action Le gène S est situé sur le chromosome B1, dans le gène KIT qui code le récepteur à activité tyrosine kinase. Le gène du gantage birman est également situé dans le gène KIT. Le gène S est un gène architecte qui affecte la migration embryonnaire des mélanoblastes. Lors du développement de l'embryon, les mélanoblastes, cellules non différenciées qui conduiront aux mélanocytes, migrent de la crête neurale vers ce qui deviendra la peau du chat. L'allèle S perturbe cette migration et diminue le nombre de mélanoblastes ; certains n'atteindront jamais leur destination : en l'absence de cellules pigmentaires, le poil sera blanc. Les parties du corps les plus touchées par l'action de l'allèle S sont les plus éloignées de la crête neurale (le ventre, les pattes et la poitrine) et les mieux protégées sont les plus proches (tête, queue, bas du dos)..

L'une des conséquences de l'action de l'allèle S est la modification des patrons écailles de tortue. Ces robes sont composées de deux couleurs, le roux et le noir, correspondant à deux types différents de mélanine. Lorsque l'allèle S est présent, le nombre de mélanoblastes diminue ; les cellules restantes ont proportionnellement plus de place pour se développer : les taches d'une chatte calico sont plus grandes et mieux délimitées..

Le processus, bien que réglé par une série de gènes, garde toutefois une part aléatoire : ainsi, le premier chat cloné, une femelle calico, présentait bien le même type de robe que le félin donneur mais la disposition de ses taches rousses et noires était différente..

Analogies chez les autres espèces domestiques

thumb|Il existe des analogies entre les robes bicolores chez le chat et la souris. La robe bicolore, plus souvent appelée pie, est présente chez de nombreux animaux domestiques comme chez sur le lapin domestique. et la chèvre. et peut génétiquement être induite par le même type de gène..