thumb|Cheval blanc sur une peinture de James Ward (1769-1869). Le cheval blanc est, dans la culture humaine, au centre de nombreux mythes, de légendes, de contes, de traditions et de représentations à travers le monde. Des pouvoirs fabuleux leur sont attribués, tels que la clairvoyance et le don de prophétie. Associés à des rituels impliquant leur sacrifice, aussi bien en Irlande qu'en Germanie et en Mongolie, les chevaux blancs se font montures des prophètes, des rois, des héros et des princes charmants dans des pays aussi éloignés que la Grèce antique, l'Inde, la France, l'Iran, le proche orient et les Philippines, et participent à l'eschatologie dans de nombreuses cultures.

Certaines créatures fantastiques inspirées du cheval portent une couleur blanche, comme la licorne.

Symbolisme du cheval blanc thumb|Le cheval blanc d'Uffington, un géoglyphe daté de l'âge du bronze qui ne se révèle que vu du ciel, en Angleterre. thumb|Jeune garçon sur un cheval ondin blanc.

La plupart des chevaux célèbres et légendaires sont de couleur blanche. Associée aux transformations (blanchissement des cheveux annonçant la vieillesse puis la mort, blanchissement de la peau avant un malaise...) cette couleur marque, en particulier chez les peuples celtes, une appartenance à « l'autre monde », celui des morts. Platon loue l’excellence du cheval blanc dans Phèdre. Il s'agit d'une métaphore du thumos, une partie de l’âme irrationnelle dont la force indispensable est au service du cocher, donnant son élan à l’attelage de l’âme. Les chevaux blancs sont le plus souvent associés au soleil, au chariot du soleil ou à la course solaire Jack Tresidder, The Complete Dictionary of Symbols, Chronicle Books, 2005, , p. 241 Copie sur Google books.

L'une des grandes particularités du cheval blanc, dans le domaine de l'hippologie, réside dans le fait que la plupart des chevaux décrits comme blancs ont en réalité une robe grise, au pelage perçu à tort comme blanc. Les véritables chevaux blancs n'existent donc pas ou sont extrêmement rares. Cette rareté a sans doute renforcé les mythes, légendes et folklores à propos du cheval blanc. Une robe qui n'existe pas chez le cheval réel désigne à coup sûr un animal venu d'un autre monde. De plus, la première chose que l'on remarque chez un animal inconnu est d'abord sa forme, ensuite sa robe.

Depuis l'aube des temps, l'imagination humaine prête des facultés exceptionnelles au cheval blanc, celle de voler, de purifier et de repousser le mal, de parler, de jouer un rôle divinatoire et d'avertir des dangers. Les chevaux blancs sont typiquement montés par les héros ou les divinités lorsqu'ils triomphent des forces du mal. Ils s'associent également aux héros combattants, aux rites de la fertilité, (les juments comme les étalons), ou à la fin des temps. Dans plus d'une religion, le cheval blanc porte les Saints et les sauveurs du monde. L'apparition d'un cheval blanc est souvent fantastique, puisqu'il émerge de l'océan ou jaillit d'un éclair.

Vénération Le cheval blanc joue un rôle dans tous les cultes antiques, les Germains primitifs, les anciens Aryens de l'Inde et les druides irlandais en élevaient dans ce but. La ville de Hanoï, au Viet-Nam, honore un cheval blanc en tant que saint patron. Un temple lui est dédié, le temple de Bach Ma ou temple du cheval blanc. Un roi du , Ly Cong Uan ou Lý Thái Tổ, eut une vision où une dryade changée en cheval blanc lui montra où bâtir sa forteresse.

Monture des dieux et des prophètes

Kanthaka est le cheval blanc servant loyalement le prince Siddhartha, qui en fit son favori avant d'atteindre l'état de Bouddha. Siddhartha chevauche Kanthaka dans la plupart des évènements relatés par les textes bouddhistes, jusqu'à sa renonciation au monde. En suivant le départ de Siddhartha, il est dit que Kanthaka meurt, le cœur brisé Encyclopaedia of Buddhism, Malasekera, 1996.

Dans le Zoroastrisme, l'une des trois formes de Tishtrya, lié à l'étoile Sirius, est celle d'un étalon blanc (les deux autres étant un jeune homme et un taureau)). La divinité prend cette forme pendant les dix derniers jours de chaque mois du calendrier zoroastrien, et durant les batailles cosmogoniques pour contrôler la pluie.

Dans le nouveau testament, l'un des quatre cavaliers de l'Apocalypse, la Pestilence, monte un cheval blanc. Jésus-Christ est parfois représenté sur ce type de monture.

Les chevaux blancs tirent les chariots divins, comme celui d'Aredvi Sura Anahita, divinité des eaux. Ses quatre chevaux représentent divers états de l'eau.

Dans la mythologie celtique galloise, la déesse Rhiannon, figure mythique des légendes du Mabinogion, monte un cheval blanc Will Parker The Four Branches of the Mabinogi: The Mabinogi of Pwyll Bardic Press, 2007 texte en ligne consulté en novembre 2008. À cause de cette particularité, Rhiannon a souvent été associée à Épona, déesse gallo-romaine des chevaux et de la fertilité, ainsi qu'à d'autres cultes du cheval dans les anciennes cultures indo-européennes Ann Hyland The Horse in the Ancient World. Stroud, Sutton Publishing, 2003 page 6. Dans la mythologie celtique irlandaise, la monture du roi de Tír na nÓg est décrite comme un cheval blanc qui possède le pouvoir de préserver la jeunesse de ces cavaliers si ceux-ci s'aventurent au dehors de l'Autre monde, où un jour équivaut à plusieurs années sur terre. Quiconque descendrait de cette monture sur terre se retrouverait instantanément vieilli de toutes les années passées à Tir na Nog, c'est ce qui arrive à Oisin qui a mis pied à terre malgré les conseils de sa femme.

Dans la mythologie nordique, Odin chevauche un animal à huit jambes, Sleipnir, , qui est décrit comme grisAnthony Faulkes (1995). Edda, page 36. . Sleipnir est aussi l'ancêtre d'un autre cheval gris, Grani, monté par le héros SigurdWilliam Morris et Eiríkr Magnússon 2008. The Story of the Volsungs, page 54. Forgotten Books. .

Hippomancie La ville de Pangantucan, dans les Philippines, avait pour symbole un étalon blanc qui sauva l'ancienne tribu d'un massacre en soufflant dans un bambou pour les avertir de l'approche de l'ennemi. Dans la mythologie slave, le dieu de la guerre et de la fertilité, Svetovid, possède un cheval blanc aux dons d'oracle. L'historien Saxo Grammaticus affirme que les prêtres prédisaient le futur en observant les déplacements de cet étalon blancThe Trinity-Троjство-Триглав @ veneti.info, citation de Saxo Grammaticus dans le "Gesta Danorum". Dans la mythologie de la ville de Prague, Šemík est un cheval blanc capable de parler, qui sauve son cavalier d'une condamnation à mort.

Kubilai Khan Le petit-fils de Gengis Khan, Kubilai Khan, premier empereur chinois et fondateur de la dynastie des Yuan, suivait un rite pour apporter la prospérité et la fécondité au peuple. Il possédait un troupeau de juments blanches vénéré lors de la fête blanche du printemps, où les proches du Khan rassemblaient un millier de juments et d'étalons immaculés. Personne n’osait traverser la route quand ces animaux passaient, s’en approcher était considéré comme profanateur envers le fils du ciel et ses proches parents, seuls autorisés à les approcher et à boire le lait des juments sacrées.

Sacrifices Hérodote dit que les chevaux blancs étaient considérés comme sacrés dans la cour de Xerxès , ils tiraient le char de l'empereur. Dans d'autres traditions, ils étaient offerts en sacrifice aux Dieux. Un cheval blanc était sacrifié par les Mèdes, qui ont précédé les Perses, devins et prophètes qui vaticinaient lors de cette réunion. Le dieu de la guerre dans la mythologie hongroise, Hadúr, est un métallurgiste qui porte du cuivre pur. Les anciens Magyars lui sacrifiaient des étalons blancs avant une bataille H. T. Kover, Peeps at Many Lands - Hungary, READ BOOKS, 2007, , p. 8. .

Ashvameda

Le sacrifice de cheval védique, ou Ashvamedha, était un rituel exécuté pour la prospérité du royaume, pratiqué par les râja exerçant une suzeraineté sur ceux des États environnants. Un ou plusieurs chevaux blancs étaient laissés libres de se déplacer à leur guise, accompagnés par un garde royal et parfois par des jeunes gens. Si l'un des râja dont les terres étaient traversées par le cheval s'emparait de l'animal, c'était le signe d'un refus de suzeraineté et le déclenchement de la guerre. Dans le cas contraire, le râja qui laissait traverser ses terres sans intervenir manifestait sa tacite vassalité. Lorsque le cheval revenait de ses pérégrinations, il était sacrifié en grande pompe au cours d'une fête où tous les râja vassaux étaient invités. Les Hindous modernes croient que le sacrifice est seulement symbolique et que le cheval n'était pas réellement abattu. Le râja sacrificateur du cheval recevait le titre de Chakravartin. Le rite est décrit dans les textes anciens, comme le Mahābhārata. Le premier souverain historique ayant pratiqué l'Ashvamedha et dont on garde le souvenir est Pushyamitra Shunga, l'assassin de Brihadratha, le dernier Maurya et le fondateur de la dynastie des Shunga, qui célébra de cette manière sa victoire sur les satrapes grecs. Le cheval blanc est considéré comme l’ancêtre de nombreuses familles princières indiennes. Il est également une idole que les villageois implorent pour fertiliser leurs terres.

Gréco-romains Le cheval blanc est omniprésent dans la mythologie gréco-romaine, ainsi, le cheval ailé Pégase, fils du dieu Poséidon et de la gorgone Méduse, est perçu comme blanc, associé aux sources à la foudre, son rôle est celui d'un psychopompe, mais aussi celui d'un intermédiaire entre l'humain et le divin. Chez les Grecs comme chez les Romains, Arès, dieu de la guerre, précède le soleil levant dans son char tiré par quatre chevaux blancs. Une étude effectuée sur les textes de Platon, comme Phèdre, suggère qu'il évoque l'âme du monde, le thumos, à travers l'opposition entre cheval noir et cheval blanc. Le cheval blanc, souvent ailé, est attelé par quatre au chariot de nombreuses divinités, évoquant la belle fougue et le bon désir chez les hommes et les dieux : c'est en effet le cheval qui possède des ailes et permet au chariot de voler, non pas le Dieu. Après 253 C, cette image du cheval blanc se développe, il devient clairement , décrit comme un bel animal noble, il n'a pas besoin d'être frappé, il suffit de l'encourager ou de lui parler. Il représente l'âme noble de l'homme.

Asiatiques Un énorme cheval blanc apparaît dans la mythologie coréenne, dans l'histoire du royaume de Silla. Quand le peuple recueillit les prières du roi, un cheval géant émergea d'un éclair en portant un œuf brillant. Puis le cheval retourna au paradis à tire-d'aile, l'œuf s'ouvrit et Park Hyeokgeose en sortitLes Coréens dans l'histoire, « Bak Hyeokgeose, le roi fondateur du royaume de Shilla », KBSworld, le 25 aout 2011..

Dans le Japon ancien, notamment à l’époque de Heian, on offrait un cheval blanc aux temples de Nibu et de Kibune pour obtenir du beau temps, alors qu'un cheval noir était censé faire venir la pluie.

Hindouisme et védisme

Les chevaux blancs sont mentionnés de multiples fois dans la mythologie hindoue. Le chariot de la divinité solaire Sūrya est tiré par sept chevaux, décrits soit comme blancs, soit comme portant les couleurs de l'arc-en-ciel. Hayagriva, l'avatar de Vishnou connu comme le dieu de la sagesse et de la connaissance, possède un corps humain et une tête de cheval blanc, il est assit sur un lotus de la même couleur. Kalkî, la dixième incarnation de Vishnu, sauveur de monde, apparaitra monté sur un cheval blanc ou sous la forme d'un cheval blanc.